Vlora

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Vlora
Vlorë
Hôtel de ville de Vlorë
Hôtel de ville de Vlorë
Administration
Pays Drapeau de l'Albanie Albanie
District Vlorë
Région Vlorë
Code postal 9401 — 9404
Indicatif téléphonique (+355) 033
Démographie
Population 124 000 hab. (2007)
Géographie
Coordonnées 40° 28′ 05″ N 19° 29′ 00″ E / 40.468, 19.483440° 28′ 05″ Nord 19° 29′ 00″ Est / 40.468, 19.4834  
Altitude 0 m
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Albanie

Voir sur la carte Albanie administrative
City locator 14.svg
Vlora

Vlora ou Vlorë est une ville portuaire et une station balnéaire d'Albanie. Elle est située dans la baie de Valona, sur la mer Adriatique, à 100 km (135 km par la route) au sud de Tirana. Sa population s'élevait à 124 000 habitants en 2007.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vlorë est l'une des villes les plus anciennes de l'Albanie. Elle a été fondée au VIe siècle av. J.-C. en tant que colonie grecque appelée Aulon, une de trois colonies de la côte d'Illyrie, mentionnée pour la première fois par Ptolémée[1]. D'autres documents géographiques, comme la Table de Peutinger et le Synekdèmos de Hiéroklès, la mentionnent également.

La ville était un port important de l'Empire romain, quand elle faisait partie de la Nouvelle Épire. Elle est devenue un siège épiscopal en 553 selon l’Illyrium Sacrum de Farlati[2]. À ce moment-là, le diocèse appartenait au Patriarcat de Rome. En 733 il a été annexé, avec toute l'Illyrie orientale au Patriarcat œcuménique de Constantinople, mais on ne le mentionne dans aucun episcopatuum de Notitiae de cette Église. L'évêché avait été probablement supprimé, car bien que les Bulgares aient été en possession de ce pays pendant un certain temps, Aulon n'est pas mentionné dans l'episcopatuum de Notitiae du Patriarcat d'Achrida.

Valona joua un rôle central dans les conflits entre le royaume normand de la Sicile et l'Empire byzantin pendant les XIe siècle et XIIe siècles. Pendant la domination latine, un évêché catholique y fut établi, et Eubel mentionne (aevi de medii de catholica de Hierarchia, I, 124) certains de ses évêques. Plusieurs des évêques latins mentionnés par Le Quien[3], et qu'Eubel (CIT op, I, 541) mentionne sous le siège de Valanea en Syrie, appartiennent soit à Aulon en Grèce (maintenant Salona) ou à Aulon en Albanie (Valona).

La Serbie conquit Valona, ou Vlora, son nom d'alors, en 1345. Elle passa ensuite sous la domination ottomane en 1464. Après avoir été une possession vénitienne en 1690, elle fut reprise par les Turcs en 1691, devenant un caza du sandjak de Berat, dans le vilayet (province) de Janina. La ville, qui avait un port sur l'Adriatique, avait environ 10 000 habitants. Elle comptait une paroisse catholique rattachée à l'archidiocèse de Durazzo.

Monument de l'Indépendance

En 1851, la ville fut gravement endommagée par un violent séisme. C'est à Vlora qu'Ismail Qemali proclama l'indépendance de l'Albanie le 28 novembre 1912, pendant la première guerre balkanique. La ville fut la première capitale de l'Albanie, mais fut envahie par l'Italie en 1914 et occupée jusqu'en 1920. L'Italie envahit de nouveau Vlorë en 1939, tandis que l'Allemagne nazie occupa la ville jusqu'en 1944. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'île de Sazan dans la baie de Vlorë devint le site d'une base sous-marine allemande et italienne, qui fut bombardée par les Alliés.

Vlora sous l'occupation italienne (1916-1920)

Après la guerre, le port fut loué à l'Union soviétique comme base de sous-marins pour la marine soviétique[4]. Il joua un rôle important dans le conflit opposant Enver Hoxha et Khrouchtchev en 1960-1961, car l'Union soviétique, qui y avait fait des investissements considérables, voulait le conserver malgré la dénonciation par l'Albanie de l'URSS comme « révisionniste » et de son alliance avec la Chine. L'Union soviétique menaça d'occuper militairement Vlora en avril 1961 et de couper toute aide économique, militaire et technique soviétique à l'Albanie. La menace ne fut pas mise à exécution, en raison du développement simultané de la crise des missiles de Cuba. Enver Hoxha se rendit compte à quel point l'Albanie était vulnérable et, après l'invasion de la Tchécoslovaquie en 1968, il fit construire dans toute le pays des dizaines de milliers de blockhaus en béton, encore présents dans le paysage albanais.

Hôtel de ville de Vlora

Sous Hoxha, Vlora était un centre de recrutement important pour le Sigurimi, la police secrète. En 1997, Vlora, ainsi que d'autres villes de l'Albanie du sud, a été le siège d'émeutes populaires après l'effondrement de plusieurs pyramides frauduleuses d'investissement ; ce qui a mené à la chute de l'administration de Sali Berisha, et a presque précipité le pays dans une guerre civile. Vlora est aussi utilisé comme un prénom, un exemple est Vlora Hajrullai.

Aujourd'hui, Vlora est une station balnéaire en expansion, ainsi que le deuxième port du pays.

Économie[modifier | modifier le code]

La ville compte depuis 2008 une cimenterie du groupe italien Italcementi[5].

Personnalités[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Geographia, III, xii, 2.
  2. Daniele Farlati, Illyricum Sacrum, VII, 397-401.
  3. Oriens christianus..., III, 855-8, Paris, 1740.
  4. (fr) L’Albanie va vendre des sous-marins de construction soviétique à des démolisseurs, Le portail des sous-marins, 5 mars 2010
  5. (en) Italcimenti