Ligue balkanique

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La Ligue balkanique fut l'alliance qui unit le Royaume de Serbie, le Royaume du Monténégro, le Royaume de Grèce et le Royaume de Bulgarie contre l'Empire ottoman pendant la Première Guerre balkanique.

Contexte[modifier | modifier le code]

Situation territoriale lors de la formation de la ligue.

Après l'annexion de Chypre par les Britanniques en 1878 et celle du Dodécanèse par l'Italie à l'issue de la Guerre italo-turque en 1911, les revendications des populations chrétiennes locales sont violemment réprimées, et les petits États balkaniques comprennent que si les puissances coloniales se substituent à l'Empire ottoman faiblissant, le sort des chrétiens ottomans risque de n'être guère amélioré. Le souvenir de la Quatrième croisade n'est pas étranger à ces craintes. Par ailleurs, le nationalisme turc croissant et l'aide logistique allemande leur laissent présager un prochain redressement de l'Empire ottoman. Enfin, la pression diplomatique russe, qui partage ces craintes et vise à accroître son influence dans la région, pousse les états balkaniques à passer à l'action.

Constitution de la ligue[modifier | modifier le code]

La première étape est la signature d'une alliance défensive secrète entre la Serbie et la Bulgarie le 13 mars 1912, étendu à une alliance militaire complète dès le 12 mai 1912, destiné à se protéger à la fois de l'Empire ottoman comme de l'Empire austro-hongrois et s'accordant sur le partage des territoires, la Macédoine au nord de Skopje, le Sandjak et le Kosovo revenant à la Serbie, le centre de la Macédoine, la Thrace et la côte de la mer Égée revenant à la Bulgarie. Sortant de son isolement diplomatique et souhaitant reconquérir l'Épire et Thessalonique, la Grèce commença à entamer des négociations avec la Bulgarie pour une alliance défensive, avant la signature d'un traité le 29 mai 1912. Peu de temps après, le Royaume du Monténégro se joint à l'alliance, formant ainsi un réseau d'alliances dans les Balkans, destiné à s'emparer des territoires européens de l'Empire ottoman.

Réactions internationales[modifier | modifier le code]

La toute nouvelle Ligue ne passa pas inaperçue : ainsi la France s'inquiète du soutien de la Russie à la Ligue, et de sa trop grande influence dans la région, décide de s'allier avec l'Empire britannique qui lui aussi, tente d'empêcher tout passage à l'action, proposant des réformes internes en faveur des chrétiens ottomans (ce qui exaspère les nationalistes turcs). Quant à l'Allemagne, elle soutient fermement l'Empire ottoman et l'Autriche-Hongrie, qui elle-même ne voulait pas voir apparaître un grand État rassemblant les Slaves du sud, sous influence russe.

Malgré ces mises en garde, la Ligue décida tout de même d'attaquer l'Empire ottoman, faible, désorganisé et divisé. Les États alliés commencèrent à préparer leurs armées.

Passage à l'action[modifier | modifier le code]

Finalement, le 8 octobre 1912, le Royaume du Monténégro fut le premier à déclarer la guerre aux Ottomans. Les trois autres États alliés, après l'envoi d'un ultimatum à la Sublime Porte le 13 octobre, lui déclarent la guerre le 17 octobre.

La Ligue remporta une série de victoires et mit en pièces la puissance ottomane en Europe. Cependant l'impact des victoires fut limité, les rivalités entre États alliés commençant à apparaître. La victoire de la Ligue dans la Première Guerre balkanique fut totale, l'Empire ottoman perdit ses derniers territoires européens, mis à part Istanbul et les rivages de la Mer de Marmara. Les divergences sur le partage de la Macédoine refirent alors surface, la Serbie ayant annexé la Macédoine centrale, au sud de Skopje, revendiquée par la Bulgarie.

La Serbie refusant d'évacuer cette région, une Deuxième Guerre balkanique éclata, de juin à juillet 1913 : la Bulgarie attaqua la Serbie, mais une nouvelle Ligue s'opposa alors à elle, où la Grèce et le Monténégro prirent le parti de la Serbie, rejoints par la Roumanie (neutre jusqu'ici) et aussi par l'Empire ottoman, qui en profita pour reprendre Andrinople et la Thrace orientale. La Bulgarie perdit ainsi la moitié de ses acquis de la guerre précédente et, en plus la Dobroudja du Sud, annexée par la Roumanie. Elle garda en revanche sa côte égéenne, du moins jusqu'en 1918.

Voir aussi[modifier | modifier le code]