Schisme

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Un schisme est la séparation d'un groupe religieux en deux. Le mot est employé surtout dans un contexte d'églises chrétiennes. L'unité parmi ses disciples étant un souhait exprimé explicitement par Jésus-Christ dans sa 'Prière sacerdotale' (Jn 17:22: «Qu'ils soient un...»), un schisme est considéré comme grave. Dans la tradition biblique, le premier schisme est la séparation entre le royaume d'Israël et le royaume de Juda après le règne de Salomon.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot vient du grec ancien σχισμός / skhismós, qui signifie « séparation », du verbe σχίζω / skhízô, « couper, fendre ». Le schisme est un terme utilisé d'abord dans le vocabulaire ecclésiologique. C'est, depuis l'époque de l'Empire byzantin, la séparation de la religion de l'empereur d'un groupe de fidèles dits schismatiques, comme les monophysites.

Schismes récents[modifier | modifier le code]

La rupture entre églises chrétiennes d'Occident et d'Orient appelée Schisme de 1054 par les historiens laïcs, grand schisme d'Orient par l’exégèse catholique, et schisme de Rome par l’exégèse orthodoxe, n'est qu'un schisme parmi d'autres : plusieurs schismes sont survenus depuis, tant à l'intérieur de l'Église d'Orient que de l'Église latine.

Entre « latins » et « grecs », le qualificatif péjoratif de schismatiques était jadis communément appliqué par les membres de chaque église, aux prêtres et aux fidèles de l’autre[1], mais il est aujourd’hui devenu « politiquement incorrect » (sauf chez les mouvements intégristes).

Chez les orthodoxes, le schisme des Vieux-Croyants (XVIIe siècle) a entraîné des déportations et de violentes persécutions de la part des autorités tsaristes.

Chez les catholiques, l'un des schismes récents les plus connus en France est celui de la Petite Église, consécutif au concordat de 1801 signé par le Premier Consul Napoléon Bonaparte avec le pape Pie VII : une partie des catholiques refuse d'être dirigée par d'anciens clercs jureurs et préfère se passer de prêtres et d'eucharistie. Plus récents encore, le schisme d'une partie des catholiques traditionalistes opposés aux décisions du concile Vatican II (1988), suivi par un nouveau schisme interne aux traditionalistes (2014).

Schismes et hérésies[modifier | modifier le code]

Chez les catholiques, l'Inquisition a persécuté tant les « schismatiques » (notamment dans les États latins d'Orient) que les « hérétiques » (Cathares, Hussites, Protestants...) et que les « infidèles » (Juifs ou Musulmans d'Espagne). On ne parle pas de « schisme » entre l'Église catholique et les Églises protestantes (considérées par Rome comme hérétiques pour avoir changé de doctrine). Celles-ci, tant anglicane que luthériennes ou réformées, ne sont en effet pas issues d'une séparation décidée par une entité interne de l'Église romaine, mais du rejet de l'Église romaine par des communautés adoptant de nouvelles idées et une nouvelle organisation.

Schisme et intégration[modifier | modifier le code]

Parfois, le schisme est suivi d'un rapprochement tant dogmatique qu'obédientiel, mais non rituel. Ainsi, plusieurs églises d'Orient, restées orthodoxes après le schisme de 1054, mais isolées et en butte à des persécutions diverses, se sont rapprochées de l'Église romaine au XVIe siècle en acceptant les innovations théologiques des 14 conciles propres à l'Église catholique depuis 1054 (notamment le filioque) et l'obéissance au pape, mais en gardant leurs rites byzantins et leur droit canon qui permet, entre-autres, l'ordination d'hommes mariés. Communément appelées uniates, ce sont les Églises catholiques orientales.

Par ailleurs, des tractations sont en cours, sous l'égide de la Commission pontificale Ecclesia Dei, pour un rapprochement entre Rome et la majorité des catholiques traditionalistes, auxquelles la fraction la plus intransigeante a répondu par un nouveau schisme en 2014, le plus récent à ce jour.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Comme en témoigne Camille Allard, médecin laïc, Entre mer Noire et Danube, éd. Non Lieu, Paris 2013, ISBN 978-2-35270-135-4, p. 121,122,159...

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]