Ivan Assen II

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Ivan Assen II (Iωάн en haut à gauche).

Ivan Asen II (bulgare: Иван Асен II, prononciation française en API : ivan asɛn ; valaque : Ioan Asen II, grec : Ιωάν Ασένου B), né vers 1190-1195, fut un souverain bulgare (tsar) d'origine valaque qui régna de 1218 à 1241 sur l'état appelé à l'époque « Royaume des Bulgares et des Valaques » (Second empire bulgare dans l'historiographie moderne), s'étendant sur ce qui est aujourd'hui la Macédoine, la Grèce du nord, la Bulgarie et le sud de la Roumanie[1]. Il est aussi connu sous le nom francisé de Jean Assen II, Jean III Assen II ou Jean Assen II. Dès les XIIIe et XIVe siècles, il avait en Bulgarie la réputation d'être le plus grand des Assénides (bulgare : Асеневци, Asenevci). Son prénom était orthographié « Iωάн » sur les fresques des monastères bulgares, comme sur l'image jointe. Il est mort vers la fin du mois de juin 1241.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du tsar Ivan Assen Ier de la dynastie des Assénides (quelquefois Asanides), Ivan Assen II est contraint de se réfugier, avec son frère Alexandre, chez les Coumans puis "en terre russe" (vraisemblablement dans la principauté de Kiev) suite à l'usurpation de son cousin Boril (bulgare : Борил) en 1207.

Prise du pouvoir et premières années de règne[modifier | modifier le code]

En 1217, Ivan Assen II rentre en Bulgarie où il reprend le trône à Boril avec l'aide de mercenaires russes, les Brodniks (une population russo-ukrainienne alliée des Coumans habitant dans les steppes du bord de la mer Noire, et qu'il installe dans l'actuelle Moldavie). Il mène alors une politique habile et équilibrée, en alliant ses démarches diplomatiques à des opérations militaires modérées.

En 1219/1221, il conclut un mariage dynastique avec Anne-Marie, la fille du roi André II de Hongrie, ce qui lui permet de récupérer le banat de Craiova, le knésat slavo-valaque de Trgovište et les villes serbes de Belgrade et Braničevo qui avaient été rattachés à la Hongrie. Il mène une politique de mariages dynastiques avec pratiquement l'ensemble de ses voisins.

Hégémonie balkanique[modifier | modifier le code]

Le « Royaume des Bulgares et des Valaques » sous le règne de Ivan (Ioan) Asen

Vers 1229-1230, il renforce l'influence de son Royaume sur l'empire latin d'Orient en projetant le mariage de sa fille Hélène avec l'empereur Baudouin II de Courtenay. Ce projet contrarie le despote d'Épire et empereur byzantin de Thessalonique Théodore Ier Ange Doukas Comnène qui attaque l'empire bulgare mais subit une écrasante défaite à Klokotnica, le 9 mars 1230. Théodore Ange y est capturé et rendu aveugle par le tsar Ivan Assen II.

À la suite de cette victoire, l'empire bulgaro-valaque parvient en position d'hégémonie militaro-politique dans les Balkans avec un débouché sur les trois mers : mer Noire, Adriatique et Égée. La Serbie est également sous l'influence d'Ivan Assen II car le roi Stefan Vladislav n'est autre que son beau-fils.

Rapprochement de l'empire de Nicée[modifier | modifier le code]

Au cours des années 1230, l'empire assénide se rapproche de l'empire de Nicée. À la suite du décès de la tsarine Anne-Marie, Ivan Assen II se réoriente vers une alliance avec l’empire de Nicée, en maintenant une certaine réserve quant aux plans de restauration du pouvoir byzantin à Constantinople. Il se marie avec Irène Comnène, la fille du captif Théodore Ier Ange Doukas Comnène.

Pour des raisons de politique intérieure et extérieure, Ivan Asen II rompt, en 1232, l’union religieuse avec Rome. En 1235, au concile de Lampsaque, en Asie Mineure, il revient à l'orthodoxie et restaure le patriarcat de Tarnovo avec l’appui de l’empire de Nicée. Il place Joachim Ier à la tête de ce patriarcat.

En 1235-1236, Ivan Assen II et Jean III Doukas Vatatzès s’allient contre l'Empire latin de Constantinople. Mais l’année suivante, le tsar assénide se rapproche - de manière surprenante - des croisés de l’Empire latin.

Œuvre du tsar Ivan Assen II[modifier | modifier le code]

Sur le plan économique, Ivan Asen II encourage le commerce, accorde des privilèges à la république de Dubrovnik (vers 1230) et est le premier tsar bulgare à battre monnaie (pièces en or et en bronze).

Sur le plan architectural, Ivan Assen II donne à la capitale Tarnovo son aspect monumental en renforçant les fortifications, en construisant des édifices religieux et des églises, dont la plus importante est celle dite des Quarante martyrs.

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

Ivan Assen II eut trois épouses :

  • Anna, morte religieuse sous le nom Anissia et d'origine inconnue, dont :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.
  • Dimitrina Aslanian, Histoire de la Bulgarie : de l'Antiquité à nos jours, Versailles, Association Trimontium,‎ 2004 (ISBN 2-951-99461-3).
  • Jean-Michel Cantacuzène, Mille ans dans les Balkans : chronique des Cantacuzène dans la tourmente des siècles, Paris, Editions Christian,‎ 1992 (ISBN 2-864-96054-0).
  • (en) Grigori Jitar : « Contributions about the coats of arms of the Assenid and Bassarab dynasties », in Annales of the Moldovan national Museum of History, Chișinău, I, pp.: 27-36 (1992) and II (1995) p. 19-40.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le « royaume des Bulgares et des Valaques » fut créé en 1186 suite de la révolte des Valaques qui eut lieu sous le règne d’Isaac II Ange, comme le relatent Anne Comnène, Nicétas Choniatès décrivant les rébellions menées successivement par Drăgaș, par Niculiță Delfinul (Νικουλιτζάς Δελφινάς dans les sources) puis, en 1185, par trois frères valaques : Asan, Ioaniţă Caloian et Petru Deleanu (Επανάσταση του Πέτρου Δελεάνου dans les sources) auxquels succèdent Ivan Assen Ier et son frère Petăr IV, appelés par Geoffroi de Villehardouin et son contemporain Robert de Clari « Joanisse et Pierre, rois de Blaquie et de Bougrie » ou « Johans rois de Blaquie » (Villehardouin : chapitres 78 et 79) ou encore « Jehans li Blakis ». Ces révoltes valaques sont appelées „Révoltes bulgares contre l’Empire byzantin (1040-1041)” par l’historiographie moderne bulgare et, à sa suite, internationale. À l'époque des nationalismes (XIXe siècle / XXe siècle), l'héritage du « Royaume des Bulgares et des Valaques » et tout particulièrement celui d'Ivan/Ioan Asen II, fut disputé entre les historiens bulgares et roumains qui travaillèrent alors à revendiquer pour cette dynastie une ascendance exclusivement bulgare ou exclusivement valaque, sauf pendant le régime communiste, lorsqu'il fut au contraire instrumentalisé dans le cadre de la promotion de la Grande amitié prolétarienne bulgaro-roumaine ; depuis la chute de ce régime en 1989-90, les historiens modernes reconnaissent mieux tant l'importante composante bulgare et slavonne de l'histoire de la Roumanie, que l'importante composante valaque de l'histoire de la Bulgarie et pour les y encourager, une Commission mixte inter-académique bulgaro-roumaine d'histoire a été instituée le 5 juillet 2001 (voir la Commission mixte inter-académique bulgaro-roumaine d'histoire sur [1]).

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