Pablo Iglesias Turrión

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Pablo Iglesias Turrión
Pablo Iglesias Turrión en 2015.
Pablo Iglesias Turrión en 2015.
Fonctions
Député aux Cortes Generales
pour Madrid
En fonction depuis le
(1 an, 9 mois et 7 jours)
Élection
Réélection
Législature XIe et XIIe
Groupe politique Unidos Podemos
Secrétaire général de Podemos
En fonction depuis le
(2 ans, 11 mois et 5 jours)
Prédécesseur Création du poste
Député européen

(1 an, 3 mois et 26 jours)
Élection 25 mai 2014
Législature 8e
Groupe politique GUE/NGL
Successeur Xabier Benito Ziluaga
Biographie
Nom de naissance Pablo Manuel Iglesias Turrión
Date de naissance (39 ans)
Lieu de naissance Madrid (Espagne)
Nationalité Espagnole
Parti politique Podemos
Conjoint Irene Montero
Diplômé de Université complutense de Madrid
Université Charles III
Université de Bologne
European Graduate School
Profession Universitaire

Pablo Manuel Iglesias Turrión, né le à Madrid, dans le quartier de Vallecas[1], est un enseignant-chercheur en sciences politiques et un homme politique espagnol.

Secrétaire général du parti Podemos, il est député européen de juillet 2014 à octobre 2015 puis membre du Congrès des députés depuis les élections générales de 2015.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Relevant l'homonymie de Pablo Iglesias Turrión avec Pablo Iglesias Posse, fondateur du Parti socialiste ouvrier espagnol, l'historien Christophe Barret indique que « les parents de Pablo Iglesias Turrión sont des militants de toujours de la gauche espagnole. Son père est inspecteur du travail, militant d'Izquierda Unida, et sa mère avocate du travail pour le syndicat Comisiones Obreras (CCOO). Ils se sont justement connus un , à l'occasion d'une cérémonie organisée devant la tombe du grand homme. Et c'est bien en hommage à Iglesias, le grand socialiste du XIXe siècle qu'ils prénomment Pablo leur fils qui naît, en 1978, à Madrid »[2].

Son père, milite dans les années 1970 au sein du Front révolutionnaire antifasciste et patriote (FRAP), un groupe armé marxiste-léniniste fondé pour combattre la dictature franquiste[3].

Activités universitaires[modifier | modifier le code]

Pablo Iglesias passe son année Erasmus à l’université de Bologne, en 1998-1999. Il s'intéresse en particulier au mouvement des Tute Bianche (« Tuniques blanches »)[4].

Licencié en droit en 2001 et en science politique en 2004 de l'université complutense de Madrid, il y obtient un doctorat en sciences politiques en 2008 avec une thèse intitulée Multitude et action collective postnationale. Une étude comparée des désobéisseurs : de l’Italie à Madrid (2000-2005)[5],[4] ; « le travail est mené sous la direction d'Heriberto Cairo, militant du mouvement Izquierda Anticapitalista (IA) et plus tard doyen de la Faculté de sciences politiques »[6]. Il poursuit des études à l'université Carlos III de Madrid et à l'European graduate school de Saas-Fee en Suisse. Il publie dans des revues académiques depuis 2002. En 2008, il est nommé professeur intérimaire (professor titular interino) à l'université complutense de Madrid. En 2014, à la fin de son contrat de professeur intérimaire, il est nommé professeur honoraire (professor titular honorífico) de cette même université[7].

Il a également fréquenté le Centre d’études politiques et sociales (CEPS), un think tank espagnol financé en grande partie par le gouvernement du Venezuela et qui produit un travail académique sur l’Amérique latine[4].

Activités dans les médias[modifier | modifier le code]

Il anime des émissions de télévision traitant de politique comme La Tuerka sur Público TV et Fort Apache sur HispanTV. Diffusées sur internet et par certaines télévision locales, ces émissions devaient permettre de bousculer l'hégémonie culturel des « puissants », qui en imposant leurs codes, vocabulaire et dramaturgie, font de la télévision un outil de domination[8].

Activités politiques[modifier | modifier le code]

De 14 à 21 ans, il milite au sein de l'Union des jeunesses communistes d'Espagne[9]. Lors de son passage en Italie, il se rapproche du Parti communiste italien (PCI), « dont il apprécie la volonté affichée de participer au pouvoir, tout en restant connecté aux luttes sociales »[4] — il admire en particulier Enrico Berlinguer, leader du PCI dans les années 1970[10] — et participe à certains rassemblements altermondialistes[4]. Étudiant à Bologne, « il y a découvert le mouvement anti-globalisation. Marqué par le contre-sommet de Gênes de juillet 2001 et par la répression des manifestations qui entourent l'événement — notamment la mort du jeune militant Carlo Giuliani —, il y fait le choix de s'intéresser aux mouvements de « résistance » internationaux afin d'en importer certaines pratiques en Espagne. En novembre 2002, il est observateur, pour le compte de l'université Complutense, au premier forum social européen de Florence »[6].

En janvier 2014, il participe à la création du mouvement Podemos en vue des élections européennes de la même année. À l'issue de primaires citoyennes ouvertes, il est le candidat le plus largement choisi et devient tête de liste[11]. Le , il est élu au Parlement européen avec quatre de ses colistiers. Le lendemain, il annonce qu'il siégera au sein de la Gauche unitaire européenne (GUE/NGL)[12].

Le , Iglesias est élu secrétaire général de Podemos lors d'un processus de primaires, avec l'appui de 88,6 % des adhérents de la formation.

Le 27 octobre 2015, il démissionne du Parlement européen en vue des élections générales de 2015[13], lors desquelles il est élu aux Congrès des députés.

En vue des élections générales de 2016, il conclut un accord avec Izquierda Unida pour former la coalition Unidos Podemos, dont l'objectif est de réaliser le sorpasso (es), terme italien désignant l'éventualité du dépassement du score du Parti socialiste ouvrier espagnol par la gauche alternative[14].

Polémiques[modifier | modifier le code]

En 2014, Pablo Iglesias porte plainte contre le journaliste Alfonso Rojo, qui l'a qualifié de « chorizo » et de « voleur » durant un débat politique sur le programme de télévision La Sexta Noche. La même année, il porte également plainte contre la présidente du Parti populaire de la communauté de Madrid, Esperanza Aguirre, qui l'a qualifié de chaviste, de castriste et de soutenir ETA[15]. Toujours en 2014, le parti s'insurge contre le journaliste de El Mundo qui l'a accusé de recevoir des financements illégaux du Venezuela[16].

En juillet 2016, Pablo Iglesias est poursuivi par la journaliste Mariló Montero après avoir ironiquement déclaré qu'il « voudrait la frapper jusqu'à ce qu'elle saigne »[17]. Également en juillet 2016, un élu du PP déclare au sujet d'Iglesias : « Qu’on lui mette une balle dans la nuque  ! »[8].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Son ancienne compagne, Tania Sánchez est conseillère municipale Izquierda Unida de Madrid de 2011 à 2015[18],[19], et membre du Congrès des députés depuis 2015 pour Podemos[20]. Sa compagne actuelle Irene Montero est députée et membre de la direction de Podemos[21].

Publications[modifier | modifier le code]

  • (es) Multitud y acción colectiva postnacional, Madrid: Complutense de Madrid, Servicio de Publicaciones, 2009 (ISBN 978-84-692-1016-1).
  • (es) Desobedientes, Madrid: Popular, 2011 (ISBN 978-84-7884-498-2).
  • (es) ¡Que no nos representan!: El debate sobre el sistema electoral español, Madrid: Popular, 2011 (ISBN 9788478845156)
    Coécrit avec Juan Carlos Monedero.
  • (es) Conversación entre Pablo Iglesias y Nega LCDM. Más Madera a dos voces, Icaria, 2013 (ISBN 9788498885439).
  • (es) Cuando las películas votan. Lecciones de ciencias sociales a través del cine, Catarata, 2013 (ISBN 978-84-8319-831-5).
  • (es) Maquiavelo frente a la gran pantalla. Cine y política, Akal, 2013 (ISBN 978-84-460-3876-4).
  • (es) Disputar la democracia. Política para tiempos de crisis, Akal, 2014 (ISBN 978-84-460-3957-0).
  • Les leçons politiques de Game of Thrones, Post éditions, 2015 ((es) Ganar o morir. Lecciones políticas de Juego de Tronos, Akal, 2014), trad. Tatiana Jarzabek (ISBN 979-1092616118).

Direction d'ouvrage[modifier | modifier le code]

  • (es) Pablo Iglesias Turrión (dir.) et Jesús Espasandín (dir.), Bolivia en Movimiento. Acción colectiva y poder político, Madrid, El Viejo Topo, , 376 p. (ISBN 978-84-96831-25-4).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. El País, « Les indignés de Podemos, première force politique du pays ? », sur Courrier international, (consulté le 18 mai 2016).
  2. Barret 2015, p. 61.
  3. (es) « Pablo Iglesias es un hijo del FRAP », sur gaceta.es, (consulté le 8 octobre 2016).
  4. a, b, c, d et e Ludovic Lamant, « La boîte à idées des intellos de Podemos », sur Mediapart, (consulté le 17 décembre 2015).
  5. (es) Pablo Iglesias Turrión, Multitud y acción colectiva postnacional: un estudio comparado de los desobedientes: de Italia a Madrid (2000-2005) (thèse de doctorat), Madrid, (lire en ligne).
  6. a et b Barret 2015, p. 39.
  7. (es) « La Complutense quiere que Pablo Iglesias sea profesor honorífico », sur elmundo.es, (consulté le 18 mai 2016).
  8. a et b « Podemos bouscule l'Espagne », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne).
  9. (es) « Un socialista indignado », sur elpais.com, (consulté le 18 mai 2016).
  10. Gaël Brustier, « Le «Podemos à la française» n'est pas près de voir le jour », sur Slate, (consulté le 13 février 2016).
  11. (es) « Pablo Iglesias, elegido cabeza de lista por Podemos en las primarias con más participación para las europeas », sur publico.es, (consulté le 18 mai 2016).
  12. (es) « Podemos formará parte de la Izquierda Unitaria en la Eurocámara junto a IU », sur lainformacion, (consulté le 18 mai 2016).
  13. (es) « Iglesias, el cuarto eurodiputado de Podemos que deja su escaño », sur elpais.com, .
  14. Fabien Escalona, « Unidos Podemos: la véritable «belle alliance» de la gauche? », sur Slate, (consulté le 11 octobre 2016).
  15. (es) « Pablo Iglesias demanda a Aguirre por acusarle de apoyar a ETA », sur elmundo.es, (consulté le 18 septembre 2016).
  16. (es) « Podemos ha decidido demandar a Alfonso Rojo por llamar “chorizo y mangante” a Pablo Iglesias », sur elconfidencialdigital.com, (consulté le 18 mai 2016).
  17. (es) « Mariló Montero denuncia a Pablo Iglesias ante el Instituto de la Mujer por decir que "la azotaría hasta que sangrase" », elmundo.es, 27 juillet 2016.
  18. (es) Yolanda Veiga, « Tania Sánchez: La diputada que fue «punki y anti todo» », sur Las Provincias, (consulté le 26 juin 2016).
  19. (es) Pilar Álvarez, « Pablo Iglesias y Tania Sánchez anuncian su separación », (consulté le 26 juin 2016).
  20. (es) « Nombres ilustres sin escaño: Julio Rodríguez, Maroto, Madina, Marimar Blanco o Duran, fuera », sur 20minutos.es, (consulté le 26 juin 2016).
  21. (es) « Irene Montero y Pablo Iglesias, pillados disfrutando de su amor », La Vanguardia,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christophe Barret, Podemos : pour une autre Europe, Paris, Cerf, , 249 p. (ISBN 978-2-204-10503-3).

Liens externes[modifier | modifier le code]