Korçë

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Korçë
Koritza(fr)
Image illustrative de l'article Korçë
Administration
Pays Drapeau de l'Albanie Albanie
District Korçë
Région Korçë
Code postal 7001 — 7004
Indicatif téléphonique (+355) 082
Démographie
Population 75 000 hab. (2005)
Géographie
Coordonnées 40° 37′ 23″ N 20° 46′ 31″ E / 40.623056, 20.77527840° 37′ 23″ Nord 20° 46′ 31″ Est / 40.623056, 20.775278  
Altitude 850 m
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Albanie

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Korçë
Liens
Site web http://www.bashkiakorce.gov.al
Korçë

Korçë (albanais : Korçë ou Korça, grec : Κορυτσά, italien : Corizza, langues slaves méridionales : Корча, Korcha ou Корче, Korče, aroumain : Curceaua, turc : Görice, en français parfois Koritza) est une ville du sud de l'Albanie comptant 63 600 habitants.

La région de Korçë produit des vins de bonne qualité essentiellement à partir de cépage merlot.

Histoire[modifier | modifier le code]

La région de Korçë est habitée depuis les temps les plus reculés, puisque des restes néolithiques de 6 000 ans ont été retrouvés à l’emplacement de la ville. À l'âge du fer, les influences culturelles de la Grèce sont devenues très fortes.

Une ville nommée Coviza est mentionnée dans les documents médiévaux en 1280.

La ville moderne date de la fin du XVe siècle, quand Iljaz Hoxha, sous le commandement du Sultan Mehmet II, a développé Korçë. L’occupation ottomane commença en 1440, et après le rôle héroïque de Hoxha au siège de Constantinople, en 1453, il lui fut attribué le titre Iljaz Bey Mirahor. Korçë était un sandjak du vilayet de Manastir dans l'Empire ottoman.

La domination ottomane de Korçë dura jusqu'en 1912 ; à cause de sa proximité avec la Grèce, qui considérait comme grecque la population orthodoxe de la ville, elle fut violemment disputée lors des guerres balkaniques de 1912-1913. La ville fut occupée par des forces grecques le 6 décembre 1912. Son incorporation à l'Albanie en 1913 était controversée, car la Grèce la réclamant en tant qu'élément d'une région appelée « Épire du Nord ». Selon le Protocole de Corfou signé entre la Grèce et l'Albanie en mai 1914 et l'étude ethnographique qui l'a précédé, la ville fut incluse dans la zone autonome nouvellement formée d'Épire du Nord, dont le statut n'est cependant jamais entré en vigueur. Les forces grecques revinrent occuper la ville à partir du 10 juillet 1914, au début de la Première Guerre mondiale. Elle fut prise par les Austro-Hongrois, puis par les Grecs encore et finalement par la France, qui occupa Korçë de 1916 à 1920 et y fonda à son tour une région autonome albanaise.

Dans les quelques mois qui suivirent la ratification du traité de Versailles, Korçë bénéficia d'un statut d'indépendance et les timbres datant de cette époque ont actuellement une très grande valeur. Pendant cette courte période d'indépendance, la langue officielle à Korça était l'albanais.

Elle fut finalement attribuée à l'Albanie par la Commission de frontière internationale qui a déterminé les frontières d'après-guerre du pays. Pendant la période de l'entre-deux-guerres, la ville devint une base arrière d'agitation communiste. Futur dictateur de l'Albanie, Enver Hoxha y vécut et était un élève et un professeur à l'école française de la ville.

Le mouvement communiste clandestin de Korçë devint le noyau du Parti du travail d'Albanie de Hoxha. Korçë fut occupée par les forces italienne en 1939, avec le reste du pays. Après la déclaration de la Guerre italo-grecque, elle tomba aux mains de l'armée grecque en novembre 1940, et resta sous occupation grecque jusqu'à l'attaque allemande d'avril 1941. Après le retrait de l'Italie de la guerre, en 1943, la ville fut occupée par les Allemands jusqu'au 24 octobre 1944.

Pendant l'occupation, la ville devint un centre important de résistance communiste contre les forces de l'Axe. La création du Parti du travail d'Albanie, le parti communiste, fut formellement proclamée à Korçë en 1941. La souveraineté albanaise fut rétablie en 1944 suivant le retrait des forces allemandes.

Après la guerre, le secteur souffrit du régime autoritaire de Hoxha, qui combattit les notables, qui s'étaient pourtant dressés contre l’occupation. Des milliers d'habitants de Korça furent internées dans des camps de concentration ou exécutées, pour désaccord avec le régime de Hoxha, comme la famille Merdani. Des centaines de personnes s'exilèrent, notamment à Boston.

Après 1990, Korçë était l'une des six villes où le Parti démocratique nouvellement formé remporta toutes les circonscriptions. Les révoltes populaires de février 1991 s'achevèrent par la chute de la statue de Hoxha. Politiquement, Korçë est un des bastions du Parti démocratique de Sali Berisha, dont les candidats ont gagné presque toutes les élections au niveau local et parlementaire en 16 ans d'ère démocratique.

C'est une ville multi-ethnique, avec une population de majorité albanaise et une minorité constituée de Grecs, d'Aroumains, de Slaves macédoniens et de Roms.

Culture[modifier | modifier le code]

Korçë a été un centre religieux important pour les chrétiens orthodoxes et les musulmans pendant des siècles. Elle est le siège d'un évêque métropolitain orthodoxe et possède également une grande mosquée du XVe siècle. Il y a également une importante communauté musulmane Bektachi (alevie) dans et autour de Korçë, son centre spirituel étant le Turan Tekke.

Pendant la période ottomane, Korçë est devenue l'un des centres de la renaissance albanaise. La première école de langue albanaise y a été établie en 1887, suivie de la première école pour filles d'Albanie en 1891.

Économie[modifier | modifier le code]

Pendant le XXe siècle, Korçë a développé un important secteur industriel qui s'est ajouté à sa fonction traditionnelle de centre commercial et agricole. Le plateau sur lequel la ville se situe est très fertile et est une des zones céréalières principales de l'Albanie. Les industries locales incluent la bonneterie, le tissage, le textile, la minoterie, des brasseries, et le raffinage du sucre. Des dépôts du charbon de lignite sont extraits dans les montagnes avoisinantes.

Personnages célèbres[modifier | modifier le code]

  • Ilias Bey Mirahor (ex-Ilias Panariti), janissaire qui fut le premier à franchir les murailles lors de la prise de Constantinople en 1453 et qui fit bâtir dans sa ville natale une mosquée qui porte son nom.
  • Viktor Gjika, réalisateur de cinéma
  • Naum Veqihaxhi
  • Petro Nini Luarasi : premier enseignant de la première école d'Albanie en 1907
  • Les sœurs Qiriazi
  • Fan Noli, Premier ministre albanais en 1924.
  • Ylber Merdani, poète et écrivain
  • Sherif Merdani, artiste et diplomate

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • N.G.L Hammond, « Alexander's Campaign in Illyria », The Journal of Hellenic Studies, 1974, p. 4-25.
  • James Pettifer, Albania & Kosovo, A & C Black, London, 2001. (ISBN 0713650168)
  • François Pouqueville, Voyage en Morée, à Constantinople, en Albanie, et dans plusieurs autres parties de l'Empire othoman, pendant les années 1798, 1799, 1800 et 1801, Gabon, 1805.
  • T.J. Winnifrith, Badlands-Borderlands. A History of Northern Epirus/Southern Albania, 2003.