Organisation civile et militaire

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L'Organisation civile et militaire (OCM) était l'un des grands mouvements de la Résistance intérieure française (en zone occupée) pendant la Seconde Guerre mondiale.

L'OCM était l'un des huit grands réseaux de résistance membre du Conseil national de la Résistance (CNR).

Historique[modifier | modifier le code]

L'Organisation civile et militaire est fondée en décembre 1940 à Paris, par la fusion de l'Équipe française d'organisation du redressement (EFOR) de l’industriel Jacques Arthuys (le « groupe de la rue de Logenbach ») et la Confédération des travailleurs intellectuels animée par Maxime Blocq-Mascart. Dès janvier 1941, des fonctionnaires du ministère des Travaux publics, renforcent l'OCM, sous la direction d'André Boulloche et du couple Georges et Raymonde Ricroch. L'OCM recrute aussi dans la bourgeoisie, l’industrie, parmi les commerçants, les anciens combattants, les professions libérales (avocats, architectes), et les universitaires. Deux tendances politiques sont particulièrement représentés : les conservateurs, souvent maréchalistes mais germanophobes et hostiles à la Révolution nationale, d'une part, les socialistes d'autre part. La première tendance est majoritaire à l'origine, mais la deuxième l'emporte au cours de la guerre.

Fin 1941, l'OCM ne compte que quelques centaines de membres, mais atteint un effectif de 45 000 deux ans plus tard, selon Guillaume Piketty.

L'OCM était dotée d'une organisation militaire rigoureuse. Elle est décapitée en décembre 1941 par l’arrestation de Jacques Arthuys.

Le nouveau chef de l'OCM est le colonel Alfred Touny, ancien responsable du 2e Bureau (renseignement) de la IVe armée. Pierre Brossolette met l'OCM en contact avec le colonel Rémy (Gilbert Renault), chef du réseau Confrérie Notre-Dame (CND), lié au BCRA du colonel Passy (André Dewavrin). Alfred Touny organise alors le réseau Centurie pour coordonner l’OCM et la CND. L'OCM est également liée au réseau Hector d'Alfred Heurteaux et à Libération Nord. La réorganisation d'Alfred Touny, l'aide de la CND, l'afflux de nouveaux militants, notamment socialistes (Guy Mollet par exemple), font prendre à l'OCM une tout autre dimension en 1942-1943. Malgré les coups très durs que porte la Gestapo (retournement de Grandclément en septembre 1943, démantèlement de la CND en novembre, arrestation de Touny en février 1944), l'OCM se maintient, notamment grâce à Jacques Piette.

Au total, 4 000 membres de l'OCM sont morts : fusillés, assassinés ou morts en déportation.

Principaux membres[modifier | modifier le code]

  • Jacques Arthuys
  • André Bataillard, « Commandant Martin », groupement OCM du département de l'OISE 1943. Chef du sous secteur sud FFI de l'Oise. [Sources : 1°) attestation FFI Département de l'Oise n°4754/I en date du 12 septembre 1945 à Beauvais signataire Le sous-lieutenant Rahet, ex-chef d'Etat-Major des FFI de l'Oise. 2°) L'Oise dans la résistance.]
  • Maxime Blocq-Mascart
  • Léon Bourdon, « Leblond », responsable OCM du département de la Somme à partir de juin 1944.
  • Roland Farjon, chef de la région Nord
  • Moreau Girard, chef de la région Bretagne et Normandie
  • André Grandclément, chef de la région B (grand sud-ouest)
  • Georges Izard qui deviendra en 1945 le secrétaire général de l'OCM
  • Paul Janvier, responsable OCM de la Mayenne
  • Robert Le Balle, professeur à la faculté de droit de Paris
  • Aimé Lepercq futur ministre des finances (cf. La longue traque, Gilles Perrault)
  • Véra Obolensky
  • Marc O'Neill, chef de la région P (Île-de-France et Orléanais)
  • Augustin Petin, « Breton », responsable OCM du département de la Somme, nommé responsable départemental FFI en juin 1944.
  • Pierre Pène, responsable OCM de l'Aisne et des Ardennes
  • Jacques Piette
  • Jacques-Henri Simon
  • Alfred Touny
  • Charles Verny, chef de l'OCMJ (OCM jeune)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arthur Calmette, L'Organisation civile et militaire. Histoire d'un mouvement de Résistance, de 1940 à 1946, Presses universitaires de France, 1961
  • Daniel Cordier, Jean Moulin, la République des catacombes, éd. Gallimard, 1999
  • Denis Lefebvre, Guy Mollet. Le mal aimé, éd. Plon, 1992
  • Guillaume Piketty, « Organisation civile et militaire », dans François Marcot (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, éd. Robert Laffont, 2006
  • Marc Sadoun, Les Socialistes sous l'Occupation, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1982 (ouvrage issu d'une thèse de doctorat d'État dirigée par Maurice Duverger)
  • Daniel Grandclément, L’Énigme Grandclément, Balland, 2003.
  • Gilles Perrault, La Longue Traque, J-C Lattes, 1975.

Article connexe[modifier | modifier le code]