Robert Buron
| Robert Buron | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député de la Mayenne | |
| 6 novembre 1945 – 5 décembre 1958 | |
| Élection | 21 octobre 1945 |
| Réélection | 2 juin 1946 10 novembre 1946 17 juin 1951 2 janvier 1956 |
| Législature | Ire et IIe Assemblées nationales constituantes Ire, IIe et IIIe législatures de la IVe République |
| Groupe politique | MRP (1945-1958) RPCD (1958-1959) |
| Biographie | |
| Date de naissance | 27 février 1910 |
| Lieu de naissance | Paris (Seine) |
| Date de décès | 28 avril 1973 (à 63 ans) |
| Lieu de décès | Paris (Seine) |
| modifier |
|
Robert Buron est un homme politique français, né le 27 février 1910 à Paris et décédé le 28 avril 1973 à Paris. Il est inhumé à Villaines-la-Juhel.
Il fut député MRP et ministre sous les IVe et Ve Républiques.
Sommaire |
Parcours [modifier]
Il est élève au lycée Henri-IV et à la faculté de droit de Paris. Docteur en droit, il est également diplômé de l'École libre des sciences politiques en 1931. En 1933, il travaille pour le service d'études économiques de la chambre de commerce de Paris, puis en 1937 il devient secrétaire général du Syndicat des chocolatiers.
Pendant la guerre, en 1940, il rejoint le Groupe de la rue de Lille et participe à la rédaction des Cahiers du Travaillisme Français entre septembre 1943 et mai 1944 aux côtés d'autres démocrates chrétiens.
Il est secrétaire général du Comité d’organisation du cinéma (1940-1944). Il devient en 1944 directeur de la SOFIRAD et PDG de Gaumont Actualités.
Il adhère au parti démocrate populaire puis est l'un des fondateurs du Mouvement républicain populaire à la Libération.
Il fonde à la même époque avec Emilien Amaury l'hebdomadaire Carrefour.
Député et ministre MRP [modifier]
En 1945, il est parachuté en Mayenne, dont sa femme est originaire. Il déclarera : « Je fus élu avant de connaître vraiment la Mayenne ». Son oncle est le docteur Faligant, qui devient conseiller général de Craon. Il est élu député de la Mayenne et le reste jusqu'en 1959.
Son parti s'appuie sur les anciens du Sillon, sur les dirigeants ruraux et sur le jeune clergé. À la suite de Guy Menant, député Jeune République élu en 1932, il relaie les revendications des fermiers et des métayers qui demandent une amélioration de leurs statuts.
Il est battu par Francis Le Basser, à Laval, lors des cantonales de mars 1949 (5018 voix contre 3202).
Robert Buron est membre du comité directeur du Mouvement socialiste pour les Etats-Unis d'Europe, délégué suppléant de la France au Conseil de l'Europe.
Sa connaissance des dossiers économiques et l'appui de l'Abbé Pierre, alors député MRP, lui permettent d'être nommé Secrétaire d’État aux Affaires économiques dans le cabinet de Georges Bidault, le 20 octobre 1949. Il l'est à six reprises. En Mayenne, ses responsabilités assoient son autorité et excitent les inimitiés du RPF qui le dépeint comme partisan du dirigisme.
Son influence en Mayenne s'accroît toutefois progressivement. La Fédération MRP de la Mayenne compte 550 adhérents et est l'une des plus importantes de l'Ouest. Elle bénéficie de l'appui du clergé ainsi que du quotidien Ouest-France. Les rapports de la Préfecture soulignent l'organisation du parti et le rôle sur le terrain d'André Davoust et de Robert Tromelin, tous deux membres de son cabinet. Aux élections de 1951, le MRP rassemble 39,9 % des suffrages et voit de peu lui échapper le troisième siège.
Il est élu conseiller général de Villaines-la-Juhel en octobre 1951, puis maire de la commune en 1953, poste qu'il conservera jusqu'en mars 1970.
Il s'oppose à la Guerre d'Indochine et avec huit autres députés MRP, il vote contre le Gouvernement Laniel pour sa politique indochinoise. Contrairement à son parti, il soutient la constitution du Gouvernement de Pierre Mendès France, ce qui lui vaut le porte-feuille de l'Outre-Mer. Il est exclu du groupe parlementaire MRP mais est soutenu par la Fédération de la Mayenne. A l'Outre-Mer, sa politique de coopération préfigure la loi-cadre de Gaston Defferre. Redevenu MRP après la fin du Gouvernement Mendès, il réintègre le groupe « par fidélité ou résignation, plus que par enthousiasme. »
Aux élections de 1956, qui sont marquées par la percée du poujadisme, le MRP perd 12 000 voix en Mayenne et son deuxième siège. Ses prises de position contre les bouilleurs de cru, thème majeur de campagne dans le Nord Mayenne, ne sont pas étrangères à ce score.
Ministre du général de Gaulle [modifier]
Lors de la crise algérienne, il se dit favorable à une intervention du général de Gaulle en cas d'échec du Gouvernement Pflimlin du MRP. Il est favorable à une évolution de l'Algérie française. Il lui accorde finalement sa confiance lorsque celui-ci est investi le 1er juin 1958 Président du Conseil. Il écrit à Témoignage chrétien que son « oui est presque un non ». Il n'en est pas moins nommé ministre des Travaux Publics du Transport et du Tourisme le 9 juin.
Il devient en 1958 président de l’Institut international de recherche et de formation en vue du développement harmonisé (IRFED), à la demande de l’économiste et prêtre dominicain Louis-Joseph Lebret.
Il est avec Louis Joxe et Jean de Broglie l'un des négociateurs et signataire des accords d'Évian, qui mettent fin, en mars 1962, à la guerre d'Algérie. Avec les autres ministres MRP, Il démissionne le 15 mai 1962 après la conférence de presse du général de Gaulle sur l'Europe.
Démocrate-chrétien, puis socialiste [modifier]
À partir de 1963, ses « centres d'intérêt se déplacent vers le Tiers-Monde et son développement » (La Mayenne et moi).
Il s'est employé à définir une forme de « travaillisme » à la française s'efforçant de réconcilier les valeurs socialistes et chrétiennes.
Refusant le libéralisme et l'atlantisme du Centre démocrate de Jean Lecanuet qui fut son chef de cabinet, il s'oriente vers une voie qui lui semble plus compatible avec sa conception du catholicisme social. Il fonde le mouvement Objectif 72 (soit la date présumée de l'élection présidentielle (1965+7) qui prend ensuite, en 1971, le nom d'Objectif socialiste.
Le 18 mars 1971, Robert Buron participe à Paris à un grand meeting d'union de la gauche avec les dirigeants du PCF et du Parti socialiste. Il lance un appel aux chrétiens à rallier la gauche. Robert Buron participe au congrès d'Épinay du Parti socialiste en 1971. Sa motion Vie nouvelle / Objectif 72 recueille 1,5 % des suffrages.
Il est maire de Laval de 1971 à sa mort en 1973.
Sa fille Martine Buron a été maire de Châteaubriant (Loire-Atlantique), et député européen.
Postes ministériels [modifier]
- Secrétaire d'État aux Affaires économiques du gouvernement Georges Bidault (2) (du 29 octobre 1949 au 2 juillet 1950)
- Secrétaire d'État aux Affaires économiques du gouvernement Henri Queuille (2) (du 2 au 12 juillet 1950)
- Secrétaire d'État aux Affaires économiques du gouvernement René Pleven (1) (du 12 juillet 1950 au 10 mars 1951)
- Secrétaire d'État aux Affaires économiques du gouvernement Henri Queuille (3) (du 10 mars au 11 août 1951)
- Ministre de l'Information du gouvernement René Pleven (2) (du 11 août 1951 au 20 janvier 1952)
- Ministre des Affaires économiques du gouvernement Edgar Faure (1) (du 20 janvier au 8 mars 1952)
- Ministre des Affaires économiques du gouvernement René Mayer (du 8 janvier au 28 juin 1953)
- Ministre de la France d'Outre-Mer du gouvernement Pierre Mendès France (du 19 juin 1954 au 20 janvier 1955)
Il joua un rôle dans la cession des établissements français des Indes. - Ministre des Finances, des Affaires économiques et du Plan du gouvernement Pierre Mendès France (du 20 janvier au 23 février 1955)
- Ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme du gouvernement Charles de Gaulle (3) (du 9 juin 1958 au 8 janvier 1959)
- Ministre des Travaux publics et des Transports et du Tourisme du gouvernement Michel Debré (du 8 janvier 1959 au 14 avril 1962)
- Ministre des Travaux publics et des Transports et du Tourisme du gouvernement Georges Pompidou (1) (du 14 avril au 16 mai 1962)
Publications [modifier]
- Cahiers du travaillisme français, 1943-1944.
- Dynamisme des États-Unis, recueil d'articles parus dans la presse, 1950-1957, Paris : S.A.D.E.P., 1957, 96 p.
- Le plus beau des métiers, Paris : Plon, 1963, 252 p.
- Carnets politiques de la guerre d'Algérie : par un signataire des accords d'Évian, Paris : Plon, 1965, 267 p.
- Les dernières années de la IVe République, carnets politiques, Paris : Plon, 1968.
- Demain la politique, réflexions pour une autre société (en coll. avec Jean Offredo et Objectif 72), Paris : Denoël, 1970, 256 p.
- Pourquoi je suis de nouveau candidat ?, Vendôme : C.F.I.B., 1972, 60 p.
- Par goût de la vie, propos recueillis par Jean Offredo, Paris : Cerf, 1973, 114 p. (Pour quoi je vis).
- La Mayenne et moi ou de la démocratie chrétienne au socialisme, postface de Marie-Louise Buron, [Malakoff] : Cana, 1978, 147 p. (Mémoire vivante).
Bibliographie [modifier]
- Marcel Launay, Robert Buron, témoignages de Pierre Pflimlin et Jean Offredo, Paris : Beauchesne, 1993, 208 p. (Politiques & chrétiens).
- Michel Gaignard, « Robert Buron s'implante en Mayenne », L'Oribus, no 65, mars 2006.
| Précédé par | Robert Buron | Suivi par | |||
|---|---|---|---|---|---|
| Edgar Faure Maurice Bourgès-Maunoury Edgar Faure |
|
Pierre Pflimlin Edgar Faure Antoine Pinay |
|||
| Francis Le Basser |
|
André Pinçon |
- Ancien ministre de la Cinquième République
- Ministre français des Finances
- Ministre français du Plan
- Ministre français de l'Outre-mer
- Ministre français du Tourisme
- Député de la première législature de la Quatrième République
- Député de la deuxième législature de la Quatrième République
- Député de la troisième législature de la Quatrième République
- Député de la Ire législature de la Ve République
- Ancien député de la Mayenne
- Ancien conseiller général de la Mayenne
- Ancien maire de la Mayenne
- Personnalité du Parti démocrate populaire
- Personnalité du Mouvement républicain populaire
- Personnalité du Parti socialiste (France)
- Personnalité de la guerre d'Algérie
- Maire de Laval (Mayenne)
- Naissance en 1910
- Décès en 1973
- Ministre de la Quatrième République
- Élève du lycée Henri-IV