Bitola

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Bitola
Битола
Blason de Bitola
Héraldique
Drapeau de Bitola
Drapeau
Chirok Sokak, principale rue du centre
Chirok Sokak, principale rue du centre
Administration
Pays Drapeau de la Macédoine Macédoine
Région Pélagonie
Municipalité Bitola
Code postal 7000
Démographie
Population 74 550 hab. (2002)
Géographie
Coordonnées 41° 01′ 58″ N 21° 20′ 25″ E / 41.032799, 21.34029 ()41° 01′ 58″ Nord 21° 20′ 25″ Est / 41.032799, 21.34029 ()  
Altitude 576 m
Localisation

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Bitola
Municipalité de Bitola
Bitola
Administration
Maire
Mandat
Vladimir Taleski (VMRO-DPMNE)
2013-2017
Démographie
Population 93 585 hab. (2002)
Densité 222 hab./km2
Géographie
Superficie 42 200 ha = 422 km2
Liens
Site web www.bitola.gov.mk

Bitola (en macédonien : Битола, prononcé [ˈbitɔɫa ] Prononciation du titre dans sa version originale Écouter ; en grec moderne Monastir ; en turc Manastır) est une municipalité et une ville du sud-ouest de la République de Macédoine. La municipalité comptait 93 585 habitants en 2002 et couvre 422 km². La ville en elle-même comptait alors 74 550 habitants, le reste de la population étant réparti dans les villages alentour.

Le nombre d'habitants dans la municipalité était estimé à 93 585 en 2010, ce qui en fait la troisième municipalité de la République de Macédoine en nombre d'habitants, derrière Koumanovo et Skopje. La ville de Bitola est quant à elle la deuxième du pays, derrière Skopje.

Bitola est un important centre administratif, culturel, industriel, commercial et d'enseignement. Elle possède notamment une université. Elle se trouve dans la plaine de Pélagonie, à 15 kilomètres de la frontière grecque, sur la route qui relie la mer Égée au sud de la mer Adriatique et à l'Europe centrale.

Bitola est connue depuis le XIXe siècle comme la « ville des consuls » car de nombreux pays européens y entretenaient des consulats. Elle possède également un riche héritage architectural, notamment ottoman, et son centre-ville est réputé pour son architecture typique de l'Europe centrale, datant de la seconde moitié du XIXe siècle.

Géographie[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

La municipalité vue depuis le mont Baba, au fond, la plaine pélagonienne

Bitola est située dans la vaste plaine de Pélagonie, une des rares étendues non-montagneuses de la République de Macédoine. Cette plaine, située dans le sud-ouest du pays et ouverte sur la Grèce, est limitée par le mont Baba, qui culmine à 2 601 mètres d'altitude au pic Pelister[1], situé à l'ouest de la ville[2].

Bitola, située entre 590 mètres et 710 mètres au-dessus du niveau de la mer[1], est encadrée par les municipalités macédoniennes de Demir Hisar au nord, Mogila au nord-est, Resen à l'ouest et Krivogachtani au sud-ouest. Elle est frontalière de la Grèce par sa limite sud. La ville de Bitola se trouve par ailleurs à seulement 15 kilomètres de la frontière, et à 175 kilomètres de Skopje, 180 kilomètres de Thessalonique[2].

La ville, qui regroupait en 2002 74 550 des 95 385 habitants que comptait alors la municipalité[2], fait environ 7 kilomètres de diamètre et couvre 24 kilomètres carrés, soit 9,7 % de la superficie totale de la municipalité[1]. Le reste de la population réside dans des villages, disséminés sur le territoire de la municipalité.

Géologie et hydrologie[modifier | modifier le code]

La municipalité, bien qu'étalée sur la plaine pélagonienne, est ponctuée de plusieurs collines, dont les quatre Baïr qui encadrent la ville de Bitola. La plus haute, appelée Kale, culmine à 890 mètres. Ces collines sont les contreforts de systèmes plus importants, le léger massif d'Oblakovo-Snegovo et les monts Baba, très différents l'un de l'autre au point de vue du relief[1].

La municipalité est traversée par la rivière Dragor, qui prend sa source dans le mont Baba puis rejoint la Tsrna Reka à l'est de la ville. La Tsrna Reka se jette à son tour dans le Vardar, le plus grand fleuve de la République de Macédoine, tributaire de la mer Égée.

Vue panoramique, depuis la colline de Krkadach

Localités de la municipalité de Bitola[modifier | modifier le code]

En plus de la ville de Bitola, la municipalité de Bitola compte 18 localités :

Climat[modifier | modifier le code]

Le parc de Bitola sous la neige en hiver

La municipalité de Bitola, bien que située à seulement 155 kilomètres de la mer Adriatique et à 130 kilomètres de la mer Égée, ne connaît pas le climat méditerranéen. En effet, l'altitude et les hautes montagnes qui encadrent la Pélagonie garantissent plutôt un climat continental ou un climat montagnard[3].

Les étés sont chauds et secs et les hivers, pluvieux, sont entrecoupés de périodes chaudes et froides. Les précipitations sont plus abondantes en automne et au printemps[3]. La ville de Bitola connaît, à cause de la pollution liés à la présence d'usines, des brouillards assez fréquents ainsi qu'une évacuation de la chaleur plus lente qu'à l'extérieur[3].

Les écarts de températures selon les saisons peuvent être très importants, les records de température sont 41,2 °C le 6 juillet 1988 et -30,4 le 7 janvier 1993[3]. La municipalité connaît en moyenne 84 jours par an pendant lesquels la température descend en dessous de 0 °C, et de 45 à 50 jours où celle-ci dépasse les 30 °C[4]. Le mois de juillet est souvent le plus chaud de l'année, avec une température moyenne de 22,2 °C, le plus froid est janvier, avec 1,5 °C. Le printemps et l'automne connaissent des températures plutôt froides, respectivement 10,9 °C et 12,2 °C en moyenne[3].

La moyenne des précipitations se situe à 613,9 mm d'eau par an. Elle peut être très variable selon les années, en 1953, il est tombé seulement 358,8 mm alors qu'en 1981, il y a eu 851,9 mm. Les mois les plus pluvieux sont novembre (77,2 mm), décembre (69,3), octobre (60,4 mm) et mai (57,8 mm). Juillet (34,2 mm) et août (33,8 mm) sont les mois les plus secs[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom Bitola est dérivé du vieux mot slave Obitel (monastère ou domicile), parce que la ville était autrefois célèbre pour son monastère. Lorsque la signification du nom n'a plus été comprise, elle a perdu son préfixe «o»[6]. Le nom de Bitola est mentionné dans l'inscription de Bitola. La première mention écrite de Bitola date de 1014 ; elle figure sur un traité de l'empereur Samuel Ier de Bulgarie[7]. Les variantes slaves modernes incluent le macédonien Bitola (Битола), le serbe Bitolj (Битољ), et le bulgare Bitolya (Битоля). Les byzantins ont hellénisé le nom en Voutélion (Βουτέλιον) ou Vitólia (Βιτώλια). Le nom aroumain Bituli est également dérivé du nom slave.

Un autre nom grec de la ville, qui est actuellement toujours utilisé, est Monastiri (Μοναστήρι), signifie aussi "monastère". Le nom turc Manastir (turc ottoman: مناستر) est dérivé du nom grec, de même que le nom albanais Manastir ou Manastiri.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Pendant la Préhistoire, une communauté, appelée Lyncestis, s'installe dans la région. Au Ve siècle av. J.-C., sous l'impulsion du roi Philippe II de Macédoine, une ville, Heraclea Lyncestis, est construite sur une petite colline se trouvant à l'ouest de la ville actuelle[8]. Cette nouvelle cité est bâtie au carrefour de deux voies, l'une reliant la côte adriatique à la Thrace, l'autre, née dans le nord-est de la Pélagonie, rejoignant Stobi (actuelle Gradsko), située dans la vallée du Vardar[8].

Au IIe siècle av. J.-C., la Macédoine est envahie par les Romains[8]. Ceux-ci réorganisent l'ancien royaume en province et font de la route qui reliait la mer Adriatique à la Thrace une voie très importante, baptisée Via Egnatia[8]. Un siècle plus tard, la ville sert de dépôt de ravitaillement pour l'armée de Jules César lors de la Guerre civile, qui se déroula de -49 av. J.-C. à -50 av. J.-C. Son nom apparaît ensuite dans divers écrits, autant officiels que privés[8].

La ville est évangélisée très tôt, dès le Ier siècle, et devient un évêché[8]. Ses évêques des IVe siècle, Ve siècle et VIe siècle sont connus grâce à des textes de l'époque[8]. Heraclea Lyncestis est alors une ville importante, elle possède notamment des fortifications, deux basiliques et un théâtre[8]. À partir du Ve siècle, la ville connaît néanmoins des attaques barbares et est dévastée à plusieurs reprises. Le roi ostrogoth Théodoric est le premier à lancer une attaque sur Heraclea Lyncestis, en 472[8]. Il recommence en 479[8] et en 518 la ville est à nouveau ravagée par un séisme[9]. Elle est restaurée à la fin du Ve siècle et au début du VIe siècle, peu de temps avant l'invasion des Slaves, qui anéantissent définitivement la ville[8].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au VIe siècle, les Slaves Dragovites et Berzites[7] s'installent durablement dans la région. Ils abandonnent Heraclea Lyncestis et s'installent à l'emplacement de la ville actuelle, qui fait partie de l'Empire byzantin.

Pendant les siècles suivants, la ville, éclipsée par Ohrid, ne joue pas de grand rôle dans l'Empire[9]. Vers l'An Mil, cependant, elle redevient un carrefour commercial et de nombreux monastères et couvents sont construits. Ce sont ces établissements qui donnent son nom à la ville, Bitola, qui vient d'un mot slave signifiant « monastère ».

Au XIVe siècle, Bitola est conquise par les empereurs serbes qui l'incluent dans leur État[10]. À la fin de ce siècle, les Turcs commencent à envahir les Balkans et prennent Bitola en 1382[7]. Ils la rebaptisent aussitôt Monastir.

Époque ottomane[modifier | modifier le code]

La mosquée Ishak Çelebi, construite par les Ottomans

Monastir devient un grand centre commercial, qui commerce surtout avec l'Albanie et la Grèce[7]. La ville accueille un très grand nombre de Turcs et devient la troisième plus grande ville de l'Empire ottoman. Au XVIe siècle, Monastir accueille également une importante communauté juive, originaire d'Espagne et du Portugal, pays alors soumis à l'Inquisition[10]. Alors que les Turcs et les Juifs s'installent dans la ville, les Slaves occupent surtout les villages alentour[10].

Un marchand vénitien décrit en 1591 la ville comme un centre de négoce développé, qui possédait un Bezisten (bazar couvert) et un caravansérail. Selon lui, Monastir comptait 200 maisons habitées par des Juifs et vivait principalement du commerce de la laine et du cuir[7]. Le voyageur ottoman du XVIIe siècle Hadji Khalifa décrit quant à lui la ville comme un important marché de coton et son contemporain Evliya Çelebi recense 3 000 maisons, plus de 900 magasins, 40 maisons de thé et de café, un bezisten fermé par des portes en fer et d'autres nombreux monuments publics[7]. À cette époque, Monastir est également un grand centre religieux musulman. La ville compte en effet beaucoup de médersas, quelques écoles de droit religieux et près de 70 mosquées[7].

Après la Deuxième guerre austro-turque, qui se déroule de 1683 à 1699 et qui s'achève par la défaite ottomane, Monastir, comme les autres villes macédoniennes, décline, et sa population tombe à 12 000 habitants[7]. Le XVIIIe siècle est une période de stagnation pour la ville ; à la fin de ce siècle elle accueille néanmoins une nouvelle communauté ethnique, des Valaques[10], peuple qui parle une langue proche du roumain et qui a migré dans toute la péninsule balkanique jusqu'au XIXe siècle[11].

De 1800 à 1918[modifier | modifier le code]

Architecture à l'occidentale du XIXe siècle

Dès le début du XIXe siècle, Monastir connaît de profondes mutations et retrouve sa place de métropole dans l'Empire ottoman[10]. L'implantation d'ateliers d'artisanat offre du travail à la population grandissante et l'installation d'une garnison ainsi qu'une prestigieuse école militaire font venir de nombreux soldats qui s'installent dans la ville. En 1835, Monastir compte ainsi plus de 40 000 habitants[7] et est la seconde ville sur la partie européenne de l'Empire ottoman après Thessalonique. Ses commerçants traitent alors majoritairement avec des homologues de Venise, Vienne (Autriche), Paris, Londres et Leipzig.

En même temps, la conscience nationale macédonienne émerge et les Slaves commencent à ouvrir leurs propres écoles et églises, qui tendent à s'écarter de l'autorité du Patriarcat de Grèce, qui influe alors considérablement sur la vie quotidienne en favorisant l'hellénisation de la population slave[10].

En 1894, l'ouverture de la ligne de chemin de fer reliant Monastir à Thessalonique permet un nouvel essor économique pour la ville, qui, plébiscitée par les négociants étrangers, reçoit les consulats de douze États européens[7] et s'occidentalise fortement. Monastir reçoit alors son surnom de Ville des Consuls, qu'elle conserve encore plus de cent ans après[7],[12]. En 1903, les frères Manaki y réalisent le premier film des Balkans[13].

Manifestation du VMRO après la révolution jeune-turque en 1908

Pendant le début du XXe siècle, Bitola est un grand foyer d'associations autonomistes macédoniennes, notamment l'Organisation révolutionnaire intérieure macédonienne (VMRO), la principale organisation autonomiste macédonienne. Ces groupes aspiraient notamment à l'ouverture d'écoles de langue slave et à l'indépendance vis-à-vis du pouvoir ottoman. En 1903, la ville est d'ailleurs l'un des principaux foyers de l'Insurrection d'Ilinden, conduite par les nationalistes macédoniens contre les Ottomans et qui soulève toute la Macédoine slave[13],[14]. Après la révolution des Jeunes-Turcs en 1908, profitant de concessions faites par les Jeunes-Turcs, ce sont les Albanais qui choisissent la ville comme foyer d'action autonomiste. En 1908 a d'ailleurs lieu le Congrès de Monastir qui fixe l'alphabet albanais moderne[15].

Ensuite, en 1912, alors que la Turquie cède la Macédoine historique à la Grèce, la Bulgarie et la Serbie, cette dernière occupe la part réservée aux Bulgares, dont fait partie Bitola, qui retrouve par ailleurs son nom slave. En 1915, lors de la Première Guerre mondiale, les Bulgares envahissent la totalité de la Macédoine serbe, où ils s'opposent aux soldats alliés[13]. Jusqu'en 1918, Bitola se retrouve ainsi sur le front, et est bombardée presque quotidiennement, par des avions et des batteries ; elle sort de la guerre presque entièrement détruite[13].

Depuis 1918[modifier | modifier le code]

Après la fin de la Première Guerre mondiale, Bitola, comme toute l'ancienne Macédoine serbe de 1912, est incluse dans le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes[13]. En 1929, cet État devient le Royaume de Yougoslavie. La ville se trouve alors isolée à l'extrême sud de ce nouveau royaume et décline progressivement pendant l'entre-deux-guerres[16].

Bitola est, lors de la Seconde Guerre mondiale, la première ville de Yougoslavie à être attaquée par les forces de l'Axe. En effet, les Italiens la bombardent le 3 novembre 1940, alors que la Yougoslavie ne rentre officiellement dans le conflit qu'en avril 1941. Bitola, occupée par la Bulgarie la même année, souffre ensuite de la déportation de plus de 3 000 Juifs en mars 1943, 606 arrestations, 251 condamnations pour résistance, 600 habitants meurent lors de combats, 500 sont blessés[16]. La ville est libérée le 4 novembre 1944 par des Résistants communistes[17].

À la fin du conflit, en 1945, alors que la République socialiste de Macédoine est créée, Bitola est pressentie pour devenir capitale. Finalement, Tito impose Skopje, l'autre grande ville macédonienne, située dans le nord du pays. Mais après la Seconde Guerre mondiale, Bitola demeure le second centre économique de la Macédoine. La ville compte par ailleurs encore dix consulats, sur les douze qu'elle possédait à la fin du XIXe siècle. Depuis 1991 et son indépendance définitive, Bitola fait partie de la République de Macédoine.

Symboles[modifier | modifier le code]

Le blason et le drapeau de Bitola ont été adoptés en 2006. Ils remplacent d'anciens emblèmes dessinés à l'époque socialiste et ont été choisis pour leur absence d'inspiration idéologique. La frise d'or et d'azur du blason symbolise l'histoire de la ville et les traingles de gueule et d'or représentent la modernité[18]. Le drapeau reprend le blason sur un fond blanc.

La devise de la ville, Bitola, babam, Bitola (Битола, бабам, Битола), qui signifie « Bitola, grand-mère, Bitola » vient du titre d'une chanson traditionnelle, qui célèbre la ville[19].

Administration[modifier | modifier le code]

La municipalité de Bitola est administrée par un conseil constitué de 31 membres élus au suffrage universel direct pour une période de quatre ans. Le conseil s'occupe principalement des décisions budgétaires, des grandes orientations et assure les rapports entre le gouvernement national et la ville. Plusieurs commissions se répartissent les tâches plus concrètes. Il y a ainsi la commission des finances, du développement local, de l'urbanisme, de l'environnement...

À la suite des élections locales de 2013, le Conseil de Bitola est composé de la manière suivante[20] :

Parti Sièges
Coalition du Parti démocratique pour l'Unité nationale macédonienne (VMRO-DPMNE) 17
Coalition du Union sociale-démocrate de Macédoine (SDSM) 14

Le maire de Bitola est lui aussi élu au suffrage universel direct pour un mandat de 4 ans. Le maire actuel est Vladimir Taleski (Владимир Талески). Il est en outre comédien et dramaturge[21]. Le maire représente la municipalité de Bitola et il est responsable des activités du conseil auprès des habitants. Il doit également veiller à l'application des actes du conseil et peut lui-même soumettre des textes aux conseillers. Enfin, c'est lui qui gère les organes d'administration de la ville et ses fonctionnaires et qui nomme ou révoque les directeurs de ces organes[22].

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

La gare de Bitola

La municipalité ne possède pas d'aéroport ; le plus proche, celui d'Ohrid, n'est cependant distant de quelques dizaines de kilomètres. Il est régulièrement relié à plusieurs villes d'Europe, comme Belgrade, Amsterdam, Vienne et Dusseldorf[23].

Bitola est traversée par deux voies routières d'importance, la route européenne E852, qui relie Tirana à Bucarest en passant par Ohrid et la route européenne 65 qui relie Malmö, en Suède, à La Canée, en Grèce, en passant par Skopje.

La municipalité possède également une gare ferroviaire, située sur la ligne qui relie Skopje à Niki, un village grec frontalier du nome de Flórina. Cette ligne passe notamment par Veles et Prilep[24]. La première ligne de chemin de fer, de Bitola à Thessalonique, construite en 1894, n'existe plus. Le train, pour relier Thessalonique à Skopje, emprunte désormais la vallée du Vardar, située plus à l'est[25].

Bitola est également reliée à Skopje, Prilep, Kitchevo, Ohrid, Strouga, Resen, Demir Hisar, ainsi que d'autres nombreuses villes macédoniennes par des lignes régulières de cars. Les différents quartiers de la ville ainsi que les villages de la municipalité sont desservis par la compagnie locale, qui possède seize lignes différentes[26].

La grande avenue qui sort de Thessalonique vers l'Ouest porte le nom d'"avenue de Bitola" (en grec "Avenue de Monastir").

Énergie[modifier | modifier le code]

Le lycée Josip Broz Tito

L'approvisionnement en électricité de la municipalité est garanti par la centrale thermique de Bitola, située à 7 kilomètres à l'est de la ville. Le combustible utilisé est du charbon, extrait dans une mine des environs. La centrale, qui employait 250 employés en 2000 et participait à 6,52 % de la production nationale[27], fournit entre 529 et 638 mégawatts par mois. Des études sur la qualité de l'air aux abords de la centrale menées en 2002 ont montré que la pollution émise par celles-ci est en dessous du seuil maximum autorisé et que les gaz qui s'échappent des cheminées ne se répandent pas sur le territoire grec voisin[28].

Éducation[modifier | modifier le code]

La ville possède depuis 1979 sa propre université, l'université Saint-Clément d'Ohrid. Sonc campus principal se trouve à Bitola, mais elle a aussi des annexes à Ohrid et Prilep. A Bitola se trouvent notamment les facultés de médecine, de pédagogie, de technologie et d'administration. La ville compte aussi sept lycées et dix écoles primaires.

Santé[modifier | modifier le code]

La ville possède un centre hospitalier qui couvre une région peuplée par 100 000 personnes. En 2011, il a reçu des fonds s'élevant à 5,6 millions d'euros pour se moderniser et acheter du nouveau matériel. Il devrait ainsi devenir un véritable centre de santé régional et concurrencer les cliniques privées[29].

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie de Bitola repose principalement sur le secteur agricole, notamment la production et la vente du tabac, ainsi que sur l'industrie textile. La municipalité, grâce à sa proximité avec la Grèce, reçoit beaucoup d'investissements étrangers[30]. En 2008, les plus grandes entreprises étaient Pelister d.o.o. une entreprise de construction, Vest d.o.o.e.l., spécialisée dans l'agroalimentaire, l'imprimerie Kiro D. Dandaro a.d. et Konington d.o.o.e.l., une usine de textiles[31]. La ville est également le siège de la Stopanska banka Bitola, une entreprise qui entre dans la composition du MBI 10, principal index de la Bourse macédonienne.

Démographie[modifier | modifier le code]

Portrait d'un couple de négociants grecs de Bitola vers 1900

Selon une estimation de 2010, la municipalité de Bitola compte 93 585 habitants[32]. Le dernier véritable recensement, effectué en 2002, fait lui état de 95 385 habitants[33], dont 74 550 pour la ville en elle-même, la municipalité comptant alors également dix-huit villages ; le plus grand, Boukovo, comptant 3 494 habitants[34]. En 2004, la municipalité s'est agrandie puisqu'elle a récupéré le territoire d'autres municipalités considérées trop petites, comme Bistritsa et Koukouretchani.

Selon le recensement de 2002, la composition ethnique de la ville est[34] :

La composition ethnique de la municipalité est[33] :

Culture[modifier | modifier le code]

Institutions[modifier | modifier le code]

Icône du XVIe siècle exposée au musée

Bitola possède un théâtre national, installé dans un édifice datant de 1981. Le premier théâtre de la ville a ouvert au début du XXe siècle, mais la Première Guerre mondiale a mis fin à son activité. Il a toutefois été remplacé par d'autres institutions avant la Seconde Guerre mondiale. Le théâtre actuel a été fondé en 1944[35].

Bitola a aussi son musée, installé dans l'ancienne école militaire ottomane, construite en 1848, où a notamment étudié Mustafa Kemal Atatürk. Il présente notamment les artefacts retrouvés lors de fouilles à Heraclea Lyncestis. La ville compte enfin un centre culturel, établi dans les années 1980. Cette institution nationale se charge d'organiser diverses manifestations culturelles et accueille festivals, artistes, activités artistiques[36]... Une galerie d'art, Magaza, est aussi installée dans un ancien magasin du XIXe siècle. En plus d'expositions, elle propose des lectures publiques, de la musique de chambre, etc[37].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Chirok Sokak et l'église catholique

Les ruines d'Heraclea Lyncestis, situées en périphérie, présentent de beaux exemples d'architecture antique, notamment un théâtre et des basiliques paléochrétiennes, dont les restes conservent de vastes mosaïques[38]. Également à la périphérie, il y a le Zoo de Bitola et la forteresse, construite au XIXe siècle.

Le centre-ville renferme quant-à-lui les restes du Vieux Bazar ottoman, aux maisons basses typiques. Il est marqué par la Tour de l'Horloge, qui date des années 1830[39], par le hammam Deboy et par le Bezisten, vaste marché couvert, construit au XVe siècle[40].

Le quartier compte aussi plusieurs mosquées remarquables, comme la mosquée Yeni (yeni signifie « neuf » en turc). Son minaret fait quarante mètres de haut et elle a été construite vers 1558 sur les ruines d'une église. Elle sert aujourd'hui de salle d'exposition. La mosquée Ishak Çelebi date de 1506, son minaret mesure cinquante mètres et son jardin conserve des tombes anciennes en forme de sarcophages. Elle est encore utilisée pour le culte islamique. Enfin, la mosquée Haydar-Kadi a été construite de 1561 à 1562[41].

La rue piétonne principale, Chirok Sokak, ainsi que ses abords, ont été construits pendant la seconde moitié du XIXe siècle dans un style typique de l'Europe centrale. C'est dans ce quartier que se concentrent les consulats. Sur Chirok Sokak se dresse notamment l'église catholique du Saint-Cœur de Jésus, construite en 1909 dans le style néogothique français. Les premiers missionnaires français sont arrivés à Bitola au XVIIIe siècle. Le clocher a été construit de 1938 à 1940, grâce aux dons de Slovènes[42].

L'église orthodoxe Saint-Dimitri a été construite en 1830. Elle possède trois nefs et un riche iconostase en bois sculpté. L'église de la Sainte-Mère de Dieu a été consacrée en 1876 et l'église Saint-Panteleimon est connue pour sa fête de la Saint-Clément, pendant laquelle les viticulteurs de la région mangent leurs premières grappes de raisin[42].

Festivals[modifier | modifier le code]

Tous les ans se déroule le Bit Fest, qui propose des représentations théâtrales, musicales et des expositions tout au long de l'été. Les journées d'Ilinden commémorent quant-à-elles l'insurrection macédonienne de 1903 par des représentations de danses et de chants folkoriques. En septembre a lieu le festival international du film, qui rend hommage aux frères Manakis, pionniers du cinéma dans les Balkans et qui ont organisé la première projection de la péninsule à Bitola. Il est l'occasion d'un concours de documentaires et possède un public international. Le festival Bitola Open City organise des représentations théâtrales et musicales dans la rue, des ateliers de graffiti et des camps et des ateliers pour les jeunes. Interfest est un festival de musique classique et Si-do, un festival permettant aux enfants de chanter devant le public. Le Petit Montmartre de Bitola est aussi un événement organisé pour les enfants, et, présidé par un jury, il est consacré au dessin[43].

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Bitola est entretient des accords de coopération avec[44] :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en)(mk) Site officiel de la municipalité - Infrastructures-Localisation
  2. a, b et c (en) Premier, Hôtel & Restaurant - Informations utiles
  3. a, b, c, d et e (en)(mk) Site officiel de la municipalité - Climat
  4. (en)(mk) Site officiel de la municipalité - Climat, Glace
  5. (en)(mk) Site officiel de la municipalité - Climat, Précipitations
  6. Adrian Room, Placenames of the world: origins and meanings of the names for 6,600 countries, cities, territories, natural features, and historic sites, 2nd edition,‎ 2006 (ISBN 0786422483), p. 60
  7. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (en) GoMacedonia - Histoire de Bitola
  8. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (en)(de)(mk) BitolaBabamBitola - Histoire, Heraklea
  9. a et b (en) Site de l'office du tourisme de Macédoine - Bitola
  10. a, b, c, d, e et f (en) Centre macédonien de culture et l'information - Histoire de Bitola
  11. (fr) Université Laval - Les Aroumains
  12. (en) Nikola Minovski, « Bitola city of Consuls », Site officiel de la ville de Bitola (consulté le 3 avril 2011)
  13. a, b, c, d et e (en) Balkan heritage Fieldschool - Bitola
  14. (en) Council for Research into South-Eastern Europe of the Macedonian Academy of Sciences and Arts Skopje, Macedonia, 1993, « Macedonian Uprisings in the 19-th and the Beginning of the 20-th Century » (consulté le 2 avril 2011)
  15. (en) Albeu.com - The Manastir Congress or the Albanian Alphabet remembered
  16. a et b (en) MacedonianCities - Bitola
  17. (en) Macedonia FAQ - Bitola
  18. (mk) Utrinski Vesnik - Bitoila reçoit de nouveaux emblèmes
  19. (en) Bitola Tourist - Bitola, Babam, Bitola
  20. (mk) Site officiel de Bitola - Conseil
  21. (mk) Site officiel de Bitola - Le maire
  22. (mk) Site officiel de Bitola - Le maire
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  44. Cooperation