Croate

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne la langue croate. Pour le peuple croate, voir Croates.
Croate
Hrvatski
Parlée en Croatie, Bosnie-Herzégovine, Serbie (Voïvodine) et d’autres pays
Nombre de locuteurs 8 - 9 millions
Nom des locuteurs croatophones
Typologie SVO + ordre libre, flexionnelle, accusative, accentuelle, à accent de hauteur
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle Drapeau de la Croatie Croatie
Drapeau de l’Union européenne Union européenne
Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine
Serbie Serbie (Drapeau de Voïvodine Voïvodine)
Drapeau de l'Autriche Autriche (Drapeau du Burgenland Burgenland)
Régi par Institut za hrvatski jezik i jezikoslovlje, Vijeće za normu hrvatskoga standardnog jezika
Codes de langue
ISO 639-1 hr
ISO 639-2 hrv
ISO 639-3 hrv
IETF hr
Échantillon
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français)

Članak 1.

Sva ljudska bića rađaju se slobodna i jednaka u dostojanstvu i pravima. Ona su obdarena razumom i sviješću i trebaju jedno prema drugome postupati u duhu bratstva.
Extension du croate (en bleu) en Croatie et dans les pays voisins (2006)

Le croate (en croate, hrvatski) est une langue slave méridionale, parlée par les Croates. Du point de vue de la sociolinguistique, c’est une langue Ausbau, c’est-à-dire une langue à part ayant son propre standard. Celui-ci a pour base le dialecte chtokavien de l’entité linguistique appelée « langue serbo-croate » à l’époque de l’ancienne Yougoslavie. Du point de vue de la linguistique comparée, c’est l’une des variantes standard d’une seule et même langue, les autres, basées sur le même dialecte chtokavien étant le serbe, le bosnien et le monténégrin[1].

Sommaire

Répartition géographique et statut[modifier | modifier le code]

Le nombre total des Croates est estimé à environ six millions. Si au sujet de ceux de Croatie et des autres républiques ex-yougoslaves on peut affirmer qu’ils parlent croate, on ne peut pas dire combien de ceux des pays limitrophes ou plus ou moins lointains le connaissent, à moins que les statistiques disponibles ne le précisent. Le croate est également parlé par des minorités croates dans les pays voisins ou proches, où ils vivent depuis l’époque de l’Empire d'Autriche et/ou de l’ex-Yougoslavie, ainsi que dans l’émigration :

Pays Nombre de personnes Statut des personnes Année Source
Croatie 4 265 081 de langue maternelle croate 2001 CROSTAT
2 054 de langue maternelle croato-serbe
Bosnie-Herzégovine 14,3 % d’une population totale de 4 590 310 personnes d’ethnie croate 2008 CIA World Factbook
Chili 380 000 (estimation) d’origine croate Diaspora croata
États-Unis 374 241 d’origine croate 2000 U. S. Census Bureau
Argentine 250 000, dont 8 000 nées en Croatie (estimation) d’origine croate Diaspora croata
Allemagne 225 309 citoyens de Croatie 2007 Statistisches Bundesamt Deutschland
Autriche 131 307 locuteurs de croate 2001 Statistik Austria
19 412 locuteurs de croate du Burgenland
Suisse 100 000 (estimation) d’origine croate 1996 Hrvatski Informativni Centar
Canada 71 725 locuteurs de croate 2001 Statistics Canada
Serbie (en Voïvodine et au Kosovo, dans les villages Janjevo et Letnica) 70 602 d’ethnie croate 2002 Republički Zavod za Statistiku
Australie 56 540 nées en Croatie 2006 Australian Bureau of Statistics
Brésil 50 000, dont 15 000 nées en Croatie (estimation) d’origine croate Diaspora croata
Slovénie 35 642 d’ethnie croate 2002 Statistični urad Republike Slovenije
Italie 20 712 citoyens de Croatie 2004 ISTAT
2 081 appartenant à la minorité croate de Molise 2001 Centro Internazionale sul Plurilinguismo
Hongrie 14 779 locuteurs de croate 2003 Magyar Központi Statisztikai hivatal
Pérou 6 800, dont 800 nées en Croatie (estimation) d’origine croate Diaspora croata
Roumanie (dans le Banat) 6 355 de langue maternelle croate 2002 Institutul Naţional de Statistică
269 de langue maternelle caraşoveană[2]
Monténégro (régions de Kotor et de Bar) 6 811 d’ethnie croate 2003
2 791 de langue maternelle croate
Suède 6 158 nées en Croatie 2008 Statistiska Centralbyrån
Uruguay 5 000 (estimation) d’origine croate Diaspora croata
République de Macédoine 2 248 d’ethnie croate 1994 Dom i svijet

Le croate est langue officielle en Croatie, en Bosnie-Herzégovine, en Serbie, dans la province de Voïvodine[3], et à l’Union Européenne. Au Monténégro[4], il est officiel dans les localités où il y a une population croate. Le croate a le statut de langue minoritaire en Autriche (Burgenland), en Italie (Molise) et en Roumanie. Dans ce dernier pays, il est utilisable dans l’administration publique, dans les localités où la minorité croate atteint 20 % de la population, et dans les médias, étant enseigné en tant que langue maternelle dans les établissements publics, jusqu’au baccalauréat.

Variantes régionales[modifier | modifier le code]

Article connexe : Croate du Burgenland.
Répartition des dialectes du croate en Croatie et Bosnie-Herzégovine

Les variantes régionales du croate sont considérées de deux points de vue : morphologique d'abord, phonologique ensuite.

1. En prenant pour distinction la forme du pronom interrogatif signifiant « quoi » (što, ča et kaj), on distingue trois dialectes :

  • le chtokavien (štokavski), parlé dans la moitié de la Croatie : en Slavonie (Croatie du Nord-Est), en Zagora (Dalmatie continentale), à Dubrovnik et dans ses environs, en Herzégovine et en Bosnie centrale. C’est la base sur laquelle est fondée le croate standard actuel.
  • le tchakavien (čakavski), parlé par 12 % des Croates : en Istrie, dans la région de Lika, sur la plupart des îles de l'Adriatique, sur le littoral au nord de la région de Dubrovnik, à l’intérieur des terres principalement dans la vallée de la Gacka. Le tchakavien était la langue du Royaume Croate des XIIe-XVIe siècles.
  • le kaïkavien (kajkavski), parlé par un tiers des Croates : au Nord-Ouest et au centre-Ouest du pays (dans les régions Zagorje, Prigorje, Turopolje, Gorski Kotar, Međimurje, Podravina, Žumberak, Banija, Moslavina) et autour de Zagreb, dont la moitié des habitants parlent kaïkavien. Le kaïkavien était le dialecte prédominant en Croatie aux XVIe-XIXe siècles.

2. Une autre division, qui se superpose aux dialectes, est opérée à partir de la façon dont a évolué le son ĕ du vieux slave, que l'on désigne du nom de « yat ». Selon ce critère il y a trois variantes nommées izgovori (« prononciations ») :

  • ikavienne (ikavski), dans laquelle « yat » a évolué en i, par exemple dans les mots čovik « homme » et rika « rivière ». Cette prononciation n’est pas standard, mais elle est majoritaire (deux tiers de tous les Croates), employée par la plupart des Chtokaviens: en Lika, en Dalmatie, en Slavonie, en Bosnie centrale; aussi par la majorité des Tchakaviens sur le littoral et sur la plupart des îles, et par une minorité des Kaïkaviens (vallées de Kupa, Dobra, Sutla, etc.).
  • ékavienne (ekavski), où « yat » a donné e: čovek, reka. Cette prononciation, qui n’est pas non plus standard, est celle d’un tiers des Croates, surtout Kaïkaviens et Tchakaviens du Nord-Est de l'Istrie.
  • (i)jékavienne ((i)jekavski), dans laquelle « yat » est devenu je (prononcé « yé ») dans certains mots (čovjek) et ije (« iyé ») dans d’autres (rijeka). Cette prononciation est la plus rare chez les Croates ruraux (7 % à 10 %), utilisée partiellement par les Chtokaviens de la ville de Slunj et des hameaux voisins (Croatie centrale), dans la région de Dubrovnik et en Herzégovine orientale. C’est toutefois la seule prononciation admise par le croate standard.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Histoire de la Croatie.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Les premiers textes rédigés par des Croates paraissent au IXe siècle. Ils sont écrits en vieux slave, avec l’alphabet glagolitique. Peu après, on adopte aussi l’alphabet cyrillique. L’alphabet latin n’est employé qu’à partir du XIVe siècle, coexistant pendant quelque temps avec les deux premiers. L’utilisation du glagolitique dure jusqu’à la fin du XVe siècle, et pour certaines régions côtières jusqu'au début du XIXe siècle.

Les plus vieux textes glagolitiques croates conservés datent du XIe siècle et la plupart, parmi eux, sont gravés dans la pierre, comme la stèle de Baška (île de Krk). C’est le premier texte en vieux slave avec des éléments de la langue vernaculaire. Il est remarquable par ses dimensions et par l’importance du texte qui, pour la première fois, mentionne le peuple croate.

Stèle de Baška, un peu avant 1100.

Jusqu’à la seconde moitié du XVe siècle, la littérature est écrite en slavon d’église croate. Sa période de gloire se situe aux XIVe ‑ XVe siècles, étant illustrée par des œuvres telles le Missel du duc Novak (1368, région de Lika, au Nord-Ouest de la Croatie), et l’Évangéliaire de Reims (1395), rédigé en partie en glagolitique. D’autres livres de cette époque sont le Missel du duc Hrvoje (1404, de Split, en Dalmatie) et le premier missel imprimé (1483). Aussi les Croates étaient-ils les seuls catholiques d’Europe qui avaient l’autorisation de Rome de ne pas se servir du latin dans la liturgie, ni de l'alphabet latin.

Missel du duc Novak

Aux XIIe ‑ XVe siècles, la langue slave du sud parlée sur le territoire de l’ancienne Yougoslavie se morcelle en de nombreux parlers, groupés dans les dialectes qui existent aujourd’hui encore.

  • Le premier dialecte qui se distingue des autres est le tchakavien, dans lequel sont écrits les premiers textes croates laïques, avec des éléments de slavon, au XIIIe siècle : Vue sur le pays d’Istrie (1275) et le Codex de Vinodol (1288). Le premier dictionnaire croate, œuvre de Faust Vrančić (1595), est principalement celui du dialecte tchakavien.
Vue sur le pays d’Istrie (1275) : l'un des premiers textes croates laïques, avec des éléments de slavon.
Codex de Vinodol, 1288.
  • Le dialecte chtokavien aussi est attesté d’abord avec des éléments slavons. Le premier écrit complet dans ce dialecte est le Missel croate du Vatican, transcrit à partir du dialecte tchakavien dans les années 1380-1400, à Dubrovnik, en Dalmatie. La littérature croate dans ce dialecte se développe d’abord en Dalmatie et en Slavonie.
Missel croate du Vatican.
  • Le dernier à entrer dans la littérature croate est le dialecte kaïkavien, en 1578, avec l’ouvrage Postil, d’Antun Vramec. Ce dialecte arrive à s’affirmer parce que les régions où il est parlé sont les seules à ne pas être tombées sous la domination de l’Empire ottoman. Il est utilisé jusqu’au début du XIXe siècle par de nombreux écrivains, dont les plus connus sont Blaž Đurđević, Andrija Jambrešić et Tituš Brezovački.

Le croate moderne et sa standardisation[modifier | modifier le code]

Le croate moderne, c’est-à-dire peu différent de celui de nos jours, commence à s’imposer aux XIVe ‑ XVe siècles. Sa première attestation importante est le Missel croate du Vatican.

Les premiers éléments de standardisation datent du XVIIe siècle, appelé aussi époque du Slavisme baroque, la standardisation étant reflétée par la littérature de cette époque. Ce qui contribue essentiellement à la formation du croate moderne, c’est :

  • l’activité du linguiste Bartul Kašić. Ce jésuite rédige la première grammaire du croate (Institutionum linguae illyricae libri duo, Rome, 1604), fondée principalement sur le dialecte chtokavien, mais avec de nombreux éléments tchakaviens. Le même Kašić traduit la Bible dans la variante (i)jékavienne du dialecte chtokavien. Un travail de Kašić qui a influencé encore plus le développement du croate littéraire est le Rituel romain (1640, plus de 400 pages), première traduction d’un livre de liturgie catholique dans une langue vivante.
  • les travaux d’un autre jésuite, l’italien Giacomo Micaglia (appelé en croate Jakov Mikalja). Il publie Thesaurus lingvae illyricae (Loreto, 1649 ; Ancona, 1651), un dictionnaire croate-italien-latin, basé essentiellement sur le même dialecte chtokavien à prononciation (i)jékavienne.
  • les écrits du franciscain Matija Divković de Bosnie : récits inspirés de la Bible, sermons et écrits polémiques, dans l’esprit de la Contre-Réforme.
  • la poésie raffinée d’Ivan Gundulić de Dubrovnik.

Le mouvement illyrien[modifier | modifier le code]

La standardisation du croate est étroitement liée à l’éveil de la conscience nationale des Croates, qui s’inscrit dans la tendance générale de l’Europe de la première moitié du XIXe siècle[5]. Dès 1812, Šime Starčević publia à Trieste une « Nouvelle grammaire illyrienne » (en croate, Nova ričoslovnica ilirička). Il était le précurseur de ce qu’on appelle le « Renouveau national croate » qui fut mené par le Mouvement illyrien, auquel participait surtout la jeunesse intellectuelle d’origine bourgeoise. Son chef était Ljudevit Gaj, linguiste, homme politique, journaliste et écrivain d’origine française. Dans son livre Kratka osnova horvatsko-slavenskog pravopisanja (Abrégé d’orthographe croato-slavonne) (Buda, 1830), il proposa l'alphabet utilisé par le croate encore de nos jours, fondé sur l’alphabet latin, avec des diacritiques empruntés aux alphabets du tchèque et du polonais, ainsi qu’une orthographe phonémique. Cette graphie se généralisa par la suite sur tout le territoire habité par des Croates, à la place des graphies italienne, allemande et hongroise utilisées dans les régions respectives.

C’est à cette époque que s’imposa le standard unitaire du croate fondé sur le dialecte chtokavien à prononciation (i)jékavienne, la littérature dans les autres dialectes tombant en désuétude.

L’idéologie du Mouvement illyrien ne se limitait pas à la Croatie. Son idéal était l’union de tous les Slaves du sud, des Slovènes et jusqu’aux Bulgares, qui vivaient tous sous domination étrangère, en une utopique nation illyrienne. Ses aspirations concordaient avec celles de certains lettrés serbes, ce qui mena sur le plan linguistique à l’idée de langue serbo-croate. Il y avait en effet une convergence entre la réforme de Vuk Stefanović Karadžić concernant le serbe, qui fonda le standard de celui-ci sur le même dialecte chtokavien, et celle de Ljudevit Gaj. Cela se manifesta, entre autres, dans l’« Accord de Vienne » (1850), signé par sept lettrés croates et serbes (dont Vuk Karadžić), à l’initiative du linguiste slovène Franc Miklošič, qui établit certaines normes communes pour les langues croate et serbe.

À partir de cette époque, le domaine linguistique interfère avec le domaine politique, et ce jusqu’à nos jours, la relation entre croate et serbe oscillant d’une époque à l’autre entre l’idée d’une langue unique et celle de deux langues à part, en fonction des évènements historiques que leurs locuteurs traversent.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les mouvements pour l’indépendance s’intensifient. Pour beaucoup de Croates cette indépendance n’est réalisable que dans l'union avec les autres Slaves du sud, et d'abord avec les Serbes. L’évêque croate de Đakovo, Josip J. Strossmayer, élabore en 1866 un premier programme d’unification des Slaves du sud de l’Empire d'Autriche, utilisant le terme « yougoslave », et fonde à Zagreb l’Académie yougoslave des sciences et des arts. Deux écoles principales se dessinent alors dans le domaine linguistique :

  • L’école appelée « de Zagreb » cherche à développer le croate en se tournant vers d’autres langues slaves (le slovène, le russe, le tchèque), tout en acceptant dans le standard des éléments des dialectes tchakavien et kaïkavien.
  • L’école nommée des « vukoviens croates » ou des « jeunes grammairiens » suit les idées de Vuk Karadžić. Leur influence est notable à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, réussissant à imposer définitivement l’orthographe phonémique et le standard à base chtokavienne.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Répartition des nationalités. Les Croates (rouge), de Croatie ou d’ailleurs, ont à peu près tous pour langue maternelle le croate[6].

Le rapprochement entre croate et serbe continue après la Première Guerre mondiale, cette fois dans le cadre du Royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes, devenu plus tard le Royaume de Yougoslavie, sous l’égide de la Serbie, pays vainqueur dans la guerre. L’idée de la langue serbo-croate est de plus en plus soutenue par les autorités de Belgrade. Plus encore, ces dernières cherchent à imposer le serbe à prononciation ékavienne comme langue de tout l’État, ce qui n'est pas au goût des Croates désireux d'indépendance.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale est fondé l’État indépendant de Croatie, satellite de l’Allemagne nazie, qui déclenche une persécution terrible contre la minorité serbe. Sur le plan linguistique, une « purification » du croate a pour but d'en éliminer les éléments serbes.

Dans la seconde Yougoslavie, la promotion de la langue serbo-croate et les tentatives d’estomper les différences entre le croate et le serbe deviennent les composantes d'une politique linguistique officielle, acceptée également par les communistes croates, ce qui ressort clairement de l’« Accord de Novi Sad » (1954). Signé par 25 linguistes et écrivains, 18 serbes et sept croates, on y stipule que la langue commune des Serbes, des Croates, des Monténégrins et des Bosniaques est le serbo-croate, que l’on peut aussi appeler croato-serbe, ayant deux variantes littéraires, le serbe et le croate. On décide par la même occasion de créer un dictionnaire unique. Toutefois, en Croatie l’appellation de la langue officielle reste « croate » (entre 1943 et 1970), puis « croate ou serbe » (entre 1970 et 1990).

À la suite de la relative libéralisation du régime dans les années 1960, les intellectuels croates manifestent leur mécontentement causé par la domination du serbe dans les instances officielles. En 1967, sept linguistes et écrivains rédigent une « Déclaration au sujet de la situation et de la dénomination de la langue littéraire croate », où l’on revendique de mettre sur un pied d’égalité non pas trois, mais quatre langues de Yougoslavie : le slovène, le croate, le serbe et le macédonien, et de mettre un terme à la domination du serbe sur le plan étatique et dans les institutions fédérales. Dans les années 1970 (époque appelée le « Printemps croate »), la langue littéraire croate est déclarée entité à part.

À la suite de la proclamation de la souveraineté de la Croatie (1991) et des guerres en Yougoslavie, les tendances puristes vouées à séparer le croate du serbe se renforcent, dénonçant et rejetant les « serbismes » et les « internationalismes »[7]. On réintroduit dans la langue de nombreux mots plus ou moins sortis de l’usage depuis des décennies, et on crée des néologismes à base slave.

Phonétique[modifier | modifier le code]

La correspondance graphie–prononciation[modifier | modifier le code]

Lettre Transcription phonétique Prononcée à peu près comme dans
A, a
[a]
arc
[aː]
âme
B, b
[b]
bon
C, c
[t͡s]
tsar
Č, č
[t͡ʃ]
tchèque
Ć, ć
[t͡ɕ]
tien (t mouillé)
D, d
[d]
donner
Đ, đ
[d͡ʑ]
diable (d mouillé)
DŽ, dž
[d͡ʒ]
l’anglais gin
E, e
[e]
é
[eː]
eh!
F, f
[f]
film
G, g
[g]
gare
H, h
[x]
entre le h aspiré de « hahaha » et le j espagnol de « Juan »
I, i
[i]
idée
[iː]
pire
J, j
[j]
yeux
K, k
[k]
kilo
L, l
[l]
lac (l plus dur qu'en français)
Lj, lj
[ʎ]
lien (l mouillé)
M, m
[m]
mal
N, n
[n]
nage
Nj, nj
[ɲ]
indigné
O, o
[o]
orange
[oː]
aube
P, p
[p]
pas
R, r
[r]
rare (r roulé)
S, s
[s]
sac
Š, š
[ʃ]
chat
T, t
[t]
tour
U, u
[u]
ourlet
[uː]
cour
V, v
[ʋ]
voix
Z, z
[z]
zèle
Ž, ž
ʒ
jour

Remarques :

  1. R entre deux consonnes ou en début de mot peut constituer un sommet de syllabe, comme les voyelles, par exemple dans prst « doigt » et hrvanje « combat ».
  2. L’orthographe croate est fondée sur le principe phonémique, mais il y a des exceptions à ce principe, plus nombreuses qu’en serbe :
    • Les assimilations entre consonnes (voir plus bas) ne sont pas rendues par écrit en fin de mot : Šef [ˈʃeːv] bi volio da radimo. « Le chef aimerait que nous travaillions. », Ostao je bez [bes] kaputa. « Il est resté sans manteau. »
    • Au futur, le t du suffixe de l’infinitif est écrit mais pas prononcé : Pjevat ćeš. « Tu chanteras. »
    • Il y a un débat en cours parmi des linguistes pour savoir si le groupe de sons provenant du vieux slave « yat » doit être transcrit ije ou je[8]. En effet, ije est prononcé comme une diphtongue /je/ par une majorité de locuteurs croates, et non /ije/.
    • Les noms propres des langues étrangères utilisant l’alphabet latin s’écrivent comme dans la langue d’origine. Par conséquent, on peut ajouter aux lettres ci-dessus q, w, x et y.

Voyelles[modifier | modifier le code]

Trapèze vocalique du croate. — Le schwa central /ə/ n’est pas discriminant d’un point de vue phonologique.

Le système vocalique du croate standard est simple, avec cinq voyelles (toutes monophtongue). Bien que significative, la différence entre les voyelles longues et courtes n’est pas représentée dans l’orthographe croate.

antérieure centrale postérieure
Voyelle fermée i /i/ u /u/
Aperture médiane e [e] ou [ɛ] o [o] ou [ɔ]
Voyelle ouverte a /a/

Changements phonétiques rendus par écrit[modifier | modifier le code]

Alternance a ~ ∅ (appelée nepostojano a « a labile »)[modifier | modifier le code]

Un phonème /a/ euphonique apparaît à certaines formes du nom, mais aussi de l’adjectif, et disparaît à d’autres formes : pas « chien » / psa « du chien », dobar « bon » / dobra « bonne ». Dans le cas des radicaux terminés en deux consonnes, ce a apparaît au génitif pluriel entre les deux consonnes : radical sestr-, nominatif singulier sestra, génitif pluriel sestara.

Alternance l ~ o[modifier | modifier le code]

Les noms et les adjectifs terminés en -ao ou -eo (posao « travail », veseo « gai ») étaient à une époque de l’histoire de la langue terminés par un /l/ dur (posal, vesel) qui a évolué en /o/, mais seulement en fin de mot. Cet /o/ redevient /l/ s’il n’est plus en position finale, mais suivi d’une désinence (posla « du travail », le génitif du nom ; vesela « gaie », le féminin de l’adjectif).

Assimilation des consonnes[modifier | modifier le code]

Lorsque deux consonnes, l’une sourde et l’autre sonore arrivent en contact par ajout d’une désinence ou d’un suffixe à un mot, la première consonne est assimilée par la seconde (assimilation régressive) : assourdie si cette seconde consonne est sourde, sonorisée si elle est sonore. Ainsi,

les consonnes sonores b, g, d, đ, z, ž, deviennent
les consonnes sourdes p, k, t, ć, s, š, č, et vice-versa.

Par exemple, de rob « esclave », on forme, en y ajoutant le suffixe -stvo, le nom ropstvo « esclavage », où /b/ se transforme en /p/ sous l’influence de la première consonne du suffixe, /s/, qui est sourde.

Palatalisations[modifier | modifier le code]

Certaines consonnes terminant la forme du cas nominatif d’un nom ou se trouvant à la fin du radical d’un verbe, peuvent subir un changement appelé palatalisation, sous l’influence d’une voyelle commençant une désinence ou un suffixe. Les cas les plus fréquents :

  • K, g et h devant e deviennent post-alvéolaires :
    • k > čradnik « ouvrier » > radniče! (cas vocatif) « (Eh !) l’ouvrier ! »
    • g > žvrag « diable » > vraže!
    • h > šduh « âme » > duše!
  • Les mêmes consonnes deviennent alvéolaires devant un i (nominatif des masculins pluriels):
    • k > cvojnik « soldat » > vojnici « soldats »
    • g > zprijedlog « proposition » > prijedlozi
    • h > sorah « noix » > orasi
  • La palatalisation devant j (prononcé comme « y » dans « yeux ») s’appelle aussi mouillure. Elle fait que :
    • d et t deviennent alvéolo-palatales : d > đ, t > ć
    • l et n changent en palatales : l > lj, n > nj
    • z et s se transforment en post-alvéolaires : z > ž, s > š

Quelques exemples de mouillure : mlad « jeune » > mlađi « plus jeune », lju't « furieux » > ljući « plus furieux », brz « rapide » > brži « plus rapide ».

Accentuation[modifier | modifier le code]

L’accent qui frappe l’une des voyelles d’un mot a un double caractère en croate. C’est un accent tonique ou d’intensité, c’est-à-dire la voyelle en cause est prononcée avec plus de force que les autres (comme en français), mais aussi un accent de hauteur, la voyelle frappée de l’accent tonique étant prononcée un ton plus haut ou plus bas que les autres. Il y a quatre sortes d’accent, des combinaisons entre le caractère descendant ou ascendant et la durée de la voyelle (longue ou courte). L’accent n’est noté que dans les ouvrages de linguistique, les manuels de langue et les dictionnaires. Leurs signes conventionnels sont ceux des exemples ci-dessous :

  • accent long descendant : pîvo « bière »
  • accent long montant : písati « écrire »
  • accent court descendant : vjȅtar « vent »
  • accent court montant : òtac « père »

Dans les mots à plusieurs syllabes, l’accent descendant ne peut frapper que la première syllabe. Les mots d’une seule syllabe ne peuvent avoir qu’un accent descendant.

En croate l’accent est mobile, avec une seule limitation. Dans le cas des mots ayant plus d’une syllabe, l’accent peut frapper n’importe quelle voyelle, sauf la dernière, règle qui s’applique aux mots étrangers également, ce qui fait, par exemple, prononcer tous les mots français avec l’accent sur l’avant-dernière syllabe au lieu de la dernière.

Les voyelles non accentuées peuvent également être longues ou brèves. Les longues sont notées, sauf dans les écrits ordinaires, par un macron ¯ (žèna « femme » / žénā « des femmes », le génitif pluriel du nom). Une syllabe longue atone ne peut se trouver qu’après une syllabe accentuée.

Comme on peut le voir dans cet exemple, le caractère de l’accent et la durée des voyelles ont une valeur fonctionnelle. Ici ils marquent deux cas différents dans la déclinaison. La place de l’accent a également une valeur fonctionnelle, par exemple dans la déclinaison des adjectifs à forme brève (voir Déclinaison des adjectifs).

Grammaire[modifier | modifier le code]

Type morphologique[modifier | modifier le code]

Du point de vue de la typologie morphologique, le croate est une langue flexionnelle et ce à un degré élevé par rapport au français, c’est-à-dire que le nom, l’adjectif et les pronoms se déclinent, ayant des formes distinctes marquées par des désinences pour remplir telle ou telle fonction syntaxique dans la proposition, et les verbes se conjuguent, les formes personnelles se distinguant également par des désinences.

Le nom[modifier | modifier le code]

Genre des noms[modifier | modifier le code]

Les noms croates peuvent être de trois genres :

  • masculins, d’habitude reconnaissables d’après leur terminaison en consonne au nominatif singulier : grad « ville ». Les noms terminés en -ao et -eo sont toujours masculins et font partie de la même classe de déclinaison que ceux en consonne. Il y a aussi des noms masculins terminés en -a : des prénoms masculins (Nikola), des noms de professions (vojvoda « duc »), etc., qui se déclinent comme les féminins.
  • féminins, généralement terminés en -a au nominatif singulier : ruka « main ». Il y a également des noms féminins terminés en consonne : radost « joie », stvar « chose », qui constituent une classe de déclinaison à part.
  • neutres, terminés en -o ou en -e au nominatif singulier : kolo « cercle », polje « champ », déclinés comme les masculins en consonne.

Déclinaison des noms[modifier | modifier le code]

En croate, la déclinaison se caractérise par sept cas, les noms étant groupés en quatre classes de déclinaison, d’après leur désinence au nominatif singulier. Voici la déclinaison régulière de quatre noms de deux classes de déclinaison comportant le plus grand nombre de noms.

Cas Masculin Neutre Féminin
animé inanimé singulier pluriel singulier pluriel
singulier pluriel singulier pluriel
Nominatif jelen « cerf » jeleni izvor « source » izvori selo « village » sela žena « femme » žene
Génitif jelena jelēnā izvora izvōrā sela selā ženē žénā
Datif jelenu jelenima izvoru izvorima selu selima ženi ženama
Accusatif jelena jelene izvor izvore selo sela ženu žene
Vocatif jelene! jeleni! izvore! izvori! selo! sela! ženo! žene!
Instrumental jelenom jelenima izvorom izvorima selom selima ženom ženama
Locatif o jelenu o jelenima o izvoru o izvorima o selu o selima o ženi o ženama

Remarques :

  • L’accusatif singulier des noms masculins animés est identique à leur génitif singulier, alors que l’accusatif singulier des noms masculins inanimés est pareil à leur nominatif singulier.
  • La désinence du génitif pluriel est un /a/ de quantité longue. C’est ce qui différencie principalement le génitif pluriel du génitif singulier des noms masculins et neutres, et le génitif pluriel des féminins de leur nominatif singulier.
Fonctions des cas[modifier | modifier le code]
Cas Fonction(s) principale(s) Exemple
Nominatif sujet Ovaj učenik je dobar. « Cet élève est bon. »
attribut On je učenik. « Il est élève. »
Génitif complément du nom exprimant le possesseur knjiga učenika « le livre de l'élève »
Datif complément d’objet indirect Dajte učeniku dobru ocjenu. « Donnez une bonne note à l’élève. »
Accusatif complément d’objet direct Vidim učenika. « Je vois l’élève. »
complément circonstanciel de lieu d’un verbe exprimant le déplacement Idem u grad. « Je vais en ville. »
Vocatif pour appeler, s’adresser à quelqu’un Učeniče! « Hé ! L’élève ! »
Instrumental complément d’instrument (inanimé) Režem kruh ovim nožem. « Je coupe le pain avec ce couteau. »
complément d’accompagnement (animé) Idem u grad s učenikom. « Je vais en ville avec l’élève. »
Locatif complément de lieu d’un verbe n’exprimant pas le déplacement On živi u gradu. « Il habite en ville. »
complément dont on parle Reci mi nešto o tom učeniku. « Dis-moi quelque chose au sujet de cet élève. »

L’adjectif[modifier | modifier le code]

Catégories d’adjectifs[modifier | modifier le code]

  • qualificatifs : dobar « bon », jutarnji « du matin »
  • de matière : drveni « en bois »
  • d’appartenance : čovjekov « de l’homme », babin « de (la) grand-mère ». Ces adjectifs sont formés à partir de noms, par ajout du suffixe -ov ou -ev aux masculins, et -in aux féminins.

Forme brève et forme longue[modifier | modifier le code]

Les adjectifs peuvent avoir deux formes, brève et longue. La forme brève se caractérise par une terminaison en consonne au nominatif masculin singulier, et la forme longue – par la terminaison -i au même cas :

  • bratov « du frère » – adjectif à forme brève
  • hrvatski « croate » – adjectif à forme longue

Presque tous les adjectifs qualificatifs ont les deux formes, la forme longue étant obtenue en ajoutant -i à la forme brève : bogat > bogati « riche ». Dans leur cas, la forme brève est aussi appelée indéterminée (ou indéfinie), et la forme longue – déterminée (ou définie). Celle-ci correspond en français à l’adjectif utilisé en tant que nom. Exemple : Bila su dva čovjeka; jedan je bio siromašan, a drugi – bogat; siromašni je šutio, dok je bogati puno pričao. «Il y avait deux hommes ; l’un était riche, l’autre – pauvre. Le pauvre se taisait, alors que le riche parlait beaucoup. »

Les adjectifs qui n’ont qu’une seule forme sont utilisés aussi bien comme indéterminés que comme déterminés. Les adjectifs d’appartenance n’ont qu’une forme brève, alors que ceux terminés en -ski, -nji et -ji, ainsi que les adjectifs au comparatif et au superlatif relatif (voir ci-dessous) – une forme longue.

Degrés de comparaison des adjectifs[modifier | modifier le code]

Le comparatif de supériorité est formé avec des suffixes :

  • -ji, -ja, -je, qui provoque la mouillure de la consonne finale de l’adjectif :
    • pour les adjectifs monosyllabiques à voyelle longue : mlad « jeune » > mlađi « plus jeune »
    • pour les adjectifs dissyllabiques terminés au masculin singulier en -ak, -ek ou -ok : kratak « court » > kraći
  • -iji, -ija, - ije :
    • pour les adjectifs monosyllabiques à voyelle brève : star « vieux » > stariji
    • pour les autres adjectifs dissyllabiques et les polysyllabiques : hrabar « courageux » > hrabriji, jednostavan « simple » > jednostavniji

La comparaison se construit avec la préposition od régissant le génitif : Marko je stariji od Ivana. « Marko est plus vieux qu’Ivan. »

Le superlatif relatif de supériorité s’obtient du comparatif avec le préfixe naj- : hrabriji « plus courageux » > najhrabriji « le plus courageux ».

Déclinaison des adjectifs[modifier | modifier le code]

Forme longue[modifier | modifier le code]
Cas Masculin Neutre Féminin
singulier pluriel singulier pluriel singulier pluriel
N.
zèlenī « le vert » zèlenī zèlenō zèlenā zèlenā zèlenē
G.
zèlenōg(a) zèlenīh zèlenōg(a) zèlenīh zèlenē zèlenīh
D.
zèlenōm(e) zèlenīm(a) zèlenōm(e) zèlenīm(a) zèlenōj zèlenīma
A.
zèlenōg(a) (animé), zèlenī (inanimé) zèlenē zèlenō zèlenā zèlenū zèlenē
V.
zèlenī zèlenī zèlenō zèlenā zèlenā zèlenē
I.
zèlenīm zèlenīm(a) zèlenīm zèlenīm(a) zèlenōm zèlenīm(a)
L.
o zèlenōm(e) o zèlenīm(a) o zèlenōm(e) o zèlenīm(a) o zèlenōj o zèlenīm(a)
Forme brève[modifier | modifier le code]
Cas Masculin Neutre Féminin
singulier pluriel singulier pluriel singulier pluriel
N.
zèlen « vert » zelènī zelèno zelèna zelèna zelène
G.
zelèna zelènīh zelèna zelènīh zelènē zelènīh
D.
zelènu zelènīm(a) zelènu zelènīm(a) zelènōj zelènīma
A.
zelèna (animé), zèlen (inanimé) zelène zelèno zelènā zelènu zelène
V.
zèlenī zelènī zelèno zelènā zèlenā zèlenē
I.
zelènīm zelènīm(a) zelènīm zelènīm(a) zelènōm zelènīm(a)
L.
o zelènu o zelènīm(a) o zelènu o zelènīm(a) o zelènōj o zelènīm(a)

À noter qu’au pluriel, la forme brève ne diffère de la forme longue que par la place de l’accent : sur la première syllabe à la forme longue, sur la deuxième à la forme brève.

Les pronoms[modifier | modifier le code]

Les pronoms personnels[modifier | modifier le code]

N. ja « je/moi » ti « tu/toi » on « il/lui », ono – neutre ona « elle » mi « nous » vi « vous » oni « ils/eux », one « elles », ona – neutre
G. mene, me tebe, te njega, ga nje, je nâs, nas vâs, vas njih, ih sebe
D. meni, mi tebi, ti njemu, mu njoj, joj nama, nam vama, vam njima, im sebi
A. mene, me tebe, te njega, ga nju, je nâs, nas vâs, vas njih, ih sebe, se
V.
ti!
vi!
I. mnom tobom njim njom nama vama njima sobom
L. o meni o tebi o njemu o njoj o nama o vama o njima o sebi

Remarques :

  1. Aux cas génitif, datif et accusatif, les pronoms personnels ont une forme brève et une forme longue. Les formes brèves sont les plus fréquentes et elles sont atones (elles se prononcent liées au mot suivant, comme s’il en résultait un seul mot). Les formes longues sont accentuées, étant utilisées après les prépositions et les conjonctions, ainsi que pour insister sur la personne.
  2. Le pronom de politesse est Vi (écrit avec initiale majuscule).
  3. Le génitif est utilisé seulement avec des prépositions qui régissent ce cas : On je došao posle mene. « Il est arrivé après moi. »
  4. Le pronom sebe est réfléchi. Il n’a qu’une seule personne et se réfère toujours au sujet de la proposition, de quelque personne qu’il soit : Ona govori za sebe i ja govorim za sebe. Zašto ti ne govoriš za sebe? « Elle, elle parle pour soi et moi, je parle pour moi. Toi, pourquoi tu ne parles pas pour toi ? » Il a une forme brève uniquement à l’accusatif. C’est cette forme qu’on utilise avec les verbes pronominaux : On ide se šetati. Ja idem se šetati s njim. Hoćes li se šetati sa nama? « Il va se promener. Je vais me promener avec lui. Tu veux te promener avec nous? »

Pronoms interrogatifs[modifier | modifier le code]

Nominatif tko « qui » što « quoi »
Génitif koga čega
Datif kome čemu
Accusatif koga što
Instrumental kim čime
Locatif o kome o čemu

Pronoms-adjectifs interrogatifs-relatifs[modifier | modifier le code]

  • čiji, -a, -e, -i, -e, -a : Čije su ove naočale? « À qui sont ces lunettes ? », Bio je tamo stol, čije su noge bile zabijene u zemlju. « Il y avait là une table dont les pieds étaient enfoncés dans le sol. »
  • koji, koja, koje, koji, koje, koja : Koju košulju hoćeš? « Quelle chemise veux-tu ? (parmi plusieurs) », Koju hoćeš? « Laquelle veux-tu ? », Imam muža koji me voli. « J’ai un mari qui m’aime. »
  • kakav, kakva, kakvo, kakvi, kakve, kakva : Kakvu košulju hoćeš? « Quelle chemise veux-tu ? (de quel genre) », Kakvu hoćeš? « De quel genre en veux-tu ? »

La déclinaison des pronoms-adjectifs interrogatifs-relatifs :

Cas Masculin Féminin Neutre Masculin Féminin Neutre Masculin Féminin Neutre
N.
čiji čija čije koji koja koje kakav kakva kakvo
G.
čijeg(a) čije čijeg(a) kojeg(a) / kog(a) koje kojeg(a) / kog(a) kakva / kakvog(a) kakva kakva, kakvog(a)
D.
čijem(u) čijoj čijem(u) kojem(u) / kom(e) kojoj kojem(u) / kom(e) kakvu / kakvom(e) kakve kakvu / kakvom(e)
A.
čiji (inanimé), čijeg(a) (animé) čiju čije koji (inanimé), koga / kojeg(a) (animé) koju koje kakav kakvu kakvo
I.
čijim čijom čijim kojim kojom kojim kakvim kakvom kakvim
L.
čijem(u) čijoj čijem(u) kojem(u) / kom(e) kojoj kojem(u) / kom(e) kakvu / kakvom(e) kakvoj kakvu / kakvom(e)

Les pronoms-adjectifs possessifs[modifier | modifier le code]

Ces mots s’utilisent aussi bien comme pronoms possessifs, que comme adjectifs possessifs, sans changer de forme.

  • moj « mien », moja « mienne », moje (neutre singulier), moji « miens », moje « miennes », moja (neutre pluriel)
  • tvoj « tien », tvoja « tienne », tvoje (neutre singulier), tvoji « tiens », tvoje « tiennes », tvoja (neutre pluriel)
  • njegov « sien, à lui », njegova « sienne, à lui », njegovo (neutre singulier), njegovi « siens, à lui », njegove « siennes, à lui », njegova (neutre pluriel)
  • nje(zi)n « sien, à elle », nje(zi)na « sienne, à elle », nje(zi)no (neutre singulier), nje(zi)ni « siens, à elle », nje(zi)ne « siennes, à elle », nje(zi)na (neutre pluriel)
  • naš « nôtre » masc., naša « nôtre » fém., naše (neutre singulier), naši « nôtres » masc., naše « nôtres » fém., naša (neutre pluriel)
  • vaš « vôtre » masc., vaša « vôtre » fém., vaše (neutre singulier), vaši « vôtres » masc., vaše « vôtres » fém., vaša (neutre pluriel)
  • njihov « leur » masc., njihova « leur », fém. njihovo – neutre singulier, njihovi « leurs » masc., njihove « leurs » fém., njihova (neutre pluriel)
  • svoj, svoja, svoje (neutre singulier), svoji, svoje, svoja (neutre pluriel) – déterminent (en tant qu’adjectifs) ou représentent (en tant que pronoms) l’objet (les objets) possédé(s) par le sujet de la proposition, de quelque personne qu’il soit. Exemples : Ja jedem svoj kruh, a ti jedeš svoj. « Moi, je mange mon pain et toi, tu manges le tien. » Les autres possessifs déterminent/représentent en règle générale l’objet (les objets) possédé(s) par un autre que le sujet de la proposition : Poznajem tvoju sestru. « Je connais ta sœur. »

Les pronoms-adjectifs démonstratifs[modifier | modifier le code]

Comme pour les possessifs, on emploie les mêmes formes en tant que pronoms démonstratifs et en tant qu’adjectifs démonstratifs. Ils expriment trois degrés d’éloignement, à peu près comme « ici », « là » et « là-bas » en français :

  • Ovaj « celui-ci », ova « celle-ci », ovo (neutre singulier), ovi « ceux-ci », ove « celles-ci », ova (neutre pluriel) – se réfèrent à ce qui est près du locuteur.
  • Onaj « celui-là », ona « celle-là », ono (neutre singulier), oni « ceux-là », one « celles-là » , ona (neutre pluriel) – se réfèrent à ce qui est éloigné du locuteur, par exemple près d’un tiers (pas l’interlocuteur).
  • Taj, ta, to, ti, te, ta expriment l’éloignement moyen, par exemple se référant à ce qui se trouve près de l’interlocuteur.

Les nombres[modifier | modifier le code]

Particularités de la construction nombre cardinal + nom ou adjectif[modifier | modifier le code]

  • La quantité 0 (nula, ništa) s’exprime avec le génitif pluriel du nom ou de l’adjectif : nula / ništa listova «zéro journaux ».
  • Jedan « un », jedna « une », jedno (neutre) et les nombres qui finissent par ce chiffre se construisent avec le nom / l’adjectif au nominatif singulier : jedan grad « une ville », dvadeset i jedan list « 21 journaux ».
  • Dva « deux », dvije (féminin), tri « trois » et četiri « quatre », ainsi que les nombres se terminant par ces chiffres sont suivis du nom / de l’adjectif au génitif singulier, quelle que soit la fonction syntaxique du syntagme : dva grada « deux villes », trideset i dva lista « 32 journaux ».
  • Avec pet « cinq » et les chiffres suivants, ainsi qu’avec les nombres finissant par ces chiffres, le nom / l’adjectif se met au génitif pluriel : pet gradova « cinq villes », sedam listova « sept journaux », trideset i osam listova « 38 journaux ».

Les noms des chiffres[modifier | modifier le code]

Chaque chiffre a un nom du genre féminin : jedinica, dvica, trica, četvrtica, petica, etc. Exemples : Dobio sam dvicu iz matematike. « J’ai eu deux en maths. » ; Idem osmicom. « Je prends le (bus ligne) 8. »

Les nombres collectifs[modifier | modifier le code]

Ce sont dvoje « deux », troje « trois », četvoro « quatre », petoro « cinq ». Les suivants se forment de la même façon que petoro, avec le suffixe -oro. Ces nombres s’utilisent :

  • avec les noms collectifs : troje prasadi « trois cochonnets »
  • pour désigner des groupes de personnes de sexes différents : nas dvoje « nous deux » (un homme et une femme), osmoro učenika « huit élèves » (filles et garçons)
  • les noms d’objets utilisés par paires : dvoje rukavice « deux gants (formant une paire) », en opposition avec dvije rukavice « deux gants (dépareillés) ».

Avec tous ces nombres, le nom / l’adjectif se met au génitif singulier.

Les substantifs numéraux[modifier | modifier le code]

Ces substantifs se forment avec le suffixe -ica et ne s’emploient qu’avec des noms d’êtres de sexe masculin : nas dvojica « nous deux » (hommes), à la différence de nas dvoje « nous deux » (un homme et une femme).

Les nombres ordinaux[modifier | modifier le code]

Les nombres ordinaux ont les désinences spécifiques pour les adjectifs à forme longue : prvi « premier », prva « première », prvo – neutre, drugi « deuxième », treći « troisième », četvrti « quatrième », peti « cinquième », etc.

Le verbe[modifier | modifier le code]

Aspects des verbes[modifier | modifier le code]

Comme dans les autres langues slaves, l’aspect, est une catégorie verbale très importante en croate.

  • Un verbe imperfectif exprime le fait que l’action était, est, sera ou qu’on veut qu’elle soit en train de se dérouler, ou effectuée de façon répétée. Radim svoj posao. « Je fais mon travail. » (je suis en train de le faire, on ne sait pas depuis quand et jusqu’à quand) ; Pio sam kavu i gledao prema moru. « Je prenais mon café et je regardais vers la mer. » Hoću gledati televiziju. « Je veux regarder la télévision. » (aujourd’hui, demain, en général).
  • Un verbe perfectif exprime le fait que l’action a besoin, a eu besoin ou aura besoin d’être terminée pour pouvoir avoir (eu) lieu, ayant (eu) lieu une seule fois : Ići ćeš se šetati samo ako završiš svoj posao. « Tu iras te promener si seulement tu finis ton travail. »; Popio sam kavu. Možemo ići. « J’ai bu mon café. On peut y aller. », Hoću pogledati ovaj film. « Je veux regarder ce film. » (d’un bout à l’autre).

Le présent proprement dit n’est exprimé que par les verbes imperfectifs, dans des propositions indépendantes ou principales. Le présent des verbes perfectifs est utilisé seulement dans des propositions subordonnées.

Contrairement au français, mais semblablement aux autres langues slaves, le croate a des aspects perfectif et imperfectif morphologiquement marqués (ce ne sont donc pas des aspects sémantiques mais des aspects grammaticaux). Alors qu’en français ce type d’aspect est déterminé par le sens seul du verbe, en croate il est indiqué par des affixes[9].

La plupart des verbes forment des couples perfectif–imperfectif ayant le même sens notionnel, par exemple pisati–napisati « écrire ». Il y a quelques procédés formels pour différencier les deux aspects :

  • L’un de ces procédés est l’ajout d’un préfixe provenant d’une préposition au verbe imperfectif. De tels préfixes sont za-, po- et na-, dans les exemples ci-dessus, qui changent seulement l’aspect du verbe. D’autres préfixes en changent plus ou moins le sens aussi : pisati « écrire » > prepisati « copier ». Du verbe ainsi dérivé on forme son correspondant imperfectif de même sens à l’aide d’un suffixe : prepisivati. Le suffixe est placé devant la terminaison -ti spécifique pour l’infinitif.
  • Il y a aussi des verbes qui sont perfectifs avec un certain suffixe et imperfectifs avec un autre. Par exemple, le suffixe -i- est spécifique pour le perfectif et -a- pour l’imperfectif : spremiti–spremati « préparer ».

Conjugaison[modifier | modifier le code]

Les verbes croates sont répartis en huit classes de conjugaison, d’après la terminaison du radical du verbe et la désinence de la 3e personne du singulier.

Exemple de verbe régulier de la 1re conjugaison, aux modes et aux temps les plus utilisés :

Mode Temps Forme affirmative Forme négative Traduction
Infinitif tresti secouer
Présent tresem ne tresem je secoue, je ne secoue pas
treseš
trese
tresemo
tresete
tresu
Passé composé tresao, tresla, treslo sam nisam tresao, -la, -lo j’ai secoué, je n’ai pas secoué
tresao, -la, -lo si
tresao, -la, -lo je
tresli, -le, -la smo
tresli, -le, -la ste
tresli, -le, -la su
Futur trest ću neću ou ne ću tresti je secouerai, je ne secouerai pas
trest ćeš
trest će
trest ćemo
trest ćete
trest će
Conditionnel tresao, -la, -lo bih ne bih tresao, -la, -lo je secouerais/j’aurais secoué,
je ne secouerais pas/je n’aurais pas secoué
tresao, -la, -lo bi
tresao, -la, -lo bi
tresli, -le, -la bismo
tresli, -le, -la biste
tresli, -le, -la bi
Impératif tresi! ne tresi! /
nemoj tresti!
secoue!, ne secoue pas!
(neka) trese! (neka) ne trese!
tresimo! ne tresimo! /
nemojmo tresti!
tresite! ne tresite! /
nemojte tresti!
(neka) tresu! (neka) ne tresu!
Participe présent tresući ne tresući secouant, ne secouant pas
passé tresavši ou tresav
Adjectif verbal actif tresao, -la, -lo, -li, -le, -la
Adjectif verbal passif tresen, tresena, treseno,
treseni, tresene, tresena
netresen, -a, -o, -i, -e, -a secoué(e)(s), non secoué(e)(s)

Remarques :

  1. Les verbes irréguliers sont nombreux, ainsi que les changements phonétiques provoqués par les suffixes et les désinences.
  2. Les grammaires croates ne font pas mention d’un mode indicatif.
  3. Le verbe français « être » a deux correspondants en croate : jesam et biti.
  4. L’auxiliaire du passé composé est toujours le présent du verbe jesam : (je)sam, (je)si, je, (je)smo, (je)ste, (je)su.
  5. Aux temps composés, l’adjectif verbal actif s’accorde en genre et en nombre avec le sujet.
  6. La personne du verbe est incluse dans la forme de celui-ci, étant exprimée par la désinence, c’est pourquoi le sujet peut ne pas être exprimé par un nom ou un pronom.
  7. À la forme négative des verbes auxiliaires, la négation est soudée à ceux-ci. Il y a tout de même une polémique entre linguistes croates concernant l’écriture en un seul mot ou séparée de la négation et du verbe auxiliaire du futur. Avec le verbe jesam, la négation devient ni-.
  8. Dans certaines propositions subordonnées complément d’objet direct, le présent peut être employé avec la valeur du subjonctif français : Rekao mi je da dođem. « Il m’a dit de venir. », Reci mu neka dođe. « Dis-lui de venir. »
  9. La construction proposition principale + la conjonction da + subordonnée complément d’objet direct est utilisée quand il y a deux sujets dans la phrase : Hoću da pjevaš. « Je veux que tu chantes. » Mais si le sujet du verbe subordonné est le même que celui du verbe régent, le verbe subordonné se met à l’infinitif (Hoću pjevati. « Je veux chanter. »), comme en français et dans la plupart des langues slaves aussi, alors que le serbe préfère dans ce cas la construction verbe régent + da + présent.
  10. Le futur se forme généralement de l’infinitif du verbe sans -i + la forme brève du verbe htjeti « vouloir » au présent : Pjevat ćeš. « Tu chanteras. » Mais en présence du pronom personnel sujet, ainsi qu’à la forme négative, l’auxiliaire est détaché du verbe, qui prend dans cette situation la forme habituelle de l’infinitif : Ti ćeš pjevati. « Toi, tu chanteras. », Nećeš / Ne ćeš pjevati. « Tu ne chanteras pas. »
  11. Le conditionnel avait autrefois un passé, mais il n’en a plus. Le passé se distingue du présent par le contexte.
  12. L’impératif négatif peut se former de deux façons:
    • la négation ne + la forme affirmative de l’impératif ;
    • nemoj + l’infinitif.

Formes moins utilisées :

  • Le futur antérieur se forme du présent du verbe biti + l’adjectif verbal actif : budem tresao « j’aurai secoué ».
  • Au passé simple (tresoh « je secouai »), seul le verbe biti est fréquent, mais seulement comme auxiliaire du conditionnel.
  • L’imparfait (tresijah « je secouais ») est employé seulement dans la langue littéraire. À sa place on utilise le passé composé des verbes imperfectifs.
  • Le plus-que-parfait se forme de deux façons : de l’imparfait du verbe biti + l’adjectif verbal actif (bijah pisao) ou du passé composé de biti + l’adjectif verbal actif (bio sam pisao) « j’avais écrit ».

Prépositions[modifier | modifier le code]

La plupart des prépositions sont utilisées avec un seul cas :

  • avec le génitif : bez « sans » ; blizu « à proximité de » ; do « jusqu’à » ; duž « le long de » ; ispod « au-dessous de » ; ispred « devant » ; iz « de » ; iza « au-delà de, derrière » ; između « entre » ; iznad « au-dessus de » ; kod « près de, auprès de » ; pored « à côté de » ; preko « par-dessus, par » ; poslije « après » ; prije « avant » ; protiv « contre » ; radi « dans le but de » ; umjesto « à la place de » ; usred « au milieu de » ; zbog « à cause de »
  • avec le datif : k(a) « vers »
  • avec l’accusatif : kroz « à travers, par-dessus » ; niz(a) « vers le bas de » ; uz(a) « près de, à côté de, avec, aux côtés de, etc. »
  • avec le locatif : po « par, d’après » ; prema « vers » ; pri « près le/la/les »

Certaines prépositions régissent deux cas, voire trois, en fonction de leur sens ou de la nature du verbe régent.

Préposition Cas Conditions d’emploi Exemple
među accusatif avec un verbe exprimant le déplacement ići među ljude « aller parmi les gens »
instrumental avec un verbe n’exprimant pas le déplacement biti među ljudima « être parmi les gens »
na accusatif avec un verbe exprimant le déplacement postaviti na stol « mettre sur la table »
locatif avec un verbe n’exprimant pas le déplacement biti na stolu « être sur la table »
nad(a) accusatif avec un verbe exprimant le déplacement uzdigati se nad more « s’élever au-dessus de la mer »
instrumental avec un verbe n’exprimant pas le déplacement nalaziti se nad morem « se trouver au-dessus de la mer »
o accusatif objesiti o nešto « accrocher à quelque chose »
locatif govoriti o nečemu « parler de quelque chose »
pod(a) accusatif avec un verbe exprimant le déplacement padati pod stolicu « tomber sous la chaise »
instrumental avec un verbe n’exprimant pas le déplacement ležati pod stolicom « être couché sous la chaise »
pred(a) accusatif avec un verbe exprimant le déplacement pozoviti pred kralja « faire venir devant le roi »
instrumental avec un verbe n’exprimant pas le déplacement govoriti pred kraljem « parler devant le roi »
s(a) génitif iskočiti sa stola « sauter de la table »
instrumental avec des noms d’animés s mužem « avec son mari »
u génitif u Čehova « chez Tchékhov » (dans son œuvre)
accusatif avec un verbe exprimant le déplacement ići u selo « aller dans le village »
locatif avec un verbe n'exprimant pas le déplacement živjeti u selu « habiter/vivre dans le village »
za accusatif za profesora « pour le professeur »
instrumental za profesorom « derrière le / à la suite du professeur »

Remarque : Dans le cas de certaines prépositions, il y a alternance -a ~ ∅. La voyelle a est ajoutée à la préposition pour rendre la prononciation plus facile lorsque le mot suivant commence par la même consonne que la dernière consonne de la préposition, par une consonne du même type, ou par un groupe de consonnes : s majkom « avec la mère », mais sa sestrom « avec la sœur » ; pred tobom « devant toi », mais preda mnom « devant moi ».

Particules[10][modifier | modifier le code]

La particule est considérée comme une partie du discours à part dans les grammaires du croate. Elle est définie comme un mot invariable indiquant l’attitude du locuteur à l’égard du contenu de l’énoncé. Beaucoup de ces mots ont pour équivalents français des adverbes ou des locutions adverbiales appelés modalisateurs.

On distingue deux grandes catégories de particules : dépendantes et indépendantes.

Particules dépendantes (nesamostalne čestice)[11][modifier | modifier le code]

  • Particules interrogatives (upitne čestice) :
    • La particule li est atone et apparaît surtout après un verbe, y compris auxiliaire : Vidiš li? « Est-ce que tu vois ? », Jesi li pjevao? « Est-ce que tu as chanté ? », Neće li doći? « Est-ce qu’il/elle ne viendra pas ? » Elle est aussi utilisée après un pronom interrogatif ou un adverbe d’interrogation, pour le renforcer : Gdje li se samo skrila? « Où est-ce qu’elle a bien pu se cacher ? », Što li nam vrijeme nosi? « Qu’est-ce que le temps nous apportera ? » Cette particule peut aussi renforcer une injonction ou une exclamation : Trči li, trči! « Cours donc, cours ! » Lijepa li si! « Qu’est-ce que tu es belle ! »
    • La particule zar se trouve toujours en début de proposition, renforçant l’interrogation et en même temps exprimant le doute ou l’étonnement : Zar ne vidiš? « Mais tu ne vois pas ? », Zar ste zaista otišli? « Est-ce que vous êtes vraiment parti(e)s ? » Zar + ne ajoutés à une phrase déclarative transforme celle-ci en interrogative : Vidio si ga, zar ne? « Tu l’a vu, n’est-ce pas ? »
  • Particules intensifiantes (intenzifikatori) :
    • Pokloni mu bar neku sitnicu. « Fais-lui cadeau d’une bricole au moins. »
    • Tko god dođe, bit će svečano primljen. « Qui que vienne, il/elle sera reçu(e) solennellement. »
    • I on je došao. « Lui aussi est venu. »
    • Iako su radili cijeli dan, ipak nisu stigli završiti posao. « Bien qu’ils aient travaillé toutes la journée, ils n’ont quand même pas réussi à finir le travail. »
    • Ma kako odlučila, ja sam uz tebe. « Quoi que tu décides, je suis à tes côtés. »
    • Makar jednom budi sretan. « Sois heureux au moins une fois. »
    • Nisu vjerovali ni njemu! « Même lui, ils ne l’ont pas cru ! »
    • Pa naravno! « Mais naturellement ! »
    • Samo da znaš što se dogodilo! « Si tu savais ce qui est arrivé ! »
    • Samo ti pričaj! « Cause toujours ! »
    • On je također sudjelovao. « Lui aussi à collaboré. »
  • Les particules de degré (usporedne čestice) expriment le degré d’une qualification : gotovo « presque » ; jedva « à peine » ; još « encore » ; malo « un peu » ; mnogo « (de) beaucoup » ; naročito « notamment, surtout » ; osobito « particulièrement » ; posve « tout à fait, absolument » ; potpuno « complètement, entièrement » ; previše « trop » ; prilično « considérablement » ; sasvim « tout à fait » ; skoro « presque » ; veoma « très » ; vrlo « très ». Exemples en phrase : Ona je mnogo veća. « Elle est beaucoup plus grande. », Bio je vrlo malen. « Il était très petit. »
  • Particules incitatives (poticajne čestice) :
    • La particule da + verbe à la deuxième personne du présent exprime une injonction : Da samo znaš što je napravio! « Il faut que tu saches ce qu’il a fait ! » Avec la 2e personne du passé composé, elle exprime un ordre : Da si smjesta došao! « Viens tout de suite ! »
    • La particule neka exprime une incitation (Neka dođu! « Qu’ils/elles viennent ! »), une permission (Neka radi što hoće! « Qu’il/elle fasse ce qu’il/elle veut ! ») ou un appel à permettre (Neka se djeca vesele! « Qu’ils s’amusent, les enfants ! ») se référant à une tierce personne.
    • La particule hajde est synonyme de la forme de la 2e personne de l’impératif de doći « venir » (Hajde, vlak nas neće čekati! « Allez, viens, le train ne va pas nous attendre ! »), mais sert aussi à encourager : Hajde, izdrži još malo! « Allez, résiste encore un peu ! »[12]
  • Particules affirmatives et négatives (jesno-niječne čestice) : Da, doći ćemo. « Oui, nous viendrons. », Jest, javio mi je vijest. « Oui, il m’a annoncé la nouvelle. », Ne, nije došao. « Non, il n’est pas venu. », Ne pitaj me to! « Ne me le demande pas ! »
  • Particules présentatives (prezentativi) :
    • Les particules evo, eto, eno « voici, voilà » expriment trois degrés d’éloignement, comme les pronoms-adjectifs démonstratifs : Evo čovjeka! « Voici l’homme! » (près du locuteur), Eto ti Marije, pa s njom možeš izaći! « Voilà Marie ! Tu peux sortir avec elle. » (près du destinataire de l’énoncé), Eno našega profesora! « Voilà notre professeur ! » (pas près du locuteur ni du destinataire). Utilisée avec les pronoms personnels, evo se réfère à la 1re personne, eto à la 2e, eno à la 3e : Evo mene! « Me voilà ! » Eto tebe! « Te voilà ! » Eno njega! « Le voilà ! » Ces particules peuvent aussi se référer à toute une phrase : Eto, sve sam vam rekao! « Voilà, je vous ai tout dit ! » Evo, to je sve što znam! « Voilà, c’est tout ce que je sais ! »
    • La particule gle : Gle budalu! « Regarde l’imbécile ! », Gle ono! « Regarde(-moi) ça ! »

Particules indépendantes (samostalne čestice)[modifier | modifier le code]

Elles sont de deux sortes :

  • particules interrogatives, incitatives, présentatives, affirmatives et négatives utilisables comme indépendantes
  • particules indépendantes employées au niveau de l’énoncé (modifikatori), parmi lesquelles il y a aussi des syntagmes : doista « réellement, vraiment, en effet » ; eventualno « éventuellement » ; naprotiv « au contraire » ; naravno « naturellement » ; nasreću « heureusement » ; nažalost « malheureusement » ; nesumnjivo « sans aucun doute » ; sigurno « sûrement » ; stvarno « effectivement » ; uglavnom « principalement » ; uistinu « réellement, vraiment » ; uostalom « par ailleurs » ; vjerojatno « probablement » ; zaista « effectivement, vraiment » ; između ostalog « entre autres » ; na kraju krajeva « en fin de compte » ; na neki način « en quelque sorte » ; na svaki način « de toute façon » ; prije svega « avant tout » ; u svakom slučaju « en tout cas ».

Ordre des mots[13][modifier | modifier le code]

Bien que l’ordre des mots y soit assez libre, le croate reste une langue SVO, c’est-à-dire l’ordre des mots dans la proposition est sujet + verbe (+ complément) si aucun membre de la proposition n’est mis en évidence : Žene idu na tržnicu. « Les femmes vont au marché. », Dalmacija je lijepa regija. « La Dalmatie est une belle région. »

En général, les pronoms et les verbes auxiliaires atones, même s’il y en a plusieurs (quatre au maximum), ainsi que la particule interrogative li, sont placés après le premier membre accentué de la proposition, constituant un bloc à un seul accent avec celui-ci : Olga mu ju je dala. « Olga la lui a donnée. » Le premier membre peut être constitué de deux éléments. Dans ce cas, les mots atones peuvent suivre le deuxième élément : Moja će sestra doći u utorak. ou Moja sestra će doći u utorak. « Ma sœur viendra mardi. » Si le premier membre est relativement long, le mot atone ne peut pas le suivre : Moja mlađa sestra doći će u utorak. « Ma sœur cadette viendra mardi. »

En proposition coordonnée ou subordonnée, les pronoms et les verbes auxiliaires atones sont placés après le mot-outil qui introduit la proposition : Rekao mi je da će moja mlađa sestra doći u utorak. « Il m’a dit que ma sœur cadette viendrait mardi. » Les conjonctions i « aussi » et a « et » constituent des exceptions à cette règle.

D’autres mots atones, notamment les prépositions, peuvent être en première place dans la proposition : Na stolu ima knjiga. « Sur la table il y a un livre. » Certaines particules atones peuvent également être en début de proposition : Da nisi bolesna? « Ne serais-tu pas malade ? » Slavko vidi Olgu, zar ne? « Slavko voit Olga, n’est-ce pas ? »

Enfin, généralement, l’épithète précède le nom qu’il qualifie : On je bogat čovjek. « Lui, c’est un homme riche. »

Lexique[modifier | modifier le code]

Formation des mots[14][modifier | modifier le code]

Dérivation[modifier | modifier le code]

Comme dans la dérivation du français, en ajoutant certains suffixes à un mot, on peut en obtenir d’autres, appartenant à la même famille lexicale.

Mot de base Suffixe Mot dérivé
noć
« nuit »
-ište noćište « endroit pour passer la nuit »
-as noćas « cette nuit »
-ti noćiti « passer la nuit »
-n- noćni, -na, -no « nocturne »

Composition[modifier | modifier le code]

En croate, le procédé de composition est beaucoup plus productif qu’en français. On peut l’appliquer :

  • en soudant directement deux mots : dan « jour » + gubiti « perdre » > dangubiti « perdre le temps, paresser »
  • en ajoutant le deuxième mot à l’aide d’une voyelle de liaison : crn « noir » + o + kos (de kosa « cheveux ») > crnokos « aux cheveux noirs »

Les éléments du mot composé peuvent être un nom et un verbe (le premier exemple), un adjectif et un nom (le second exemple), deux noms : kućevlasnik « propriétaire de maison », duhankesa « blague à tabac ».

Les mots formés avec des préfixes comptent aussi pour des mots composés : nad « au-dessus de » + biskup « évêque » > nadbiskup « archevêque », pred « devant » + znak « signe » > predznak « signe prémonitoire », ne « non » + milosrdan « charitable » > nemilosrdan « impitoyable ». On inclut dans cette catégorie les verbes formés avec des préfixes qui changent le sens du verbe de base : ići « aller » > otići « partir », izaći « sortir », doći « venir », naići « arriver à l’improviste ». Ces préfixes changent en même temps l’aspect du verbe (voir Aspects des verbes.)

La composition peut être combinée avec la dérivation : kratk- (de kratak « court ») + o + vid- (de vidjeti « voir ») + -an > kratkovidan « myope », bez brige « sans souci » > bezbrižan « insouciant ».

Emprunts[15][modifier | modifier le code]

Le standard du croate accepte les emprunts en moindre mesure que le serbe, mais il y a tout de même des mots empruntés à de nombreuses langues :

  • au latin: anđeo « ange », dekoracija, estimacija, impotencija, kontemplacija, kompozicija, memorija, prohibicija; civil, doktor, formula, horor, humus, literatura
  • au grec (surtout par l’intermédiaire du latin) : ikona « image pieuse », kaos « chaos », kemija « chimie », kor « chœur »
  • au hongrois: baršun « velours », bunda « fourrure », gumb « bouton » (de vêtement), karika « maillon », kočija « voiture » (à cheval), roštilj « grillade »
  • à l’allemand[16]: bluza « blouse », krumpir « pomme de terre », šminka « maquillage »
  • au français: bife « buffet », bistro « bistro », grupa « groupe », meni « menu »
  • à l’anglais: film, gol « but » (dans les jeux sportifs), hardver « matériel » (en informatique), marketing, monitor « moniteur » (en informatique), menadžer « manager », tenk « char blindé », sendvič « sandwich », šou « spectacle », vikend « week-end »
  • au tchèque: časopis « magazine, revue » ; dušik « azote », pištolj « pistolet », vlak « train »
  • au russe: dozvoliti « permettre »
  • au turc: boja « couleur », bubreg « rein » (l’organe), budala « imbécile », bunar « puits », čarapa « bas » (le vêtement), čelik « acier », džep « poche », jastuk « oreiller », kutija « boîte », majmun « singe », pamuk « coton », rakija « eau-de-vie », šećer « sucre ».

On peut distinguer parmi les emprunts des catégories établies selon leur degré d’assimilation. Ainsi y a-t-il :

  • des mots qu’on ne ressent plus comme étrangers : anđeo « ange », boja « couleur », šminka « maquillage », vlak « train »
  • des mots bien intégrés du point de vue morphologique mais cependant connus comme étrangers, surtout des mots internationaux d’origine latine, grecque ou anglaise : kemija, memorija, gol
  • des mots incomplètement intégrés du point de vue morphologique :
    • terminés en une combinaison atypique de deux consonnes (bicikl, projekt)
    • terminés en une voyelle atypique pour le croate (meni « menu », šou « spectacle ») ou auxquels on ajoute les désinences casuelles d’une façon atypique : bife « buffet », bistro « bistro »

Serbismes[modifier | modifier le code]

On considère comme des serbismes les mots qui existent en serbe standard et qui sont utilisés par des locuteurs croates également, sans que le standard croate les accepte. Ce sont, par exemple : bioskop – croate kino « cinéma », gas – cr. plin « gaz », izviniti se – cr. ispričati se « demander des excuses », lenjir – cr. ravnalo « règle » (pour tracer des lignes), nauka – cr. znanost « science », učestvovati – cr. sudjelovati « collaborer », vaspitati – cr. odgojiti « éduquer »[17].

Calques et néologismes[modifier | modifier le code]

Les calques sont surtout des traductions mot-à-mot de mots composés étrangers : kolodvor (< allemand Bahnhof « gare », vodopad (< all. Wasserfall) « chute d’eau ».

Parfois la notion de calque se rapporte à un sens nouveau d’un mot déjà existant dans la langue. C’est le cas, par exemple, de miš « souris », avec son sens utilisé dans l’informatique.

Dans son sens le plus restreint, le néologisme est un mot créé de façon consciente, surtout pour éviter l’emprunt, par des intellectuels (écrivains, linguistes).

Parmi ces mots il y en a qui sont partiellement des calques, c’est-à-dire des traductions de mots composés étrangers par un mot existant en croate, auquel on ajoute un radical non utilisée seule en tant que mot, toujours croate : neboder (< nebo « ciel » + der, le radical du verbe derati « égratigner », calque de l’anglais skyscraper) « gratte-ciel », pravopis (< prav « correct » + pis, radical de pisati « écrire », d’après le grec orthographia) « orthographe », rukopis (< ruka « main » + pis, d’après le latin manuscriptum) « manuscrit », zemljopis (< zemlja « terre » + pis, d’après le grec geographia) « géographie ».

Il y a aussi des mots complètement créés en croate, d’un élément/d’éléments croate(s), mais qui ne sont pas des calques : kisik (< kiseo « aigre ») « oxygène », vodik (< voda « eau ») « hydrogène », brzojav (< brzo « vite » + jav, radical de javiti « informer, faire part ») « télégramme », kišobran (< kiša « pluie » + bran, radical de braniti « défendre ») « parapluie », padobran (< pad « chute » + bran) « parachute », suncobran (< sunce « soleil » + bran) « parasol, ombrelle », zrakoplov (< zrak « air » + plov, radical de ploviti « naviguer ») « avion ».

Le standard du croate a tendance à dénommer le plus de notions possibles avec des mots croates, mais les couples de synonymes emprunt – mot croate sont nombreux : advokat – odvjetnik « avocat », apoteka – ljekarna « pharmacie », deklinacija – sklonidba « déclinaison », geografija – zemljopis « géographie », komparacija – stupnjevanje « comparaison » (des adjectifs, des adverbes), konjugacija – sprezanje « conjugaison », neologizam – novotvorenica « néologisme », oksigen – kisik « oxygène ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir au sujet des discussions autour du statut de ces langues et de leur dénomination, l'article Serbo-croate.
  2. Dénomination dérivée de Caraşova, localité dans laquelle et aux environs de laquelle ils vivent.
  3. Cf. Statuts de la Province Autonome de Voïvodine, article 26.
  4. Cf. Constitution du Monténégro, article 13.
  5. Cf. nationalisme, mais aussi Grèce ottomane et philhellénisme pour un parallèle.
  6. En effet, la guerre civile en Yougoslavie a abouti à une correspondance très nette entre nationalité et langue maternelle. Ce qui ne veut pas dire que les Croatophones ne se trouvent qu’en Croatie : en 1994, la présence de la langue croate en Bosnie fut un facteur favorisant la création de l'éphémère République d'Herceg-Bosna, autour de Mostar. Attention, le terme Musulmans renvoie à la « nationalité musulmane » officialisée sous le régime titiste, et ne correspond ni à Bosniens ni à Bosniaques.
  7. Jacques Leclerc, « La politique linguistique de croatisation », sur www.tlfq.ulaval.ca,‎ 14 septembre 2006 (consulté le 12 novembre 2007)
  8. Ivo Škarić (« Ije je je » (Ije c’est je), dans Vijenac, Matica Hrvatska) opte pour je et propose de réformer l’orthographe en conséquence.
  9. Pour comparer avec le français, voir l’article Aspect. La différence notable entre les deux langues est non dans le traitement des aspects, mais dans la nature de leurs indices : indices contextuels pour le français, indices morphologiques (affixes) pour le croate. Pour comparer avec les langues slaves, voir Les aspects.
  10. D’après Silić, J.; Pranjković, Gramatika hrvatskoga jezika za gimnazije i visoka učilišta (Grammaire du croate pour les lycées et les écoles supérieures), Školska knjiga, Zagreb, 2005.
  11. Comme la notion de particule est interprétée différemment dans les grammaires du français et celles du croate, nous indiquons les termes croates en les traduisant.
  12. Source des exemples avec hajde : Nives Opačić, « Riječce za čas kratiti », dans Vjenac, n° 358, 22 décembre 2007.
  13. D’après Brown, Wayles; Alt, Theresa, A Handbook of Bosnian, Serbian, and Croatian (Manuel de bosnien, serbe et croate), SEELRC, p. 62–63.
  14. D’après Moldovan, Valentin; Radan, Milja N., Gramatika srpskog jezika. Morfologija (Grammaire du serbe. Morphologie), Timişoara, Sedona, 1996. Les exemples existent en croate également.
  15. D’après l’article hr:Posuđenice (Emprunts) de la Wikipédia croate.
  16. Leur nombre est estimé à 2000 par Schneeweis, Edmund, Die deutschen Lehnwörter im Serbokroatischen in kulturgeschichtlicher Sicht, de Gruyter, Berlin, 1960.
  17. Midžić, Maja, Srbizmi (Serbismes). Il n’y a pas d’accord total entre les linguistes croates sur ce qu’il faut considérer comme des mots serbes. Parmi les exemples donnés par cette source, beaucoup ne sont pas marqués comme des serbismes par le dictionnaire de Hrvatski jezični portal (Portail linguistique croate). Les exemples donnés par nous y sont indiqués comme des mots croates régionaux ou familiers, donc absents du standard, et en même temps comme serbes.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Dictionnaires[modifier | modifier le code]

  • Dayre, Jean ; Deanović, Mirko ; Maixner, Rudolf, Dictionnaire croate-français, Dominović, 1996 (réimpression), (ISBN 953-6006-22-7)
  • Putanec, Valentin, Dictionnaire français-croate, 9e édition, Školska knjiga, Zagreb, 2003, (ISBN 953-0-40402-6)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Consulter le Wiktionnaire rédigé en croate.