Robert Buron

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Robert Buron
Fonctions
Député de la Mayenne
6 novembre 19455 décembre 1958
Élection 21 octobre 1945
Réélection 2 juin 1946
10 novembre 1946
17 juin 1951
2 janvier 1956
Législature Ire et IIe Assemblées nationales constituantes
Ire, IIe et IIIe législatures
de la IVe République
Groupe politique MRP (1945-1958)
RPCD (1958-1959)
Biographie
Date de naissance 27 février 1910
Lieu de naissance Paris (Seine)
Date de décès 28 avril 1973 (à 63 ans)
Lieu de décès Paris (Seine)

Robert Buron est un homme politique français, né le 27 février 1910 à Paris et mort le 28 avril 1973 à Paris. Il est inhumé à Villaines-la-Juhel.

Il fut député MRP et ministre sous les IVe et Ve Républiques.

Premières années[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Né en 1910 dans une famille catholique de bourgeoisie moyenne, son père Henri est un ancien médecin devenu imprimeur[1], et sa mère est une sage-femme[2]. Il est élève au lycée Montaigne, puis au lycée Henri-IV où il obtient le baccalauréat mathématiques élémentaires. Il envisage alors une préparation à l'Ecole navale. Adolescent, il fréquente alors les Camelots du Roy à l'âge de 15 ans, et est un anti-capitaliste convaincu[3].

Le royaume des allongés[modifier | modifier le code]

En 1928, il est immobilisé[4] dans un sanatorium à Berck au royaume des allongés[5] où il reste deux ans. Il sera marqué par cette période de souffrance et d'inactivité physique. Il y prépare par correspondance le concours de sciences politiques. Il fonde le 8 juin 1929 avec Suzanne Fouché (1901-1989) et quelques sympathisants la Ligue pour l'adaptation du diminué physique au travail.

Non-conformistes des années 1930[modifier | modifier le code]

Rentré à Paris, il est élève à la faculté de droit de Paris, et achève sa scolarité à l'École libre des sciences politiques. Au début des années 1930, il est secrétaire de la conférence Olivaint (1929-1930), un cercle catholique anti-républicain. Il participe en avril 1930 à la fondation d'un bulletin Réaction pour l'ordre[6].Cette revue est royaliste et ouvertement réactionnaire. Elle est également proche du personnalisme d'Emmanuel Mounier et des « non-conformistes des années 30 » et ne cache pas sa sympathie pour le fascisme et la montée des régimes autoritaires.

Organisation professionnelle et patronale[modifier | modifier le code]

Docteur en droit, il est également diplômé de l'École libre des sciences politiques en 1931 dont il sort major dans la section économique et financière. En 1932, il débute alors dans les organisations professionnelles comme secrétaire du Conseil d'Administration de diverses sociétés africaines. En 1933, il travaille pour le service d'études économiques de la chambre de commerce de Paris.

Il fonde avec Suzanne Fouché en 1933 la Fédération des amicales des malades, puis en 1936 l' Union nationale des tuberculeux civils[7]. Politiquement, il est à droite, voire à l'extrême-droite, il participe avec les Croix de feu et les Jeunesses patriotes aux évènements du 6 février 1934 à la Place de la Concorde.

En 1935, il veut préparer avec Roger Ribadeau-Dumas un ouvrage sur la décolonisation qu'ils méditent pendant deux ans. Il n'y aura pas de suite : la parution en 1937 du livre d'Henri Decugis connu pour ses idées eugénistes[8], Le destin des races blanches, sera la présentation de ces idées. Il devient secrétaire général de la Chambre syndicale nationale des Chocolatiers de France en 1937, puis de Directeur du Groupement d'importation et de répartition des cacaos jusqu'en 1940.

Enseignement professionnel[modifier | modifier le code]

Il s'intéresse alors de très près à la formation des permanents patronaux. Membre du Comité central de l'organisation professionnelle, proche du Confédération générale du patronat français, il enseigne puis dirige à partir de 1938, l'École d'application des collaborateurs et secrétaires de syndicats patronaux. Il y sera aussi professeur sous le régime de Vichy[9] et laissera le poste de directeur en 1941 à Achille Dauphin-Meunier.

Démocratie populaire[modifier | modifier le code]

Ses convictions démocrates chrétiennes, les Accords de Munich le font adhérer sur les conseils de Georges Bidault[10] en 1938 aux Jeunesses Démocrates Populaires, mouvement de jeunesse du Parti démocrate populaire dans la perspective des élections législatives de 1940. Il est le délégué départemental du département de la Seine.

Famille[modifier | modifier le code]

Il se marie en juillet 1938, avec Marie-Louise Trouillard (1910-2006)[11], dont il a une fille, Martine.

Régime de Vichy et Résistance[modifier | modifier le code]

Vichy[modifier | modifier le code]

Il est secrétaire général au Comité d'organisation des cacaos, chocolaterie et confiserie[12], dirigé par Pierre Abelin[13], créé par le gouvernement de Vichy. Il est aussi conférencier du Commissariat à la famille[14]. Il devient à partir de 1941, grâce à son ami Guy de Carmoy[15] et à la suite de son expérience dans l'organisation professionnelle, secrétaire général[16] du COIC (Comité d'organisation de l'industrie cinématographique), (1941[17]-1944). Il s'agit d'un Comité d'organisation, un organisme professionnel permettant de réunir les professionnels du cinéma et de définir le cadre de leurs activités créé par le régime de Vichy. Robert Buron fréquente ainsi en 1942, Lucien Rebatet[18]. D'après Henry Coston[19], il aurait procédé à des liquidations d'entreprises juives[20]. Il participe à partir de 1943 avec Alfred Sauvy, Louis Salleron et Antoine de Tavernost à un groupe de réflexion sur la population et l'action démographique.

Une campagne de presse menée par le Canard enchaîné concernant le rôle de Robert Buron pendant cette période sera effectuée en 1945[21].

Résistance[modifier | modifier le code]

Parallèlement à ses activités officielles, il participe clandestinement à partir de 1943 au Groupe de la rue de Lille[22] autour d'Emilien Amaury. Il participe à la rédaction des Cahiers du travaillisme français entre septembre 1943 et mai 1944 aux côtés d'autres démocrates chrétiens. Pendant l'hiver 1943, il prend contact avec Mgr Chappoulie[23], représentant de l'épiscopat près du régime de Vichy, et cherche à lui faire prendre contact avec des responsables de la Résistance intérieure sur le sujet de l'école privée. Cette démarche échoue à la suite d'une série d'arrestations par la Gestapo dont sa mère internée à la prison de Fresnes, qui l'oblige à se cacher. Il est membre à partir de 1943 sous la clandestinité du Comité général d'études[24] du Conseil national de la Résistance.

Il rejoint aussi au printemps 1944 le Comité de résistance de l'industrie cinématographique[25] (CRIC) via la publication d'un bulletin clandestin Opéra. Le CRIC est constitué essentiellement de fonctionnaires issus du COIC.

Libération[modifier | modifier le code]

À la Libération de Paris, dès le 19 août 1944, les locaux du COIC sont très vite occupés par les milices patriotiques menés par Jean Paul Le Chanois. Ils constatent que les locaux sont déjà occupés par : Robert Buron et Philippe Acoulon, son adjoint, qui sont à la fois à la direction du COIC, et membres du CRIC. Il y a confrontation et tensions entre la résistance communiste et la résistance gaulliste du CRIC, représentés par des fonctionnaires issus du COIC. Le groupe du CRIC se voit chassé des locaux, une arrestation étant même envisagée. Les locaux deviennent aussitôt celui du Comité de Libération du Cinéma Français (CLCF). Robert Buron reste cependant secrétariat général du COIC et expédie les affaires courantes pendant le fonctionnement, au début de l'insurrection, d'une commission de liquidation du COIC sous la présidence de Louis Daquin.

Les médias[modifier | modifier le code]

Par la suite, Robert Buron devient chargé de mission et conseiller technique de Pierre-Henri Teitgen, nommé ministre de l'information le 10 septembre 1944. À partir d'octobre 1944, le COIC est dirigé par un commissaire provisoire: Philippe Acoulon, et est transformé en Office professionnel du Cinéma (OPC) le 28 août 1945.

Le 24 août 1944, Robert Buron devient administrateur général de la Radiodiffusion française, puis en novembre 1944, directeur de directeur de la SOFIRAD. Il reste administateur jusqu'en 1947. Il fonde le 28 août 1944 avec Emilien Amaury et Yves Helleu l'hebdomadaire Carrefour en suite des Cahier du Travaillisme français dont il est codirecteur de 1944 à 1947. Médaillé de la Résistance pour ses activités clandestines, il devient en 1947 PDG de Gaumont-Actualités.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Il est l'un des fondateurs du Mouvement républicain populaire après la Libération. Il défend l'option travailliste lors sa constitution.

Quatrième république[modifier | modifier le code]

L'ancrage politique local en Mayenne[modifier | modifier le code]

En 1945, il est parachuté par le MRP en Mayenne, dont sa femme est originaire[26] et bénéficie aussi de l'appui de l'abbé Seigneur, animateur des Semaines sociales de France. Il déclarera : « Je fus élu avant de connaître vraiment la Mayenne »[27].

Le MRP s'appuie sur les anciens du Sillon et les proches d'Isidore Pasquier, sur les dirigeants ruraux et sur le jeune clergé JAC, CFTC, et les spécialistes de l'action sociale. Il est aussi soutenu par Ouest-France, journal démocrate-chrétien, dirigé par Paul Hutin-Desgrées. À la suite de Guy Menant, député Jeune République élu en 1932, il relaie les revendications des fermiers et des métayers qui demandent une amélioration de leurs statuts. Il est surnommé par Yves Grosrichard[28] dans le Canard enchaîné, le « Buron des Burettes »[29], et ne cache pas sa pratique religieuse et son soutien à l'école libre. Sa candidature passe pour celle d'un modéré. Dans ce département réputé conservateur, il est élu en juin 1945 député de la Mayenne en même temps que son concurrent de l'UDSR : Jacques Soustelle, étranger comme lui au département, mais soutenu par Francis Le Basser et Jacques Foccard, de Jean-Marie Bouvier O'Cottereau (Union Républicaine) et Camille Lhuissier (SFIO).

Il refuse en 1948 de s'associer à une large union des catholiques pour faire barrage à la candidature de Francis Le Basser au Conseil de la République, et commence à être suspect à la fraction la plus à droite de l'électorat[30]. Il lui reste à faire ses preuves. Il est battu par Francis Le Basser, à Laval, lors des cantonales de mars 1949 (5018 voix contre 3202). Il s'ancre localement, conseil général en 1951, mairie de Villaines-la-Juhel en 1953. Il reste député de la Mayenne jusqu'en 1959.

L'économie[modifier | modifier le code]

De 1948 à 1949, il est délégué du gouvernement aux conférences économiques de New York et de La Havane. Robert Buron est membre du comité directeur du Mouvement socialiste pour les États-Unis d'Europe en juin 1948, délégué suppléant de la France au Conseil de l'Europe.

Sa connaissance des dossiers économiques et l'appui de l'Abbé Pierre, alors député MRP, lui permettent d'être nommé Secrétaire d’État aux Affaires économiques dans le cabinet de Georges Bidault, le 20 octobre 1949. Il l'est à six reprises. En Mayenne, ses responsabilités assoient son autorité et excitent les inimitiés du RPF qui le dépeint comme partisan du dirigisme.

Son influence en Mayenne s'accroît toutefois progressivement. La Fédération MRP de la Mayenne compte 550 adhérents et est l'une des plus importantes de l'Ouest. Elle bénéficie de l'appui du clergé ainsi que du quotidien Ouest-France. Les rapports de la Préfecture soulignent l'organisation du parti et le rôle sur le terrain d'André Davoust et de Robert Tromelin, tous deux membres de son cabinet. Aux élections de 1951, le MRP rassemble 39,9 % des suffrages et voit de peu lui échapper le troisième siège.

Il est élu conseiller général de Villaines-la-Juhel en octobre 1951, puis maire de la commune en 1953, poste qu'il conservera jusqu'en mars 1970.

L'urgence sociale[modifier | modifier le code]

Proche d'Henri Alexandre Chappoulie, évêque d'Angers, il est aussi est un ami de l'Abbé Pierre. Tous les deux ont été parlementaires au MRP. Il se retrouve avec eux dans la défense de la militante du logement Christine Brisset et des squatters angevins au milieu des années 1950. Dès décembre 1953, Robert Buron est aux côtés de l'abbé Pierre, prophète égaré dans la politique selon Georges Montaron[31]. Dès le départ Robert Buron est un des premiers politiques à aider la fondation de l'abbé Pierre avec Léo Hamon. Il est l'homme de terrain et le conseiller public de l'abbé Pierre, quand Léo Hamon est le porte-parole politique. Robert Buron apporte le soutien du MRP au projet de création des cités d'urgence obtenue par la loi du 31 mars 1954.

Les ministères[modifier | modifier le code]

Il s'oppose à la Guerre d'Indochine et avec huit autres députés MRP, il vote contre le Gouvernement Laniel pour sa politique indochinoise en 1953. Contrairement à son parti, il soutient la constitution du Gouvernement de Pierre Mendès France en 1954, ce qui lui vaut le porte-feuille de l'Outre-Mer. Il est exclu du groupe parlementaire MRP mais non du parti[32]. À l'Outre-Mer, sa politique de coopération préfigure la loi-cadre de Gaston Defferre. Il prend position pour l'autonomie de la Tunisie.

Redevenu MRP après la fin du Gouvernement Mendès, il réintègre le groupe « par fidélité ou résignation, plus que par enthousiasme. »

Aux élections de 1956, qui sont marquées par la percée du poujadisme, le MRP perd 12 000 voix en Mayenne et son deuxième siège. Ses prises de position contre les bouilleurs de cru, thème majeur de campagne dans le Nord Mayenne, ne sont pas étrangères à ce score. À l'été 1957, il réunit un groupe Pour un plus grand MRP, avec notamment Félix Lacambre, alors président de l'Action catholique ouvrière. La même année, il devient membre du conseil d'administration des publications de La Vie catholique. Il apporte également à la revue Croissance des jeunes nations un soutien régulier, témoignage d'une de ses sujets majeurs.

Cinquième république, basculement vers le socialisme[modifier | modifier le code]

Ministre du Général de Gaulle[modifier | modifier le code]

Lors de la crise algérienne, il se dit favorable à une intervention du général de Gaulle en cas d'échec du Gouvernement Pflimlin du MRP. Il est favorable à une évolution de l'Algérie française. Il lui accorde finalement sa confiance lorsque celui-ci est investi le 1er juin 1958 Président du Conseil. Il écrit à Témoignage chrétien que son « oui est presque un non ». Il n'en est pas moins nommé ministre des Travaux Publics du Transport et du Tourisme le 9 juin.

Il devient en mars 1958 président de l’Institut international de recherche et de formation en vue du développement harmonisé (IRFED), à la demande de l’économiste et prêtre dominicain Louis-Joseph Lebret, pour aborder plus spécifiquement le problème de développement des pays du sud. En 1959, il devient président de la Fédération des associations de postcure. En 1961, il est cocréateur de la Société d'Économie mixte de la Mayenne.

Lors du putsch des généraux en avril 1961, il est prisonnier en Algérie alors qu'il y était en mission. Il est avec Louis Joxe et Jean de Broglie l'un des négociateurs et signataire des accords d'Évian, qui mettent fin, en mars 1962, à la guerre d'Algérie.

Avec les autres ministres MRP, Il démissionne le 15 mai 1962 après la conférence de presse du général de Gaulle sur l'Europe. Il indiquera avoir suivi de Gaulle d’instinct en 1958 et sans regret par la suite, mais que les divergences de vues l’emportent maintenant sur les convergences[33].

Le tiers-mondisme[modifier | modifier le code]

De 1962 à 1966, il est président du centre de développement de l'OCDE. Son successeur sera André Philip. Après la dissolution de 1962, il laisse son poste de député à son suppléant André Davoust. Redevenu maire et conseiller général, à partir de 1963, ses « centres d'intérêt se déplacent vers le Tiers-Monde et son développement »[34]. Il devient en 1964 président de l'École nouvelle d'organisation économique et sociale.

Il appelle à voter Jean Lecanuet[35] au premier tour, puis François Mitterrand au deuxième tour de l’élection présidentielle de 1965. Il est de 1963 à 1970, président du Comité d'expansion de la Mayenne.

Objectif 72[modifier | modifier le code]

Refusant le libéralisme et l'atlantisme du Centre démocrate de Jean Lecanuet[36], il s'oriente vers une voie qui lui semble plus compatible avec sa conception du catholicisme social. Il fonde le mouvement Objectif 72 (soit la date présumée de l'élection présidentielle (1965+7). Il est en 1967 président du Comité de liaison pour l'alphabétisation et la promotion des travailleurs étrangers.

Ce mouvement va au fur et à mesure s'éloigner de la mouvance démocrate-chrétienne qui évolue pour lui dans un sens trop conservateur[37]. L'action au sein des Groupes d'action municipale favorise au contact des membres du PSU entre autres, l'évolution du mouvement vers la gauche[38]. Après 1968, les militants se prononcent pour une société socialiste, et n'hésitent pas à reprendre le terme de lutte de classes. Le virage est pris et le Courrier de la Mayenne dirigé par Louis de Guébriant peut dénoncer le catholique d'apparence.

L'objection de conscience[modifier | modifier le code]

En janvier 1969, avec Guy-Marie-Joseph Riobé, il témoigne au tribunal correctionnel d'Orléans lors du procès de deux prêtres et du philosophe Jean-Marie Muller[39], réservistes, qui avaient renvoyés leur livret militaire après s'être vu refuser le statut d'objecteur de conscience, dont Robert Buron avait été l'un des instigateurs en 1963.

La mairie de Laval[modifier | modifier le code]

En mars 1970, Robert Buron se présente à l'élection du conseiller général du canton de Villaines-la-Juhel, mais il est battu et démissionne alors de la mairie. Il vise alors celle de Laval à un moment particulièrement favorable[40].

Le 18 mars 1971, Robert Buron participe à Paris à un grand meeting d'union de la gauche avec les dirigeants du PCF et du Parti socialiste. Il lance un appel aux chrétiens à rallier la gauche.

Il est élu maire de Laval en mars 1971 avec une liste non-communiste regroupant la CIR, les radicaux et Objectif 72.

Le parti socialiste[modifier | modifier le code]

Robert Buron participe au congrès d'Épinay du Parti socialiste qu'il rejoint en juin 1971. La motion Vie nouvelle / Objectif 72, qu'il ne signe pas, recueille 0,5 % des suffrages. Son mouvement prend ensuite, en 1971, le nom d'Objectif socialiste. Le rapprochement avec le Parti socialiste provoque des débats dans son mouvement.

Il est maire jusqu'à sa mort en 1973. Candidat en mars 1973 au siège de député, malade et hospitalisé, il ne peut mener campagne contre Pierre Buron, qui l’emporte de nouveau.

Robert Buron s'est employé à définir une forme de « travaillisme » à la française s'efforçant de réconcilier les valeurs socialistes et chrétiennes. Sa fille Martine Buron a été maire de Châteaubriant (Loire-Atlantique), et député européen.

Il fera aussi un passage remarqué sur le sujet du Tiers-Monde à l'émission de télévision À armes égales, opposé à Raymond Cartier, directeur de Paris Match. Entre 1969 et 1976, Jacques Robin[41] et Robert Buron (jusqu'en 1973, année de sa mort) animent chaque mois des rencontres entre scientifiques et politiques[42].

Postes ministériels[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Les obligations du trustee en droit anglais, Paris, Société général d'imprimerie et d'édition, 136 p., 1938, thèse de droit.
  • Cahiers du travaillisme français, 1943-1944.
  • Dynamisme des États-Unis, recueil d'articles parus dans la presse, 1950-1957, Paris : S.A.D.E.P., 1957, 96 p.
  • Le plus beau des métiers, Paris : Plon, 1963, 252 p.
  • Carnets politiques de la guerre d'Algérie : par un signataire des accords d'Évian, Paris : Plon, 1965, 267 p.
  • Les dernières années de la IVe République, carnets politiques, Paris : Plon, 1968.
  • Demain la politique, réflexions pour une autre société (en coll. avec Jean Offredo et Objectif 72), Paris : Denoël, 1970, 256 p.
  • Pourquoi je suis de nouveau candidat ?, Vendôme : C.F.I.B., 1972, 60 p.
  • Par goût de la vie, propos recueillis par Jean Offredo, Paris : Cerf, 1973, 114 p. (Pour quoi je vis).
  • La Mayenne et moi ou de la démocratie chrétienne au socialisme, postface de Marie-Louise Buron, [Malakoff] : Cana, 1978, 147 p. (Mémoire vivante).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcel Launay, Robert Buron, témoignages de Pierre Pflimlin et Jean Offredo, Paris : Beauchesne, 1993, 208 p. (Politiques & chrétiens).
  • Michel Gaignard, « Robert Buron s'implante en Mayenne », L'Oribus, no 65, mars 2006.
  • Michel Dloussky et Rémi Foucault, Atonie politique et « buronisme » en Mayenne , Institut d'Histoire du Temps Présent [2].

Liens[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il rencontra beaucoup de problèmes dans sa vie professionnelle.
  2. Marie Guyot est la fille d'un journaliste radical, ancien communard.
  3. Pour Jean-Louis Loubet del Bayle, la plupart des idées en vogue dans la gauche des années 1970 ont vu le jour dans les groupuscules de droite des années 1925-1935.
  4. Après une chute où il s'est brisé le col du fémur, et des mauvais diagnostics des médecins, il est atteint de tuberculose osseuse
  5. Par goût de la vie, Paris, 1973, p.10.
  6. La création était encouragée par Georges Bernanos, et la direction assurée par Jean de Fabrègues.
  7. Il restera fidèle à cette cause, et est en 1959 président de la Fédération des associations de post-cure.
  8. Patrick Tort, « Des figures de l'eugénisme en France », Pour la Science, n°342, avril 2006, p. 8-12
  9. Un de ses élèves : Michel de Saint-Pierre.
  10. Jacques Dalloz, Georges Bidault, une biographie politique. Paris, L'Harmattan. 1992. p. 47.
  11. . Sa famille a fait fortune dans l'industrie de la brique à Candé. Elle est décédée le 1er mars 2006. Elle est, après le décès de Robert Buron, première adjointe au maire de Laval et conseillère générale.
  12. Ses bureaux étaient à Royat.
  13. Il sera aussi membre du groupe de la rue de Lille, et parlementaire MRP.
  14. Comme André Cochinal.
  15. Régis Boulat, Jean Fourastié, un expert en productivité: la modernisation de la France, 2008.
  16. Le secrétaire-adjoint est Roger Ribadeau-Dumas.
  17. Par décret de Pierre Laval du 25 mai 1942, Louis-Émile Galey remplace Guy de Carmoy en tant que commissaire du gouvernement du Comité d'organisation de l'industrie cinématographique (COIC). Robert Buron reste son adjoint.
  18. Robert Buron est évoqué dans le tome II des Mémoires d'un fasciste comme un assez gros jeune homme, d'aspect très bourgeois, veston noir, pantalon rayé, qui se présente affablement, mais avec un ton d'extrême assurance.
  19. Contributions à la biographie de M. Robert Buron, Lectures françaises, avril-mai 1961. Henry Coston, Dictionnaire de la politique française, Paris, La librairie française, t. I, p.184.
  20. Référence à une note pour M. Jean Coupan datée du 8 mai 1941, et concernant la liquidation des affaires israélites en Afrique du Nord, où Robert Buron se prononce pour la liquidation des entreprises juives »
  21. le 28 février 1945: Buronneries à la radio d'Henri Jeanson, le 7 mars 1945: Mine d'aryen, le 25 avril 1945 : L'estampillage des faux jeton.
  22. Groupe de résistance qui s'était constitué dès 1941.
  23. Ancien comme lui de Berck. Il devient secrétaire général de l'Assemblée des cardinaux et archevêques en 1945.
  24. Ce comité prend la suite du Comité général des experts ou Comité général des études, propose par Jean Moulin en juin 1942. Il est chargé d'étudier les conditions de la prise du pouvoir civile par la Résistance à la Libération.
  25. Gaulliste.
  26. Son oncle est le docteur Simon Faligant, qui devient conseiller général du Canton de Craon de 1949 jusqu'à sa mort le 4 décembre 1978 sous les étiquettes du MRP, CD, CDP, et UDF-CDS. Né à Brain-sur-Longuenée, le 6 novembre 1888, il participa comme médecin à la Première Guerre mondiale. Il en revint avec citations, la croix de guerre et la Légion d'honneur.
  27. Rompre l'opposition traditionnelle entre les blancs et les bleus, entre les Chouans et les coqs rouges et chercher à attirer les uns et les autres vers des solutions nouvelles me parut dès les premiers contacts devoir être la justification de ma présence en Mayenne, Robert Buron, La Mayenne et moi, de la démocratie chrétienne au socialisme, Paris, 1978, p.20.
  28. Ce dernier suivait Jacques Soustelle dans sa campagne en Mayenne.
  29. Son homonyme, Pierre Buron, sera lui surnommé le « Buron des Buvettes » lors de l'élection législative de 1967.
  30. Un poisson rouge dans un bénitier.
  31. [1]
  32. Par le soutien de la Fédération MRP de la Mayenne.
  33. Plus tard, il se définira dans un interview au journal Ouest-France du 25 novembre 1971 comme un MRP de gauche, marqué par la décolonisation, la planification et le fédéralisme.
  34. La Mayenne et moi
  35. Jean Lecanuet fut son chef de cabinet.
  36. En Mayenne, le Centre démocrate est créé en mai 1966 avec des éléments venus du MRP et du CNI. Les deux sénateurs Lucien de Montigny et Raoul Vadepied y sont prépondérants.
  37. Dans Témoignage chrétien du 4 mai 1967, Robert Buron s'oppose à l'hibernation du MRP proposée par Joseph Fontanet.
  38. Objectif 72 apparaît dépourvu d'une mémoire collective, ou de référence à une idéologie précise. Gaëlle Hadjaoui, Un groupe d'étude et d'action politique : Objectif 1972, Objectif socialiste, 1967-1974, mémoire de maîtrise d'histoire de l'université de Paris I, 1997.
  39. En 1967, alors qu'il est officier de réserve, il demande à bénéficier du statut des objecteurs de conscience. Le tribunal le condamne à trois mois de prison avec sursis, mille francs d'amende et cinq ans de privation de ses droits civiques.
  40. Aux élections de 1971, Francis Le Basser se retire de la liste de la majorité pour protester contre la présence sur celle-ci de républicains indépendants qu'il juge « trop à droite ». Il démissionne de l'UDR, en déclarant : « Je redeviens le radical et l'UDSR que j'étais lors de mes premières élections. Ceci n'entame en rien la vénération que j'ai toujours eue depuis juin 1940 pour le général de Gaulle et que je garderai jusqu'à mon trépas ».
  41. Médecin, à l'époque directeur général des laboratoires pharmaceutiques Midy.
  42. Brigitte Chamak, Le Groupe des Dix, éditions du Rocher, 352 p., 1998.
  43. On trouve comme directeur du cabinet : Pierre Riedinger, ancien adjoint d'Emile Galey au COIC ; chef de cabinet : Jacques Gouault ; chefs adjoints de cabinet : Renée Djabri,ancienne secrétaire de Robert Buron à la SOFIRAD et Robert Tromelin.