Clémentine Autain

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Clémentine Autain
Illustration.
Autain en 2017.
Fonctions
Conseillère régionale d'Île-de-France
En fonction depuis le
(5 mois et 6 jours)
Élection 27 juin 2021
Président Valérie Pécresse

(1 an, 7 mois et 2 jours)
Élection 13 décembre 2015
Président Valérie Pécresse
Groupe politique Front de gauche
Députée française
En fonction depuis le
(4 ans, 5 mois et 17 jours)
Élection 18 juin 2017
Circonscription 11e de la Seine-Saint-Denis
Législature XVe (Cinquième République)
Groupe politique LFI
Prédécesseur François Asensi
Conseillère municipale de Sevran

(6 ans, 2 mois et 29 jours)
Élection 30 mars 2014
Maire Stéphane Gatignon
Stéphane Blanchet
Adjointe au maire de Paris
chargée de la Jeunesse

(6 ans, 11 mois et 25 jours)
Élection
Maire Bertrand Delanoë
Conseillère de Paris

(6 ans, 11 mois et 25 jours)
Élection 18 mars 2001
Circonscription Paris 17e
Maire Bertrand Delanoë
Groupe politique Communistes
Biographie
Date de naissance (48 ans)
Lieu de naissance Saint-Cloud (France)
Nationalité Française
Parti politique Ensemble !
La France insoumise
Syndicat Unef
Père Yvan Dautin
Mère Dominique Laffin
Grand-père maternel André Laffin

Clémentine Autain, née le à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), est une femme politique et journaliste française, communiste puis membre d'Ensemble !, l’une des composantes du Front de gauche.

De 2001 à 2008, elle est conseillère de Paris (apparentée PCF) chargée de la jeunesse. De 2014 à 2020, elle est conseillère municipale de la ville de Sevran. Elle devient conseillère régionale d'Île-de-France en 2015, mandat qu'elle occupera jusqu'en 2017, après avoir été élue, en juin, députée dans la onzième circonscription de la Seine-Saint-Denis sous l'étiquette La France insoumise.

Elle est également directrice de publication du trimestriel Regards, gérante de la Scop, qui l'édite, de 2010 à 2018, ainsi que cosecrétaire de la Fondation Copernic, un cercle de réflexion critique du libéralisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Clémentine Cécile Autain est la fille du chanteur Yvan Dautin (né en 1945) et de la comédienne Dominique Laffin (1952-1985)[1].

Son grand-père maternel fut le député de l'Yonne (1960-1962) et fondateur[Information douteuse] du Front pour l'Algérie française, André Laffin[2].

Un de ses oncles paternels, François Autain (1935-2019), a été maire de Bouguenais, député, secrétaire d'État chargé de la sécurité sociale, puis des Immigrés, et enfin de la Défense sous la présidence de François Mitterrand, puis sénateur socialiste de la Loire-Atlantique, ayant rejoint le Parti de gauche en 2008[3].

Elle est mère de deux enfants, dont le père est Mikaël Garnier-Lavalley, coauteur du livre Salauds de jeunes ! sorti en 2005[4], conseiller de la ministre des Sports Valérie Fourneyron, nommé en 2014 premier délégué interministériel à la jeunesse[5].

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Clémentine Autain passe son enfance et son adolescence à Paris, où elle habite, boulevard des Batignolles[6],[7]. À l'âge de quatre ans[réf. nécessaire], elle interprète au cinéma le rôle de Pamela auprès de sa mère Dominique Laffin dans Les Petits Câlins de Jean-Marie Poiré[8]. À dix ans, elle veut être chanteuse, comme son père. Au sein de la comédie musicale Abbacadabra, elle reprend des chansons du groupe ABBA sur les plateaux de télévision en compagnie de Frida, Daniel Balavoine ou Plastic Bertrand[1]. Elle enchaîne disques, concerts et un feuilleton[1] (Le Masque, épisode La Rançon de la gloire[9] dont son père a coécrit le scénario pour FR3[10]). Parallèlement, elle baigne aussi dans la politique grâce aux relations de ses parents avec Jack Ralite et Alain Krivine[11]. Son père est alors un sympathisant de l'extrême gauche[1]. En 1985, alors qu’elle a douze ans, sa mère, Dominique Laffin, meurt[1],[4].

À dix-sept ans, elle quitte le domicile familial puis, après avoir obtenu un baccalauréat, commence des études supérieures en histoire, bénéficiant à ce titre d'une bourse[12]. Elle est titulaire d'une maîtrise d'histoire consacrée à l'Algérie française et d'un diplôme d'études approfondies (DEA) intitulé « Mouvement social, féminisme et législation à travers l'exemple du corps des femmes (1967-1982) »[13] sur le Mouvement de libération des femmes.

En , elle devient chargée de mission auprès du groupe d'études sur les discriminations fondé par Martine Aubry.

Militantisme féministe[modifier | modifier le code]

Dans une biographie publiée par Anne Delabre en 2006[14], elle raconte le viol qu'elle a subi à l'âge de 23 ans sous la menace d'une arme blanche aux abords de l'université Paris-VIII[15]. Elle dévoile ce drame pendant la précampagne présidentielle comme « une manière de porter la question des violences dans le débat »[16] et de lutter contre le « tabou sur le viol »[17].

Ce viol semble avoir marqué le début de son engagement féministe. Elle milite alors à l'Union nationale des étudiants de France (UNEF) et à l'Union des étudiants communistes[1]. Elle se rapproche du Collectif contre le viol et s'implique dans le mouvement féministe. Elle fera du Mouvement de libération des femmes (MLF) le sujet de mémoire de son diplôme d'études approfondies (DEA) d'histoire[1]. En 1997, elle crée un nouveau mouvement féministe, appelé Mix-Cité, dont elle devient coprésidente. L'association se fait connaître en protestant contre l'utilisation de mannequins vivants dans les vitrines des Galeries Lafayette[1].

En , elle organise le manifeste des 313 « Je déclare avoir été violée », relayé par Le Nouvel Observateur[18]. Avec plusieurs autres femmes violées, dont la joueuse de tennis Isabelle Demongeot, elle témoigne dans le documentaire Viol, elles se manifestent, diffusé le sur France 2[19], dans l'émission de télévision Infrarouge.

Après les agressions sexuelles du Nouvel An 2016 en Allemagne, Clémentine Autain crée la polémique avec un tweet où elle invite à ne pas amalgamer violence sexuelle de masse et islam[20] : « Entre avril et septembre 1945, deux millions d’Allemandes violées par des soldats. La faute à l’islam ? ». Ses détracteurs lui reprochent de ne pas avoir un mot de compassion pour les victimes[21],[22]. Pour Marc Cohen de Causeur, qui s'indigne que l'élue apparentée PCF utilise la rhétorique « des nostalgiques du nazisme », la réaction de Clémentine Autain concernant les agressions sexuelles de Cologne est révélatrice d'un « dévoiement du féminisme » caractéristique de la lutte « de la « gauche de la gauche » contre une prétendue « islamophobie » »[23]. Pour Élisabeth Badinter, la position de Clémentine Autain est celle d'un féminisme qui « a adopté les priorités de l'extrême gauche » et oublie de défendre les femmes ; selon elle, « s'il faut bien sûr se garder des amalgames, il ne faut surtout pas, pour autant, tomber dans le déni »[24].

Elle est favorable à la procréation médicalement assistée (PMA) mais « farouchement contre la Gestation pour autrui (GPA), parce que le corps des femmes ne doit pas être marchandisé »[25].

Par ailleurs, elle travaille comme collaboratrice parlementaire pour Georges Mazars[26], sénateur socialiste du Tarn. Elle devient ensuite collaboratrice de Cécile Silhouette, conseillère de Paris, élue d'Ensemble pour une gauche alternative et écologiste. Selon Le Monde, elle aurait également été proche de la Gauche socialiste, tendance Jean-Luc Mélenchon[1].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

En 2001, le Parti communiste français lui propose de prendre la tête de liste dans le 17e arrondissement contre Françoise de Panafieu, qu'elle décrit comme une « grande bourge » d'un « mépris de classe effroyable »[1]. Battue au second tour avec 35,05 % des voix contre 50,61 % pour Françoise de Panafieu, elle est nommée adjointe chargée de la jeunesse par le nouveau maire de Paris, Bertrand Delanoë.

Au sein des collectifs du , elle fait campagne contre le Traité constitutionnel européen lors du référendum français de 2005[27],[28].

Très présente sur les plateaux de télévision, elle se déclare prête à être candidate à l'élection présidentielle de 2007 lors de la réunion des collectifs unitaires le [4].

Actions à la mairie de Paris[modifier | modifier le code]

En tant qu'adjointe à la jeunesse au maire de Paris de 2001 à 2007[29], Clémentine Autain développe un réseau d'antennes-jeunes et les Conseils de la jeunesse de Paris[1]. D'après ses explications, les antennes-jeunes fournissent un espace d'accueil et d'information, tandis que les Conseils permettent de favoriser la démocratie participative, étant chargés d’offrir aux jeunes la possibilité de dialoguer avec leurs élus, de donner leur avis sur les grands enjeux qui animent la ville (les transports, l’environnement, le logement, etc.) et de monter des projets à l’échelle parisienne. Elle indique que les Conseils disposent d’un budget global de 280 000 euros[30],[31].

Clémentine Autain déclare avoir contribué à une augmentation de 50 % du budget consacré aux jeunes. Elle a mis en place différentes actions : Paris Jeunes Talents, Paris Jeunes Vacances, Paris Jeunes Aventures, Paris Jeunes Solidarité[32],[33],[34].

En , Clémentine Autain quitte le 17e arrondissement de Paris pour Montreuil. Quelques mois plus tard, elle confirme son intention de ne pas être candidate à Paris aux élections municipales de 2008[35], exprimant alors ses craintes d'une alliance de Bertrand Delanoë avec le MoDem à Paris au second tour des municipales. Ce « parachutage » est critiqué par le maire de Montreuil, Jean-Pierre Brard[36].

Présidences Sarkozy et Hollande[modifier | modifier le code]

Elle participe à la Fondation Copernic, un cercle de réflexion de la gauche radicale et à différentes initiatives à gauche : le RAP avec Jacques Kergoat, SELS (Sensibilité écologiste libertaire et radicalement sociale-démocrate) ou l'expérience « de Ramulaud », une tentative de coordination et de réflexion au niveau de la gauche anti-libérale qui refuse la « pente » du social-libéralisme[37],[38]. Elle écrit dans L'Humanité et Regards[39].

Elle s’installe à Montreuil en 2008[40].

Le , Clémentine Autain co-signe avec notamment Michel Onfray, Arnaud Viviant et Luc Boltanski une tribune parue dans le journal Le Monde, où elle salue positivement la proposition de création par la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) d'un nouveau parti politique anti-capitaliste. Les co-signataires déclarent en introduction de leur tribune : « Forts de la popularité d'Olivier Besancenot, vous proposez de lancer une nouvelle organisation politique, surnommée le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA). Consternés par l'état de la gauche, nous sommes ravis que vous fassiez une proposition », et l'intitulé de la tribune est : « Le Nouveau parti anticapitaliste est-il vraiment décidé à s’ouvrir à tous les courants de l’autre gauche ? »[41],[42],[43]. En , Clémentine Autain signe l'appel de Politis qui propose notamment une réflexion sur les « moyens d’une vraie réponse politique aux attaques de la droite et du Medef »[41],[44]. En , alors qu'elle participe à l'université d'été de la LCR où se discute la création du NPA, elle réfléchit sérieusement à rejoindre ce futur parti[45]. Néanmoins, ce rapprochement ne se concrétise pas, Clémentine Autain regrettant qu'Olivier Besancenot et le NPA ne cherchent pas à construire de majorités politiques ni à travailler et s’allier avec d’autres, tels que Jean-Luc Mélenchon[46].

Elle contribue à créer fin 2008 la Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), mouvement politique réunissant une dizaine d’organisations politiques[47], dont l'objectif est de « fédérer toutes les forces de transformation et de dépassement du capitalisme » et dont elle est une des porte-parole[48]. La FASE est qualifiée par L'Obs de « groupuscule » comparé aux « mastodontes » que sont le Parti communiste et le Parti de gauche qui participent eux aussi au Front de gauche[49]. Clémentine Autain a représenté la FASE au congrès du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon[39], en indiquant vouloir travailler avec lui malgré des divergences sur plusieurs questions[50].

Elle est porte parole de Jean-Luc Mélenchon pendant la campagne pour l'élection présidentielle en 2012[39],[51]. Elle se présente aux élections législatives de 2012 comme suppléante de François Asensi, réélu député de la 11e circonscription de la Seine-Saint-Denis[52]. En , elle participe activement à la création d'Ensemble ! qui regroupe plusieurs formations membres du Front de Gauche, dont la FASE et Les Alternatifs[53]. Elle est depuis cette date l'une des quatre porte-parole de ce mouvement[54].

Clémentine Autain est candidate aux élections municipales de 2014 à Sevran. Le , le maire sortant Stéphane Gatignon remporte à nouveau la mairie de Sevran lors des élections municipales en Seine-Saint-Denis avec 50,55 % des suffrages (5 325 voix). Clémentine Autain obtient 24,66 % des suffrages au premier tour (2 612 voix) et 31,31 % des suffrages au second (3 298 voix). Elle est élue au conseil municipal de la ville de Sevran avec 6 autres personnes du Front de gauche sur les 45 sièges que compte le conseil municipal[55].

Elle se porte candidate aux élections départementales de 2015 dans le canton de Sevran, en binôme avec Sébastien Bastaraud (PCF), et obtient 19 % des suffrages exprimés (23,3 % sur la commune de Sevran)[56].

Lors des élections régionales de 2015 en Île-de-France, elle figure en tête de liste du Front de gauche en Seine-Saint-Denis[57]. Au second tour, la fusion des listes PS, Front de Gauche et EELV lui permet d'être élue au conseil régional d'Île-de-France[58]. Elle est membre de la Commission permanente du conseil régional[59].

Députée de la XVe législature[modifier | modifier le code]

Elle est candidate aux élections législatives de 2017 dans la Seine-Saint-Denis dans la 11e circonscription, soutenue par La France insoumise[60], le PCF et Ensemble !. Elle est en ballotage au premier tour avec 37,21 % des suffrages exprimés, ce qui la place en 1re position[61]. Au second tour, elle est élue à l'Assemblée nationale [62],[63]. Elle est ensuite désignée secrétaire au Bureau de l'Assemblée nationale en [64].

En raison des lois de 2014 sur le cumul des mandats, elle quitte son mandat de conseillère régionale en , celui-ci étant l'un de ses deux mandats locaux et son nouveau mandat de députée étant incompatible avec l’exercice de plus d’un mandat d’assemblée délibérante locale[65].

Outre sa fonction de députée, Clémentine Autain exerce diverses fonctions au sein de l'Assemblée nationale : elle est membre de la Commission des Affaires étrangères, présidente du groupe d'amitié France-Bénin et vice-présidente du groupe d'amitié France-Israël, vice-présidente du Groupe d'études à vocation internationale France-Palestine, vice-présidente du groupe d'études Villes et banlieues, membre de la Délégation chargée de l'application du statut du député, membre du Groupe de travail sur le statut des députés et leurs moyens de travail[64].

En , Clémentine Autain soutient la motion de rejet préalable déposée par le groupe parlementaire de la France insoumise, à la suite de la proposition de prorogation de l'état d'urgence du gouvernement d'Emmanuel Macron. L'opposition justifie son rejet du maintien de l'état d'urgence par l'absence de preuve de son efficacité à lutter contre Daesh, mais aussi par le fait qu'il serait utilisé au détriment des libertés publiques, en vue d'empêcher la tenue de manifestations (sur 639 interdictions individuelles de manifester, 574 en rapport avec la loi travail[66],[67]).

Interrogée en par Le Parisien, Clémentine Autain soulève la question de la garde des enfants à l'Assemblée nationale. Elle trouve « étonnant et regrettable » que l’Assemblée nationale ne s'en occupe pas, et ne facilite pas ainsi la tâche des députés jeunes parents[note 1]. Elle estime par ailleurs qu'il s'agit d'un « enjeu d'égalité femmes-hommes » et compte mettre la question à l'ordre du jour du bureau de l'Assemblée[68],[69],[70].

En , elle est la seule du bureau du Parlement, composé de 22 membres et sans représentant FN, à ne pas voter la levée de l'immunité parlementaire de Gilbert Collard, ce dernier ayant publié des photos des victimes de Daech sur les réseaux sociaux[71]. Elle craint « une remise en cause de l'immunité parlementaire » qui n'est selon elle « pas un privilège mais une condition de l’équilibre des pouvoirs, de l’indépendance et de la liberté d’expression dans l’exercice du mandat de député ». Elle estime aussi que les conditions de vote ont été « inadmissibles », et dénonce une absence de débat de fond[note 2]. Elle déclare que le « refus de voter cette levée n’est pas étranger à cette méthode qui s’installe à l’Assemblée, dans un climat où le pouvoir du Parlement est chaque jour un peu plus piétiné »[72],[73],[74].

Alors qu'elle projette en , avec d'autres élus, de se rendre en Palestine, les autorités israéliennes lui interdisent l'entrée sur le territoire d'Israël[75]. The Times of Israel fait remarquer à cette occasion que Clémentine Autain est vice-présidente du groupe d'amitié France-Israël de l'Assemblée nationale créé le , alors qu'elle a été co-signataire d'un texte dans Le Monde intitulé « Boycotter Israël, c’est lutter pour une paix juste », aux côtés notamment d’Olivier Besancenot, en soutien à l’action du mouvement BDS qui boycotte Israël[76].

En , sur 400 scrutins publics qui se sont déroulés à l'Assemblée, elle est la députée du groupe La France insoumise qui a voté le moins souvent en accord avec le groupe LREM (7 %)[77].

Elle ne se représente pas aux élections municipales de 2020 et perd son mandat de conseillère municipale à Sevran[78]. En 2021, elle est investie par LFI comme tête de liste pour les élections régionales en Île-de-France[79]. Sa candidature est soutenue par le PCF, Ensemble !, la Gauche démocratique et sociale et le Parti animaliste.

Prises de position[modifier | modifier le code]

En 2005, Clémentine Autain signe l'appel des Indigènes de la République contre le racisme et l'islamophobie, avant de retirer sa signature, arguant que « pour le public, le texte est devenu celui de Tariq Ramadan »[80]. Elle participe à médiatiser une conférence de l'islamologue controversé en 2015[80].

En 2013, invitée avec Élisabeth Lévy à un « Débat Yahoo! » intitulé Que faire face à la montée de l'islamophobie en France ?, Clémentine Autain répond à son interlocutrice lors d'un échange particulièrement houleux : « je ne crois pas qu'il y a aujourd'hui, en France, majoritairement, une menace pour notre République, de terrorisme islamique ou d'intégrisme islamique »[81],[82].

À la suite des attentats du 13 novembre 2015 perpétrés à Paris et revendiqués par l'organisation terroriste État islamique, le président François Hollande décide de mettre en place l'état d'urgence. Le , cinquante-huit personnalités signent l'Appel des 58 : « Nous manifesterons pendant l'état d'urgence »[83],[84]. Clémentine Autain fait alors partie des signataires de l'appel. Ce mouvement se présente comme un rassemblement d'artistes, d'intellectuels, de députés et de responsables politiques. Les signataires veulent alerter sur l'interdiction de manifester, rendue possible par l'état d'urgence : « l'interdiction de manifester met en cause la liberté d'expression, d'opinion, et fait le jeu des ennemis de la démocratie et de la liberté[83] ».

Le , parait une tribune dans Le Monde, soutenue par un millier de signataires, appelant à « construire une espérance » autour des exigences sociales et écologiques, loin des accords de circonstance, des logiques de ralliement et de « la haine pour moteur »[85]. Elsa Faucillon et Clémentine Autain, initiatrices de cet appel, organisent dans la foulée un événement au cirque Romanès le où sont invités différents courants de la gauche ainsi que des syndicats. Il y est question de « fédérer la gauche écologiste »[86],[87],[88],[89] et « bâtir un archipel citoyen, un ensemble d'îlots faisant cause commune pour ouvrir une voie sociale et écologiste de changement en profondeur de la société »[90].

En octobre 2020, après l'assassinat de l'enseignant Samuel Paty, Clémentine Autain est la cible de critiques, avec plusieurs autres responsables insoumis, pour leurs responsabilités alléguées dans la montée de l'islamisme en France, ce dont elle se défend en dénonçant « l'islamophobie » des personnalités qui la ciblent[91]. La semaine suivante, alors que l’assassinat de Samuel Paty qui avait montré à ses élèves des caricatures du prophète Mahomet provoque des réactions très hostiles à la France dans plusieurs pays majoritairement musulmans, les propos de Clémentine Autain décrivant la France comme un « pays qui a perdu la tête » sont utilisés par un média islamiste tunisien participant à cette campagne anti-France à l'étranger[92].

Journaliste et intervenante médiatique[modifier | modifier le code]

Elle a été co-directrice de la rédaction du magazine Regards, avec Roger Martelli[93],[94]. Elle participe ensuite activement à sa relance à partir du , en devenant gérante de la nouvelle Scop et directrice de la publication[93].

Elle fut également chroniqueuse dans Vous trouvez ça normal ?!, une émission animée par Bruce Toussaint sur France 2 qui est interrompue après trois mois de diffusion[95]. Elle participe aussi régulièrement à l'émission de débat On refait le monde de RTL[96].

Synthèse des résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections législatives[modifier | modifier le code]

Année Parti Circonscription 1er tour 2d tour Issue
% Rang % Rang
[97] LFI 11e de la Seine-Saint-Denis 37,21 1re 59,52 1re Élue

Élections départementales[modifier | modifier le code]

Année Parti Canton 1er tour Issue
% Rang
[98] FG Sevran 18,96 4e Battue

Élections municipales[modifier | modifier le code]

Année Liste Commune 1er tour 2d tour Sièges obtenus
% Rang % Rang CA CM CC
2001[99] PCF Paris 17e 25,40 2e 35,05 2e
6  /  39
2  /  13
2014[100] FG Sevran 24,66 31,31
7  /  45
3  /  20

Élections régionales[modifier | modifier le code]

Les résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où elle est tête de liste.

Année Liste Région Résultats
1er tour 2d tour
% Rang
2021[101] LFI-PCF-PA Île-de-France 13,01 3e Fusion[note 3]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Entretiens[modifier | modifier le code]

  • « Clémentine Autain : « Rendre au féminisme son tranchant » », Ballast,‎ (lire en ligne).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La députée LREM Aurore Bergé estime au contraire que les revenus des députés sont suffisants pour « trouver des solutions de garde » et que la question se pose plutôt pour le personnel de l'Assemblée nationale et les collaborateurs parlementaires. Clémentine Autain lui répond : « Oui, mais les députés gagnent suffisamment leur vie pour se payer un taxi, or ils bénéficient d'une enveloppe taxi en plus de leur indemnité. Et visiblement avec l'indemnité représentative de frais de mandats, vous pouvez vous acheter un costume très cher mais il n'est pas prévu que vous puissiez vous payer une baby-sitter ».
  2. Elle affirme notamment que la « réunion de bureau a été convoquée de façon exceptionnelle, dans un curieux hasard de calendrier » et « ce n'est que la veille au soir, à 19h44, que j'ai reçu un mail m'indiquant que nous allions étudier la levée de l'immunité de Gilbert Collard, et qu'un dossier serait consultable sur place à 9h30 pour la réunion à... 10h ». [1]
  3. Entre les deux tours, la liste LFI-PCF-PA de Clémentine Autain, la liste EÉLV-G·s--, conduite par Julien Bayou, et la liste DVG-PS-PRG, menée par Audrey Pulvar, fusionnent. Julien Bayou est désigné comme tête de liste.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j et k Clémentine Autain : une certaine idée de soi, Sylvia Zappi, lemonde.fr, 5 octobre 2006
  2. Nathalie Rouiller, « Clémentine Autain, jamais amère », sur Libération, (consulté le )
  3. entretien, causette.fr, 30 juin 2015
  4. a b et c « Califette de l'Huma », Libération, (consulté le )
  5. « Mikaël Garnier-Lavalley, le nouveau « Monsieur jeunes » », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le )
  6. La petite fille des Batignolles, L'Humanité, 15 décembre 2000
  7. « Vous avez interviewé Clémentine Autain, membre du comité de campagne de Jean-Luc Mélenchon », sur www.20minutes.fr (consulté le )
  8. a et b Clémentine Autain, Dites-lui que je l'aime, Paris, Grasset, , 185 p. (ISBN 978-2246813958), p. 162 :

    « Et à la grande surprise de ma mémoire altérée, j'apparais dans le film. [...] Je suis ta fille dans cette fiction. »

  9. "Le masque" La rançon de la gloire (TV Episode 1989) (lire en ligne)
  10. (en) « La Rançon de la gloire - Full Cast & Crew », sur imdb.com, 2021 (consulté le 3 février 2021).
  11. Nathalie Rouiller, « Clémentine Autain, jamais amère », sur Libération.fr, (consulté le )
  12. « Qui je suis – Clémentine Autain » (consulté le )
  13. « Clémentine Autain : Biographie de Clémentine Autain », aufeminin.com,‎ (lire en ligne, consulté le )
  14. « Pas un bouquin de confessions sur sa vie sexuelle », sur www.20minutes.fr, (consulté le )
  15. Anne Delabre, Clémentine Autain. Portrait, biographie, Danger public, 2006 (ISBN 2-35123-118-X)
  16. « Je ne livre pas de confidences sur ce que j’ai ressenti, je n’ai pas envie de m’étaler sur les conséquences de ce viol dans ma vie privée. […] Mais en parler, c’est être fidèle à mon engagement. Car se taire, c’est faire le jeu des violeurs. […] Mon exemple révèle à quel point le viol reste un sujet tabou. Mon violeur était multirécidiviste, il a avoué entre vingt et trente viols, mais seules trois plaintes ont été déposées. Le viol reste un phénomène d’une ampleur et d’une gravité considérables, largement passé sous silence » « Clémentine Autain veut en finir avec le viol » - Fatima Benomar, Front de gauche, 24 octobre 2011 (voir archive).
  17. Sylvia Zappi, « Clémentine Autain raconte son viol pour expliquer son combat féministe », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  18. « Je déclare avoir été violée » : « l'Obs » lance le manifeste des 313 - Elsa Vigoureux, Le Nouvel Observateur, 26 août 2013.
  19. Viol, elles se manifestent sur Télérama.fr.
  20. « Le multiculturalisme, faux coupable de l'affaire de Cologne », Slate.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  21. «Agressions de Cologne» ou le politiquement correct devenu fou, lefigaro.fr, 18 janvier 2016
  22. Agressions sexuelles de Cologne : quand Clémentine Autain pulvérise le record de..., atlantico.fr, 16 janvier 2016
  23. Clémentine Autain: comparaison et déraison, causeur.fr, 15 janvier 2016
  24. Après Cologne, des féministes "dans le déni" pour Elisabeth Badinter, marianne.net, 21 janvier 2016
  25. Clémentine Autain, interviewée par Éric Hacquemand, « Clémentine Autain : "Romans… et Sancerre !" », Paris Match, semaine du 18 au 25 juillet 2018, p. 33.
  26. Anne Delabre, Clémentine Autain. Portrait, biographie, Danger public, novembre 2006, p. 64
  27. Roger Martelli, Refondations : pour une nouvelle force à gauche, Regards, (lire en ligne)
  28. Michèle SARDE, De l 'alcove à l'arène : Nouveau regard sur les françaises, Groupe Robert laffont, (ISBN 978-2-221-11183-3, lire en ligne)
  29. Sylvie Chaperon et Christine Bard, Dictionnaire des féministes. France : XVIIIe-XXIe siècle, Presses Universitaires de France, (ISBN 978-2-13-078722-8, lire en ligne)
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Delabre, Clémentine Autain. Portrait, Danger public, (ISBN 2-35123-118-X)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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