Clémentine Autain

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Clémentine Autain
Clémentine Autain en juin 2011.
Clémentine Autain en juin 2011.
Fonctions
Conseillère régionale d'Île-de-France
En fonction depuis le
Élection
Conseillère de Paris
Élection
Biographie
Date de naissance (43 ans)
Lieu de naissance Saint-Cloud (Hauts-de-Seine)
Nationalité Française
Parti politique Ensemble ! (FDG)

Clémentine Autain, née le à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), est une femme politique française. Elle est également codirectrice, avec Roger Martelli, du trimestriel Regards et a été co-secrétaire de la Fondation Copernic. Elle est aujourd'hui porte-parole d'Ensemble !, l'une des composantes du Front de gauche.

Elle fut conseillère de Paris (apparentée PCF) à la mairie de Paris, chargée de la jeunesse, de 2001 à 2008. Elle est depuis 2012 la suppléante du député François Asensi et depuis 2014 conseillère municipale de la ville de Sevran. Depuis décembre 2015, elle est conseillère régionale d'Île-de-France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Clémentine Autain est la fille de la comédienne Dominique Laffin et du chanteur Yvan Dautin.

Son oncle paternel François Autain est un ancien sénateur du Parti socialiste d'abord puis du Parti de gauche, en Loire-Atlantique, ancien député-maire de Bouguenais et ancien secrétaire d'État chargé de la sécurité sociale, puis des Immigrés, et enfin de la Défense sous la présidence de François Mitterrand. Son grand-père, André Laffin, ancien combattant de la guerre d'Indochine, a brièvement été élu de droite (UNR) dans l'Yonne.

Elle est mère de deux enfants, dont le père est Mikaël Garnier-Lavalley, coauteur du livre Salauds de jeunes ! sorti en 2005[1].

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

À l'âge de 10 ans, Clémentine Autain voulait être chanteuse comme son père, Yvan Dautin. Au sein de la comédie musicale Abbacadabra, elle reprenait des chansons du groupe ABBA sur les plateaux de télévision. Elle enchaîna disques, concerts et un feuilleton (le masque La rançon de la gloire dont son père a coécrit le scénario pour FR3). Parallèlement, elle baignait aussi dans la politique grâce aux relations de ses parents avec Jack Ralite et Alain Krivine. Son père est alors un sympathisant de l'extrême gauche.

En 1985, elle n'a que 12 ans lorsque sa mère, Dominique Laffin, met fin à ses jours[2]. À dix-sept ans, elle quitte le domicile familial puis, le baccalauréat en poche, s'engage dans des études supérieures en histoire. Clémentine Autain est titulaire d'une maîtrise d'histoire consacrée à l'Algérie coloniale et d'un DEA intitulé « Mouvement social, féminisme et législation à travers l'exemple du corps des femmes (1967-1982) » sur le MLF.

En , elle devient chargée de mission auprès du groupe d'études sur les discriminations fondé par Martine Aubry[3].

Le militantisme[modifier | modifier le code]

Viol[modifier | modifier le code]

Dans une biographie publiée par Anne Delabre en 2006, elle déclare avoir été violée à l'âge de 23 ans sous la menace d'une arme blanche aux abords de l'université Paris-VIII[4]. Elle dévoile ce drame pendant la précampagne présidentielle comme « une manière de porter la question des violences dans le débat ». Au sujet de ce livre, elle déclare notamment :

« Je ne livre pas de confidences sur ce que j’ai ressenti, je n’ai pas envie de m’étaler sur les conséquences de ce viol dans ma vie privée. […] Cette part de l’intime m’appartient, elle restera à moi. […] Mais en parler, c’est être fidèle à mon engagement. Car se taire, c’est faire le jeu des violeurs. […] Mon exemple révèle à quel point le viol reste un sujet tabou. Mon violeur était multirécidiviste, il a avoué entre vingt et trente viols, mais seules trois plaintes ont été déposées. Le viol reste un phénomène d’une ampleur et d’une gravité considérables, largement passé sous silence[5]. »

Ce viol a marqué, pour elle, le fondement de son engagement féministe. Elle milite alors à l'UNEF et à l'Union des étudiants communistes. Elle se rapproche du Collectif contre le viol et s'implique dans le mouvement féministe. Elle fera du MLF le sujet de mémoire de son DEA d'histoire. En 1997, elle décide de créer un nouveau mouvement féministe, appelé Mix-Cité, dont elle devient coprésidente. L'association se fait connaître en protestant contre l'utilisation de mannequins vivants dans les vitrines des Galeries Lafayette.

En , elle organise le manifeste des 313 « Je déclare avoir été violée »[6]. Le dimanche 25 novembre 2012, elle témoigne de son viol dans l'émission de télévision Viol, elles se manifestent de France 2, avec plusieurs autres femmes violées, dont la joueuse de tennis Isabelle Demongeot.

Assistante[modifier | modifier le code]

Par ailleurs, elle travaille comme collaboratrice parlementaire pour Georges Mazars[7], sénateur socialiste du Tarn. Elle devient ensuite collaboratrice de Cécile Silhouette, conseillère de Paris, élue d'Ensemble pour une gauche alternative et écologiste. Selon Le Monde, elle aurait également été proche de la Gauche socialiste, tendance Jean-Luc Mélenchon[2].

État d'urgence en France en 2015[modifier | modifier le code]

Le 30 novembre 2015, elle est parmi les signataires de l'Appel des 58 : « Nous manifesterons pendant l'état d'urgence »[8],[9].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En 2001, le Parti communiste lui propose de prendre la tête de liste dans le 17e arrondissement contre Françoise de Panafieu, qu'elle décrit comme une « grande bourge » d'un « mépris de classe effroyable »[2]. Battue au second tour avec 35,05 % des voix contre 50,61 % pour Françoise de Panafieu, elle est nommée adjointe chargée de la jeunesse par le nouveau maire de Paris, Bertrand Delanoë.

Au sein des collectifs du 29 mai, elle fait campagne contre le Traité constitutionnel européen lors du référendum français.

Très présente sur les plateaux de télévision, Clémentine Autain apparait en 2006 comme une candidate possible pour une union de la gauche antilibérale[10]. Elle se déclare prête à être candidate à l'élection présidentielle de 2007 lors de la réunion du Collectif national d'initiative pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes où étaient présents nombre de collectifs locaux, le , estimant qu'elle répondait à l'exigence d'une partie des militants de ne représenter aucun parti, ce qui la rendait mieux placée que Marie-George Buffet, Olivier Besancenot, Patrick Braouezec, Yves Salesse ou encore José Bové « pour faire la synthèse » des sensibilités.

Après l'échec du projet d'une candidature unitaire antilibérale, Clémentine Autain refuse de s'engager dans l'une des campagnes qui s'engagent[11].

Elle participe à la Fondation Copernic, un cercle de réflexion de la gauche radicale et à différentes initiatives à gauche : le RAP avec Jacques Kergoat, SELS (Sensibilité écologiste libertaire et radicalement sociale-démocrate) ou l'expérience « de Ramulaud ». Elle écrit dans L'Humanité et contribue à créer, fin 2008 – début 2009, la Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), mouvement politique dont l'objectif est de « fédérer toutes les forces de transformation et de dépassement du capitalisme » et dont elle est une des porte-parole[12].

Clémentine Autain est candidate aux élections municipales de 2014 à Sevran. Le , le maire sortant Stéphane Gatignon remporte à nouveau la mairie de Sevran lors des élections municipales en Seine-Saint-Denis avec 50,55 % des suffrages (5 325 voix). Clémentine Autain obtient 24,66 % des suffrages au premier (2 612 voix) et 31,31 % des suffrages au second tour (3 298 voix). Elle est élue au conseil municipal de la ville de Sevran avec 6 autres personnes du Front de gauche sur les 45 sièges que compte le conseil municipal[13].

Elle se porte candidate aux élections départementales de 2015 dans le canton de Sevran, en binôme avec Sébastien Bastaraud (PCF), et obtient 19 % des suffrages exprimés (23,3 % sur la commune de Sevran).

Lors de l'élection régionale de 2015 en Île-de-France, elle figure en tête de liste du Front de gauche en Seine-Saint-Denis[14]. Au second tour, la fusion des listes PS, Front de Gauche et EELV lui permet d'être élue au conseil régional d'Île-de-France ; la gauche ayant perdu, le FG n'y envoie que trois élus[15]. Elle est membre de la Commission permanente du conseil régional.

Début 2016, elle déclare[16] : "La primaire permet de répondre à la demande croissante de participation citoyenne à la vie politique, au-delà des partis existants", soutenant ainsi l'appel pour des primaires à gauche.

Actions à la mairie de Paris[modifier | modifier le code]

En tant qu'adjointe à la jeunesse au maire de Paris de 2001 à 2007, Clémentine Autain développe les Conseils de la jeunesse de Paris, structures chargées d’offrir aux jeunes la possibilité de dialoguer avec leurs élus, de donner leur avis sur les grands enjeux qui animent la ville (les transports, l’environnement, le logement, etc.) et de monter des projets à l’échelle parisienne. Ces structures disposent d’un budget de 200 000 euros pour les conseils d’arrondissement et de 80 000 euros pour le Conseil parisien de la jeunesse.

Grâce à une augmentation de 50 % du budget consacré aux jeunes, Clementine Autain met en place différentes actions : Paris Jeunes Talents, Paris Jeunes Vacances, Paris Jeunes Aventures, Paris Jeunes Solidarité [17].

Après 2007[modifier | modifier le code]

En , Clémentine Autain quitte le 17e arrondissement de Paris pour Montreuil. Quelques mois plus tard, elle confirme son intention de ne pas être candidate à Paris aux élections municipales de 2008[18], exprimant alors ses craintes d'une alliance de Bertrand Delanoë avec le MoDem à Paris au second tour des municipales.

Installée à Montreuil début 2008[19], elle coanime un espace politique de réflexion, Paroles de gauche, et s'engage auprès des militants sans papiers en grève, des intermittents précaires, qu'elle décrit comme « doublement souffrants ».

Au cours de l'année 2008, elle se rapproche du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) en gestation, lancé par la Ligue communiste révolutionnaire[20].

Présente à la rencontre nationale de l’« appel de Politis »[21], elle plaide pour « un passage à l'acte », faisant référence à la nécessaire création d'une nouvelle force politique. Néanmoins, ce rapprochement ne se concrétise pas, Clémentine Autain regrettant qu'Olivier Besancenot et le NPA ne cherchent pas à construire de majorités politiques ni à travailler et s’allier avec d’autres, tels que Jean-Luc Mélenchon[22].

Elle milite alors au sein de la Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), dont elle est porte parole officieuse. Elle a en particulier représenté la FASE au congrès du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, en indiquant vouloir travailler avec lui malgré des divergences sur des questions comme la laïcité, la République, les formes d'organisation politique ou la notion de « révolution par les urnes » à laquelle elle préfère celle de « révolution démocratique »[23].

Elle se présente aux élections législatives de 2012 comme suppléante de François Asensi, réélu député de la 11e circonscription de la Seine-Saint-Denis.

En novembre 2013, elle participe activement à la création d'Ensemble ! qui regroupe militants de la FASE, des Alternatifs et d'autres mouvements. Elle est depuis cette date l'une des quatre porte-parole de ce mouvement.

Journaliste et débatrice[modifier | modifier le code]

Le 20 avril 2010, elle relance le magazine Regards. À partir de septembre 2012, elle participe à Le débat Yahoo![24], un débat hebdomadaire diffusé sur Yahoo! Actualités. Elle est également chroniqueuse dans Vous trouvez ça normal ?!, une émission animée par Bruce Toussaint sur France 2 qui est interrompue après trois mois de diffusion. Elle participe aussi régulièrement à l'émission de débat On refait le monde de RTL.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Delabre, Clémentine Autain. Portrait, Danger public, novembre 2006 (ISBN 2-35123-118-X)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Portrait », Libération,‎ (consulté le 8 mars 2013)
  2. a, b et c « Clémentine Autain : une certaine idée de soi », Le Monde,  ; Clémentine Autain a réagi à ce portrait sur son blog : « Je vous réponds (2) ».
  3. Ratier 2005.
  4. Anne Delabre, Clémentine Autain. Portrait, biographie, Danger public, 2006 (ISBN 2-35123-118-X)
  5. « Clémentine Autain veut en finir avec le viol » - Fatima Benomar, Front de gauche, 24 octobre 2011 (voir archive).
  6. « Je déclare avoir été violée » : « l'Obs » lance le manifeste des 313 - Elsa Vigoureux, Le Nouvel Observateur, 26 août 2013.
  7. Anne Delabre, Clémentine Autain. Portrait, biographie, Danger public, novembre 2006, p. 64
  8. « L'appel des 58 : « Nous manifesterons pendant l'état d'urgence » », Mediapart,‎
  9. « État d'urgence : 58 personnalités revendiquent la liberté de manifester », Le Point/AFP,‎
  10. « Le ralliement d’Arnaud Montebourg à Ségolène Royal relance le désir d’une candidature de Clémentine Autain pour incarner la gauche anti-libérale » sur Page 2007.
  11. « La cohérence, sur la durée », blog de Clémentine Autain.
  12. Clémentine Autain, Patrick Braouezec et Leila Chaibi, « Comment donner corps à la transformation sociale et écologique ? Pour un front postcapitaliste qui fasse cause commune dès 2012 », L'Humanité, 15 novembre 2010.
  13. Gatignon réélu maire de Sevran.
  14. Régionales : Clémentine Autain, tête de liste du Front de gauche dans le 93, Le Parisien, 21 octobre 2015.
  15. Régionales : Mélenchon «humilié» par le naufrage du Front de gauche, lefigaro.fr, 14 décembre 2015
  16. "Site internet Ensemble!, publié dans Politique, 11 janvier 2016
  17. « Nous voulons aider les jeunes à accéder à l'autonomie » - Interview sur L'Internaute, 21 juin 2006
  18. Sylvia Zappi, « Municipales : Clémentine Autain quitte Paris pour Montreuil », Le Monde, 21 octobre 2007.
  19. « Autain : “Brard m'a dézinguée” », Le Journal du dimanche, 26 janvier 2008.
  20. « Michel Onfray, Boltansky (sic), Clémentine Autain, etc. interpellent positivement le NPA » - Anticapitaliste.org, 30 mai 2008 (voir archive).
  21. « L'alternative à gauche : consultez, signez l'appel et débattez ! » - Politis, 15 mai 2008.
  22. Interview : « Un arc plus large pour réenchanter la gauche » - Matthieu Ecoiffier, Libération, 11 décembre 2008.
  23. Dailymotion – Clémentine Autain au Congrès du Parti de Gauche (Le Mans) - Parti de Gauche Comminges, 22 novembre 2010 [vidéo] (voir archive).
  24. Le débat Yahoo!.
  25. François Caviglioli, Le Nouvel Observateur du 13 octobre 2011, « Le viol expliqué aux hommes », sur http://bibliobs.nouvelobs.com,‎ (consulté le 19 octobre 2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]