François Tanguy-Prigent

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François Tanguy-Prigent
Fonctions
Parlementaire français
Député 1936-1940
puis 1945-1958
puis 1962-1967
1936 –
Gouvernement IIIe République-IVe République-Ve République
Groupe politique SFIO (1936-1958)
NI (1962-1967)
Biographie
Date de naissance 11 octobre 1909
Date de décès 20 janvier 1970 (à 60 ans)
Résidence Finistère

François-Tanguy Prigent, dit Tanguy-Prigent, est un homme politique français né le 11 octobre 1909 à Saint-Jean-du-Doigt (Finistère) et mort le 20 janvier 1970 à Morlaix (Finistère).

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

François Tanguy-Prigent est issu d'une famille de petits propriétaires paysans. Après l'école primaire, il travaille à la ferme de ses parents et se syndique dès l'âge de 16 ans au sein de la Fédération paysanne. Il devient rapidement l'un des dirigeants de cette organisation.

Il s'engage également très jeune en politique, puisque dès l'âge de 18 ans, il devient secrétaire de la section locale des jeunes socialistes, qui dépendait de la SFIO. Dès le milieu de la décennie 1930, il devient conseiller général du Finistère en octobre 1934 et maire de sa commune d'origine, Saint-Jean-du-Doigt en mai 1935. Il anime aussi la « Coopérative de Défense Paysanne » dont il était le fondateur.

En mai 1936, il est élu député à la Chambre des députés, lors des élections qui ont porté le Front populaire au pouvoir. À cette occasion, il bat de manière totalement inattendue un notable local, candidat sortant dans son fief familial, et devient ainsi le plus jeune député de France[1].

Pendant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Il est mobilisé en 1939 lors de la déclaration de guerre comme sous-lieutenant dans l'artillerie portée et fait toute la campagne jusqu'à la Débâcle. Après l'armistice du 22 juin 1940, il est partisan de la fermeté à l'égard des Allemands et le 10 juillet 1940, Tanguy-Prigent est l'un des quatre-vingts parlementaires qui refusent les pleins pouvoirs à Pétain. De retour à Saint-Jean-du-Doigt, il est arrêté en septembre 1940 par les Allemands, certes rapidement relâché, mais révoqué de sa fonction de maire par la nouvelle autorité préfectorale. François Tanguy-Prigent crée dès la fin de l'année 1940 dans le nord du Finistère le Bulletin bimensuel de la Coopérative de Défense paysanne de Morlaix, qui critique la politique menée par la Corporation paysanne ; cette coopérative regroupe 4390 adhérents en 1942 et diffuse à partir de 1941 son Bulletin dans 18 départements, toléré un temps par le régime avant d'être interdit, mais son action a jeté les bases d'un syndicat agricole clandestin, la Confédération générale de l'agriculture (CGA)[2].

Bien que se sachant surveillé, il participe ensuite à la Résistance, tout d'abord en créant la Confédération générale de l'agriculture, syndicat clandestin, qui s'oppose à la Corporation paysanne mise en place par le Régime de Vichy ; puis, en 1943, en participant à la reconstitution clandestine du parti socialiste SFIO, puis en adhérant au mouvement Libération Nord. Dans la clandestinité, François Tanguy-Prigent devient Jacques Le Ru. À partir de 1943, il est totalement entré en clandestinité et il organise un maquis dans le nord du Finistère, utilisant sa bonne connaissance du monde rural local pour lutter contre l'Occupant et le Régime de Vichy. Il crée au début de l'année 1944 un journal clandestin "La Résistance Paysanne"[2] et participe aux combats de la Libération à la tête de 200 FFI et de troupes françaises parachutées d'Angleterre.

Après la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le 4 septembre 1944, François Tanguy-Prigent devient ministre de l'Agriculture (c'est par la radio qu'il apprend qu'il a été nommé à ce poste par le général de Gaulle). Il conserve cette fonction jusqu'au 22 octobre 1947.

Il entreprend alors la modernisation de l'agriculture française. Dès le 12 octobre 1944, il supprime la corporation paysanne, organisme corporatiste créé en 1940 par le régime de Vichy. Il aide aussi au développement des syndicats, coopératives et foyers ruraux, dans un but d'accompagnement culturel de la reconstruction et d'émancipation des campagnes de la tutelle religieuse sous laquelle elles se trouvaient alors. Il participe activement à la fondation de la Fédération Nationale des Foyers Ruraux (FNFR), en 1946, qui deviendra rapidement un des grands mouvements d'éducation populaire.

Il est aussi à l'origine de la création du statut du fermage et du métayage (loi du 13 avril 1946). Ce statut, très protecteur des droits des paysans vis-à-vis de leurs propriétaires, est encore en vigueur aujourd'hui.

François Tanguy-Prigent est élu aux deux assemblées nationales constituantes de 1945 et 1946, puis comme député du Finistère jusqu'en 1958, toujours en tant que socialiste SFIO.

En 1951, il est vice-président du Comité d'étude et de liaisons des intérêts bretons (CELIB), avec Paul Ihuel et André Morice, le président étant René Pleven.

Opposé au retour de Charles de Gaulle en 1958, il quitte la SFIO en octobre 1959 et milite au PSA puis au PSU, qu'il représente à l'Assemblée nationale de 1962 à 1967 (il siège avec les non-inscrits).

Il fut également conseiller général du Finistère et directeur de journal.

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Hommage[modifier | modifier le code]

François Tanguy-Prigent a donné son nom à trois établissements scolaires de Bretagne :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Journal Le Télégramme de Brest et de l'Ouest n° 1 du 18 septembre 1944
  2. a et b "Résistance et monde rural", 2ème partie, "La Résistance en action dans le monde rural", consultable http://www.fmd.asso.fr/updir/70/concours_partie_2.pdf

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Barral, Les Agrariens français, de Méline à Pisani, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1968.
  • Bougeard Christian, Tanguy Prigent. Un paysan ministre, Rennes, PUR, 2002.
  • Mireille Prigent, Tanguy Prigent, éd. Club socialiste, 1982.
  • Aglan Alya, La Résistance sacrifiée. Le mouvement LibérationNord, Paris, Flammarion, 1999.
  • Maitron Jean et Pennetier Claude (sous la direction de), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Paris, éditions de l’Atelier, 1964-1995.

Liens externes[modifier | modifier le code]