Dalmate

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Dalmate
Parlée en Croatie
Région Dalmatie
Typologie SVO syllabique
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-3 dlm
IETF dlm

Le dalmate est une langue morte de la famille des langues romanes, anciennement parlée en Illyrie, actuellement pour l'essentiel région côtière de la Croatie. On désigne sous le nom d'illyro-roman la branche des langues romanes à laquelle appartient cette langue.

Par le terme de « langue dalmate », on désigne les parlers néo-latins employés naguère le long de l'Adriatique, depuis la ville de Fiume jusqu'au golfe de Cattaro. Ils étaient, selon les débris ramassés à la fin du XIXe siècle, différents de l'italien et du roumain, mais constituaient cependant une sorte de pont entre les deux langues néo-latines. Le dalmate a connu une langue littéraire qui s'est maintenue jusqu'au début du XIXe siècle[1].


Influences linguistiques[modifier | modifier le code]

Avant l'occupation romaine, l'Illyrie, région où s'est par après développée la langue dalmate, était habitée par des Thraces[réf. nécessaire].

Les Romains occupèrent le territoire illyrien entre 229 av. J.-C. et 155 ap. J.-C.. Par intérêt, les commerçants et les détenteurs de l'autorité parlant latin, les autochtones finirent par abandonner leur langue pour le latin (le latin vulgaire, parlé par la population, et non le latin des grands écrivains ou de l'aristocratie romaine). Plusieurs empereurs romains étaient d'origine illyrienne : Aurélien, Dioclétien et Constantin Ier.

Même après la chute de l'Empire romain d'Occident, l'Illyrie continua à parler latin. La langue évolua relativement indépendamment des autres langues romanes, progressant d'un latin vulgaire vers une variante régionale, puis finalement une langue distincte. D'autres langues vinrent influencer le dalmate, sans toutefois supplanter la langue dans son origine latine (superstrats) : le slave puis le vénitien (dialecte italo-roman de Venise). Un certain nombre de villes de la région portent d'ailleurs des noms vénitiens.

Le pape Jean IV le Dalmate (640-642) parlait vraisemblablement cette langue.

Dialectes[modifier | modifier le code]

Le dalmate a connu deux variantes dialectales :

Il faut peut-être leur ajouter l'albano-roman. Mal attesté, celui-ci se serait éteint au Moyen Âge.

Découverte du dalmate[modifier | modifier le code]

C'est à Bernardino Biondelli que revient le mérite d'avoir découvert la langue dalmate. En effet, en 1840, lorsqu'il travaillait à son ouvrage Atlante linguistico d'Europa, il s'adressa au médecin de Veglia, Gian Battista Cubich pour qu'il lui fournisse un spécimen du parler roman de cette île de l'Adriatique. Cubich envoya le spécimen en 1842, mais Biondelli ne s'en est pas servi. En 1849 la revue de Trieste, Istria, publie des spécimens de parlers de l'Istrie et, en 1861, Cubich lui-même fait paraître, dans la revue L'Istriano, une partie de sa récolte linguistique.

Le premier recueil linguistique[modifier | modifier le code]

Ce fut A. Ive, professeur de langue italienne à l'Université de Graz, qui, le premier, dans son étude L'antico dialetto di Veglia, réunit les matériaux de ses devanciers (Cubich, Mgr Pétris, A. Adelmann et M. Celeberini), en les complétant par des matériaux recueillis personnellement. Il avait parmi ses informateurs « le dernier Dalmate », Tuone Udaina, âgé de 59 ans.

L'enquête de Matteo G. Bartoli[modifier | modifier le code]

M. Bartoli, à son tour, consacre à cette langue romane, dans son travail Das Dalmatische, une étude de la plus grande envergure.

La contribution de Bartoli forme une sorte d'encyclopédie du dalmate, car elle renferme non seulement les matériaux linguistiques recueillis par l'auteur sur place, mais aussi ceux qu'il a pu découvrir dans les archives. L'auteur indique en même temps tous les matériaux publiés auparavant, montrant leur valeur scientifique.

Après avoir indiqué les documents concernant le dalmate de Raguse, l'auteur mentionne les travaux faits à ce sujet par des spécialistes : G. I. Ascoli, W. Meyer-Lübke, A. Mussafia et H. Schuchardt. Le premier tome se termine par un aperçu étendu sur l'ethnographie de l'Illyrie. Le second tome contient les textes recueilis par l'auteur et ceux découverts dans les archives, de même que les matériaux enregistrés par ses devanciers.

À l'aide de tous les matériaux concernant le dalmate, Bartoli fait ensuite une description linguistique du développement de cette langue romane disparue. La contribution scientifique de Bartoli reste jusqu'aujourd'hui la principale source et l'étude la plus remarquable sur la langue dalmate.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les origines de la langue littéraire ragusane

Voir aussi[modifier | modifier le code]