Durrës

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Durrës
vue aérienne de Durrës
vue aérienne de Durrës
Administration
Pays Drapeau de l'Albanie Albanie
District Durrës
Démographie
Population 115 000 hab. (2003)
Géographie
Coordonnées 41° 19′ 00″ N 19° 27′ 00″ E / 41.316667, 19.4541° 19′ 00″ Nord 19° 27′ 00″ Est / 41.316667, 19.45  
Altitude 0 m
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Albanie

Voir sur la carte Albanie administrative
City locator 14.svg
Durrës

Durrës est la deuxième plus grande ville d'Albanie après Tirana. Elle est le principal port du pays. Dans l'Antiquité, elle fut la capitale de la province d’Épire, sous les noms d’Épidamne (grec ancien Επίδαμνος / Epídamnos) ou Dyrrhachium (Δυρράχιον / Durrhákhion).

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville se situe sur le littoral adriatique de l'Albanie, sur une petite péninsule. Elle est à 33 kilomètres à l’ouest de la capitale Tirana et à 200 km de Brindisi. Sa population est d'environ 115 000 habitants.

Climat[modifier | modifier le code]

Durrës a un climat typiquement méditerranéen avec des étés chauds et secs et des hivers doux et humides. La moyenne de la température de l'eau à Durrës est de 14 ° C (57 ° F) en février à 26 ° C (79 ° F), au mois d'août. L'été à Durrës commence à partir de mai à la mi octobre.

La partie méridionale de la plaine côtière de l'Albanie est caractérisée par un climat méditerranéen relativement sec et chaud, l' étés chaud avec une température moyenne de 26 ° c. l'Hiver est doux et humide avec une température moyenne de 9,8 ° c. Les précipitations annuelles moyenne à 800-1300 mm, mais seulement 12 % du total tombe dans la période de juin à septembre. Dans ce domaine de nombreuses cultures sont cultivées (céréales, cultures industrielles, légumes, plantes fourragères, etc.), aussi agrumes et oliviers.

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'ancienne Épidamne, est une cité grecque et romaine sur la côte de la mer Adriatique en Illyrie, et Albanie actuelle, située environ 30 km à l'ouest de Tirana.

Dans le passé, la ville a eu plusieurs noms, compte tenu de son histoire :

  • ses fondateurs l'ont appelée Epidamnos (Επίδαμνος) (Épidamne)
  • par la suite elle s'est appelée en grec ancien Δυρράχιον / Durrákhion ou Dyrrachion ce qui a donné en latin Dyrrachium, en slave Drač, en italien Durazzo et en albanais Durrës.

Le nom français, attesté depuis le Moyen Âge, est Duras, mais il est tombé en désuétude.

Le nom italien de Durazzo a été remplacé depuis le début du XXe siècle par le nom albanais de Durrës (Durrësi).

Histoire[modifier | modifier le code]

Localisation de Dyrrachium (en haut à gauche) parmi les cités de Grèce à la fin de la République romaine

Des colons venus de Corinthe et de Corcyre (selon Strabon, VI, 316) ont fondé en 627 av. J.-C. une cité appelée Dyrracheion. Son gouvernement oligarchique est cité en exemple de bonne gouvernance par Aristote dans La Politique, mais finit par entraîner une guerre civile, qui, par l'intervention de Corcyre et de Corinthe à partir de 435 et le jeu des alliances entre cités, devient une des causes de la Guerre du Péloponnèse.

Au IVe siècle av. J.-C., la cité appartient successivement aux royaumes de Cassandre et de Pyrrhus Ier.

En 229 av. J.-C., les Romains s'emparent de la ville à l'occasion de la Première guerre d'Illyrie et la rebaptisent Dyrrachium, la seconde partie du nom grec -damnos étant en latin de mauvais augure. Pausanias (VI, 10, 8) précise que la cité romaine n'est pas exactement l'ancienne, mais se situe à une courte distance d'elle, et que le nom de Dyrrhachium est celui du fondateur éponyme. De fait, des monnaies du Ve siècle av. J.-C. portent le nom Dyrrachion. Au début de l'époque romaine, la ville garde une semi-autonomie avant d'être transformée en colonie romaine.

La ville revêt une importance stratégique pour Rome car c'est le port d'arrivée des Romains qui traversent la mer Ionienne depuis Brundisium, et le point de départ de la Via Egnatia, la route militaire qui traverse le sud de la péninsule balkanique d'ouest en est et mène à Byzance en passant par Thessalonique. Cette situation explique qu'en 48 av. J.-C., Pompée établisse son camp à Dyrrachium où il repousse une attaque de Jules César qu'il n'avait pu empêcher de traverser la mer pour passer en Grèce.

Dyrrachium est la capitale de la province de Nova Epirus, et demeure une ville importante dans l'Antiquité tardive, malgré des séismes destructeurs en 341 et 522, et plusieurs attaques barbares, dont celle des Ostrogoths dans les années 480. Le développement urbain antique de Dyrrachium est mal connu en raison de la continuité d'occupation jusqu'à l'époque contemporaine.

Lors de la partition de l'Empire romain, la ville se situe dans l'Empire romain d'Orient. L'empereur Anastase Ier en est originaire et il a donné à sa cité des fortifications imposantes, restaurées au siècle suivant par Justinien Ier.

Au IXe siècle, Dyrrachium devient la capitale d'un thème et plusieurs stratèges commandant ce thème sont connus par des sceaux. Le rôle stratégique de Dyrrachium perdure et la ville tient ainsi une place importante dans de nombreux épisodes militaires de l'Empire byzantin : lors des guerres de Basile II contre la Bulgarie, lors de la révolte de Deleanu, et comme siège des ducs Nicéphore Bryenne et Nicéphore Basilakios en révolte contre le pouvoir central à la fin du XIe siècle.

Pendant les siècles suivants, la possession de la ville fut disputée entre l'Empire byzantin, la Bulgarie (989-1005), les Normands de Sicile (1082-1083, 1107-1108, 1185) - commandés par Robert Guiscard, ces derniers y défirent l'empereur grec Alexis Ier Comnène en 1081 -, l'Empire serbe (début du XIVe siècle), le Royaume de Sicile (1376-1379) et les Vénitiens (1205). Venise y créa un duché, en 1205, qui fut possession de plusieurs princes de la Maison capétienne d'Anjou-Sicile. Dès le XIV-e siècle, la population de la ville, jusque-là surtout grecque, devint majoritairement albanaise, et la population totale de Durrës atteignit environ 25 000 habitants.

Les turcs ottomans atteignirent la ville en 1392 mais elle fut laissée sous le contrôle de Venise de 1392 à 1501. À la tête de ses troupes, Skanderbeg assiégea la ville en 1447.

La ville est finalement tombée en 1501 aux mains du sultan Bajazet II qui la dévasta et la réunit à l'Empire ottoman. La majorité de la population quitta la ville ce qui la transforma en un village. Elle se développa à nouveau au XVIIe siècle et devint un centre commercial et le port de l'Albanie centrale. Après 1870 la ville continua à croitre lentement et plusieurs compagnies maritimes y établirent des comptoirs. Durrës fut sérieusement endommagée par plusieurs tremblements de terre, notamment en 1372, 1905 et 1926.

Les habitants de Durrës prirent part aux soulèvements nationaux de 1878 à 1881 et entre 1910 et 1912. Le 21 novembre 1912, Ismajl Qemali entra en ville et le drapeau albanais y flotta le 26 novembre 1912. Mais la ville fut occupée trois jours plus tard par la Serbie et resta sous son autorité jusqu'à en mai 1913. Le 7 mars 1913, Durrës devint la capitale de la principauté d'Albanie nouvellement indépendante et elle le resta jusqu'en 1920. Bien que l'Albanie fût neutre durant la Première Guerre mondiale, Durrës fut occupée par les armées de la Serbie, puis de l'Autriche-Hongrie en 1916 et enfin par celles de l'Italie en 1918. Après la Première Guerre mondiale, un congrès se tint à Durrës et une administration provisoire y fut mise en place.

Entre les deux guerres mondiales, plusieurs émeutes et coups d'état eurent lieu dans Durrës, puis, sous le régime de Zog Ier, les capitaux italiens affluèrent dans la ville et des usines y furent bâties. À la suite des dommages engendrés par le tremblement de terre de 1926, la ville fut rebâtie de manière moderne, son apparence s'améliora, des voies plus larges y furent aménagées et le port prit sa forme actuelle. La population s'accrut, passant de 4 700 habitants en 1923 à 10 500 en 1938.

La ville fut occupée par l'Italie le 7 avril 1939, malgré la résistance des gendarmes albanais, puis à compter d'août 1943 par l'armée allemande, qui dynamita le port en 1944. Le Conseil national de la libération y fut fondé en 1942.

Après la Seconde Guerre mondiale, le port fut reconstruit et Durrës transformée en ville industrielle, mais, le régime communiste albanais étant l'un des plus fermés du monde, le trafic du port resta très réduit et limité aux pays du Comecon, à Cuba et à la Chine. La ville était zone militaire stratégique et les déplacements ainsi que les habitants étaient étroitement surveillés.

Pendant les années 1990, Durrës fut le siège de nombreuses manifestations qui contribuèrent à la chute du régime, et le point de départ de nombreux "boat-people" fuyant la misère vers l'Italie toute proche.

Actuellement, elle est en voie de développement et de modernisation progressive.

Économie[modifier | modifier le code]

Port de Durrës
Chantier naval à Durrës

Deuxième ville d’Albanie avec environ 120 000 habitants et principal port du pays, Durrës est l'un des grands pôles commerciaux et de communication d’Albanie. Compte tenu de sa situation géographique, Durrës a des relations maritimes quotidiennes par ferry avec l’Italie, et les activités portuaires concernent la réparation navale.

L’industrie porte sur les produits manufacturés dans le domaine du cuir, des matières plastiques et du caoutchouc, des produits chimiques et électroniques, ainsi que des matériaux de construction (usine du groupe Italcementi depuis 1998)[1]. La région produit du vin, du maïs, de la betterave à sucre et du tabac.

La ville est en train de changer d'architecture avec la construction massive de logements dépassant 10 étages.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Durrës » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)
  • (en) Oxford Dictionary of Byzantium, s. v. Dyrrachion, vol. 1, 668 ;
  • A. Ducellier, La façade maritime de l'Albanie au Moyen Âge, Thessalonique, 1981.

Articles connexes[modifier | modifier le code]