Dubrovnik

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Dubrovnik
Raguse
Blason de Dubrovnik
Héraldique
Drapeau de Dubrovnik
Drapeau
Image illustrative de l'article Dubrovnik
Administration
Pays Drapeau de la Croatie Croatie
Comitat Dubrovnik-Neretva
Maire
Mandat
Andro Vlahušić (HNS)
depuis 2009
Code postal 20000
Indicatif téléphonique international +(385)
Indicatif téléphonique local (0) 20
Démographie
Population 30 436 hab. (2001)
Densité 212 hab./km2
Population municipalité 43 770 hab. (2001)
Densité 305 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 38′ 27″ N 18° 06′ 32″ E / 42.640833, 18.108889 ()42° 38′ 27″ Nord 18° 06′ 32″ Est / 42.640833, 18.108889 ()  
Altitude 0 555 m
Superficie 14 335 ha = 143,35 km2
Superficie municipalité 14 335 ha = 143,35 km2
Localisation

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Dubrovnik
Liens
Site web http://www.dubrovnik.hr
Ragusa avant le tremblement de terre 1667, Kowalczyk 1909

Dubrovnik, ou Raguse de son ancien nom français (tiré de l'italien Ragusa), est une ville et une municipalité de Croatie, capitale du Comitat de Dubrovnik-Neretva. Elle fut autrefois la capitale d'une république maritime connue sous le nom de République de Raguse. Ses habitants, ainsi que ce qui s'y rapporte, s'appellent encore des ragusains.

Au recensement de 2001, la municipalité comptait 43 770 habitants, dont 88,39 % de Croates, 3,26 % de Serbes, et 3,17 % de Bosniaques[1] et la ville seule comptait 30 436 habitants[2].

Elle a pour devise : « La liberté ne se vend pas même pour tout l'or du monde ».

Géographie[modifier | modifier le code]

Située au sud de la côte dalmate, à proximité de la frontière avec la Bosnie-Herzégovine et le Monténégro, la ville-forte de Dubrovnik est un des hauts lieux touristiques de Croatie. Cette ville portuaire porte en effet de nombreux témoignages de sa très riche histoire, au travers de ses monuments et de ses rues pavées.

La principale d'entre elles, la Placa (ou Stradun), est une large avenue dallée tracée au milieu de la ville, sur l'ancien marécage qui séparait la Raguse latine sur le rocher de Dubrava sur le continent. Lorsque la ville s'agrandit au cours du Moyen Âge, elle assécha ce marais et en fit une artère.

Le climat de la ville est marqué par des étés chauds et humides ainsi que par des hivers froids, mais tempérés par la proximité maritime. Ses caractéristiques sont semblables à ceux de la plaine du Pô en Italie, sur la côte adriatique opposée.

L'artère principale de la vieille ville

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge et époque moderne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : République de Raguse.

Raguse est fondée durant la première moitié du VIIe siècle. Dès sa fondation, la ville est placée sous la protection de Byzance. En 980, la ville devient le siège d'un évêché. À l'instar de Venise dont elle devient concurrente, Raguse sait tirer parti de sa position côtière pour développer un commerce maritime lucratif.

Elle est gouvernée par un recteur, élu chaque mois. Celui-ci est logé au palais du recteur, où il ne reçoit plus ni amis, ni famille, se consacrant entièrement à sa tâche. La République de Raguse comprend uniquement les ports de Raguse et de Ragusavecchia (Cavtat) jusqu'en 1120, date à laquelle elle s'étend à son arrière-pays.

Entre 1180 et 1190, le Grand Prince de Rascie Stefan Nemanja essaie à deux reprises de s'emparer de la République de Raguse, sans succès. En 1184, l'armée des trois frères (Miroslav et Stracimir rejoignent Nemanja dans cette campagne) est devant les murs de la riche République de Raguse. La ville est chrétienne et peuplée de Croates ainsi que d'Illyriens et de Romains[réf. nécessaire], venant de l'ancienne province de la Dalmatie, comme toute la région, mais elle est jalouse et surtout très fière de son indépendance, et elle résiste à l'armée de Nemanja deux fois de suite. En effet, après un premier échec en 1184, Nemanja revient en 1185 devant ces murs, pour subir un nouvel échec militaire. En 1186, Nemanja décide alors de libérer les autres villes de la région qui étaient sous domination byzantine, l'armée serbe prend les villes de Svac, Bar, Danj, Sard et Ulcinj avec une étonnante rapidité. Entre 1233 et 1242, la République étend à nouveau ses possessions dans l'arrière-pays.

L'importance de son trafic la conduit à établir la première quarantaine en 1377 pour se protéger de la peste noire.

Après la quatrième croisade, elle passe sous la domination de Venise, jusqu'en 1358. En 1358 (traité de paix de Zadar), la République de Raguse reconnaît la suzeraineté du roi de Hongrie, à qui elle verse un tribut jusqu'en 1526, après la bataille de Mohács. L'autorité hongroise ne porte cependant que sur les impôts et la flotte et on fait donc traditionnellement débuter l'indépendance de la République de Raguse à 1358.

La République reçoit l'île de Meleda (Mljet) puis les alentours de Slano en 1399. Entre 1427 et 1451, elle achète la région des Konavle au royaume de Bosnie.

En 1409 et en 1417, Venise lui conteste le monopole du commerce dans la ville de Drijeva, qui est alors possession du royaume de Bosnie. Elle échoue par deux fois, et Raguse reste maîtresse du commerce du sel (salines de Ston), qui passait par cette ville.

En 1416, elle est le premier état européen à abolir l'esclavage et, donc, à interdire le commerce des esclaves. Durant les XVe et XVIe siècles, elle développe son commerce entre l'Europe ottomane et les ports de la Méditerranée. Au XVIe siècle, la flotte de commerce de la République compte 160 navires.

L'avancée turque dans les Balkans, et notamment la conquête de la Serbie, nuit gravement au commerce de la République. Elle signe en 1442 un traité avec les Ottomans; ce traité autorise les marchands de Raguse à commercer dans les Balkans, moyennant le paiement d'une taxe.

Farouchement catholique, la République réserve les postes de la magistrature aux membres de cette religion et oblige parfois les orthodoxes à se convertir. En 1492, elle accueillit toutefois un groupe de Juifs expulsés d'Espagne.

À la fin du XVe siècle, des conflits opposent Venise aux Hongrois, puis Venise aux Ottomans pour le contrôle du marché de Drijeva, nuisant ainsi gravement au commerce des marchands de Raguse, qui en avaient le monopole. Il faut attendre 1503 pour qu'un traité de paix soit signé.

Tout comme Venise, elle offre assistance à l'alliance musulmane lors de la bataille de Diu contre les Portugais, en 1509, dans l'océan Indien.

Après 1526, elle paie un tribut aux Ottomans, et ce jusqu'en 1718. Le tribut s'élevait alors à 12 500 ducats par année. La république ne se relève jamais complètement de la crise du commerce maritime en Méditerranée et du tremblement de terre de 1667 (plus de 5 000 morts).

En 1699, elle cède deux portions de terre à l'Empire ottoman. De cette manière, Venise ne peut plus l'attaquer que par la voie maritime, et non plus par voie terrestre. Ceci est à l'origine de l'unique accès à la mer de la Bosnie dans la région de Neum.

En 1806, Raguse fut assiégée durant un long mois par les flottes russes et monténégrines qui envoyèrent plus de 3 000 boulets sur la cité. La République fut contrainte de capituler face aux forces armées de l'Empire français qui mit un terme au siège et sauva Raguse. Menée par Napoléon, l'armée française entra dans Raguse en 1806.

En 1808, le maréchal Marmont abolit la République de Raguse et l'intégra dans le Royaume d'Italie. Il devint le recteur de Raguse. (en 1810 incorporation dans les provinces illyriennes dirigées par Marmont puis Fouché).

Depuis 1815 (Congrès de Vienne) jusqu'en 1918, la ville (au nom bilingue de RAGUSA - DUBROVNIK) fait partie de la monarchie autrichienne (empire d'Autriche), puis Autriche-Hongrie (Cisleithanie après le compromis de 1867), chef-lieu du district de même nom, l'un des 13 Bezirkshauptmannschaften en Dalmatie[3]. Le nom italien seul est utilisé jusqu'à la fin du 19e s.

Nom bilingue utilisé dans la monarchie autrichienne en 1894

La ville de Raguse a officiellement changé son nom dans les langues occidentales en Dubrovnik en 1918, avec la chute de l'empire d'Autriche-Hongrie et à la suite de son incorporation dans le Royaume des Serbes, des Croates, des Slovènes, plus tard le Royaume de Yougoslavie.

Plan des destructions de la vieille ville durant le siège de 1991-1992

Époque récente[modifier | modifier le code]

Le 1er octobre 1991, l'Armée populaire yougoslave attaque et encercle Dubrovnik pendant la guerre d'indépendance croate. Le siège de Dubrovnik dure jusqu'à mai 1992. La plus grosse attaque d'artillerie eut lieu le , tuant 19 personnes et en blessant 60. Le nombre total de victimes dans cette région est de 114 civils tués, selon la Croix-Rouge, dont le poète Milan Milisić (voir (en) Milan Milisić (en)).

De 1992 à 1993, la ville est par ailleurs la cible de tirs de l'armée serbo-monténégrine postée sur les hauteurs de Zarkovica, au nord est de la ville, pendant la guerre d' independance de la Croatie.

Reconstruction

68 % des bâtiments de la vieille ville auraient été touchés directement ou indirectement par les tirs d'obus.

La reconstruction s'est déroulée, autant que possible, dans le respect des techniques traditionnelles, tout en appliquant des normes anti-sismiques nouvelles, dans cette région géologiquement instable.

La restauration des toitures fut particulièrement problématique, les matériaux traditionnels n'étant plus disponibles en quantité suffisante. Les anciennes tuiles furent ainsi progressivement remplacées par de nouvelles, bâtiment par bâtiment. Ces nouvelles tuiles proviennent d'une fabrique située à côté de Toulouse.

Transport[modifier | modifier le code]

La ville est desservie par l'Aéroport de Dubrovnik situé à 20 km au sud de la ville près de Čilipi. La ville sera dans le futur desservie par l'autoroute A1.

Tourisme[modifier | modifier le code]

La fontaine d'Onofrio.

Dubrovnik, qui déroule ses remparts sur la côte dalmate, au bord de l'Adriatique, est redevenue un lieu de villégiature. L'enjeu est de taille pour le pays, qui a rejoint l'Union européenne le 1er juillet 2013, et dont le tourisme représente près d'un quart du produit intérieur brut. L'ancienne Raguse, qui fut au XVe siècle une République rivale de Venise, renommée Dubrovnik en 1918 à la chute de l'empire austro-hongrois, est aujourd'hui une ville-musée, inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco. Entre 1991 et 1993, les deux tiers de ses bâtiments ont été détruits ou endommagés, mais ils ont été restaurés avec soin entre autres grâce à des fonds étrangers. Les visiteurs ne s'y trompent pas. Les mois d'été, sur le Stradum, l'artère principale de la ville, la foule est aussi serrée que sur un quai de métro aux heures de pointe.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Localités[modifier | modifier le code]

La municipalité de Dubrovnik compte 32 localités :

Images de la vieille ville[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Personnalités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Recensement de 2001 : (en) « Population by ethnicity, by towns/municipalities, census 2001 », sur dzs.hr, Crostat - Bureau central de statistiques (consulté le 7 juillet 2008)
  2. (en) « Population by sex and age by settlements, census 2001 », sur dzs.hr, Crostat - Bureau central de statistiques (consulté le 7 juillet 2008)
  3. Die postalischen Abstempelungen auf den österreichischen Postwertzeichen-Ausgaben 1867, 1883 und 1890, Wilhelm KLEIN, 1967
  4. Cérémonie de signature

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]