Marais

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En géographie, un marais est un type de formation paysagère au relief peu accidenté, où le sol est recouvert, en permanence ou par intermittence, d'une couche d'eau stagnante, en général peu profonde, et couverte de végétations. On parle de zone humide.

La végétation des marais est constituée d'espèces adaptées au milieu humide. Sa composition varie selon la hauteur de l'eau, l'importance des périodes d'assèchement, et le taux de salinité. Les espèces dominantes sont les poacées (roseaux), typhacées (massettes), les joncacées (joncs), cypéracées (carex), et autres plantes herbacées et aquatiques, et des plantes ligneuses basses. Dans les marais d'eau saumâtre, on rencontre des espèces halophiles.

Il se distingue d'une mangrove, dominée par des arbres plutôt que des herbes ; et d'un étang par sa moindre profondeur de l'eau.

Marais du Nord, au Québec
Reflets métallisés à la surface d'un marais landais, France

Un marécage désigne une zone recouverte de marais.

Sommaire

[modifier] Formation

Les marais se forment dans des zones mal drainées par le réseau hydrographique, et à sous-sol imperméable. On le trouve dans des zones peu accidentées, soit à proximité de cours d'eau ou de la mer, ou encore dans des dépressions dépourvues d'écoulement vers la mer (endoréisme).

Notons l'existence en France du marais halophyte de la source chaude du Plan de Phazy à 900 m d'altitude. Très saline, la source engendre en ses alentours une pré salé rarement rencontré hors des zones de littoral marin, et encore plus rare à cette altitude. L'eau ruisselle du flanc de montagne puis descend dans la faille de la Durance de 1 000 m de profondeur, se réchauffant alors à raison de 1° par mètre descendant[1]. La source émerge à la cassure entre les calcaires triasiques du Rocher de Barbein et le flysch de l'Embrunais (des schistes de Serenne) affleurant plus à l'ouest[2]. Faune et flore caractéristiques associées comprennent entre autres Plantain maritime (Plantago maritima), Carex à épis distants (Carex distans), Spergulaire marginée (Spergularia media), Puccinelle à épis distants (Pucinellia distans) pour la flore, et Agrion de Mercure et Sympetrum à nervures rouges pour la faune[3],[1].

[modifier] Écosystème

L'eau d'un marais peut être fraîche, stagnante, ou plus ou moins salée. Les marais côtiers peuvent être associés à des estuaires ou à des lagunes littorales.

Les marais abritent une importante vie sauvage. Poissons et amphibiens s'y reproduisent et s’y nourrissent des millions d'insectes qui émergent de ces eaux peu profondes. Hors de l'eau, ces insectes serviront aussi de ressource alimentaire aux oiseaux et chauves-souris jusqu'à plusieurs kilomètres de la zone, jouant un rôle considérable pour la faune locale.

Les marais abritent ainsi de très nombreuses espèces rares, dont ils sont alors souvent les seuls habitats. C'est le cas de la gratiole officinale ou du piment royal par exemple pour la flore, du butor étoilé, des marouettes ou de la sarcelle d'été pour les oiseaux, du campagnol amphibie et autres pour les mammifères.

Dans les régions défavorisées ils sont souvent insalubres à cause du paludisme, maladie grave due à un parasite du sang dont le cycle de vie passe par un moustique piqueur, l'anophèle (la larve de l'anophèle vit dans les eaux douces stagnantes). C'était le cas en France pour la Sologne, le Gâtinais, la Puisaye, la Brenne, les Landes, la plaine d'Alsace, les Flandres et bien d'autres régions jusqu'à la diminution de l'occurrence de cette maladie à partir du milieu du XIXe siècle, jusqu'à sa quasi-disparition juste avant la première guerre mondiale[4]. L'assainissement des marais permet de lutter efficacement contre le paludisme mais la perte de biodiversité globale du marais asséché est irremplaçable.

[modifier] Valorisation par l'homme

Depuis le milieu du XVIIIe siècle l'homme a commencé à assécher les marais - en priorité ceux difficiles à exploiter et réputés insalubres[4]. L'impact sur la faune et la flore mais aussi sur le cycle de l'eau est aujourd'hui considérable et la plupart des milieux humides qui n'ont pas été détruits font l'objet aujourd'hui de mesures de protection.

Localement, sur certaines zones humides aux sols plus légers et où les eaux des inondations apportent chaque hiver de nombreux éléments nutritifs, l'homme a développé des cultures très productives. C'est l'origine du maraîchage[4].

[modifier] Voir aussi

Le marais poitevin

[modifier] Références

  1. a et b Le Plan de Phazy sur le site de la station Risoul].
  2. site geol-alp, nombreuses données de base sur la géologie des Alpes.
  3. Page internet sur la fontaine pétrifiante de Réotier. Présente des informations sur la géologie du lieu.
  4. a, b et c La disparition du paludisme dans la France rurale et la régression des terres humides - Exemple de la Sologne. Par Pierre-Olivier Fanica, dans étude et Gestion des Sols, Volume 13, 1, 2006 - pages 53 à 61.

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

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