Organisation des Nations unies

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Organisation des Nations unies
United Nations
الأمم المتحدة
联合国
Организация Объединённых Наций
Organización de las Naciones Unidas
Drapeau des Nations unies Emblème des Nations unies
Carte de l'organisation
Carte des États membres de l'ONU.

Devise : « C'est votre monde[1] »

Situation
Création
La Charte des Nations unies est signée le et entre en vigueur le
Type Organisation intergouvernementale
Siège des Nations unies Quartier de Manhattan, New York (Drapeau des États-Unis États-Unis)
Coordonnées 40° 45′ 00″ N, 73° 58′ 03″ O
Langue Anglais
Arabe
Espagnol
Français
Mandarin
Russe
Budget Biennal 2014-2015 : 5,5 milliards de dollars des États-Unis[2]
Organisation
Membres 193 États
Effectifs 41 000 (2015[3])
Secrétaire général des Nations unies Drapeau du Portugal António Guterres
Président du Conseil de sécurité des Nations unies Drapeau de la Pologne Joanna Wronecka
Président de l'Assemblée générale des Nations unies Drapeau de la Slovaquie Miroslav Lajcak

Site web www.un.org

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Organisation des Nations uniesUnited Nationsالأمم المتحدة联合国Организация Объединённых НацийOrganización de las Naciones Unidas

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L’Organisation des Nations unies (ONU) est une organisation internationale regroupant 193 États. En remplacement de la Société des Nations, la Charte des Nations unies est adoptée le 26 juin 1945 par 51 États. Elle entre officiellement en vigueur le 24 octobre 1945.

Les objectifs premiers de l'organisation sont le maintien de la paix et la sécurité internationales[4]. Pour les accomplir, elle promeut la protection des droits de l'homme, la fourniture de l'aide humanitaire, le développement durable et la garantie du droit international[5].

La Charte définit six organes principaux : l'Assemblée générale, le Conseil de sécurité, le Conseil économique et social, le Conseil de tutelle, la Cour international de justice et le Secrétariat. Le système des Nations unies inclut plus largement des programmes, fonds, institutions spécialisées et apparentées[6].

Les six langues officielles sont l'anglais, l'arabe, l'espagnol, le français, le mandarin et le russe. Seuls l'anglais et le français sont les langues de travail.

Depuis 2017, le Secrétaire général des Nations unies est le Portugais António Guterres.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant 1945[modifier | modifier le code]

Avant l'ONU, d'autres organisations internationales ont œuvré pour la paix dans le monde. L'action de l'Union interparlementaire, créée en 1889, et du Bureau international de la paix, créé en 1891, a contribué à l'instauration de la Cour permanente d'arbitrage (tribunal de La Haye) en 1899[7]. Après la guerre, elles soutiennent la création de l'Organisation internationale du travail et de la Société des Nations.

La Société des Nations est fondée en 1919 avec la signature du traité de Versailles : son but est de conserver la paix. Elle est active entre 1919 et 1939 (de jure jusqu'en 1946). Mais sa crédibilité est éprouvée par la Seconde Guerre mondiale. Pour pallier cet échec, et afin d'institutionnaliser un nouvel espace de dialogue international, le président américain Franklin D. Roosevelt souhaite la création d'une nouvelle organisation.

Les premières bases de l'architecture internationale d'après-guerre sont posées le 14 août 1941 avec la signature de la Charte de l'Atlantique par le président des États-Unis et le premier ministre du Royaume-Uni. Les deux dirigeant "sont convaincus que toutes les nations du monde [...] devront finir par renoncer à l'usage de la violence. [...] En attendant l'institution d'un système permanent de sécurité générale établi sur des bases plus larges, il est essentiel de désarmer ces nations"[8]. Cette déclaration est complétée en septembre par la signature de neuf États européens[Note 1] occupés ou en guerre contre l'Allemagne nazie, ainsi que par les Forces françaises libres.

La Déclaration des Nations unies fut signée le à Washington DC par 26 États[Note 2] se battant contre les forces de l'Axe. C'est la première fois que l'expression "Nations unies", dont la paternité est attribuée à Franklin Delano Roosevelt, est utilisée ; elle désigne alors l'engagement des signataires à contribuer ensemble à l'effort de guerre et à ne pas signer de paix séparée avec l'Axe[9].

Mais ça n'est qu'avec les conférences de Moscou et Téhéran que la Chine, les États-Unis, l'Union soviétique et le Royaume-Uni reconnaissent formellement "la nécessité d'établir aussitôt que possible, en vue de la paix et de la sécurité internationales, une organisation internationale fondée sur le principe de l'égalité souveraine de tous les États pacifiques"[10]. Les quatre États se rencontrèrent ensuite à deux reprises, lors des conférences de Dumbarton Oaks et de Yalta, afin d'adopter une proposition de traité. Pour ne pas reproduire l'échec de la Société des Nations, il fut convenu que la nouvelle organisation devait être structurée autour d'un noyau dur d'États détenant une puissance objective et disposant d'un droit de véto[11]. Finalement, ces cinq pays furent ceux considérés comme les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale : les États-Unis, la France, l'URSS (remplacée par la Russie en 1991), la Chine[Note 3] et le Royaume-Uni.

Le 21 juin 1945, les États ayant signé la Déclaration des Nations unies et déclaré la guerre à l'Allemagne et au Japon avant mars 1945 sont invités à participer à la conférence de San Francisco[9]. La rencontre s'achève le 26 juin avec la signature de la Charte des Nations unies.

Depuis 1945[modifier | modifier le code]

L'ONU a été officiellement fondée à San Francisco le avec la ratification de la Charte des Nations unies[12]. Elle réunie des États pour prévenir les conflits armés et se préserver des violences de la Première et la Seconde Guerres mondiales qui « deux fois en l'espace d'une vie humaine ont infligé à l'humanité d'indicibles souffrances »[13].

Le siège provisoire des Nations unies était situé à Londres ; l'Assemblée générale et le Conseil de sécurité s'y réunissent pour la première fois en janvier 1946. Le 1er février, le Suédois Trygve Lie devient le premier Secrétaire général des Nations unies. La première résolution, adoptée le 24 janvier, est relative à la découverte de l'atome : l'Assemblée générale recommande d'en éliminer l'usage militaire et d'en développer l'usage civil[14].

Le conflit israélo-palestinien fut l'un des premier dossiers majeurs de l'organisation. En 1946, le transfert du mandat d'administration britannique de la Palestine aux Nations unies donne lieu à la première mission d'observation de l'organisation avec l'envoi du médiateur Folke Bernadotte en Palestine. Assassiné en septembre 1947 à Jérusalem, il est remplacé pour son bras-droit Ralph Bunche. Le mois suivant, l'Assemblée générale adopte le plan de partage de la Palestine, refusé par les États arabes. La première guerre israélo-arabe, faisant suite à la proclamation d'indépendance d'Israël, s'achève après la signature d'un cessez-le-feu entre Israël et les États arabes le 7 janvier 1949 sous les hospices de Ralph Bunch. La trêve donne lieu à la première opération de maintien de la paix des Nations unies est déployée 1949 avec l'ONUST.

C'est le début de la guerre civile grecque en 1947 qui démontre rapidement les dissensions au sein du Conseil de sécurité. Les antagonismes entre les États-Unis et l'URSS verrouillent son action[15]. En 1948, le bloc soviétique s'abstient sur le vote de la déclaration universelles des droits de l'homme et, à partir de 1949, l'ambassadeur russe auprès des Nations unies pratique la politique de la chaise vide pour contester la reconnaissance de la Chine nationaliste (gouvernement de Taïwan) au lieu de la Chine communiste (gouvernement de Pékin). Or, le Conseil de Sécurité adopte le 27 juin 1950 une résolution autorisant à soutenir par la force la Corée du Sud contre l'invasion du Nord ; la séance, qui a lieu en l'absence de l'URSS, ouvre la voie à des opérations militaires sans réserves[16]. Cet évènement marque une évolution dans la pratique du droit de véto : l'absence d'un membre permanent du Conseil de sécurité ne bloque pas de facto l'adoption d'une résolution, il faut que son ambassadeur vote formellement contre. L'URSS s'est donc rendu compte qu'il était dans son intérêt de siéger.

En 1952, le siège des Nations unies est déménagé à New York. L'année suivante, le Suédois Dag Hammarskjöld est élu Secrétaire général par l'Assemblée Générale : son mandat débute le 10 avril 1953 et s'achève à sa mort le 18 septembre 1961.

Son mandat est marqué par une importante évolution des opérations de maintien de la paix avec l'introduction d'instruments coercitifs. En 1956, le déploiement de la Force d'urgence des Nations unies (FUNU) en Égypte pour endiguer la crise du canal de Suez marque ainsi un premier tournant : c'est la première mission d'interposition armée[17]. Dans ce prolongement, le déploiement de l'Opération des Nations unies au Congo (ONUC) est d'une plus grande envergure : 20 000 casques bleus sont mobilisés au Congo, contre 6 000 en Égypte[18],[19]. Le mandat de l'ONUC est le premier à briser le principe de neutralité du maintien de la paix et les Nations unies rencontrent des difficultés tactiques, financières et humaines sur le terrain : 250 membres du personnel sont tués, dont le Secrétaire général. L'expérience est un traumatisme pour l'institution, autant chez les fonctionnaires que les États-membres, et laisse place à une période relativement non-interventionniste jusqu'en 1989[20].

La fin du mandat d'Hammarskjöld est également marquée par la décolonisation et l'élargissement significatif des Nations unies[21]. Le 30 septembre 1960 passe ainsi de 82 à 99 États membres : sur les 17 nouveaux entrants, 16 sont des États africains nouvellement indépendants. En tout, entre 1960 et 1970, 46 nouveaux États-membres rejoignent l'organisation. En pleine guerre froide, ces derniers contribuent largement à fonder le mouvement des non-alignés.

Néanmoins, l'ONU est restée pendant très longtemps paralysée durant la guerre froide. Les deux superpuissances, les États-Unis et l'URSS, paralysèrent l'Organisation des Nations unies en usant de leur droit de veto (il fut utilisé 242 fois en 45 ans). Pour tenter de contrer cette paralysie, la résolution Acheson fut adoptée à l'initiative des États-Unis ; elle permettait à l'Assemblée d'émettre des recommandations aux États membres de l'ONU. Cependant, celle-ci ne fut que très peu utilisée en pratique[22],[23].

Depuis la fin de la guerre froide, le système des Nations unies se déploie davantage sur la scène internationale pour prévenir ou régler les différents conflits. La décennie des années 1990 est marqué par une inflation des missions de la paix et de l'envoi de casques bleus.

Depuis 2012 et l'adhésion du Soudan du Sud, l'ONU compte 193 États membres, soit presque tous ceux qui sont officiellement reconnus.

Objectifs[modifier | modifier le code]

Quatre objectifs[modifier | modifier le code]

Alors que la Société des Nations n'était qu'un espace de dialogue où les diplomates pouvaient se rencontrer pour établir des consensus, l'ONU peut, avec le Conseil de sécurité, prendre des décisions concrètes. Celles-ci peuvent déboucher, par exemple, sur l'autorisation d'employer une force armée – les « Casques bleus » – pour maintenir ou rétablir la paix.

Dans ses opérations internationales, l'ONU utilise l'abréviation anglaise UN (pour United Nations) comme sigle distinctif.

Selon l'article 1 de sa Charte, l'ONU s'efforce d'être un lieu où se construit un avenir meilleur pour tous les êtres humains, et ce à travers quatre objectifs :

  1. Maintenir la paix et la sécurité dans le monde ;
  2. Développer les relations amicales entre les nations ;
  3. Réaliser la coopération internationale sur tous les sujets où elle peut être utile et en encourageant le respect des droits de l'homme ;
  4. Être un centre où s'harmonisent les efforts des nations dans des objectifs communs.

L'ONU n'est pas un gouvernement mondial et ne légifère donc pas. Cependant, ses résolutions donnent une légitimité aux interventions des États et sont de plus en plus appliquées dans le droit national et international. Toutes ces actions se pérennisent au travers de la signature de traités ou conventions internationales entre les nations.[incompréhensible]

Garantie du droit international[modifier | modifier le code]

Le 10 décembre 1948, l'Assemblée générale adopte la déclaration universelle des droits de l'homme. Il ne s'agit pas d'un traité : le texte n'a pas une valeur juridique en soi. Néanmoins, il constitue une source d'inspiration pour la promotion, le développement et l'exercice des droits de l'homme[24]. C'est-à-dire qu'elle a produit des effets politiques.

Ainsi, la déclaration a inspirée neuf principaux traités internationaux relatifs aux droits de l'homme, et dont l'application est surveillée par un comité d'experts onusien[25] : la ratification par un État l'engage à en appliquer les dispositions.

Ce bloc est complété par neuf protocoles facultatifs[26].

Développement durable[modifier | modifier le code]

Sous l'influence du Rapport sur les limites de la croissance et à l'issue de la Conférence des Nations unies sur l'environnement de Stockholm en juin 1972, l'Assemblée générale vote la création du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Son siège est à Nairobi au Kenya.

En 1983, le Secrétariat général mandate une Commission mondiale sur l’environnement et le développement, présidée par l'ancienne première ministre norvégienne Gro Harlem Brundtland[27]. Son rapport, publié en 1987, définit le développement durable comme la capacité à satisfaire les besoins présents tout en en garantissant les besoins futurs : il est caractérisé par une dimension économique, sociale et environnementale[27].

Ces travaux préparent le sommet de la Terre de Rio de 1992 à l'issue duquel les États membres adoptent la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (COP). Le protocole de Kyoto est adopté à la COP3, en 1997, et l'accord de Paris sur le climat est adopté à la COP21, en 2015.

Organisation[modifier | modifier le code]

Organes principaux et institutions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Système des Nations unies.
Les six principaux organes de l'ONU
Le fonctionnement de l'ONU.

L'Organisation des Nations unies comprend six organes principaux :

  • L'Assemblée générale, où tous les États membres sont représentés et disposent d'une voix pour les recommandations qui sont portées au vote ; l'assemblée générale dispose de compétences très larges mais n'émet pas de décisions contraignantes pour les États ;
  • Le Conseil de sécurité est plus spécialement chargé de traiter les menaces contre la paix, les ruptures de la paix ou les agressions ; il peut émettre des résolutions contraignantes pour les états ; ses pouvoirs sont définis dans le chapitre VII de la charte de l'ONU. La pratique lui permet de décider du lancement d'opérations de maintien de la paix avec le concours des États membres puisque l'ONU est dépourvue de moyens militaires propres. Le conseil de sécurité peut décider de sanctions contre un État ;
  • Le Conseil économique et social qui aide à la promotion de la coopération économique et sociale et au développement ;
  • Le Conseil de tutelle dont la fonction est tombée en désuétude depuis la fin de la décolonisation ;
  • La Cour internationale de justice tranche les différends entre les états qui acceptent de recourir à sa juridiction ; elle peut également fournir des avis juridiques aux autres organes lorsqu'elle est saisie, ce qui arrive de plus en plus rarement. Elle siège à La Haye (Pays-Bas). Conformément à l'article 92 de la Charte des Nations unies, elle remplace la Cour permanente de justice internationale, dont elle utilise les jurisprudences ;
  • Le Secrétariat qui assure la gestion quotidienne de l'organisation, y compris celle des quelque 9 000 fonctionnaires qui l'animent, et des représentants des Nations unies ;

En plus de ces six organes principaux, l'ONU a créé au fil du temps plusieurs agences spécialisées comme l'OMS pour la santé ou l'UNESCO pour la coopération internationale en matière de développement de l'éducation, des sciences et de la culture mais aussi l'UNICEF pour les enfants.

Le Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC) est placé sous l'égide de l'Assemblée générale et a un rôle consultatif concernant les questions de coopération économique et sociale internationales ; deux types de commissions : les Commissions techniques, comme la commission du développement durable ; les Commissions régionales, comme la CEE-ONU, (UNECE), qui participe à des travaux de standardisation comme les spécifications techniques sur le commerce électronique.

L'ensemble forme le système des Nations unies.

États membres[modifier | modifier le code]

Depuis l'adhésion du Monténégro en 2006 et de la République du Soudan du Sud en 2011, l'ONU compte désormais la quasi-totalité des États du monde, soit 193 sur les 197 qu'elle reconnaît – les quatre États reconnus mais non membres étant la Palestine (depuis le 29 novembre 2012) et le Vatican qui ont un statut d'observateur, ainsi que les îles Cook et Nioué[Note 4]. Le Vatican est toutefois le seul État pleinement souverain et reconnu par les Nations unies bien qu'il n'en soit pas membre, et il n'existe aucun obstacle à son adhésion si les autorités vaticanes souhaitent un jour rejoindre l'organisation.

Cependant, certaines entités prétendant à un statut d'État (principalement la République de Chine ayant pour territoire Taïwan, le Kosovo et la République sahraouie qui ne sont reconnus que par certains pays, et le Somaliland ou le Tibet qui ne sont officiellement reconnus par aucun État), ou formant des nations (comme l'Autorité palestinienne avant le 30 novembre 2012) ne sont pas représentées à l'ONU. Ainsi, contrairement à sa dénomination, c'est le statut d'État et non de Nation qui permet l'accès à l'Organisation.

Langues officielles[modifier | modifier le code]

Il existe six langues officielles utilisées par l'Organisation des Nations unies. Il s'agit de l'anglais, de l'arabe, du chinois (mandarin), de l'espagnol, du français et du russe. Ces langues sont utilisées lors des réunions des différents organes de l'ONU, en particulier à l'Assemblée générale (Article 51 de son règlement intérieur) et au Conseil de sécurité. Les six langues officielles servent également à la diffusion de documents officiels. Tant que les documents ne sont pas disponibles dans les six langues officielles, ils ne sont pas publiés. Cependant, le Secrétariat des Nations unies n'utilise que deux langues de travail : l'anglais et le français.

Financement[modifier | modifier le code]

Le financement de l'Organisation des Nations unies et de ses agences spécialisées est assuré par les contributions obligatoires des pays membres et par des contributions volontaires de toutes organisations, entreprises ou encore particuliers. Il existe notamment une tradition américaine de fondations qui supportent l'activité des Nations unies. Le site du siège des Nations unies à New York, par exemple, est un don de la fondation John D. Rockefeller Jr., Ted Turner a fait un don de 1 milliard de dollars US en 1998 à une fondation[Laquelle ?] qui défend la cause des Nations unies, et notamment le paiement des arriérés du gouvernement américain.

Le budget ordinaire des Nations unies (environ 5 milliards d'euros en 2013-2014[28]), est établi, tous les deux ans, sur les contributions obligatoires fixées par l'Assemblée générale. À la demande des États-Unis, le niveau maximum de la plus grosse contribution a été fixé à 22 % (le seuil minimal est quant à lui 0,001 % du budget global)[29]. Tous les trois ans, le barème des contributions est révisé par l'Assemblée générale.

Depuis plusieurs années les Nations unies connaissent des problèmes financiers. Ils sont principalement dus aux arriérés de paiement des États membres parmi lesquels le plus grand débiteur est les États-Unis avec 61 % du total en 1999[30]. Les contributions obligatoires ne sont pas toujours remplies à temps par les autres États membres. Seuls 31 États sur 192 l'ont fait en [31]. L'ONU étant de plus en plus souvent engagée dans des opérations de maintien de la paix dans le monde (objectifs qui n'étaient pas formellement prévus dans sa Charte), cela a un impact important sur son budget en raison du coût élevé de ces interventions. Néanmoins il s'agit d'un budget séparé du budget ordinaire. Dans ce domaine également les États-Unis partagent 62 % de la dette avec un autre pays. Cet état de fait a été évoqué dans un bulletin de session du sénat belge en 1998[32] ainsi que dans la section « affaires étrangères » d'un projet de loi de finances du sénat français en 2001[33]. De nombreux États souhaitent une réforme en profondeur des Nations unies[réf. souhaitée].

Barème des quote-part de contributions au budget ordinaire[modifier | modifier le code]

Selon le barème 2013-2015[34], les principaux contributeurs sont : les États-Unis (22 %), le Japon (10,833 %), la France (8,593 %), l'Allemagne (7,1741 %), le Royaume-Uni (5,179 %), la République populaire de Chine (5,148 %), l'Italie (4,448 %), le Canada (2,984 %), l'Espagne (2,973 %) et le Brésil (2,934 %).

Selon le barème 2016-2018 [34], et adopté par la résolution 70/245 de l'Assemblée générale, les principaux États contributeurs sont : les États-Unis (22 %), le Japon (9,68 %), la République populaire de Chine (7,921 %), l'Allemagne (6,389 %), la France (4,859 %), le Royaume-Uni (4,463 %), le Brésil (3,823 %), la Fédération de Russie (3,088 %), le Canada (2,921 %) et l'Australie (2,337 %).

Siège[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Siège des Nations unies.
Tour du secrétariat.
Pavillon de l'Assemblée générale.

Le siège des Nations unies est à New York et bénéficie du régime d'extraterriotorialité. C'est-à-dire que, par exemple, aucun membre de la sécurité américaine ne peut y entrer sans la permission du Secrétaire général.

À la demande des parlementaires américains, il fut construit à New York le long de l'East River sur un terrain acquis grâce à une donation de John Davison Rockefeller Junior. Il a été inauguré le .

Cinq des six organes principaux de l'ONU sont situés à New York : seule la Cour internationale de justice (CIJ) siège à La Haye aux Pays-Bas. Il existe trois sièges subsidiaires des Nations unies à Genève (ouvert en 1946), Vienne (ouvert en 1980) et Nairobi (ouvert en 1996).

De nombreuses agences importantes des Nations unies ont leur siège à Genève, siège européen de l'ONU qui a hérité du siège de l'ancienne Société des Nations (SDN), où se déroulent toujours deux tiers des activités du système des Nations unies[réf. nécessaire] :

À Berne, en Suisse, se trouve l'Union postale universelle (UPU).

D'autres agences sont situées ailleurs dans le monde, dont :

Critiques[modifier | modifier le code]

En novembre 2001, le mensuel Le Monde diplomatique publie un article de l'écrivain et journaliste néo-zélandais Nicky Hager, expliquant notamment la façon dont les États-Unis ont profité de la localisation de la Conférence de San Francisco (acte fondateur de l'organisation en avril 1945) sur leur territoire pour espionner massivement les diplomates présents dans leurs communications avec leur capitale respective. « Recueillis par les compagnies télégraphiques, leurs télégrammes, cryptés, furent décodés par des officiers opérant vingt-quatre heures sur vingt-quatre, puis transmis aux négociateurs américains. Ce fut un succès total... »[35].

L'avenir de l'ONU passe de plus en plus par une réforme en profondeur de son fonctionnement. Jusqu'à maintenant, elle fut repoussée, mais le problème du budget, en particulier de sa dette, et celui du fonctionnement du Conseil de sécurité avec l'arrivée de nouveaux membres permanents et l'extension de son domaine de compétence, deviennent de plus en plus pressants. Durant son mandat, l'ancien secrétaire général, Kofi Annan, a commandé de nombreuses études sur les voies à suivre pour réformer l'organisation. Mais, par manque de consensus au sein des membres permanents du Conseil de sécurité, elles sont pour l'instant restées lettre morte. En particulier, John R. Bolton, représentant permanent des États-Unis en , soutient une position ne faisant pas l'unanimité et gèle ainsi les possibilités de réforme.

Le , le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a proposé, dans un rapport à l'Assemblée générale, aux États membres une vaste réforme de l'administration de l'ONU, attendue par les dirigeants mondiaux après que l'Organisation eut été secouée par une série de scandales. M. Annan a présenté une série de mesures allant de la délocalisation de certains services au renforcement du système de passation des marchés. Celui-ci a été ces dernières années mis à mal par le scandale du programme « pétrole contre nourriture » de l'ONU en Irak et lorsqu'une enquête interne a découvert des pratiques contestables dans le secteur du maintien de la paix, ayant occasionné des dizaines de millions de dollars de pertes pour l'Organisation.

Intitulé « Investir dans l'Organisation des Nations unies pour lui donner les moyens de sa vocation mondiale », ce rapport de 48 pages reconnaît l'inadaptation des structures administratives actuelles aux défis que l'ONU est censée relever chaque jour, 61 ans après sa création. Il souligne l'augmentation vertigineuse, depuis la fin de la guerre froide, des activités de terrain de l'ONU, notamment des opérations de maintien de la paix, qui représentent plus de 50 % des dépenses totales de l'ONU (en 2004-2005), soit presque de 10 milliards de dollars américains (près de trois fois le budget ordinaire)[36], sans tenir compte des agences onusiennes (Unicef, PAM, PNUD…), qui ont leur propre budget. M. Annan propose de « refondre complètement l'ensemble du secrétariat, ses règles, sa structure, ses rouages, pour qu'il soit mieux adapté aux réalités d'aujourd'hui » et de « remettre entièrement à neuf » l'ensemble de l'organisation.

L'organisation s'est montrée largement impuissante lors de drames récents : échec de la prévention et de la protection en 1994 au Rwanda lors du terrible génocide des Tutsis qui s'est soldé par 800 000 morts. Incapacité également de prévenir et de stopper les conflits en ex-Yougoslavie de 1991 à 1995, et particulièrement d'assurer la protection des enclaves musulmanes de Bosnie-Herzégovine. Le massacre de Srebrenica (juillet 1995), pour lequel la qualification de génocide est en débat, s'est déroulé dans l'incapacité des 400 Casques bleus néerlandais d'intervenir.

En 2010, lorsqu'un séisme provoqua un désastre humanitaire à Haïti, l'ONU s'est montrée incapable de coordonner l'aide rapidement, c'est finalement l'armée américaine qui jouera un rôle clé. L'organisation internationale avait été dépassée à peine un mois auparavant lors de la Conférence de Copenhague sur les changements climatiques, les États-Unis et la Chine avaient alors conclu des accords seuls[37].

L'ONU est très souvent critiquée pour son inaction, certains conflits se produisant sans aucune intervention de sa part. Dans une interview menée par ARTE, la journaliste Celhia de Lavarène, ancienne employée de l'organisation, dénonce les raisons de cet immobilisme, parmi lesquelles les nominations de personnes non compétentes et les copinages avec des pays enfreignant les droits de l'homme[38].

D'après la spécialiste en relations internationales Anne-Cécile Robert, les principes fondateurs des Nations unies sont violés par des pays siégeant au conseil de sécurité de l'ONU, notamment dans les cas de la Yougoslavie, de l'Irak et de la Libye[39].

Espionnage[modifier | modifier le code]

En 2009, d'après des câbles émanant du département d’État révélés par Wikileaks, les États-Unis ont massivement collectés des informations relatives à des diplomates de l'ONU, en particulier nord-coréens, cubains et syriens : emails, mots de passe Internet et intranet, numéros de cartes bancaires, numéros de cartes de fidélité de compagnies aériennes, plannings de travail, empreintes digitales, portraits, ADN, scanners de l'iris, etc.[40].

Culture populaire[modifier | modifier le code]

En tant qu'organisation internationale majeure, l'ONU apparait régulièrement dans de nombreuses œuvres. De plus, la Journée des Nations unies est célébrée le 24 octobre de chaque année[41].

Comics[modifier | modifier le code]

  • Dans l'univers de Marvel, le SHIELD est sous juridiction de l'ONU.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Séries[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

  • Des références à l'ONU apparaissent dans la saga Command & Conquer :
    • Dans la série Generals, l'ONU y fait des apparitions, mais est assimilée aux États-Unis, utilisant les véhicules américains.
    • Au début de la série sur le Tiberium, le GDI était, à l'instar du SHIELD, sous juridiction de l'ONU avant de s'émanciper et de le remplacer en tant que gouvernement mondial.
  • Dans le jeu vidéo Delta Force: Black Hawk Down, qui retrace l'histoire des forces américaines en Somalie au début des années 1990, plusieurs missions impliquent de protéger des convois ou du personnel de l'ONU.
  • Dans Hitman 2: Silent Assassin, l'agent 47 doit assassiner en Afghanistan un chef de guerre local mais ne doit tuer aucun membre de l'ONU
  • Dans Le jeu vidéo The Division, le Lieutenant-Colonel Charles Bliss de la compagnie mercenaire nommée le Last Man Battalion (LMB), se retranche dans le bâtiment de l'ONU qui constitue son dernier et meilleur bastion dans sa conquête de Manhattan afin de tenter de repousser dans un ultime effort les agents de la Division et de la JTF (Joint Task Force).
  • Dans la série Civilization, Le congrès mondial (équivalent à l'Organisation des Nations unies) peut être fondé une fois qu'une civilisation découvre l'imprimerie. Il permet aux civilisations de voter des réformes. L'ultime réforme étant l'élection du dirigeant mondial, octroyant à l'élu la victoire diplomatique.
  • Dans le jeu Stellaris, l'organisation galactique basée sur la Terre et faisant référence à la race humaine est nommée Organisation des Nations Unies.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La Belgique, la Grèce, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, la Tchécoslovaquie, l'Union soviétique et la Yougoslavie.
  2. L'Australie, la Belgique, le Canada, la Chine, le Costa-Rica, Cuba, les États-Unis, la Grèce, le Guatemala, Haïti, le Honduras, l'Inde, le Luxembourg, le Nicaragua, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, le Panama, les Pays-Bas, la Pologne, la République dominicaine, le Royaume-Uni, le Salvador, la Tchécoslovaquie, l'Union soviétique, l'Union sud-africaine et la Yougoslavie.
  3. Lors de la création de l'ONU, la Chine est encore gouvernée par la République de Chine. En 1949, la République populaire de Chine prend le contrôle de la majeure partie de la Chine, à l'exception de l'île de Taïwan, encore gouvernée par la « république de Chine ». Jusqu'en 1971, c'est le régime de Taïwan qui est reconnue comme gouvernement de la Chine par l'ONU, date à laquelle il est remplacé par le gouvernement de la République populaire de Chine (voir Taïwan#Place dans les instances internationales).
  4. . Les îles Cook et Nioué ont en effet un statut juridique unique au monde, celui d'« États en auto-gouvernance » (self-governing state), librement associés à la Nouvelle-Zélande. Cette dernière n'y conserve qu'une seule fonction régalienne, à savoir la défense (mais pas la politique étrangère). Les îles Cook et Niue partagent également une citoyenneté commune avec l'ancienne puissance de tutelle ((en) REGION: Cook Islands puts New Zealand citizenship first, Pacific Magazine, 14 juin 2001)

Références[modifier | modifier le code]

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  2. Budget des Nations unies.
  3. Personnel des Nations unies.
  4. « Chapitre I », sur www.un.org (consulté le 26 mai 2018)
  5. « Notre action », sur www.un.org (consulté le 26 mai 2018)
  6. « Institutions spécialisées et organisations apparentées disposant de bureaux de liaison avec le Siège de l'ONU », sur www.un.org (consulté le 26 mai 2018)
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chloé Maurel, Histoire des idées des Nations unies. L'ONU en 20 notions, Paris, L'Harmattan, 2015.
  • Chloé Maurel, Histoire de l'Unesco. Les trente premières années, Paris, L'Harmattan, 2010, préface de Pascal Ory.
  • Compte rendu de l'ouvrage collectif, Une autre ONU pour un autre monde, Paris, Tribord, coll. « Monde(s) du XXIe siècle », , par Chloé Maurel, disponible en ligne.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]