Plougastel-Daoulas

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Plougastel-Daoulas
Église de Plougastel
Église de Plougastel
Blason de Plougastel-Daoulas
Blason
Plougastel-Daoulas
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Arrondissement de Brest
Canton Canton de Daoulas
Intercommunalité Brest Métropole Océane
Maire
Mandat
Dominique Cap
2014-2020
Code postal 29470
Code commune 29189
Démographie
Gentilé Plougastel
Population
municipale
13 264 hab. (2011)
Densité 283 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 22′ 24″ N 4° 22′ 10″ O / 48.3733333333, -4.36944444444 ()48° 22′ 24″ Nord 4° 22′ 10″ Ouest / 48.3733333333, -4.36944444444 ()  
Altitude Min. 0 m – Max. 145 m
Superficie 46,83 km2
Localisation

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Liens
Site web Site de la commune

Plougastel-Daoulas [plugastɛl daulas] est une ville du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Ses habitants sont appelés les Plougastels et pour les femmes on utilise le mot breton Plougastellenn[1].

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation de la commune de Plougastel-Daoulas dans le Finistère

Un littoral très découpé[modifier | modifier le code]

Plougastel-Daoulas est une ville de la rade de Brest, située sur une presqu'île au sud-est du chef-lieu d'arrondissement dont elle est séparée par l'embouchure de l'Élorn. La commune fait partie de l'ancien Évêché de Cornouaille.

La longueur de son littoral atteint 37 km car il est très découpé sur sa façade ouest et sud-ouest, alternant caps (pointe Marloux, pointe du Corbeau, pointe du Caro, pointe de l'Armorique, pointe Doubidy) et anses (anse du Caro, anse de Lauberlac'h, anse du Moulin Neuf, anse de Penfoul) et quatre ports (Tinduff, Caro, Passage, Four-à-Chaux-Lauberlac'h) y sont implantés. Une île de la rade de Brest dépend aussi administrativement de Plougastel : l'île Ronde. L'étang du Caro, site naturel protégé, est un lieu de nidification pour les oiseaux migrateurs[2].

Géologiquement, les quartzites de Plougastel, le granite et les schistes sont les affleurements prédominants. Quelques petits gisements de calcaire existent, par exemple à l'île Ronde, ce qui explique la présence d'anciens fours à chaux.

Eugène Parès commence ainsi sa nouvelle La Nuit de la Saint-Jean publiée en 1886 : « Il n'est peut-être pas dans tout le Finistère de sites plus charmants, plus pittoresques que ceux qu'offre le pays de Plougastel-Daoulas »[3].

Dominique Cap, le premier édile de Plougastel-Daoulas, a décidé de remettre en cause la "loi littoral" de 1986, qui régit l'urbanisation de la côte. Celle-ci autorise des constructions dans les zones urbaines existantes, pas dans les hameaux. Or le bourg compte près de 9 000 habitants répartis dans 162 hameaux. Le maire réclame un assouplissement de la loi. L'Association des maires de France lui a demandé de faire l'état des lieux.

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Presque une île[modifier | modifier le code]

Plougastel-Daoulas est restée longtemps très isolée, l'Élorn étant un obstacle à ses relations avec l'évêché de Léon et particulièrement avec Brest : avant la construction du pont Albert-Louppe en 1930, seul un bac permettait de franchir l'estuaire (partant du lieu-dit « Le Passage » pour aboutir à un lieu-dit du même nom situé sur l'actuelle commune du Relecq-Kerhuon). La voie terrestre la plus directe vers le Léon demandait alors un long détour par le pont de Rohan à Landerneau. Côté terre, vers l'est, Plougastel-Daoulas n'est limitrophe que d'une seule autre commune : Loperhet. De plus, écrit Le Petit Parisien en 1934 : « La route départementale va jusqu'à Plougastel-Daoulas. À partir de là, on ne trouve plus que des chemins vicinaux si étroits que la petite charrette doit reculer, l'âne ou le veau s'écraser contre la haie, pour que l'auto passe »[4]. De cet isolement séculaire, la commune a conservé de forts particularismes et traditions. Elle a aussi constitué longtemps un isolat démographique (« C'est un fait rare de voir un habitant de Plougastel se marier en dehors de la commune ; si l'un transgresse cette coutume, il est mal vu des autres » écrit le même journal en 1895[5]), d'où la prédominance de certains noms de famille comme Le Gall, Lagathu et Kervella particulièrement[6], bien décrit dans cet article de 1928 :

« Les habitants de Plougastel, les Plougastel, vivent fort repliés sur eux-mêmes et ne se mêlent guère à ceux des environs. Ils se marient entre eux et les mariages se célèbrent par groupes à des dates traditionnelles. Il en résulte que certains noms, comme par exemple Lagathu ou Kervella, sont extrêmement fréquents, et que le nom, le prénom et l'identification du village sont parfois insuffisants pour identifier une personne. Les femmes ne se placent guère en dehors de la presqu'île et il est très rare de voir une domestique porter, en ville, la coiffe de Plougastel. C'est une population riche, ingénieuse, ardente au travail. La culture des primeurs, des fraises surtout, dont le commerce s'étend avec l'Angleterre, constitue sa principale occupation[7]. »

Bien que située en Cornouaille, les Plougastell parlaient comme variante de la langue bretonne le dialecte du Léon alors que ceux de Daoulas par exemple parlaient le dialecte cornouaillais[8].

Le Passage Saint-Jean et le bac de Plougastel[modifier | modifier le code]

En 1399, les droits du Passage sont cédés par l'abbaye de Daoulas, qui les détenait précédemment, à M. Le Heuc, cette donation étant confirmée en 1407 par Olivier du Chastel.

Un aveu du indique que l'abbaye Notre-Dame de Daoulas disposait du tiers des revenus du passage de Treisguinec « servant pour passer et repasser entre les paroisses de Daoulas, Plougastel et Guipavas sur la rivière et bras de mer qui dévalle de la ville et port de Landerneau à Mulgun[9], le dit passage estant indivis o messire Robert du Louet, seigneur de Coët-Junval[10], Guillaume de Penencoët, seigneur de Keroual[11] et Jean de la Marre, seigneur de Kereraut[12], sous la charge de 18 sols de chevrente solidaire due à la seigneurie du Chastel[13] sur le total du dit passage par chacun an ». Le passage était alors affermé « par Alain Piriou, du village de Lesquivit, Guillaume Calvez et Béatrice Kerdoncuff, veuve Hiérome Cavez, demeurant au village du passage de Plougastel, pour en payer par an 27 livres tournois »[14].

Un texte de 1748 indique que l'abbaye Notre-Dame de Daoulas percevait les revenus des dimanche, lundi et mercredi de chaque semaine, mais que le dimanche et le mercredi, peu de monde fréquente le Passage alors que « tous les mardis, il passe beaucoup de monde avec chevaux et charges pour le marché de Brest, le jeudi pour le marché de Gouesnou, le vendredi et samedi pour le marché de Brest-Recouvrance »[15].

La situation péninsulaire de Plougastel-Daoulas a longtemps contribué à isoler la commune, l'estuaire de l'Élorn n'étant franchissable que par des bacs, qui permettaient la traversée entre le Passage du Relecq-Kerhuon et le Passage de Plougastel-Daoulas, les deux lieux-dits ayant conservé cette dénomination. Un fermier, dans le cadre d'un bail concédé par le département, bénéficiait de la concession et donc du monopole de droit de passage. En 1865 est demandée l'amélioration de la route menant du bourg de Plougastel au Passage Saint-Jean en raison « de la complète insuffisance de cette voie, par suite du grand nombre de voitures et de charrettes qui viennent apporter à Kerhuon les produits agricoles de tout le canton »[16]. En 1880, un quai, ainsi que des travaux de déroctage, sont financés par le département. En 1886, le prix du passage est alors de 0,10 centimes pour les piétons et de 0,50 centimes pour les voitures : on ne peut passer que deux voitures à la fois[17].

Le franchissement de l'Élorn était souvent périlleux :

« Comme la rivière est orientée à l'ouest, dans la direction du goulet, la mer y est grosse dans les tempêtes de l'ouest et du sud-ouest, et le passage du bac souvent impossible : les grands vents d'est produisent aussi un ressac assez violent pour empêcher parfois l'accostage des cales et compromettre la sécurité des bateaux dans la crique, qui a 100 m de longueur sur 50 m de largeur. Cette crique sert d'abri aux bateaux dits de Plougastel qui font exclusivement, dans la rade de Brest, le service des transports. [...] Ce batelage [...] emploie une centaine de bateaux[18]. »

La barque de Plougastel (Ferdinand Perrot, 1808-1841)

Le , jour du pardon de la Saint-Jean, un dramatique accident survint : la foule des pèlerins vers 5 heures de l'après-midi, se pressait sur la passerelle en bois, longue de 50 mètres environ, qui servait à l'embarquement au Passage Saint-Jean, prenant d'assaut les vapeurs au fur et à mesure qu'ils se présentaient. La passerelle s'effondra et une centaine de personnes tombèrent à l'eau. Il y eut au moins 7 noyés[19].

Le pont de Plougastel en construction (1928)

Albert Clouard décrit comme suit la traversée en 1892 :

« Débarqués à la station de Kerhuon, nous gagnons les bords de l'Élorn et montons dans un bac près de quitter le bord. Des femmes de retour du marché, fortes, épanouies, rieuses, empoignent les gigantesques avirons et s'amusent à ramer en chantant une chanson, tandis que les bateliers, heureux de ce repos momentané, rient des provocantes poses qu'elles prennent en se rejetant en arrière avec effort. Elles portent des coëffes aux ailes recourbées, aux rubans flottants, des ceintures de couleur et quelques-unes de courtes pèlerines à capuchon. Les mariniers sont coiffés d'un bonnet de laine rouge pareil à celui des forçats, sanglés d'une large ceinture de même teinte et vêtus d'un gilet blanc ou bleu garni de boutons d'os[20]. »

Le Passage Saint-Jean ou Passage de Kerhuon était vital pour l'économie locale comme en témoigne ce texte de 1886 :

« La rive [de l'Élorn, côté Plougastel] très verdoyante est surmontée de rochers bizarres qui affectent la forme de ruines. Le chemin monte au milieu de vergers et de champs à la végétation assez riche : c'est ici en effet que l'on récolte le plus de fruits de toute la campagne environnante, la culture de la fraise surtout s'y fait sur une grande échelle et rien, paraît-il, n'est plus curieux, au moment de la saison, que les longues théories de voitures alignées le long de la route, attendant leur tour[21], pour passer à l'aide du bac sur l'autre rive et conduire leur chargement à la gare [de Kerhuon] : la plus grande partie de ces fruits se vend pour l'Angleterre[17]. »

Le pardon de la Saint-Jean à Plougastel vers 1900

En 1897, Tancrède Martel fait cette description du Passage Saint-Jean :

« Le passeur est là, qui m'attend. Une figure de vieux pêcheur, tannée et cuite sous le béret. [...] Moyennant la modique somme de deux sous, j'embarque, le vieux allume sa pipe et se met à la voile, et trois minutes après, me voici devant le minuscule port du Passage, un vrai port-joujou avec un quai en miniature, borne cerclée de fer, hutte de douanier et, se balançant sur les flots, trois ou quatre barques de pêcheurs[22]. »

Une curiosité naturelle distrayait les voyageurs : le puits du Cosquer, près du Passage Saint-Jean, bien que constitué d'eau douce, voyait son niveau baisser à marée descendante et monter à marée montante[23].

Le bac à vapeur, mis en service en juin 1907, ne fonctionnait qu'à certaines heures du jour, ce qui souleva des protestations des habitants[24], mécontents de la raréfaction du service et de l'augmentation du coût du passage, réclamant même la remise en service du bac à rames ou à voiles antérieur, qui assurait un passage toutes les demi-heures dans la journée. En dehors des périodes de fonctionnement, il fallait faire le détour par Landerneau pour gagner Brest ou tout autre endroit du Léon.

La mise en service du pont de Plougastel (pont Albert-Louppe) en 1930 provoqua l'arrêt du bac entre les deux Passages, mais une reprise momentanée du trafic se produisit pendant la Seconde Guerre mondiale en raison de la destruction de l'une des arches du pont.

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Des liaisons maritimes reliaient aussi Plougastel à la presqu'île de Crozon. Par exemple, le , une barque de pèlerins, le Notre-Dame-de-Rumengol, qui se rendaient au pardon de Sainte-Anne-la-Palud, chavire dans le port du Tinduff, l'accident faisant deux noyés parmi la douzaine de personnes qui l'occupaient[25].

La tradition de la construction navale[modifier | modifier le code]

Jusqu'au XVIIIe siècle, la construction navale était disséminée dans de nombreux petits chantiers tout au long des grèves de la presqu'île, le plus important étant celui de Lauberlac'h, d'autres existant au Caro, au Squiffiec, au Cap, à Larmor, à Penn ar Ster, à Illien-ar-Guen, etc.. disparaissant progressivement les uns après les autres dans le courant des XIXe siècle et XXe siècle ; ces chantiers construisent essentiellement deux types de bateaux, des gabares, d'une longueur moyenne de 9,50 mètres et d'une largeur moyenne de 3,30 mètres, jaugeant en moyenne 14 à 15 tonneaux, portant une voile carrée accrochée à un mât unique et destinées au transport du fret et des personnes. Au début du XIXe siècle, une vingtaine de gabares étaient armées à Plougastel et 14 encore à la fin du même siècle, desservant Brest et les ports de la rade de Brest. Des chaloupes, d'une longueur de 7 mètres environ, non pontées, mais gréées de deux mâts fixes, sont également construites et utilisées, servant à divers usages comme le dragage des huîtres, du maërl et du goémon, ainsi que la pêche, mais utilisées aussi pour le transport des personnes.

Les « villages »[modifier | modifier le code]

L'un des "villages" de Ploguastel : Saint-Adrien et son ancienne école de hameau

Sa population est répartie, outre le bourg, dans 157 villages[26], ce qui en fait un casse-tête remarquable en termes d'assainissement, de desserte routière et d'application de la loi littoral.

Certains de ces villages abritent depuis longtemps une population nombreuse : par exemple en 1890 Keralliou avait 118 habitants, Lesquivit avait 73 habitants, Lauberlac'h 36 habitants[27]. Plusieurs "villages" possédaient une école : par exemple Sainte-Christine ou encore Saint-Adrien qui a compté un moment trois écoles: deux écoles privées catholiques et une école publique.

La quasi-totalité des villages porte des toponymes bretons dont l'évolution graphologique et la signification a fait l'objet d'une étude approfondie[28].

Plougastel, un « jardin »[modifier | modifier le code]

Plougastel est depuis longtemps renommé pour son agriculture maraîchère, caractéristique de la Ceinture dorée bretonne dont la presqu'île est un prolongement, comme le décrit Victor-Eugène Dumazet en 1893 :

« Les gens de Plougastel sont d'infatigables jardiniers et de vaillants marins, des jardiniers surtout. La partie de leur péninsule qui regarde vers le sud, abritée des vents du nord et de l'ouest par les rochers riverains de l'Élorn, baignée par les flots tièdes, jouit d'un climat fort doux ; aussi bien des cultures qui semblent impossibles en Bretagne, y prospèrent-elles. Déjà il y a cent ans, quand ce pays était sans route et, naturellement, sans chemin de fer, alors qu'il était difficile d'expédier les produits du sol, Cambry signalait avec étonnement la culture des melons de plein champ ; on les préservait des gelées blanches avec des débris de verre. On cultivait aussi les petits pois à l'abri de plants de genets pour les préserver du vent du nord. “Vous n'êtes plus dans la Bretagne, s'écriait le voyageur : les fraises, la framboise, la rose, la jonquille, la violette et l'églantier couvrent les champs chargés d'arbres fruitiers ; le cerisier, le prunier, le pommier descendent jusqu'au rivage.” Les légumes devançaient de six semaines la végétation, même à deux lieues de là[29]. »

Une ville-dortoir désormais[modifier | modifier le code]

Les deux ponts (pont Albert-Louppe et pont de l'Iroise) vus de Brest côté semblent se confondre en un seul

La construction du pont Albert-Louppe (dit aussi « pont de Plougastel ») en 1930, puis celle du pont de l'Iroise (qui a permis de mettre fin aux embouteillages liés aux migrations pendulaires que provoquait l'ancien pont à deux voies), ont mis fin à l'isolement de la commune, traversée par la voie express venant de Brest et la reliant à Quimper et Nantes. Malgré des réticences, la commune a adhéré dès sa création à la communauté urbaine de Brest, devenue Brest métropole océane (BMO). Incorporée désormais dans l'agglomération brestoise, la commune a connu un essor démographique remarquable ces dernières décennies, devenant une banlieue-dortoir aisée de Brest, particulièrement sur son littoral nord, face au port de Brest (« villages » de Keraliou et ses voisins) ainsi qu'à la périphérie du bourg traditionnel qui a considérablement grossi. Des zones commerciales se sont développées aux alentours des deux échangeurs routiers qui desservent la commune.

Un certain particularisme demeure toutefois : lors de la constitution en 1974 de la communauté urbaine de Brest, ancêtre de Brest métropole océane, parmi les huit communes fondatrices, Plougastel-Daoulas fut la commune où la majorité approuvant sa création fut la plus faible.

Histoire[modifier | modifier le code]

La statue du dieu de la fécondité trouvée dans la chapelle de la Fontaine-Blanche (Musée de la fraise et du patrimoine de Plougastel)

Origines et Antiquité[modifier | modifier le code]

Des menhirs se trouvent près des villages de Lesquivit, de Lanvrizan et du Carn.

Plougastel, comme son nom l'indique, aurait été à l'origine un oppidum (situé à Roc'h-Nivelen[30], le rocher des prêtres en français), un refuge habité par des populations celtes[31]. dès le Néolithique, naturellement protégé par sa configuration de presqu'île et son armature de rochers, aux confins de la Domnonée, peut-être le lieu dénommé Merthyr où, en 874, le roi Salaün, après avoir commis le meurtre d'Erispoë, aurait été tué par Gurwand et Paskweten[32] (mais ce lieu est plus souvent identifié comme étant La Martyre, dans le même département actuel du Finistère).

Le site de Fontaine Blanche correspond à un ancien lieu de culte païen où les Celtes honoraient la déesse de la fécondité, dont la statue fut retrouvée sous le calvaire et se trouve désormais au musée de la fraise. Le nom du lieu-dit Feunteun Gwenn peut se traduire certes en français par fontaine blanche, mais aussi par fontaine sacrée, gwenn (provenant du gaulois vindo) vouant aussi dire sacré[33].

Un vase d'argile contenant des pièces de monnaie romaines fut découvert au XIXe siècle sur la grève de Porsguen (Porz Gwenn), port d'échouage à l'époque, et des médaillons romains à Fontaine-Blanche. Une borne milliaire, située à Lanvrizan, est aussi de l'époque gallo-romaine.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Son nom Plougastel signifie paroisse du château. Le nom vient de plou, paroisse, commune, et gastel (sans la mutation, kastell), qui veut dire château[34]. La paroisse s'est d'abord appelée Gwikastell, nom que porta aussi une famille noble de la paroisse, dont un des représentants, Hervé de Guicastel, mourut abbé de Daoulas en 1281[35]. Son nom a varié dans le temps : Plebs Castelli ou Plebe Castello (au XIe siècle), Ploecastel (en 1173), Ploecastell (en 1186), Plebs Petri (vers 1330), Guic Castelle (vers 1330), Guicastell (en 1405), Ploegastel Doulas (en 1535) avant de prendre son nom actuel en 1779[36].

Paroisse de l'Armorique primitive fondée vers le VIe siècle, très étendue (son territoire englobait les paroisses ou communes actuelles de Loperhet, Dirinon, Saint-Urbain, Saint-Thomas de Landerneau et le nord de Daoulas), Plougastel est née dans la forêt de Thalamon qui couvrait à l'époque toute la rive gauche de l'Élorn. Le nom de Plougastel est mentionné pour la première fois au XIe siècle dans le cartulaire de Landévennec.

Le nom de la commune en breton moderne est Plougastell-Daoulaz.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le Haut Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L'archidiaconé de Plougastel était l'un des deux archidiaconés du diocèse de Tréguier, correspondant au territoire situé entre les rivières de Lannion et de Morlaix, et n'avait rien à voir avec Plougastel-Daoulas.

Plougastel fit partie de la vicomté de Léon, dont le siège était à Landerneau. En 1186, le vicomte Hervé II de Léon, cède les dîmes de certains villages à l'abbaye de Daoulas, qui peu à peu contrôle la majeure partie de la paroisse. Comme cette abbaye dépendait de l'évêché de Cornouaille, Plougastel est donc désormais inclut dans la Cornouaille.

Au XIIe siècle, un château-fort dominant l'Élorn, datant de la même époque que celui de La Roche-Maurice, aurait existé à Kérérault. Le nom d'un seigneur y habitant est connu : Jehan III de Kererault, qui serait mort de la peste et dont le tombeau est signalé en 1780 dans une chapelle proche, désormais disparue. Un manoir lui a succédé, acheté en 1863 par l'amiral Joseph Romain-Desfossés[37].

Les seigneuries de Plougastel[modifier | modifier le code]

Plougastel : Femmes priant devant un calvaire (dessin d'Hippolyte Bellanger, 1844)

Les seigneuries étaient alors nombreuses à Plougastel[38] :

  • la seigneurie de la Villeneuve (Kernevez), aux mains de la famille L'Audren.
  • la seigneurie de Pen ar Hoat (ou Pencoat, ou Penancoët), aux mains de la famille Penancoët.
  • la seigneurie de Kerahelan, aux mains de la famille Huon (qui possédait aussi la seigneurie de Kerliezec en Dirinon).
  • la seigneurie de Kerverny (ou Kervern), aux mains de la famille Gouzabatz.
  • la seigneurie de Kérérault (ou Kererot), aux mains de la famille Kérérault.
  • la seigneurie de Kernisi, aux mains de la famille Kerguern (qui possédait aussi la seigneurie de Kerguern en Dirinon)
  • la seigneurie du Fresq, aux mains de la famille Kerret (dont la seigneurie éponyme se trouvait à Saint-Martin-des-Champs).
  • la seigneurie du Rosier, aux mains d'un ramage de la famille des comtes de Léon.
  • la seigneurie de Lescouëdic (Le Scouidic), aux mains d'une autre famille de Léon.
  • la seigneurie de Lesnon, aux mains de la famille Rodellec.
  • la seigneurie de Roscerf (Rossermeur), aux mains de la famille de Roscerf, puis de la famille Dourguy. Elle possédait les chapelles Saint-Trémeur et Saint-Claude.
  • la seigneurie du Cosquer, aux mains de la famille Testard
  • la seigneurie du Quilliou, aux mains de la famille Barbu
  • une autre seigneurie du Quilliou, aux mains de la famille Guengat
  • la seigneurie de Liorzinic (Lizourzinic) aux mains de la famille Du Louët

Pour la famille du Louët, une présentation plus détaillée est disponible, voir :

Article détaillé : Loperhet.

L'époque moderne[modifier | modifier le code]

Aux XVe siècle et XVIe siècle la culture du lin et du chanvre et le commerce des toiles (en particulier des toiles fines dénommées "Plougastel blanches") enrichit Plougastel, les toiles s'exportent jusqu'en Angleterre et en Hollande et dans la péninsule Ibérique, mais les manufactures créées par Colbert à partir de 1675 entraînent le déclin de cette activité toilière. Cette activité persiste toutefois aux XVIIe siècle et XVIIIe siècle où la seule paroisse de Plougastel fournit encore 60 pièces de lin chaque semaine, mais l'essor des cultures de fraisiers provoqua le recul de la culture du lin, même si des métiers à tisser fonctionnèrent à Plougastel jusqu'au début du XXe siècle, mais travaillant du lin cultivé dans d'autres communes de la région ainsi que de la berlingue.

Le calvaire est érigé de 1602 à 1604 par deux personnages dénommés Corr, architecte et Perrious Baod, curé, en actions de grâces après l'épidémie de peste de 1598 ; il était désigné sous le vocable de Croaz ar Vossen ; il fut restauré dans la seconde moitié du XIXe siècle.

En 1644, Julien Maunoir, célèbre prédicateur, prêche une mission à Plougastel au cours de laquelle, si on en croit les récits hagiographiques, plusieurs interventions miraculeuses de la Vierge Marie auraient eu lieu[39].

Nicolas Le Forestier (1617 - 1677), né et décédé à Landerneau, était seigneur de Keroumen en Plougastel, et descendant d'une vieille famille noble de Cornouaille, Le Forestier de Quilien, qui figure aux réformations et montres de la paroisse de Plonévez-du-Faou entre 1481 et 1531[40].

Le , deux paysans se rendant à l'Île Ronde, aperçurent 9 hommes cachés dans un vieux four à chaux ; se voyant découverts ils s'enfuirent en chaloupe, mais l'officier qui commandait une batterie voisine, après deux coups de mousquet de semonce, tira et « ils furent tous noyez quelque diligence qu'on fit pour les sauver. On reconnut à diverses marques qu'ils estoient anglais, et qu'ils avoient esté amenez pour reconnoistre les lieux »[41].

En 1741, une épidémie de dysenterie, qui ravagea une bonne partie de la Bretagne, fit environ 700 morts dans la région de Plougastel[42].

Alors que l'activité agricole était semble-t-il principalement céréalière au XVIIIe siècle, elle évolue progressivement vers le maraîchage et l'arboriculture en raison de la douceur du climat de la Ceinture dorée bretonne et de la proximité du débouché brestois, la culture des fraisiers[43] étant signalée à partir de 1766.

La Révolution française[modifier | modifier le code]

Yves Julien, Testart de la Roche, Roshuel, Louis Kervella, Yves Gourmelon, Jean Vergas, Jean Le Bot et François Le Billant sont les 8 délégués représentant les 800 feux de Plougastel lors de l'élection des députés du tiers état de la sénéchaussée de Quimper aux États généraux de 1789[44].

En 1791, les paroissiens soutiennent leur trois prêtres qui refusent de prêter le serment de fidélité à la constitution civile du clergé. Lors de la plantation d'un arbre de la liberté, un hymne en breton fut composé et chanté pour la circonstance[45].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Groupe d'enfants à Plougastel en 1859 (carte postale)

La création de l'hospice de Plougastel[modifier | modifier le code]

En 1856, Mme Mazé-Launay, veuve d'un Président du Tribunal de commerce de Brest également négociant, fonde l'hospice de Plougastel, qui reçoit des vieillards mais fait aussi fonction d'hôpital, et en confie la direction à la Congrégation des Sœurs de Saint-Thomas de Villeneuve, qui y ouvrent également en 1861 une école pour les orphelines. L'ensemble est traditionnellement dénommé "Le couvent" par les habitants de Plougastel. Les bâtiments, agrandis en 1962, et rénovés depuis avec la création en 1980 d'un accueil "Long séjour" ainsi que d'un établissement de cure médicale, abritent l'actuelle Maison de retraite Saint-Thomas de Villeneuve de Plougastel, gérée depuis 2010 par l'Hospitalité Saint-Thomas de Villeneuve dont le siège se trouve à Lamballe ; l'établissement de Plougastel reçoit 315 résidents et emploie près de 200 personnes[46].

L'affaire Marie-Anne Laviec[modifier | modifier le code]

Le , la Cour de cassation casse un jugement du tribunal de simple police de Daoulas qui avait exonéré de poursuites une cabaretière du bourg de Plougastel, Marie-Anne Laviec, qui n'avait pas respecté un arrêté municipal prohibant la vente de boissons pendant l'office divin[47].

Les difficultés de la modernisation[modifier | modifier le code]

La création d'un service télégraphique dans la commune en 1873 est ajournée par décision du conseil municipal car « ses ressources ne lui permettaient pas actuellement de subvenir à la dépense »[48].

Un naufrage dramatique[modifier | modifier le code]

Le journal Le Temps écrit en 1878 : « Un effroyable sinistre est arrivé dans la nuit de mercredi [le ] sur les côtes de Brest. Le bateau Marie-Joseph sur lequel se trouvaient trente-cinq passagers des villages voisins, Saint-Adrien, Plougastel, Daoulas, etc., a sombré entre la pointe de l'Armorique et l'île Ronde. Ni un passager, ni un homme de l'équipage n'ont survécu. Dimanche encore, on n'avait retrouvé qu'un cadavre, celui d'une femme, qui a été inhumé à Plougastel »[49].

Les épidémies du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1885-1886, Plougastel-Daoulas est atteint par l'épidémie de choléra partie de Brest qui frappe 95 habitants du village du Tinduff, l'épidémie ne provoquant toutefois que 4 décès[50].

Description de Plougastel en 1897[modifier | modifier le code]

Le pardon de la Saint-Jean à Plougastel dans la seconde moitié du XIXe siècle (Musée de la fraise et du patrimoine)
Le bourg de Plougastel au début du XXe siècle
La place principale du bourg de Plougastel-Daoulas en 2011

Tancrède Martel fait en 1897 cette description de Plougastel-Daoulas et de son pardon :

« Le bourg est précédé d'une grappe de maisons. Sur la route, pas une âme. Tout le monde est à la procession. Devant un humble débit de cidre, deux enfants, gardiens de la maison, lutinent un gros chien. Cependant la sonnerie de cloches redouble. [...] Une longue file d'hommes, de femmes et d'enfants, un millier d'êtres ondulent entre les deux ornières, viennent à moi. Au-dessus des têtes, se montrent la croix de l'église paroissiale, les bannières des confréries. De loin cela rappelle à s'y méprendre les saisissants cortèges du Moyen Âge quand toute une ville allait, en un pèlerinage fameux, supplier le saint d'intercéder en faveur de la cité. [...]. On ne m'a point trompé : les riches vêtements de fête, aux couleurs éclatantes, aux broderies originales et laborieusement ouvrées, passent sous mes yeux, comme la plus extraordinaire débauche de couleurs, le plus bariolé des rêves. [...] En tête, portant les plus belles bannières, ou tenant dévotement les glands et les cordonnets, marchent les anciens, les patriarches du village, groupe inoubliable et superbe. Vingt ou trente vieillards, presque tous octogénaires, et dont les cheveux flottants, telles les chevelures dénuées des aïeules, blanches comme l'argent ou la neige, cachent le dos et les épaules et ne s'arrêtent qu'au bragou-bras, ou large braie du pays. [...] Des costumes vénérables [...] assemblage exquis de vestes bleu de ciel ou brunes, de culottes bouffantes en velours rouge ou vert, de vastes chapeaux enjolivés de rubans noirs, d'épais ceinturons en cuir blanc, sur la large plaque desquels apparaît la croix, le double cœur ou la face d'un saint local [...] À ce fouillis surprenant de nuances masculines, vient bientôt s'ajouter celui des costumes de femmes : les jupes jaunes ou écarlates s'étageant sous l'ample robe de coupe surannée mais encore élégante ; les tabliers de laine ou de soie, les mouchoirs brodés en batiste ou en mousseline, et les blanches coiffes ornées de dentelles, et dont les barbes tombent sur les épaules, avec une incomparable majesté. [...] La cloche maintenant s'arrête. Avec un bruissement de chapelets et de crucifix de cuivre, un exquis bourdonnement de voix enfantines, la procession s'éloigne, dévale la lande et disparaît à l'horizon. Elle s'en va vers Roc'hquilliou et s'en reviendra par Roc'hquérézen. Elle fera ainsi le tour de la presqu'île et la ferveur de chaque hameau l'accompagnera de ses regards. Plougastel-Daoulas se compose de trois ou quatre rues toujours désertes, ourlées de pauvres maisons, blanches ou grises comme la pierre de Kersanton ; ce granit est à la Bretagne ce que la pierre de Volvic est à l'Auvergne : la pierre d'angle des moindres maisons. Au fond d'une ruelle, une sorte d'enclos m'attire. C'était là l'ancien cimetière. L'église est au milieu et, faisant face au porche de l'édifice, on aperçoit les panonceaux de cuivre du notaire. Trois ou quatre bonnes vieilles, vêtues de noir, coiffées de blanc, regardent passer l'étranger. [...] Derrière les murs nus, verdis, suintant l'humidité, envahis par les pariétaires, s'élève, s'appuyant presque à l'église, ce monument unique au monde qu'on appelle le calvaire de Plougastel[51]. »

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Un minotier de Kergoff en Plougastel-Daoulas, Joseph Billant, constitue une société pour fournir l'énergie électrique à la commune : l'éclairage communal, celui de l'église, d'un grand nombre des commerce et des maisons du bourg commence en juillet 1904[52].

Les écoles et les querelles liées à la religion fin XIXe siècle-début XXe siècle[modifier | modifier le code]

Les deux premières écoles de garçons de Plougastel ouvrirent en 1830 au bourg et en 1843 à Saint-Adrien. En 1883-1884, à la suite des lois Jules Ferry, trois groupes scolaires comprenant chacun une école de garçons et une école de filles sont construits au bourg, à Pont-Callec et à Sainte-Christine ainsi qu'une école de filles à Saint-Adrien[53].

En 1891, le journal La Croix indique que Plougastel-Daoulas compte quatre écoles publiques (dont une dans le hameau de Pont-Callec compte une douzaine d'élèves) et une école privée qui vient d'ouvrir et qui compte plus de 200 élèves[54].

L'ancienne église de Plougastel en 1907

En 1896, les religieuses de la Congrégation hospitalière des Sœurs de Saint-Thomas-de-Villeneuve, qui tenaient un hospice à Plougastel et s'occupaient des malades, vieillards, infirmes et des orphelins (l'orphelinat comptait par exemple 35 enfants en 1902[55]), sont menacées de saisie. Une manifestation, animée par le député local, également conseiller général du canton de Daoulas, François-Émile Villiers, qui soutient les Sœurs, parlant dans son discours de « persécution fiscale ». Le journal La Bretagne écrit : « Notre commune, si calme d'ordinaire, est sous le coup d'une émotion vive », la population crie des slogans comme « Vive les Sœurs de l'hospice »[56].

Le Journal des débats relate ainsi les faits liés à la querelle des inventaires à Plougastel en novembre 1906[57]:

« Malgré la quantité des forces envoyées pour les inventaires et la rapidité des opérations, une vive résistance s'est produite dans plusieurs communes. Le commissaire de police Daligand s'est rendu à Plougastel-Daoulas avec 25 cuirassiers. Dès leur présence signalée, le tocsin se met à sonner. Devant l'église, cinq à six cents fidèles, tous en habits de fête, sont massés. Des cris de « Vive la liberté ! Vive le Christ ! » éclatent. Le recteur refuse d'ouvrir les portes de l'église. Aux sommations, les fidèles répliquent par des cantiques. Les cuirassiers veulent déblayer le terrain, les fidèles répondent qu'ils se laisseront plutôt écraser. Malgré cela, les sapeurs du génie arrivent près de la porte, l'attaquent à coups de hache, et l'inventaire peut avoir lieu, pendant que de toutes parts éclatent les cris de : « À bas les crocheteurs ! »[58]. »

Le , le bruit s'étant répandu à Plougastel que l'inspecteur d'académie allait venir enlever le crucifix dans les écoles, 5 000 paysans bretons accourus des environs se réunirent à l'église puis processionnèrent : « Six hommes à cheval ouvrirent la marche, et la longue théorie des catholiques où l'on remarquait le clergé, le maire, les conseillers, les enfants des écoles libres, et M. Villiers, député monarchiste, s'en fut à travers le bourg en chantant des cantiques »[59].

Les fraises de Plougastel à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Paysan de Plougastel vers 1854 (dessin de Saint-Germain)
Louis Caradec : Homme de Plougatel-Daoulas (Musée départemental breton de Quimper)

En 1882, le journal La Presse, après avoir fait remarquer que la culture des fraisiers a commencé à Plougastel au XVIIIe siècle, mais ne concernait jusqu'au milieu du XIXe siècle que quelques hameaux, écrit : « Les fraisiers sont en plein champ sur les collines ou les falaises qui avoisinent la mer. Pour les préserver des coups de vent, les champs sont entourés de haies ou de petits murs de pierres sèches, ce qui retient en même temps la chaleur solaire. […] La récolte commence vers le 20 mai à Lauberlach, parcourt tout le mois de juin et se termine par le fraisier du Chili, dans la deuxième quinzaine de juillet ; la récolte de celles qui doivent être exportées se termine le 24 juin. […] C'est un total de 3 500 000 kilogrammes de fraises qui est récolté à Plougastel sur 200 ha de terrains »[60]. La première variété cultivée à grande échelle fut le "Fraisier du Chili", supplanté par la suite par de nouvelles variétés comme le "Fraisier Ananas", puis la "Princesse Royale", dite aussi "Fraise d'Angers", puis par la "Fraise de la Mayenne"[61]. « 1100 ha étaient consacrés à la culture de la fraise à la veille de la Première guerre mondiale, soit un quart de la surface totale de la presqu'île. La production s'élevait alors à 6 000 tonnes par an, ce qui représentait un quart de la production nationale »[62].

La cueillette des fraises à Plougastel vers 1900

L'essor de la culture de la fraise a été aussi permis par l'apport de maërl, dragué en rade de Brest et dans l'Océan atlantique, et qui correspondait à une nécessité agronomique en permettant de réduire l'acidité des sols. Plus d'une quarantaine de navires travaillaient alors au dragage du maërl[63].

Jusqu'au milieu du XIXe siècle, les fraises se vendaient presque uniquement à Landerneau et à Brest où elles étaient acheminées par les gabares et chaloupes à partir des petits ports de la presqu'île, l'exportation vers l'Angleterre commençant vers 1850 grâce à l'initiative d'une commerçante de Landerneau, suivie ensuite en 1865 par un négociant gascon, puis en 1867 par un commerçant de Roscoff ; ceux-ci venaient acheter les fraises directement chez les producteurs pour les revendre à Paris et à Londres. Vers la fin du XIXe siècle, trois steamers partent en saison chaque semaine de la cale du Passage à destination de l'Angleterre. À partir de 1865, la mise en service de la ligne ferroviaire Paris-Montparnasse - Brest facilite l'acheminement des fraises vers le marché parisien, le nord de la France et la Belgique (10 wagons chargés de 500 cageots chaque jour en saison à la fin du XIXe siècle). Quelques Plougastels commencent à exporter eux-mêmes vers le marché anglais à partir de 1879.

En 1889 selon Benjamin Girard, la culture des fraises se fait en grand sur tout le versant sud de la presqu'île, la légèreté du terrain et l'exposition y rendant les fraises plus précoces ; les ventes vers Brest et Paris principalement se chiffraient chaque année à plusieurs centaines de milliers de francs de l'époque[64]. En 1894, des producteurs de fraises de Plougastel s'associent pour créer la Shippers Union, concurrencée à partir de 1898 par la Farmers Union, puis en 1900 par la New Union, chaque société ayant ses bateaux, ses locaux et ses agents dont certains séjournaient à Plymouth, Manchester et Londres pendant la saison des fraises[61].

En 1907, la culture des fraises couvre dans la commune environ 250 hectares[65]. Au début du XXe siècle, la région de Plougastel produit 25 % des fraises françaises, exportant une part notable de la production (« les fruits soigneusement emballés dans des paniers doublés d'une épaisse couche de fougères »[66]) en Angleterre :

« À Plougastel-Daoulas, on cultive la fraise et les petits pois de temps immémorial, mais la vente en Angleterre, pourtant très indiquée, était très difficile. En 1906, les agriculteurs, groupés en syndicat coopératif, lancèrent deux vapeurs pour transporter régulièrement leurs produits à Plymouth. La fraise était prise au point de livraison par les commis du Syndicat, transportée à ses frais aux magasins où se fait l'emballage, et embarquée sur les vapeurs. [...] Cette coopérative regroupe 215 fraisiculteurs, soit le tiers des producteurs de la région[67]. »

En 1912, 300 000 kg de fraises sont expédiés en Angleterre (5 bateaux affrétés en 1911)[68]. En mai 1914, la revue L'Agriculture nouvelle précise : « le transport des fraises en provenance de la région de Plougastel-Daoulas, à destination des ports de Roscoff, Saint-Malo, Cherbourg, Rouen, Dieppe, Le Havre, a donné lieu au tracé d'itinéraires spéciaux au départ de la gare de Kerhuon […]. Ces itinéraires permettent de diriger rapidement cette denrée particulièrement fragile sur les ports d'embarquement pour l'Angleterre, pays de grande consommation[69]

« La culture des fraises était un travail extrêmement pénible. Il fallait rester à genoux pendant des heures pour les ramasser »[70].

Une confiserie parisienne possédait une usine à vapeur à Plougastel, achetant par exemple en 1911 100 000 kg de fraises[71]. Pour écouler le surplus de la production, la Shippers Union fonde en 1912 une usine de transformation qui conditionne aussi les petits pois, les pommes, les haricots, alors cultivés également en grande quantité. Le syndicat EE ouvre un peu plus tard à la Fontaine-Blanche une usine destinée à produire de la pulpe de fraise ; en 1925 cinq usines existaient à Plougastel pour la transformation de la fraise, d'autres conditionnant les paniers et cageots destinés au conditionnement de ce fruit fragile. La Seconde Guerre mondiale met temporairement fin à ces activités, qui renaissent à partir de 1947 (création du Syndicat de producteurs vendeurs) ; en 1962 est créée la coopérative La Loperhetoise, puis en 1960 La Presqu'île, en 1965 la SICA devenue en 1994 la coopérative Sivi Ruz[61]. Malgré cela, dans la décennie 1980, la presqu'île de Plougastel ne produit plus que 300 tonnes de fraises par an.

La catastrophe du Liberté et la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le , l'explosion du Liberté dans le port de Toulon fait environ 300 morts dont 31 morts originaires de Plougastel[72].

La Première Guerre mondiale frappe douloureusement Plougastel qui comptabilise 212 morts pendant ce conflit. De nombreuses familles seront touchées, les femmes adopteront alors le costume de deuil, laissant aux seuls enfants le vêtement aux couleurs vives.

L'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Jean Le Lann, originaire de Plougastel-Daoulas, a rédigé un récit des mutineries de la mer Noire survenus dans la flotte française le [73].

Le , l'inauguration du pont de Plougastel par le président de la République Gaston Doumergue est l'occasion d'une courte visite présidentielle au bourg de Plougastel :

« M. Doumergue s'arrête devant le plus ancien calvaire breton [...] . Là, M. Thomas, maire de la commune, lui souhaite la bienvenue : “En dehors de la visite que nous fit l'impératrice Eugénie dit-il, aucun chef d'État n'était venu jusqu'à nous depuis le rattachement de la Bretagne à la France.” [...] Puis un groupe d'enfants en costume de Plougastel offre au président un beau tableau de l'excellente artiste Marie Piriou [...], ainsi qu'une caissette refermant une dizaine de paniers de fraises du pays[74]. »

Du 21 au se tint à Plougastel-Daoulas le XXVIIe congrès du Bleun-Brug[75], la cérémonie de clôture se tenant en présence de Mgr Duparc, évêque de Quimper et de Mgr Tréhiou, évêque de Vannes[76].

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative en mémoire de soldats américains tués (placée sur l'un des murs de la chapelle Saint-Claude)

Le , une unité de parachutistes du 3e régiment de chasseurs parachutistes, connue sous le nom de « 3e SAS », est parachutée dans la région de Plougastel-Daoulas dans le cadre de l'opération Derry afin d'ouvrir la route au VIIIe corps d'armée américain, commandé par le général Troy Middleton, chargé de prendre Brest, d'appuyer la résistance locale et d'éviter la destruction du pont de Plougastel[77].

L'attaque de Brest par la force opérationnelle Task Force "B", dirigée par le général américain Troy Middleton qui, après s'être concentrée près de Landerneau, lança son offensive le dans la presqu'île de Plougastel et s'empara le de la côte 154 située à l'extrémité sud-est de la crête médiane de cette presqu'île d'où l'on pouvait observer la ville de Brest ainsi que la partie est de la presqu'île de Crozon ; aussi la prise de cette hauteur se heurte-t-elle à la vive résistance allemande. Même après avoir perdu une position aussi dominante, les Allemands résistèrent pied à pied à la conquête du reste de la presqu'île. La force opérationnelle "B" continua son avance et montrant une très grande puissance d'attaque nettoya la presqu'île de Plougastel le [78].

Article détaillé : Bataille de Brest.

En août 1944, ces combats de la Libération détruisent le centre-bourg, endommagent le calvaire, font des dizaines de victimes. La destruction d'une arche du pont de Plougastel isole à nouveau un temps la commune pour ses relations avec la région brestoise. Pour la reconstruction du pont de Plougastel fut mis en place un cintre en bois sur lequel fut coulé une arche d'une porté de 187 mètres[79].

Le monument aux morts de Plougastel-Daoulas porte les noms de 393 personnes mortes pour la France dont 212 pendant la Première Guerre mondiale, 181 pendant la Deuxième Guerre mondiale, 12 pendant la guerre d'Indochine, 4 pendant la guerre d'Algérie, 14 autres personnes étant décédées à des dates autres (4 en 1919, une en 1920, une en 1922, une en 1923, une en 1926, une en 1946, 2 en 1947, une en 1953, une en 1954, une en 1955) sans que les circonstances de leur décès soit précisé. Plougastel-Daoulas fait partie des rares communes de France où les morts pour la France ont été presque aussi nombreux pendant la Seconde Guerre mondiale que pendant la Première Guerre mondiale en raison des tués lors des combats de la Libération en 1944 (43 victimes civiles recensées en 1944). L'importance de la Marine nationale explique aussi nombre important des disparus en mer (22 pendant le premier conflit mondial, 6 pendant le second)[80].

Six soldats originaires du Commonwealth (deux Anglais et quatre Australiens) sont enterrés dans le carré militaire du cimetière de Plougastel-Daoulas[81].

Administration[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

Blason de Plougastel-Daoulas :
Écartelé en sautoir : au premier et au quatrième d'azur à une coquille au naturel, au deuxième et au troisième de sinople à une fraise au naturel ; au sautoir d'argent chargé en cœur d'une tour du même maçonnée de sable, surchargée d'une moucheture d'hermine du même, brochant sur l'écartelé.
Devise :
War zouar ha war vor ("Sur terre et sur mer").

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
avant 1827 après 1835 Picaud   Nommé par le Roi
avant 1843 après 1843 Lefebvre de La Paquerie   Nommé par le Roi
avant 1856 après 1859 Picaud   Nommé par l'Empereur
avant 1860 après 1874 René Goubin   Nommé par l'Empereur, Conseiller général
avant 1880 après 1880 Picaud   Conseiller général
avant 1895 après 1902 Nicolle    
avant 1924 Mathurin Thomas Républicain démocrate Vice-président de l'Office central agricole de Landerneau et de l'Union des syndicats agricoles du Finistère et des Côtes-du-Nord
1989 mars 2001 André Le Gac DVG Conseiller général de 1992 à 2011
mars 2001 - Dominique Cap UMP  

Démographie[modifier | modifier le code]

En 1886, sur les 7 009 habitants de la commune, 1 023 sont agglomérés au bourg. Le nombre des maisons est alors de 1 117 et celui des ménages de 1 246. La consommation de vin est estimée en 1885 à 17 litres par personne et par an, celle de cidre est inconnue, celle d'alcool à 6,3 litres[82].

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

D’après le recensement Insee de 2010, Plougastel-Daoulas compte 13 178 habitants (soit une augmentation de 7,6 % par rapport à 1999). La commune occupe le 708e rang au niveau national, alors qu'elle était au 724e en 1999, et le 8e au niveau départemental sur 283 communes.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués à Plougastel-Daoulas depuis 1793. Le maximum de la population a été atteint en 2009 avec 13 304 habitants.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
4 059 4 059 4 660 5 111 5 515 5 863 5 731 5 999 6 065
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
5 970 6 090 6 282 6 315 6 506 6 857 7 009 7 162 7 655
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
7 677 7 733 7 874 7 065 6 965 6 914 6 726 6 894 6 945
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
6 726 7 075 8 138 9 581 11 139 12 248 12 880 13 264 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[83] puis Insee à partir de 2004[84].)
Histogramme de l'évolution démographique

Commentaire : Commune peuplée dès l'origine (le premier recensement, celui de 1793, indique déjà plus de 4 000 habitants) en raison de sa vaste superficie, d'une agriculture intensive et des activités maritimes), Plougastel-Daoulas a connu une croissance continue de sa population depuis, à l'exception de la période 1911-1962 où la commune a perdu, touchée par l'exode rural, une perte de 1 148 habitants en 51 ans). À partir de 1962, la croissance démographique est forte (la population a doublé entre 1962 et 2008, gagnant 6 339 habitants en 46 ans, le rythme moyen annuel étant de +138 habitants supplémentaires chaque année pendant cette période, le record étant atteint entre 1982 et 1990 (+195 habitants en moyenne chaque année), le rythme se ralentissant quelque peu par la suite (+123 habitants par an en moyenne entre 1990 et 1999 et +95 habitants par an entre 1999 et 2008. La commune s'est transformée en cité-dortoir, en banlieue résidentielle de Brest, en dépit de la barrière naturelle qu'a longtemps constitué l'estuaire de l'Élorn (les embouteillages étaient chroniques lors des migrations pendulaires sur le pont Albert-Louppe avant la construction du pont de l'Iroise). Le solde migratoire est depuis un demi-siècle constamment positif (record de +2,9 % l'an entre 1975 et 1982) même s'il s'est notablement ralenti depuis (+0,9 % l'an entre 1999 et 2008) ; le solde naturel par contre est légèrement négatif en permanence depuis 1968 (oscillant entre - 0,1 % et - 0,6 % l'an selon les périodes entre 1962 et 2008), ce qui peut surprendre pour une commune périurbaine, mais qui s'explique par l'influence persistance des anciens Plougastels d'origine rurale et généralement âgés ; le nombre des décès l'emporte chaque année sur le nombre des naissances[85].

Le nombre des logements s'est accru, passant de 2 315 en 1962 à 5 522 en 2008 en raison de la prolifération des lotissements, principalement aux alentours du bourg. Il s'agit pour l'essentiel d'un urbanisme pavillonnaire (90,3 % du total des logements en 2008 sont des maisons individuelles). En raison de sa situation péninsulaire et de ses aspects ruraux en partie conservés, la commune connaît un nombre non négligeable de résidences secondaires (4,9 % du total des logements en 2008), même si leur nombre va diminuant en raison de la pression immobilière liée à la proximité brestoise[86]. On observe aussi une littoralisation du peuplement (nette en particulier dans le secteur de Keraliou, face à Brest et à proximité du pont de l'Iroise avec un habitat de cadres situés dans le quartile supérieur des revenus) et la croissance de certains « villages » (hameaux) particulièrement attractifs, au risque d'une urbanisation anarchique que les lois et règlements d'urbanisme mis en place ces dernières décennies tentent de limiter désormais.

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (22,8 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) tout en étant toutefois inférieur au taux départemental (24,5 %).

À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (52,8 %) est supérieur au taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 47,2 % d'hommes (0 à 14 ans = 20,8 %, 15 à 29 ans = 15,6 %, 30 à 44 ans = 20,5 %, 45 à 59 ans = 24 %, plus de 60 ans = 19 %) ;
  • 52,8 % de femmes (0 à 14 ans = 19,8 %, 15 à 29 ans = 13 %, 30 à 44 ans = 19,5 %, 45 à 59 ans = 21,7 %, plus de 60 ans = 26,1 %).
Pyramide des âges à Plougastel-Daoulas en 2007 en pourcentage[87]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,3 
90 ans ou +
1,3 
6,1 
75 à 89 ans
10,7 
12,6 
60 à 74 ans
14,1 
24,0 
45 à 59 ans
21,7 
20,5 
30 à 44 ans
19,5 
15,6 
15 à 29 ans
13,0 
20,8 
0 à 14 ans
19,8 
Pyramide des âges du département du Finistère en 2007 en pourcentage[88]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,3 
90 ans ou +
1,2 
6,7 
75 à 89 ans
11,6 
13,6 
60 à 74 ans
15,3 
21,4 
45 à 59 ans
20,2 
20,8 
30 à 44 ans
18,9 
18,4 
15 à 29 ans
16,1 
18,7 
0 à 14 ans
16,7 

Économie[modifier | modifier le code]

La fraise gariguette[89], spécialité de Plougastel-Daoulas

L'activité économique réside dans les cultures de la tomate et de la fraise (variété « gariguette »[90]), valorisée par la société Savéol[91] (Produit en Bretagne).

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Langue bretonne[modifier | modifier le code]

L'adhésion à la charte Ya d'ar brezhoneg a été votée par le conseil municipal le 28 octobre 2005. Le label de niveau 1 a été décerné à la commune le 21 avril 2006 et celui de niveau 2 le 14 janvier 2011.

Traditions[modifier | modifier le code]

Le costume traditionnel de Plougastel[modifier | modifier le code]

Le costume traditionnel des habitants de Plougastel a été ainsi décrit en 1835 par Abel Hugo :

« L'habillement de l'habitant de Plougastel imprime à sa physionomie quelque chose d'étrange et d'antique. Un bonnet de forme phygienne, de couleur brun-clair, recouvre sa tête ornée de cheveux touffus et flottants sur les épaules. Une large capote de laine, descendant à mi-cuisse, et garnie d'un capuchon, retombe sur un gilet qu'entoure une série de mouchoirs de Rouen ; des pantalons très larges, et à poches latérales, forment le complément de ce vêtement singulier qui ressemble beaucoup à celui que nos peintres modernes donnent aux Albanais.

Le costume des femmes montre moins de variété que celui des hommes ; la coiffure forme la plus grande différence, car leur habillement ordinaire se compose principalement de jupons à gros plis, de tabliers à carreaux, de corsets découpés et ornés de couleurs sur toutes les coutures, et de mouchoirs de cou plus ou moins amples. [...] La coiffure des femmes de Plougastel est la plus coquette : les longues barbes empesées qu'elles portent sur le front retombent sur le cou et se relèvent ensuite, par derrière, jusqu'au sommet de la tête où, artistement rangées, elles présentent la forme carrée du chapska polonais[92]. »

Le costume de Plougastel est l'un des plus colorés de Bretagne, sauf pour les veuves qui ont généralisé le noir après l'hécatombe démographique de la Première Guerre mondiale[35]

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Les mariages groupés[modifier | modifier le code]

L'arrivée des fiancés à Plougastel en 1914 (par John Niemeyer[93])

La coutume à Plougastel était de grouper les mariages[94] ; par exemple le , 26 mariages sont célébrés le même jour[95] ; le 46 mariages et en 1896 34 mariages, sont célébrés le même jour, plusieurs milliers de personnes assistant à la cérémonie et aux banquets[96]; le , 26 mariages sont célébrés le même jour ; le , 46 mariages sont célébrés à la fois et 43 le . Ceci explique les groupes de mariés visibles sur les photographies ci-dessus. Voici un récit du mariage groupé de 1902 :

« Les différents cortèges de mariés, portant fièrement leurs éclatants costumes, arrivaient précédés des binious et des bombardes enrubannés. Les parents se réunissaient sur la grand'place et les cortèges pénétraient lentement dans l'église paroissiale, étincelante de lumière. On admirait au passage des costumes d'une richesse inouïe, où les soies vertes, le rouge, l'orange, le jaune, le mauve, etc., toute la gamme des couleurs passait devant les yeux émerveillés. L'abbé Illiou, curé-doyen de Plougastel-Daoulas, entouré de ses vicaires, a donné la bénédiction nuptiale aux jeunes époux agenouillés devant l'autel. La vieille église, vaste pourtant, était à peine suffisante pour contenir les trois mille parents et invités. La cérémonie était terminée vers dix heures. De nombreux photographes, professionnels et amateurs, étaient groupés sur la place de l'église, les objectifs braqués vers le portail, pour saisir les nouveaux mariés qui s'y prêtaient d'ailleurs de bonne grâce. Quelques couples faisaient le tour du Calvaire [...], puis c'était la réunion dans les débits et restaurants du bourg, où les servantes de fermes offraient des jattes de lait et de la crème aux nouveaux mariés. Ainsi le veut la tradition[97]. »

La suite de ce texte narre les banquets traditionnels, qui commençaient vers trois heures de l'après-midi, les plats abondants dont le « far » breton, les bardes plus ou moins mendiants venus chanter, les danses traditionnelles, etc. Les festivités de ce mariage groupé durèrent jusqu'au 19 janvier.

Bien entendu, les couples devaient avant l'église passer à la mairie pour les mariages civils, qui étaient célébrés en cascade les jours précédents comme l'illustre cet extrait d'un article de 1895 : « lundi et mardi, M.Nicole, maire de Plougastel, a procédé aux mariages civils à la mairie : la cérémonie a demandé toute la matinée du lundi et mardi de 8 heures à midi ; quarante-six fois le maire a lu le Code au dehors, une foule énorme attendait les nouveaux mariés[5]

Le lendemain du mariage religieux, un service (= cérémonie religieuse) réunissait tous les nouveaux mariés à l'église et on priait pour les morts de la famille ; ensuite la fête recommençait pour cinq ou six jours[98].

Les textes intégraux du récit des mariages groupés de 1901, publié dans le journal Le Gaulois, et 1902, publié dans le journal Ouest-Éclair, sont aussi consultables[99]. Les derniers mariages groupés ont été célébrés en 1937.

« Laborieux, habiles à tirer parti du moindre lopin séculairement fécondé par leur travail, âpres au gain surtout, ils tranchent au milieu d'une race en général indifférente à l'argent, pourvu qu'elle ait le strict nécessaire sous la forme peu succulente de bouillie d'avoine. Les Plougastel, qui ont reconnu, peut-être inconsciemment, les défauts du code Napoléon, (...) se marient toujours entre eux, pour conserver autant que possible le même avoir dans les mêmes familles, et sont aussi retors en affaires que leurs voisins le sont peu : c'est un clan bien à part dans le Finistère[100]. »

La tradition du breuriez[modifier | modifier le code]

Arbres à pommes (Musée de la fraise et du patrimoine de Plougastel)

Les hameaux étaient regroupés en breuriez, confréries à base territoriale impliquant collectivement le culte des morts et l'entraide aux vivants. La cérémonie du Breuriez est un rituel commémoratif qui se déroule chaque 1er novembre, jour de la fête de samain en Irlande, qui marque le début de la saison sombre dans le calendrier celtique. Ce jour-là, les membres des 23 breuriez existants se réunissent en autant de lieux. La désagrégation des breuriez commence dans la décennie 1920 et cette tradition est tombée en désuétude dans la décennie 1980, mais a été récemment réactivée[101]. Le culte de l’arbre, le plus souvent un pommier (célèbre tradition de l'arbre à pommes, gwezenn an anaon) est essentiellement célébré lors des funérailles. À Plougastel-Daoulas, la Toussaint se confond aussi avec la fête des morts ou nuit des morts car en Bretagne la fête de la Toussaint est davantage la fête des trépassés que celle de tous les saints.

Le rituel du breuriez peut se résumer ainsi : l'après-midi de la Toussaint, chaque famille membre devant être représentée, quelques dizaines de personnes se réunissent dans la maison ou la grange de l'un de membres. Commence alors l'adjudication du bara an anaon (le pain des trépassés) et du gwezen an anaon (arbre des trépassés), lequel est souvent une branche de houx à laquelle sont attachées plusieurs pommes. Le porteur de l'arbre fait monter les enchères, fictives, puisque les familles sont adjudicataires chacune à leur tour, arbre étant conservé dans la dite famille pendant toute l'année. La famille adjudicatrice offre les pommes et de petits pains ronds, bénis précédemment par le prêtre. L'assistance récite des grasou an anaon (prières mortuaires). Le soir, chaque famille mange le pain des trépassés, parfois en accompagnant par des prières ou des lectures pieuses. L'argent collecté est remis le lendemain au prêtre de la paroisse. Parfois, le produit de la vente de l'arbre revient aux vieux (breuriez ar re goz), et celui du pain aux jeunes (breuriez ar re yaouank).

Charles Le Goffic a fait une description détaillée des traditions de la Toussaint à Plougastel en 1912[102]. Une description détaillée du breuriez de Kergarvan par Éric Martin est disponible sur un site Internet[101].

Article détaillé : Breuriez.

Les feux de la Saint-Jean[modifier | modifier le code]

La nuit de la Saint-Jean, les Plougastellenn avaient l'habitude d'allumer des feux imposants, comme celui que décrit Eugène Parès en 1886 :

« Le plus animé, le plus brillant des feux de la côte, était certainement celui allumé devant la petite chapelle de Saint-Jean, vieil édifice bâti à quelques mètres du rivage que des lames fortes et impétueuses baignent toujours. Le feu, allumé en face du porche, jetant au ciel ses panaches ondoyants de flammes et de fumée que la brise du soir faisait flamber joyeusement, reflétait ses lueurs ardentes sur les pierres grises et rongées de la chapelle [...]. Une multitude de paysans, de pèlerins, accourus de bien loin pour assister à la première messe qui devait ouvrir le pardon, causaient autour du brasier, ou répondaient aux prières que les vieillards récitaient pour le repos des âmes de ceux qui manquaient la fête annuelle. Plus loin se voyaient les silhouettes blanches des baraques des marchands forains et, dans les champs voisins, des restaurateurs, en plein vent, préparaient à la lueur des torches, des aliments pour le nombre considérable des visiteurs, qui, le lendemain, devaient affluer au pardon, un des plus considérables de la Bretagne[103]. »

Le journal L'Ouest-Éclair écrit le  :

« La côte de Plougastel offrait hier soir, à la nuit tombée, un bien curieux aspect. Çà et là de longues gerbes de flammes montaient vers le ciel. C'étaient les feux que, par suite d'une antique coutume, on allume chaque année en Bretagne, en l'honneur de la Saint Jean. Du haut du cours d'Ajot, du port de Commerce et de la place de Kerjean-Vras, le spectacle était féérique ! Aussi, nombreux étaient les Brestois qui s'attardaient pour jouir de ce spectacle pittoresque. À Brest même, au Gaz, au Pilier-Rouge, à Lambézellec et à Saint-Pierre-Quilbignon, des feux ont été allumés et des groupes joyeux se sont formés pour danser de gaies farandoles[104]. »

Bagad et cercle[modifier | modifier le code]

Le Bagad Plougastell est une formation de musique traditionnelle bretonne basé à Plougastel-Daoulas dans le Finistère, en France. L'ensemble comporte aussi un bagad école, le Bagadig Kemper, formé par l'association "Ribl An Elorn".

Article détaillé : Bagad Plougastell.

Sites et monuments[modifier | modifier le code]

Sites naturels et environnement[modifier | modifier le code]

  • Le panorama de Kéraménez : ce "village de la montagne" (c'est ce que signifie son nom en langue bretonne) est situé à 85 mètres d'altitude et offre, au milieu d'un paysage de landes et de garennes, un remarquable point de vue sur l'anse de Lauberlac'h et son poulier, long de 370 mètres, qui coupe presque en deux ladite anse, sur la pointe de Rosegad et plus généralement sur la rade de Brest.
  • Les rochers de Plougastel dominent l'estuaire de l'Élorn et offrent, outre des points de vue sur l'agglomération brestoise et les ports de Brest des sites d'escalade. Les plus connus, situés dans le bois de Kererault, sont le Rocher de l'Impératrice et le Rocher Imperator[105], dénommés ainsi en raison de la visite de l'impératrice Eugénie de Montijo à Plougastel, formés de grès du Dévonien et parsemés de veines de quartzite et de marbre. Ces roches ont été fortement comprimées, ce qui explique le pendage presque vertical des couches orientées nord-est - sud-ouest. Ces rochers d'escalade offrent 87 voies, le dénivelé maximal étant de 35 mètres.Le rocher de Roc'h Nivélen, situé dans l'axe du pont Albert Louppe, est le plus haut et le plus spectaculaire : il culmine à 112 mètres, et la vue que l'on peut admirer de son sommet s'étend à l'est de Landerneau, jusqu'au-delà du goulet à l'ouest. On y accède très facilement par le "village" du même nom. Dans son roman "La Maison du Cap" Hippolyte Violeau décrit ce site avec une grande précision poétique.
  • Le patrimoine géologique de Plougastel est riche et diversifié : ancien récif corallien à la pointe de l'Armorique, pouliers de Lauberlac'h et du Caro (ce dernier ayant été largement transformé par la création d'une route littorale), filons de kersantite au Caro, à Porsguen, à la pointe de l'Armorique[106],[107].
  • La presqu'île de Plougastel présente des sites d'habitat naturel très diversifiés aussi bien marins[108], littoraux ou terrestres, dont plusieurs sont inscrits Natura 2000[109] : lande naturelle sèche, vasières et prés salés, boisements humides, prairies humides de fond de vallée, estrans rocheux, bancs de maërl, espèces animales et végétales remarquables[107]
  • Les ports : en raison de sa géographie péninsulaire, la commune possède 7 ports, dont 4 reconnus juridiquement :
    • Le port de Lauberlac'h, port traditionnel de pêche aux coquillages: coquilles Saint-Jacques, coques, palourdes, couteaux, bigorneaux. Bien abrité au fond de son anse, ce port était le lieu de chargement des fraises pour les vapeurs anglais et les Brestois y venaient manger des fraises autrefois le week-end. Une cale y fut construite en 1880[110].
    • Le port du Tinduff était autrefois le port le plus animé de la presqu'île de Plougastel, célèbre pour ses prunes que l'on transportait par bateau au marché de Brest. Il a connu son âge d'or pendant l'entre-deux-guerres avec la pêche à la coquille Saint-Jacques. C'est désormais un port de plaisance notable offrant plus de 200 mouillages.
    • Le port du Caro faillit devenir un terminal d'approvisionnement pétrolier dans la décennie 1970 mais le projet n'aboutit pas
    • Le port du Four à Chaux

Trois autres petits ports existent au Passage, à Keraliou et à Porsmeur[111].

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Vieux gréements (patrimoine maritime)[modifier | modifier le code]

La Marie-Claudine, chaloupe de la rade de Brest
  • Le Saint-Guénolé, un coquillier, construit en 1948 sur la grève du Fret a pratiqué entre 1948 et 1952 la pêche à la voile de la coquille Saint-Jacques avant d'être équipé d'un moteur. Désarmé en 1962, il resta échoué pendant trois ans dans une vasière près de Lauberlac'h. En 1965, il commence à être restauré par Paul Cornillet, marin-pêcheur, et il est racheté en 1988 par l'École de mer du Trégor. À nouveau restauré en 1992, il est classé monument historique en septembre 1993. Racheté un temps par la ville de Morangis, puis par celle de Lézardrieux, il est racheté en 2003 à l'instigation de l'association Le Saint-Guénolé par la ville de Plougastel-Daoulas[35].
  • La Marie-Claudine est une chaloupe ou yole de la rade de Brest, non pontée sauf aux deux extrémités, construite en 1990 d'après des plans datant du XVIIIe siècle à l'initiative de l'association Bag Plougastell. Ce type de bateau, gréé avec deux mâts et des voiles au tiers, servait au transport des hommes, des animaux et des marchandises (aussi bien des fraises, du goémon que des pierres de Logonna ou tout autre produit[112]) en rade de Brest et particulièrement entre Plougastel et Brest[35]. Il a été classé "bateau d'intérêt patrimonial" en 1992. Des travaux de restauration sont en cours en 2012[113].

Monuments religieux[modifier | modifier le code]

Sur une base en granit jaune de Logonna-Daoulas, environ 180 statues sculptées dans du kersanton de couleur bleue, illustrent des scènes bibliques de la vie du Christ ou des scènes légendaires comme la fameuse Katell Kollet (Catel Collet). Il s'agit d'un des sept grands calvaires de Bretagne[114]. Il a été érigé à la suite de l'épidémie de peste de 1598. Un escalier près du contrefort nord-ouest permet d'accéder à la plate-forme centrale où s'installait autrefois le prédicateur.

Le chanoine Jean-Marie Abgrall a fait une longue description, très détaillée, de ce calvaire[115]. Léon Le Berre a ainsi décrit ce calvaire en 1937 :

« Le calvaire rappelle beaucoup celui de Guimiliau [...] construit quelques années auparavant. Le massif carré aux angles formés de contreforts, pecés d'arcades, accostés des quatre Évangélistes, est surmonté des statues de saint Pierre et de saint Sébastien. un ange recueille le sang du Christ et Longin, le porte-lance, dont la tradition veut qu'une goutte de pluie sacrée l'ait guéri du mal d'yeux, se protège la vue de la main gauche. Sans doute rappelle-t-il ainsi la spécialité pour laquelle l'implora le Moyen Âge, lui l'auteur du drame de la Passion, devenu lui-même un Saint. Un autre converti, digne des soins de l'artiste populaire, est Dixmas, le Bon Larron dont un ange guette l'âme au haut de son gibet. Le diable fait la même offre, pour le brigand impie et blasphémateur[116], même geste, résultat différent. Ainsi qu'à Guimiliau, une foule de personnages, costumés dans le goût du temps, ajoutent au fourmillement de règle dans nos calvaires le pittoresque de l'anachronisme, par exemple ces paysans en bragou-braz (ce vêtement commençait à peine pour la campagne, en 1602), et précédant le cortège avec des binious comme l'a décrit Émile Souvestre. À la vérité, il y a chez ces « santons » de granit moins de truculence peut-être qu'à Guimiliau, mais plus de recueillement aussi dans les scènes où ils participent comme « l'Entrée triomphante de Jésus à Jérusalem »[117]. »

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En 1944, lors de l'avancée américaine vers Brest, le calvaire est touché par des obus et plusieurs statues sont détruites ainsi que trois croix. John D. Skilton[118], officier américain, créa dans son pays la Plougastel Calvary Restoration Fund Inc afin de recueillir les fonds nécessaires à la restauration du calvaire. Une autre restauration a eu lieu en 2004.

  • L’église paroissiale Saint-Pierre, autrefois prieuré dépendant de l'abbaye de Daoulas, datant du XVIIe siècle, mais devenue trop petite, fut détruite en 1870 (le cimetière fut alors déplacé) et remplacée par une église de style néogothique due à l'architecte Joseph Bigot. Celle-ci fut presque entièrement détruite pendant la Seconde Guerre mondiale par les bombardements américains des 23 et , y compris son magnifique buffet d'orgues et ses fonts baptismaux ; reconstruite hâtivement (son clocher est en béton), elle possède toutefois quelques mobiliers intéressants : une descente de croix et deux retables : le retable de Saint-Pierre et le retable du Rosaire.
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La presqu'île abrite huit chapelles :

  • La chapelle Saint-Jean était située à proximité du "Passage Saint-Jean", elle fut agrandie en 1407, rénovée en 1780 et vendue comme bien national en 1796[119]; son pardon avait lieu lors du solstice d'été le 24 juin (Les Plougastels y vendait des oiseaux dans des cages d'osier, d'où le surnom de "pardon des oiseaux"), on y implorait la guérison pour la vue, et le prêtre apposait sur la partie malade un œil d'argent, retenu par une chaîne à la statue même du Baptiste[117]. Le pardon de 1877 est décrit dans un article de la revue La Semaine des Familles[120]. La chapelle a été partiellement détruite pendant la Seconde Guerre mondiale et restaurée depuis.
  • La chapelle Saint-Languy[121], située au "Passage de Kerhuon". Saint Languy est célèbre paussi par sa source : « Les paysans d'alentour, gens de foi !, y viennent plonger les chemises des enfants en langueur, pour en rapporter la guérison » écrit Mme de Mauchamps en 1877[122]. Paul Sébillot en 1904 écrit : « On va la consulter lorsque l'ombre de la mort semble planer sur une personne chère ; si elle est pleine, l'heure du malade n'est pas encore sonnée ; si au contraire elle est tarie, c'est signe de mort inévitable ; s'il reste quelques gouttes sur la vase au fond de l'excavation, il faut les recueillir et, rentré au logis du malade, vers sur lui le contenu de la fiole. Saint Languiz le guérira ou le délivrera immédiatement de ses souffrances[123] ».
  • La chapelle Sainte-Christine, construite en 1695, dédiée à sainte Christine dont la Légende dorée fait une nièce de saint Hervé (c'est très incertain). Il est plus probable que ce vocable de " Chapel Langristin " évoque un vieux saint celtique, Sant Kristin, aujourd'hui oublié et dont le culte fut remplacé par celui de sainte Christine, qui fut tuée à coups de flèches vers l'an 300 pour avoir refusé des sacrifier aux idoles. Cette chapelle abrite sous son toit des statues de saint Éloi, saint Côme et saint Damien. La chapelle possède de nombreuses statues des XVe siècle, XVIe siècle et XVIIe siècle, des statuettes de procession et un reliquaire rapporté de Rome en 1735. Son cimetière possède une statue géminée de la Vierge et de sainte Christine. Le clocher de la chapelle a été détruit par un obus lors des combats de 1944 et reconstruit en 1975. Son pardon se déroule le dernier dimanche de juillet.
Inscription en lettres gothiques sur l'un des murs de la chapelle Saint-Adrien
Plougastel-Daoulas. Chapelle Saint-Adrien. Saint-Martin. (Coll. E. Hamonic, St.-B.)
  • La chapelle Saint-Adrien, située au fond de l'anse de Lauberlac'h. Saint Adrien est un ancien évêque de Cantorbéry (Angleterre). D'autres hypothèses affirment que c'est saint Drenan (un saint breton quasi-inconnu) ou encore Adrien de Nicomédie qui y est vénéré. Son culte à cet endroit surprend, mais s'explique probablement par une confusion avec saint Derrien, lequel est lié à l'Élorn et à La Roche-Maurice. La chapelle daterait de 1549 selon une inscription en lettres gothiques située sur l'un des murs de la chapelle. La chapelle est décorée de nombreuses statues polychromes des XVIe siècle et XVIIe siècle. Le calvaire du placître date de 1594 et comprend des statues de la Vierge, de saint Jean, de sainte Madeleine et d'un moine. Son pardon se déroule le deuxième dimanche de mai.
  • La chapelle Saint-Guénolé date de 1514 ; elle se trouve au village de Penn ar Ster ; elle vénère saint Guénolé, fondateur de l'abbaye de Landévennec et qui aurait aussi vécu un temps sur l'île de Tibidy, proche de Plougastel-Daoulas. Un vieux moulin et deux lavoirs se trouvent à proximité et, un peu plus loin, une modeste fontaine.
  • La chapelle Saint-Trémeur[124], consacrée à saint Trémeur : c'est la plus petite et la plus remaniée des chapelles de la commune. Elle possède une pietà du XVIIe siècle et une statue du Père éternel qui date probablement du XVe siècle, ainsi que d'autres statues en pierre et bois polychrome des XVIe siècle et XVIIIe siècle. Son pardon se déroule le deuxième dimanche de juillet.
  • La chapelle Saint-Claude honore saint Claude, évêque de Besançon au VIIe siècle. De son placître, on vit l'estuaire de l'Aulne et le sommet du Ménez-Hom. La chapelle possède des statues de saint Claude (sur le retable du maître-autel); de saint Éloi, saint Loup, saint Laurent et saint Charles. Son pignon ouest est du XVIIe siècle et orné d'une porte moulurée en anse de panier. La chapelle possède un beau retable du XVIIe siècle de belles sablière)s, des statuettes de procession et un reliquaire. Son pardon a lieu chaque deuxième dimanche de septembre[125].
  • La chapelle Notre-Dame de la Fontaine-Blanche[126]. C'est un ancien prieuré construit au XVe siècle, qui dépendait de l'abbaye de Daoulas. La chapelle a trois autels dus à Jean Davesnes, abbé de Daoulas, et dédiés à Notre-Dame, saint Laurent et sainte Magdeleine. Le tympan de la chapelle, de style flamboyant, porte la devise bretonne des Buzic : Komzit mat ! (Parlez bien !). Une description du pardon de la Fontaine-Blanche en 1925 est disponible[127]. La chapelle possède un vitrail dénommé "Vitrail des prisonniers" qui fut commandé par les familles des prisonniers de guerre rentrés sains et saufs après la Seconde Guerre mondiale[128].
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La fontaine de Saint-Rivoal

Plusieurs fontaines se trouvent sur le territoire communal :

  • La plus connue est la « Fontaine blanche » qui fit semble-t-il l'objet d'un culte druidique avant la christianisation ; dans son aspect actuel, elle date du XVIIe siècle ; une niche renferme une statue de la Vierge Marie portant l'Enfant-Jésus (cette fontaine était considérée comme miraculeuse, on y plongeait les enfants rachitiques pour les soigner, et aussi ceux atteints d'« enflure »)[129].
  • La fontaine de Saint-Rivoal ou Saint-Rioual est située près du port de Lauberlac'h[130].

Monuments et édifices civils[modifier | modifier le code]

  • Le pont Albert-Louppe (1930)
  • Le pont de l'Iroise (1994)
  • 28 moulins sont recensés à Plougastel.
  • Quelques maisons de la commune datent du XVIIe siècle (la maison notariale) ou du XVIIIe siècle (l'hostellerie du Passage, une maison rue Jean Corre).
  • L'ancien manoir de Rosily

Musée et vie artistique[modifier | modifier le code]

Musée[modifier | modifier le code]

  • Le musée de la Fraise et du Patrimoine, situé dans le centre-ville, présente le patrimoine de la commune à travers ses costumes, son mobilier, son architecture et son histoire agricole - marquée par la culture de la fraise. Il a été inauguré en 1992 et propose aujourd'hui neuf salles d'exposition[131].

Tableaux[modifier | modifier le code]

  • De nombreux peintres ont été inspirés par les paysages, les habits ou les coutumes de Plougastel.
  • Émile Rocher : peintre et sculpteur dont les œuvres figurent dans des collections dans 21 pays (voir illustration "Jeune bretonne de Plougastel" ci-dessous)
  • Eugène Boudin : Sortie d'église à Plougastel (collection particulière)
  • Eugène Boudin : Plougastel, le Passage (collection particulière)
  • Eugène Boudin : L'arrivée du bac du Passage à Plougastel (crayon et aquarelle, musée du Louvre, Paris)
  • Eugène Boudin : Le bac à Plougastel (collection particulière)
  • Eugène Boudin : Environs de Plougastel (musée Malraux, Le Havre)
  • Jean-Julien Lemordant : Jeune femme de Plougastel-Daoulas[132] (plafond du théâtre de Rennes)
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Photographies[modifier | modifier le code]

  • Deux photographies autochromes de Georges Chevalier (1882-1967) représentant l'une un paysage non identifié (en fait l'estuaire de l'Élorn vu depuis les rochers de Plougastel), l'autre intitulée L'Élorn, le viaduc et la ville du Relecq-Kerhuon et datant de 1920 se trouve au musée Albert-Kahn de Boulogne-Billancourt.
  • Stéphane Passet a réalisé des photographies autochromes de couples de mariés de Plougastel en 1912. Elles se trouvent aussi dans le même musée[133]

Légendes[modifier | modifier le code]

  • Le diable et les rochers[134] (explication légendaire de la formation des rochers de Plougastel ; le diable les aurait lancés depuis Kerhuon).
  • Gargantua à Plougastel (autre explication légendaire des Rochers de Plougastel)[135].
  • Selon une autre légende, Gargantua, indigné par le manque de courtoisie des kernévotes (= habitants du Kerné, c'est-à-dire de la Cornouaille), alors qu'il jouait aux palets, leur jeta toutes les pierres qui couvrait le sud du du Léon, et les éparpilla depuis Plougastel jusqu'au Huelgoat. Une autre légende encore prétend que si la côte nord de Plougastel est érigée de rochers étranges, brisés, amoncelés les uns sur les autres, c'est que Gargantua, après un repas indigeste, les vomit[136].

Romans[modifier | modifier le code]

  • Hippolyte Violeau : La Maison du Cap[137] (cette nouvelle évoque le rocher de Roc'h-Nivelen (le "Rocher des Prêtres").

Événements[modifier | modifier le code]

  • Festival des feux de l'humour : festival humoristique, courant du mois de mai, salle Avel-Vor;
  • Fête des fraises : défilé folklorique, deuxième dimanche de juin, centre ville ;
  • Foire Saint-Modeste : vide-grenier dans le centre ville, février ;
  • Course du pont sur l'Élorn : course sur le pont Albert-Louppe, parcours de 15 km, 8,5 km, marche nature de 13 km et parcours enfants ; courant du mois de mai ;
  • Transplougastell : Régate de yoles, évènement estival ;
  • Fête du maërl : fête traditionnelle : la sixième édition s'est déroulée en juillet 2013 à Pont-Callec en Plougastel
  • Le chant des chapelles : chants dans les 8 chapelles de la ville, les mois de juillet et août.

Enseignement[modifier | modifier le code]

À la rentrée 2013-2014, près de 2 233 élèves ont fait leurs rentrées dans l'ensemble des établissements scolaires de la ville. 51% d'entre-eux on fait leurs rentrées dans un établissement public, 49% dans un établissement privé catholique.

Plougastel compte quatre écoles maternelles :

  • L'école Saint-Jean (Privé) : Première école maternelle de la ville, avec près de 225 élèves inscrit pour la rentrée 2013-2014 ;
  • Le groupe scolaire de Goarem Goz (Public) : 149 élèves inscrit pour la rentrée 2013-2014 ;
  • Le groupe scolaire de Ker Avel (Public) : 96 élèves inscrit pour la rentrée 2013-2014 ;
  • Le groupe scolaire du Champ de Foire (Public) : 89 élèves inscrit pour la rentrée 2013-2014 ;


Quatre écoles primaires :

  • L'école Saint-Pierre (Privé) : 416 élèves inscrit pour la rentrée 2013-2014 ;
  • Le groupe scolaire de Goarem Goz (Public) : 199 élèves inscrit pour la rentrée 2013-2014 ;
  • Le groupe scolaire de Ker Avel (Public) : 143 élèves inscrit pour la rentrée 2013-2014 ;
  • Le groupe scolaire du Champ de Foire (Public) : 101 élèves inscrit pour la rentrée 2013-2014 ;

Deux collèges :

  • Le collège Sainte-Anne (Privé) : Premier collège de la ville avec près de 450 élèves, le collège Sainte-Anne attire davantage d'élèves, grâce notamment aux bons résultats du diplôme national du brevet (99,7% en 2013) ;
  • Le collège de la Fontaine-Blanche (Public) : 365 élèves inscrit pour la rentrée 2013-2014.

La langue bretonne est enseignée dans les établissements privés, de la maternelle au collège, pour le public seul le groupe scolaire maternelle et primaire Goarem-Goz, ainsi que le collège de la Fontaine-Blanche offrent cette filière bilingue. La ville ayant signé la charte 'Ya d'ar brezhoneg, Plougastel comporte le plus grand nombre d'inscrits dans le bilingue de la région avec près de 15,64 % d'inscrits en 2008. À la rentrée 2013, 398 élèves étaient scolarisés dans les classes bilingues (soit 23,2% des enfants de la commune inscrits dans le primaire) [138].

Enfance[modifier | modifier le code]

La ville de Plougastel est dotée de nombreuses structures accueillant les enfants :

  • Le centre de loisirs de Saint-Adrien : centre de loisirs sans hébergement accueillant les enfants âgés de 4 à 13 ans durant les mercredis et vacances scolaires. Des colonies de vacances y sont organisées durant l'été. Le centre, construit en 2008, peut accueillir jusqu'à près de 110 enfants.
  • Le centre de loisirs de Ker Avel : centre de loisirs sans hébergement accueillant les enfants âgés de trois ans afin de satisfaire les demandes, en effet le centre de loisirs de Saint-Adrien à atteint sa capacité d'accueil.
  • Crèche la Bambinerie : La bambinerie est une crèche associative parentale. Cette structure s’adresse aux enfants à partir de 3 mois jusqu’à la fin de la troisième année. Sa capacité d'accueil est 36 places.
  • La Halte Garderie : Cette structure propose un accueil occasionnel pour les enfants de 3 mois à 3 ans révolus avec une capacité de 16 places.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Paul-Étienne Testard du Cosquer[139], né le au château de Keranhoat en Loperhet, décédé le au Passage en Plougastel, sieur de la Roche, capitaine garde-côtes, négociant au Passage Saint-Jean fut député de la paroisse de Plougastel à l'assemblée de la sénéchaussée de Quimper en avril 1789 et député du canton de Plougastel aux assemblées électorales du département et du district de Landerneau en 1791 et 1792[140]. Il avait une réputation de celtisant, traduisant par exemple plusieurs odes d'Horace en bas-breton, et fut chargé de traduire en breton des textes officiels ; il composant aussi des chansons populaires en langue bretonne[141].
  • Félix Le Dantec, né à Plougastel-Daoulas le , décédé le , biologiste et philosophe des sciences français.
  • Charles Filiger (1863-1928), artiste peintre décédé à Plougastel.
  • Émile Rocher (1928), artiste peintre et sculpteur, dont les œuvres figurent dans de nombreuses collections privées dans 21 pays ainsi qu'au Musée des Beaux-Arts de Brest, au Musée du Faouët, à l'Institut Culturel de Bretagne, au Conseil Régional de Bretagne, a peint de nombreuses aquarelles et huiles ayant pour thèmes les costumes et les danses de Plougastel
  • François-René Hénaff, né à Plougastel le , fut élève de l'École de santé de Brest en 1876, médecin de la Marine, puis des colonies : Guyane en 1872, Saïgon en 1882, Madagascar en 1885, Cochinchine en 1886 où il se fixa définitivement, devenant en 1905 médecin-chef du service de santé de Cochinchine. En retraite en 1909, il devint médecin civil à Saïgon à l'hôpital indigène de Choquan où il était réputé. Il a publié en 1908 « La peste en Indochine » dans la Revue indochinoise. Il mourut en mer entre Colombo et Gardafuy en janvier 1912[142].
  • René Le Bot, né le à Plougastel-Daoulas fit partie du réseau de résistance Libération Nord en compagnie de Gwenaël Corre, d'Anne Corre[143] et de Joseph Autret. René Le Bot a été déporté par le convoi du , au départ de la gare de l'Est à Paris, à destination d'Hinzert (camp de concentration satellite de Buchenwald situé à 35 km à l'est de Trèves); il serait décédé, apparemment fusillé pendant son transfert vers le camp de Dora le .

Jumelages[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Louis-Marie Bodénès, Plougastel-Daoulas. Ses villages. Ses traditions, Éd. de la Cité, Brest, 1978, 320 p.
  • Éric Martin, Milieu traditionnel et religion populaire. La cérémonie du breuriez à Plougastel-Daoulas, mémoire de maîtrise, dact., UBO, Faculté des Lettres et Sciences Sociales Victor Segalen, CRBC, Brest, 1993.
  • Éric Martin, L’Arbre, la Pomme et la Mort. Un rituel funéraire en Bretagne et en Roumanie, mémoire de DEA, dact., UBO, Faculté des Lettres et Sciences Sociales Victor Segalen, CRBC, Brest, 1994.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après les mots bretons Plougastell et Plougastellenn, mentionnés dans l'ouvrage Plougastell, torret e ziouaskell ! Le « Plougastell » tel qu'on le parle, Lan Rozmoal, Emgleo Breiz, 1995
  2. http://unclindoeildebretagne.over-blog.com/article-13235890.html
  3. Eugène Parès, La Nuit de la Saint-Jean, nouvelle bretonne, 1886, Gallica
  4. Le Petit Parisien no 20978 du 6 août 1934, Gallica
  5. a et b Le Petit Parisien n° 6649 du 10 janvier 1895, Gallica
  6. « À Plougastel-Daoulas, cinq ou six noms reviennent, toujours les mêmes : on se maria entre cousins et cousines, fraisiéristes et fraisiéristes ; cela fait une tribu de deux ou trois mille jardiniers » écrit Le Petit Parisien le
  7. La Croix n° 13950 du 24 août 1928, Gallica
  8. Paul Sébillot, « La langue bretonne, limites et statistiques », in Revue d'ethnographie, Ernest-Théodore Hamy, 1886, Gallica
  9. C'est-à-dire l'Élorn maritime
  10. Coëtjunval est situé dans la paroisse de Ploudaniel
  11. Paroisse de Guilers
  12. Actuellement écrit Kererot, village de Plougastel-Daoulas
  13. La seigneurie du Chastel dominait une bonne partie du Bas Léon (le pays compris entre Landunvez, la pointe Saint-Mathieu et Brest), leur château principal étant le château de Trémazan
  14. Chanoine Peyron, « L'abbaye de Daoulas », in Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1897, Gallica
  15. Chanoine Peyron, « L'abbaye de Daoulas », in Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1897, Gallica
  16. Rapports et délibérations du Conseil général du Finistère, 1865, Gallica
  17. a et b Paul de Jaeghere, « Excursion sur les côtes de Bretagne », in Bulletin de la Société de géographie de Lille 1886, Gallica
  18. Benjamin Girard, La Bretagne maritime, 1889, Gallica
  19. La Presse no 752 du 27 juin 1890, Gallica
  20. Albert Clouard, Tro-Breiz (Tour de Bretague), 1892, Gallica
  21. Le prix du passage est alors de 0,10 centime pour les piétons et de 0,50 centime pour les voitures : on ne peut passer que deux voitures à la fois
  22. Le Figaro n° 234 du 22 août 189, Gallica
  23. Sans doute la marée montante bloque-t-elle le flux naturel de la source qui alimente le puits, le contraire se produisant à marée basse, voir Valentine Vattier d'Ambroyse, Le littoral de la France, tome 2, 1890, Gallica
  24. Journal L'Ouest-Éclair, no 3390 du 29 avril 1908, Gallica
  25. Le Matin, no 12976 du 2 septembre 1924, Gallica
  26. Le terme village en Finistère est utilisé en lieu et place de celui de hameau. La commune (ou paroisse) comprend son bourg et ses villages.
  27. Paul Joanne, Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies, tome 4, L-M, 1890, Gallica
  28. Commune de Plougastel-Daoulas, Étude normative des lieux habités, janvier 2006, Mairie de Plougastel
  29. Vicor-Eugène Ardouin-Dumazet, Voyage en France, Îles françaises de la Manche et Bretagne péninsulaire, tome 5, 1893, Gallica
  30. Topic-Topos
  31. Des silex, pierres calcinées, débris de poteries, y ont été trouvées qui se trouvent désormais au musée des antiquités nationales, à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines)
  32. Annales de Saint-Bertin : AD 857 Internet archive Hérispoé duc des Bretons, est tué par les bretons Salomon et Almar depuis longtemps en querelle avec lui, p. 161, 162
  33. Mairie de Plougastel
  34. Histoire de la paroisse de Plougastel sur le site Plougastel.com
  35. a, b, c et d « Histoire, patrimoine », sur site officiel de Plougastel Daoulas
  36. InfoBretagne
  37. Topic-Topos
  38. http://www.gwiler.net/cub/cubplougastel.htm
  39. Paul Peyron, Le culte de la très Sainte Vierge dans le diocèse de Quimper, (congrès marial du Folgoat 1913), Lafolye frères, Vannes, 1914, Gallica
  40. Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, 1922, Gallica
  41. Gazette, Paris, 13 avril 1697, Gallica
  42. A. Dupuy, « Les épidémies en Bretagne au XVIIIe siècle », in Annales de Bretagne, novembre 1886, Gallica
  43. Les fraisiers ont été importés du Chili par Amédée François Frézier
  44. Archives parlementaires de 1787 à 1860 ; 2-7. États généraux ; Cahiers des sénéchaussées et bailliages, série 1, tome 5, sur Gallica
  45. Joël Cornette, « Fils de mémoire : L'autobiographie de Jean Conan, 1765-1834 », in Revue d'histoire moderne et contemporaine, juillet 1992, Gallica
  46. http://www.stv-plougastel.org/la-maison-de-retraite.php
  47. Michel André, Cours alphabétique, théorique et pratique de la législation civile et ecclésiastique, 1868, Gallica
  48. Rapports et délibérations du Conseil général du Finistère, août 1873, Gallica
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  50. Henri Monod, Le choléra, histoire d'une épidémie, Finistère 1885-1886, 1892, Gallica
  51. Le Figaro n° 234 du 22 août 1897, Gallica
  52. Revue pratique de l'électricité, 1904, Gallica
  53. Panneau d'information situé dans le Musée de la fraise et du patrimoine de Plougastel
  54. Journal La Croix no 2605 du 20 novembre 1891, Gallica
  55. L'Enfant, Revue mensuelle consacrée à l'étude de toutes questions relatives à la protection de l'enfance, juin 1902, Gallica
  56. La Bretagne, cité par le Bulletin des Congrégations, n° du 6 août 1896, Gallica
  57. Une première tentative d'inventaire à Plougastel avait échoué le , voir Journal des débats politiques et littéraires no 72 du 14 mars 1906, Gallica
  58. Journal des débats politiques et littéraires, n° 324 du 22 novembre 1906, Gallica
  59. Le Matin, no 8357 du 14 janvier 1907, Gallica
  60. La Presse no 175 du 28 juin 1882, Gallica
  61. a, b et c Panneau d'information situé dans le "Musée de la Fraise et du Patrimoine" de Plougastel-Daoulas
  62. Jean-Luc Le Gall, cité dans http://brest.letelegramme.fr/local/finistere-nord/brest/ville/fete-du-maerl-histoire-d-une-presqu-ile-10-07-2013-2166949.php
  63. http://brest.letelegramme.fr/local/finistere-nord/brest/ville/fete-du-maerl-histoire-d-une-presqu-ile-10-07-2013-2166949.php
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  67. Simone de Boisboissel, Comtesse de Keranflec'h-Kernezne, La vie et les œuvres de la campagne, conférences aux jeunes filles, 1920, Gallica
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  72. Le Gaulois no 12401 du 27 septembre 1911, Gallica
  73. Wiki-Brest
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  91. Savéol
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  93. Peintre et sculpteur américain (1839-1932), membre de l'académie Julian
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  95. L'Ami de la religion et du Roi, journal ecclésiastique, politique et littéraire, tome 128, mars 1846, Gallica
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  101. a et b Blog d'Éric Martin - le breuriez
  102. Wiki-Brest
  103. Eugène Parès, La Nuit de la Saint-Jean, nouvelle bretonne, 1886, Gallica
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  105. Finistère Tourisme
  106. Revue Penn Ar Bed no 72 et 80 : les roches filoniennes de la rade de Brest - no 144/145 : géologie de la presqu'île de Plougastel
  107. a et b Mairie de Plougastel
  108. Natura 2000
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  110. Rapports et délibérations du Conseil général du Finistère, août 1880, Gallica
  111. http://www.net1901.org/association/ASSOCIATION-DES-PLAISANCIERS-PORSMEUR-ARMORIQUE,204030.html
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  115. Jean-Marie Abgrall, « Le calvaire de Plougastel-Daoulas », in Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1904, Gallica
  116. Le mauvais Larron
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  118. John Davis Skilton a été fait citoyen d'honneur de Plougastel-Daoulas le
  119. Topic-Topos
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  121. Topic-Topos
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  123. Paul Sébillot, Le folk-lore de France, La mer et les eaux douces, tome 2, 1904, Gallica
  124. Topic-Topos
  125. Topic-Topos
  126. Topic Topos
  127. Wiki-Brest
  128. Topic-Topos
  129. Topic-Topos
  130. Topic-Topos
  131. http://musee-fraise.net/
  132. Revue L'Art et les Artistes no 107, octobre 1913, Gallica
  133. Albert-Kahn, musée et jardins
  134. Wiki-Brest
  135. L. F. Sauvé, « Gargantua à Plougastel », in Revue des traditions populaires, n° du 25 juillet 1886, Gallica
  136. Paul Sébillot, Le folk-lore de France, tome 1, Le ciel et la terre, 1904, Gallica
  137. Hippolyte Violeau, La Maison du Cap, 1878, Gallica
  138. http://www.opab-oplb.org/98-kelenn.htm
  139. Prénommé à tort Jean-Michel par J. Ollivier dans l'ouvrage indiqué ci-après
  140. Daniel Nicolas Miorcec de Kerdanet, Notices chronologiques, page 393
  141. J. Ollivier, Catalogue de la chanson populaire bretonne sur feuilles volantes (suite) (Léon, Tréguier, Cornouaille), "Annales de Bretagne", année 1939, volume 46, pages 207-208, consultable http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/abpo_0003-391x_1941_num_48_1_1805?_Prescripts_Search_tabs1=standard&
  142. Antoine Brébion, Dictionnaire de bio-bibliographie générale, ancienne et moderne de l'Indochine française, 1935, Gallica
  143. Voir Daoulas

Liens externes[modifier | modifier le code]

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