Nicolas V

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Nicolas V
Image illustrative de l'article Nicolas V
Biographie
Nom de naissance Tommaso Parentucelli
Naissance vers 1398
Sarzana
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat 6 mars 1447
Intronisation 19 mars 1447
Fin du pontificat 24 mars 1455
Précédent Eugène IV Calixte III Suivant
Autre(s) antipape(s) Félix V jusqu'en 1449

Blason

Tommaso Parentucelli, né à Sarzana vers 1398, deviendra le pape Nicolas V du 6 mars 1447 à 1455 et vit ainsi la chute de Constantinople. Il mit fin au schisme de l’antipape Félix V et il fonda la Bibliothèque vaticane. Libre de tout népotisme, il était de petite taille et de faible constitution physique. Son regard perçant engendrait l'obéissance ; il était bien davantage un homme de lettres qu'un homme d'action. Sa grande générosité, son goût pour l'art et ses choix politiques difficiles lui valent néanmoins d'être considéré comme un pape mondain.

Famille et formation[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Bartolomeo Lucando, alias Parentuccelli et d'Andreola Bosi della Verrucola aussi appelée Andreola Tomeo dei Bosi (ce qui signifie en italien fille de Tomeo de la famille des Bosi[1]). Cette famille était originaire de Fivizzano.

Veuve elle se remaria avec Ser Giarente Calandrini avec lequel elle eut Filippo Calandrini, évêque de Bologne et cardinal (1403 Sarzane - 18 juillet 1476).

Dans sa jeunesse, il perd son père, médecin pauvre mais talentueux, ce qui l'empêche de compléter ses études à Bologne. Tuteur à Florence des familles Strozzi et Albizzi, il y rencontre les penseurs les plus marquants de son époque.

De retour à Bologne, il termine ses études de maître en théologie et entre au service de Niccolo Albergati, évêque de Bologne, devenant bibliographe pour l'évêché. Parentucelli met en pratique ses connaissances patrologiques et scolastiques lors du concile de Florence, ce qui lui permet de dialoguer avec les évêques grecs. Le pape Eugène lui confie alors des tâches diplomatiques de première importance, et après la mort de ce dernier, en 1447, il lui succède et choisit le prénom Nicolas.

Pontificat[modifier | modifier le code]

Devenu le pape Nicolas V, il met en place à Rome de nouveaux équilibres politiques et internationaux. Constructeur de fortifications et restaurateur d'églises, il commence son pontificat en embellissant la grande ville (il commencera la construction du Palais du Vatican voulant en faire le plus grand palais du monde), et en invitant les peintres, les architectes et avant tout les écrivains.

Reconnu comme seul véritable souverain pontife (1449), il stabilise ses rapports avec le Royaume de Naples, et garde une position de neutralité en Italie, jusqu’à la paix de Lodi (1454). Dans ses états, il accorde aux dirigeants municipaux un certain nombre de privilèges tout en gardant fermement le contrôle de la commune.

Surnommé le « pape humaniste », il a à sa cour Lorenzo Valla en tant que notaire apostolique. Les œuvres d'Hérodote, Thucydide, Polybe sont réintroduites en Europe occidentale grâce à son patronage. L'un de ses protégés, Enoch d'Ascoli, découvre un manuscrit complet des Opera minora de Tacite dans un monastère d’Allemagne. Blessé par les dommages faits à la culture grecque, il tente sans succès de lancer une croisade pour délivrer les Byzantins de l'emprise turque. Pour cela, il remet sur pied une armée efficace et augmente les rentrées fiscales.

Voulant assurer la réussite de la réforme catholique, il envoie plusieurs légats, dont Nicolas de Cues, Jean de Capistran et Guillaume d'Estouteville, au nord et au sud de l'Allemagne, en Angleterre, et en France. Il donne des gages à ses puissants voisins : à la demande de Charles VII, Jeanne d'Arc est réhabilitée, et en 1448 il conclut le concordat de Vienne avec le roi Frédéric de Habsbourg.

Par la bulle Romanus Pontifex, il se pose en arbitre des empires espagnols et portugais et assure la portée universelle de l'autorité du pontife, y compris dans la christianisation des peuples indigènes et musulmans.

Félix V faisant allégeance à Nicolas V, par Martial d'Auvergne, enluminure issue de l'ouvrage Vigiles de Charles VII, Paris, France, XVe siècle.

Dans cette même bulle, il donne au Roi du Portugal l'autorisation de réduire en servitude les Sarrasins. Le nom de Nicolas V est pour cette raison souvent lié à l'esclavage. L'historien contemporain Norman Cantor a accusé le pape de complaisance envers les traiteurs portugais ; il fut néanmoins le continuateur d'Eugène IV, auteur de la bulle Sicut Dudum qui interdisait clairement la possession d'hommes. Paul III écrira plus tard Sublimus Dei pour réaffirmer cette prise de position.

La fin de son pontificat est cependant marquée par l'anxiété, car Stefano Porcaro, homme politique cultivé et favori du défunt pape Martin V, tente à plusieurs reprises d'instituer une république à Rome.

Malade, il rassemble autour de lui les cardinaux et résume les labeurs qui avaient guidé sa vie et son pontificat, avant de mourir le 24 mars 1455 âgé d'environ 57 ans.

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Memorie storiche d'illustri scrittori e di uomini insigni dell'antica e moderna Lunigiana par Emanuelle Gerini publié par Frediani, 1829

Voir aussi[modifier | modifier le code]