Special Operations Executive
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Le Special Operations Executive (en français, « Direction des opérations spéciales ») est un service secret britannique qui opéra pendant la Seconde Guerre mondiale (créé le 19 juillet 1940 par Winston Churchill et dissous le 30 juin 1946), avec pour mission de soutenir les divers mouvements de résistance, au départ ceux des pays d'Europe occupés par l'Allemagne, et progressivement ceux de tous les pays en guerre, y compris en Extrême-Orient. Il eut aussi une action dans les pays faisant partie de l'Axe, et eut des sections dans les pays neutres (Espagne, Syrie, etc.)[1].
Les agents du SOE font l'objet d'une liste consultable dans un autre article.
Pour bien comprendre le rôle joué par le SOE dans l'histoire de la Résistance et éviter certaines confusions parfois observées, il y a lieu de ne pas faire dépendre ce service du War Office (WO) ni des autres services secrets britanniques, tels que l' Intelligence Service[note 1].
[modifier] Présentation générale
[modifier] Opérations
[modifier] Objectifs des opérations
Les Britanniques cherchent à orienter l'activité des résistants des pays occupés dans un sens qui contribue à la réalisation de leurs plans de guerre globaux. L'activité des résistants revêt plusieurs formes :
- en matière d'action :
- sabotages pour contrer le dispositif de guerre : sabotages d'installations militaires, industrielles ou ferroviaires ;
- opérations destinées à inquiéter, déstabiliser, affaiblir l'ennemi, au cœur des pays occupés : attentats, assassinats, déraillements de convois de troupes.
- en matière de renseignement :
- obtention de renseignements sur les plans de l'ennemi : les intentions générales, les mouvements de troupes prévus ou constatés.
- désinformation de l'ennemi.
Le SOE est l'organisation chargée de l'action, dans l'attente de la reprise des opérations militaires. Pour ce faire, il doit, pour chaque pays concerné, procéder par étapes :
- commencer par s'assurer de l'existence effective d'une résistance, et prendre contact avec ses membres ; au besoin, susciter la création de groupes de résistance ;
- maintenir le contact, après qu'il a été établi ;
- fournir aux résistants les moyens nécessaires pour mener la lutte contre l'ennemi : l'encadrement (organisation en réseaux, direction des réseaux, méthodes de lutte clandestine, désignation des missions, protection et évasion des résistants en danger), le matériel (les armes, les munitions et les explosifs, les vêtements, la nourriture, etc.) et l'argent.
[modifier] Techniques utilisées pour les opérations
Pour réaliser ses opérations, le SOE a développé différentes techniques de guerre clandestine :
- Transports[2]. Il s'agit d'acheminer et de déposer dans les pays occupés les agents et les matériels (conteneurs, armes et munitions, documents, argent, etc.), ainsi que de récupérer et de rapatrier en Angleterre des agents en fin de mission ou en danger, des soldats, des résistants ou des personnalités (par exemple : André Dewavrin, Jean Moulin, Jean de Lattre de Tassigny et François Mitterrand[note 2]).
- Opérations maritimes. Pendant les premiers mois de son activité, le SOE n'a comme choix que la voie maritime, dans les limites imposées par l'amirauté : barques de pêche bretonnes, vedettes lance-torpilles, felouques méditerranéennes, sous-marins, bateaux de marchandise armés, etc. permettent des débarquements individuels ou des ramassages pour les sections F et RF, ou des évasions, soit pour la ligne VAR de la section DF (la ligne se termine par une traversée depuis la côte nord de Bretagne), soit pour la section EU/P (felouques avec équipages polonais), de Gibraltar à la Côte d'Azur, d'Afrique du Nord en Corse, de Corse en France ou en Italie.
- Opérations aériennes. C'est la RAF qui assure les transports aériens pour le compte du SOE, comme pour tous les services spéciaux britanniques.
Le plus souvent, les vols ont lieu de nuit, par ciel clair et en période de pleine lune[note 3], de façon à faciliter la navigation à vue et le repérage précis des lieux de destination des parachutages et des atterrissages.
- Parachutage. Cette méthode est utilisée pendant toute la guerre pour l'acheminement des armes et dans les premiers temps pour celui des agents. Lorsque l'agent ne dispose pas de comité de réception au sol, on parle de parachutage à l'aveugle. Le premier agent parachuté de cette façon est Georges Bégué, dans la nuit du 5-6 mai 1941, dix mois après la formation du SOE[note 4].
- Atterrissage. Pour améliorer l'efficacité (précision et sécurité) par rapport au parachutage, le SOE fait atterrir des avions derrière les lignes ennemies. Mais en plus, des résistants avertis par message codé émis par la BBC forment un comité de réception : celui-ci prépare un balisage lumineux au sol (en L) pour indiquer au pilote l'endroit et le sens de l'atterrissage ; il accélère les transferts ; il réceptionne les nouveaux arrivants ; il aide l'avion à redécoller et il efface les traces sur le terrain. Cette méthode est surtout utilisée en France zone nord, avec le Westland Lysander (voir l'image ci-contre). C'est dans la nuit du 4-5 septembre 1941 que le premier agent SOE à être acheminé de cette façon, Gérard Morel, atterrit près de Chateauroux, le Lysander étant piloté par Nesbitt-Dufort. Autre avantage de la méthode, l'avion peut être chargé à nouveau pour son retour et remmener ainsi des personnes ou des documents (courrier, rapports, plans) en Angleterre[note 5]. Pour améliorer encore la précision des atterrissages, le SOE utilise de nouveaux appareils :
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- le système Eureka-Rebecca qui permet aux pilotes de poser leur avion sur un point précis[note 6].
- Le S-phone, ancêtre du talkie-walkie, qui rend possibles à partir de fin 1942 les liaisons radio entre les avions et les comités de réception.
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- Émissions radio cryptées. L'opérateur radio, surnommé familièrement le pianiste, dispose d'un appareil portatif et d'un quartz[note 7] (dont la fréquence lui est spécifique) fournis par le SOE, avec lesquels il transmet des informations en morse, après les avoir cryptées de façon que le SOE soit seul à les comprendre. Il travaille sous risque permanent : il doit transmettre assez longtemps pour passer tous les messages nécessaires et doit éviter de se faire localiser par l'ennemi, qui utilise des voitures radiogoniométriques ou procède à des coupures de courant sélectives. Le premier message radio d'un agent de la section F fut envoyé vers Londres par Georges Bégué le 9 mai 1941.
- Jeux radio. Au premier degré, cette technique consiste à retourner des opérateurs radio ennemis arrêtés en Grande-Bretagne pour espionnage, et à leur dicter les messages à émettre, mensongers mais que l'ennemi croit authentiques. Dans la lutte psychologique constituée par l'utilisation de telles méthodes de désinformation par le SOE et par l'ennemi, il est admis que « le rempart de mensonges » édifié par les Britanniques a contribué efficacement à tromper les Allemands, notamment sur des éléments stratégiques clés tels que le lieu et la date du débarquement[3]. Cet élément de supériorité britannique complète celle obtenue par l'organisation secrète Ultra, par laquelle les Britanniques lisent à livre ouvert, sans que les Allemands s'en doutent, leurs messages militaires secrets codés par les machines Enigma.
- Envoi par la BBC de messages personnels codés. Georges Bégué prenant conscience des difficultés auxquelles les opérateurs radio vont se heurter, suggère d'utiliser la BBC, qui transmet déjà des messages personnels, pour transmettre des messages personnels codés en rapport avec l'action des réseaux. Les modalités sont mises au point à Londres. C'est en septembre 1941 que le premier message « Lisette va bien », en passant à la BBC, annonce à Georges Bégué, qui est le seul à pouvoir le comprendre, que l'opération aérienne convenue est imminente[4]. Le 20 octobre, en entendant le message « Gabriel vous envoie ses amitiés », Jean Pierre-Bloch, qui en est convenu ainsi avec Jacques Vaillant de Guélis, comprend « Mettez-vous en état d'alerte, l'opération est pour bientôt » ; et quelques jours plus tard, quand il entend « Gabriel va bien », il comprend « Le parachutage est pour ce soir, minuit » et il active en conséquence le comité de réception.
- Appareils truqués et explosifs. Des dispositifs spéciaux développés et fabriqués par le SOE permettent aux agents et aux résistants de camoufler les objets dangereux (transformés en objets courants) ou de perpétrer les sabotages ou les attentats planifiés :
- Crayon allumeur à retardement[note 8],
- Pipe, comportant un compartiment caché (pouvant contenir des documents secrets) et une boussole,
- Crayon, renfermant une lame,
- Porte-mine, servant de pistolet,
- Pistolet silencieux,
- Explosifs spéciaux : mines, charges creuses, retardateurs, engins explosifs aimantés.
- Construction de fausses identités : réalisation de faux papiers (cartes d'identité, cartes de rationnement, certificats, extraits d'actes de naissance etc.) ; réfection d'amalgames dentaires selon une composition conforme aux techniques du pays ; confection de vêtements selon le style du pays, la mode du moment ; préparation de fausses histoires individuelles ; etc.
- Semelles en caoutchouc en forme de pieds, que l'agent attache sous ses chaussures, faisant croire que les empreintes sont celles d'habitants de la région marchant pieds nus.
- Graisses abrasives : des additifs indésirables font gripper les moteurs, les mécanismes de locomotives, etc.
- Motocyclettes miniatures pliables (Welbike), pouvant se ranger dans un conteneur type C, utilisable par les parachutistes.
- Submersibles (Welman).
- Pilules de cyanure de potassium (pilule « L »), permettant à un agent de se suicider dans les situations ultimes.
[modifier] Exemples d'opérations
Des opérations du SOE, qui ont été très nombreuses et souvent souterraines, l'article évoque certaines, que le public connaît bien grâce aux livres et aux films qui les ont relatées ou s'en sont inspirés. Sont notamment à mettre au crédit du SOE : la destruction de 90 usines de guerre françaises, la découverte de la base secrète d'expérimentation des fusées V2 de Peenemünde (finalement bombardée), le retard infligé à la bombe atomique allemande par la destruction du stock d'eau lourde norvégienne, etc.
[modifier] Profil et préparation des agents
[modifier] Qualités recherchées
- Politique. L’opposition résolue aux puissances de l’Axe est naturellement indispensable. Des membres exilés ou échappés des forces armées de certains pays occupés sont des sources évidentes d’agents. C'est particulièrement vrai de la Norvège et des Pays-Bas. Dans d’autres cas (Français loyaux envers Charles de Gaulle, Polonais), la loyauté des agents s'exerce d'abord envers leurs chefs ou leur gouvernement en exil, et ils considèrent le SOE comme un moyen d’arriver à leurs fins. Cela a pu parfois créer de la méfiance et tendre les relations avec le Royaume-Uni.
- Connaissance du pays et de la langue. Dans la plupart des cas, la qualité première exigée est une profonde connaissance du pays où l’agent va opérer, de manière qu’il se conduise en toutes circonstances comme un véritable ressortissant et qu’il n’y ait aucun doute possible sur l’identité artificielle que lui a fabriquée le SOE. Une pratique courante de la langue est requise si l’agent doit passer pour un natif de ce pays. La double nationalité est souvent un attribut apprécié, particulièrement dans le cas de la France. Dans d’autres pays, en particulier dans les Balkans, un moindre degré de pratique de la langue peut convenir, car les groupes de résistance concernés sont déjà en rebellion ouverte et n’ont pas à y vivre clandestinement.
- Goût pour l’action militaire. Ce goût se trouve aussi bien chez certains officiers de l’armée régulière que chez d'autres qui ne connaissent de l'action que celle du temps de la guerre.
- Caractère. Avoir des nerfs d'acier. Savoir au besoin ne compter que sur soi. Avoir l'esprit d'équipe. Avoir l'esprit de décision et de réelles qualités de diplomate et de négociateur. Résister à des interrogatoires brutaux. Savoir vivre dans la clandestinité, en ayant intégré à fond une identité et une histoire personnelle fabriquées de toutes pièces par le SOE, et s'en souvenir dans le moindre détail (fausse famille, anciens professeurs, villes natales fictives, etc.) sans risque de se couper. Pouvoir vivre dans la perspective permanente d'être arrêté et torturé, de mourir seul et sans reconnaissance, ou avec la perspective d'être soupçonné de trahison, sans possibilité de démenti. Toutes ces qualités étaient repérées, puis testées et développées dans des écoles d’entraînement spécial du SOE dans lesquelles la plupart des agents recrutés sont passés.
[modifier] Critères indifférents
- Le respect des conventions sociales de l’époque n'est pas pris en compte. Dans son combat contre l’Axe, le SOE ignore ces conventions. Il peut employer sans problème des gens qui ont un casier judiciaire ou des rapports défavorables de l’armée, des communistes, des homosexuels connus, des nationalistes anti-britanniques, etc. Bien que certains d’entre eux constituent un risque, il n’y a pratiquement pas de cas connu d’un agent SOE qui soit passé à l’ennemi sans réserves.
- L'origine sociale n'est pas prise en compte. Le recrutement couvre toutes les classes sociales : ancienne aristocratie, bourgeoisie, origine ouvrière (c'est le cas de la majorité des agents de la section F). Quelques-uns même viendraient de la pègre.
- Le sexe n'est pas pris en compte. Au début, les femmes sont cantonnées dans les tâches non opérationnelles, comme c'est le cas dans les autres services secrets ou dans les armées. À partir d'avril 1942, après quelques exemples dérogatoires, sous l'impulsion de Colin Gubbins et après approbation de Winston Churchill, le SOE recrute des femmes, en les intégrant dans un service militaire de transport, le First Aid Nursing Yeomanry (FANY) avant leur affectation définitive dans les réseaux comme courriers ou opératrices-radio. Certaines y brilleront par leur caractère (énergie, enthousiasme, endurance, minutie). En outre, il leur est plus facile de changer d'aspect physique, de ne pas éveiller les soupçons et d'éviter les contrôles.
- Le métier n'est pas pris en compte. Bien que le goût pour l’action militaire soit un critère important, des gens de tous métiers ont servi le SOE sur le terrain.
- La nationalité n'est pas prise en compte. Cependant, dans le cas particulier de la France, le critère de la langue évoqué plus haut conduit à une représentation importante de Canadiens[note 9] et de Mauriciens.
[modifier] Préparation des agents
Le SOE met en place des écoles d'entraînement spécial, dans lesquelles l'agent apprend des techniques et se prépare moralement à affronter sa vie clandestine d'agent secret. Il doit notamment : affronter toutes les difficultés d'une nature hostile et survivre, agir discrètement en terrain découvert, ramper dans les buissons, franchir à gué des cours d'eau glacés, se battre sans arme, tirer, sauter en parachute, transporter et cacher sur lui du matériel d'espionnage (notamment des allumettes creuses contenant des microfilms, des codes, des chiffres réduits à la dimension de points, et des « cigarettes » bourrées d'explosifs), se servir de postes de radio, apprendre par coeur des signaux difficiles, utiliser en vue d'éventuelles évasions de très fines scies d'acier pour découper des barreaux de prison, ou des boussoles miniatures cachées dans des boutons, utiliser les pièges spéciaux mis au point par le SOE pour perpétrer les attentats, tels que des pompes à bicyclettes qui explosent quand on les utilise, des grenades à main placées dans des boîtes dont l'étiquette, fidèlement reproduite par des artistes de talent, annonce des « fruits », des moulages de plâtre peint ressemblant à une bûche contenant une mitraillette Sten, être prêt - en situation ultime - à avaler la pilule « L » de cyanure de potassium fournie avant le départ.
[modifier] Sélectivité de l'entraînement spécial
À titre d'exemple, l'agent Peter Churchill, dans son livre Missions secrètes en France, indique que de son groupe de 14 qui commença l'entraînement, 3 furent finalement envoyés sur le terrain, les 11 autres ayant été éliminés : 4 à la fin du stage à Wanborough Manor, 5 à la fin de celui de Mallaig, et 2 à la fin de celui de Ringway.
[modifier] Sort des réseaux
Les réseaux du SOE ont souvent été infiltrés par l'ennemi, puis retournés ou anéantis. Le phénomène est massif aux Pays-Bas, où la totalité des réseaux SOE finissent contrôlés par les Allemands ; il est également important en France ou dans d'autres pays. Mais le bilan de l'action du SOE est très positif et les opérations qu'il a menées, notamment celles qui visaient à leurrer l'ennemi sur les éléments clés de planification du débarquement, ont pesé très lourd dans la conduite de la guerre, en complément des efforts militaires proprement dits. Certains agents et certains réseaux ont pu être délibérément sacrifiés pour atteindre cet objectif majeur.
[modifier] Organisations ennemies
Trois organisations allemandes interviennent dans la lutte contre le SOE :
- l'Abwehr : services de renseignement de la Wehrmacht, dirigés par l'amiral Wilhelm Canaris. L'Abwehr est surtout active au début de la guerre ;
- le Sicherheitsdienst (SD) : services de sécurité du parti nazi, dont le bureau de contre-espionnage à l'étranger (Amt VI : « SD extérieur ») est dirigé par Walter Schellenberg ;
- la Gestapo : police secrète d'État dirigée par Heinrich Müller.
Les deux dernières sont regroupées depuis 1939 au sein une organisation unique, le RSHA, coiffée par Heinrich Himmler, et dirigée par Reinhard Heydrich, puis par Ernst Kaltenbrunner à partir de juin 1942. Dans la lutte contre le SOE, elles interviennent progressivement et voient leur rôle s'accroître au point d'absorber l'Abwehr au printemps 1944.
[modifier] Organisation
[modifier] Quartier général
Le quartier général du SOE est situé à Londres. Des antennes sont créées dans les capitales neutres ou alliées : Madrid, Lisbonne, Berne, Stockholm, Le Caire, Delhi, Calcutta (Force 136), etc.
[modifier] Rattachement
À sa création, le SOE est rattaché au Ministre de la guerre économique. Les ministres successifs sont : Sir Hugh Dalton jusqu'au 22 février 1942, puis Roundell Palmer, 3e Comte de Selborne.
Le 5 octobre 1943, le COSSAC (Chief of Staff to Supreme Allied Commander) décide d'exercer un contrôle opérationnel sur les activités du SOE/SO[note 10] pour une meilleure coordination entre les actions de guérilla et les opérations militaires pour le nord-ouest de l'Europe.
Le 1er juillet 1944, après le débarquement en Normandie, les sections agissant en France sont rattachées opérationnellement à l'État-major des Forces françaises de l'intérieur (FFI), dirigé par le général français Marie-Pierre Kœnig.
Mais Churchill, qui en est le créateur, conserve en permanence la haute main stratégique sur le SOE, notamment par l'intermédiaire de la London Controlling Section (LCS). Cela explique que le SOE soit parfois désigné comme « armée secrète de Churchill ».
[modifier] Relations
- MI6
Il y a plusieurs motifs structurels de forte rivalité entre le SOE et le MI6. Les deux organisations agissent sur le même terrain : les pays occupés. Selon la distinction traditionnelle, la mission du SOE, « Mettre le feu à l'Europe », en fait un service "action", alors que le MI6 est un service "de renseignement". L'action du SOE a pour résultat d'attirer l'attention de l'ennemi, alors que le renseignement (MI6) exige le plus de discrétion possible.
Le SOE et le MI6 sont rivaux en matière de recrutement. Il est difficile pour le SOE de recruter massivement, tant sur le sol britannique que dans les pays occupés, des cadres et des agents du même niveau professionnel que leurs collègues du MI6 ou leurs équivalents allemands de l’Abwehr.
- MI5
Le recrutement du personnel et des agents du SOE se fait indépendamment du MI6. En revanche, une collaboration étroite s'instaure avec le MI5, chargé du contre-espionnage sur le territoire britannique, pour filtrer les agents pressentis à leur arrivée en Grande-Bretagne ou à leurs retours de missions.
- France libre
Voir Résistance intérieure française
[modifier] Histoire
[modifier] Création
[modifier] Événement déclenchant
Le 6 juin 1940, la chute de Dunkerque marque la déroute de l'armée britannique aux côtés de l'armée française. Ce jour-là, Churchill comprend que les troupes régulières ne pourront pas reprendre pied sur le continent avant longtemps. Il envoie une note au général Hastings Lionel Ismay, chef du secrétariat militaire du cabinet de guerre britannique et du comité de défense impériale :« Nous devons nous mettre dans la tête que tous les ports de l'autre côté du Channel et que toutes les régions qui s'étendent entre ces ports sont un territoire ennemi. Des entreprises contre ce territoire doivent être préparées avec des troupes spécialement entraînées à débusquer le gibier et à répandre la terreur le long de ces rivages. Je compte sur le comité des chefs d'état-major pour me proposer des mesures appropriées à une vigoureuse et hardie offensive, menée sans répit contre toute la côte occupée par les Allemands. »
[modifier] La décision
Le mois suivant, Churchill prend deux dispositions importantes, destinées à développer l'action subversive contre l'ennemi, en complément des opérations militaires.
Sur le sol britannique, en prévision d'un probable débarquement allemand, il confie à Colin Gubbins l'organisation d'unités spéciales qui seraient chargées d'opérations de guérilla contre l'envahisseur. Le besoin de telles unités s'effacera après qu'Hitler renonce à envahir la Grande-Bretagne, le 12 octobre 1940.
Visant les pays occupés, le 19 juillet, Churchill envoie une note au général Ismay ordonnant « la constitution immédiate d'un organisme ayant pour tâche de coordonner toute action par voie de subversion et de sabotage au-delà des mers contre l'ennemi ». C'est ainsi qu'il crée le SOE, chargé d'aider - et au besoin de susciter - les mouvements de résistance : le SOE devra envoyer sur place des agents clandestins en civil (c'est-à-dire des espions), organiser des réseaux et des groupes de résistance, et fournir les moyens de perpétrer des sabotages, des attentats ou de faire du renseignement. Le besoin du SOE ne disparaîtra qu'à la victoire contre l'Allemagne. Le 21 juillet, Churchill précise à Anthony Eden, ministre de la Guerre : « ...Le nouvel organisme dépendra du ministère de la Guerre économique. »
[modifier] Mission
Churchill résuma à Hugh Dalton la mission du SOE par ces mots Set Europe ablaze, c'est-à-dire « Mettre le feu à l'Europe ». Il s'agissait de créer un environnement permanent d'insécurité pour les troupes allemandes et de gêner le plus possible leurs opérations.
[modifier] Choix d'organisation
De manière conjoncturelle, mi-1940, la situation est la suivante : le MI6 dispose de son propre service action interne, créé en 1938, le service D ; de même, il existe un service de renseignement au sein du ministère des armées, le MI. Or la mission du SOE implique de l'action, mais aussi du renseignement. Aussi, les deux ministères se disputent-ils la tutelle du SOE. Mais Churchill donne finalement raison à Sir Hugh Dalton, un travailliste, ministre de la guerre économique, qui le convainc que l'action à mener en territoire ennemi s'apparente davantage à de la subversion sociale qu'à du renseignement ou à des opérations militaires. Le SOE aura finalement pour ministre de tutelle Hugh Dalton, au-dessous duquel Churchill place un de ses amis d'enfance, le banquier Charles Hambro.
[modifier] Organisation
L'organisation du SOE comprend :
- le quartier général,
- les antennes, créées dans les capitales neutres ou alliées,
- les Sections, chargées de l'action dans les pays étrangers (finalement sans se limiter à l'Europe)
- les Stations, situées en territoire britannique, qui se répartissent en :
- Stations expérimentales
- Écoles d'entraînement spécial (STS, Special training schools).
[modifier] Quartier général
Le SOE est formé par la réunion de trois départements secrets, qui lui fournissent ses dirigeants et ses moyens initiaux :
- SO1 provient du département EH[note 11] chargé de la propagande au Ministère des Affaires étrangères, dirigé par Sir Campbell Stuart. Plus tard, en septembre 1941, cette section sera détachée du SOE pour former le PWE (Political Warfare Executive, en français, « Direction de la guerre politique »).
- SO2 provient de la section D, une sous-section de l'Intelligence Service créée en 1938, service action agissant plus particulièrement dans les Balkans, dirigée par le Major Lawrence Grand avec George Taylor comme adjoint, et dont le quartier général est installé dans The Frythe. Fin 1941, après la suppression de SO3 et le nouveau rattachement de SO1, SO2 représente la totalité du SOE.
- SO3 provient du MIR (Military Intelligence, Research), un département du Ministère de la Guerre, chargé de la planification des actions subversives et de sabotage, dirigé par le Major John C. Holland, avec le lieutenant-colonel Colin Gubbins pour adjoint ; le 17 janvier 1941, le SO3 est supprimé et ses principaux éléments rattachés au SO2.
- Dirigeants
Sir Frank Nelson est nommé à la tête du SOE. Pour des raisons de santé, il est remplacé par Sir Charles Hambro (1897-1963, KBE, MC) en avril 1942. Désapprouvant le regroupement des activités du SOE et de l'armée sous la même autorité, en août 1943, Hambro démissionne. Il est remplacé par son adjoint, le général de division (Major General) Colin Gubbins, qui prend lui-même pour adjoint R. H. Barry.
- Locaux
Au début, le SOE s'installe au Saint Hermin Hotel, Caxton Street, à Londres. À l'automne 1940, il s'installe au 62-64 Baker Street, puis s'étend au 84 dans d'anciens locaux des magasins Marks & Spencer, en laissant le 62-64 à sa section française (section F). Au 84, le seul signe de la présence de services officiels est la plaque indiquant Inter Services Research Office. Plus tard, le SOE occupera aussi Norgeby House, au 83. Le nom de Baker Street, celui de la rue où demeurait Sherlock Holmes, vaudra aux agents du SOE le surnom d'« Irréguliers de Baker Street ».
Certaines sections du SOE utilisent aussi des appartements à Londres, où les responsables mènent les discussions préalables au recutement des agents, leur donnent les consignes avant leur départ en mission et écoutent leurs rapports à leur retour. C'est le cas de la section F, qui utilise notamment Orchard Court, « Le Verger ».
[modifier] Sections
Le SOE comprend un certain nombre de sections régionales (country sections) qui coordonnent l'action des réseaux dans les différents pays :
- France : Deux importantes sections régionales du SOE (F et RF) sont consacrées aux opérations en France, et six autres sections sont impliquées à des titres divers :
- Section F : section française du SOE, sans relation avec la France libre. C'est la section la plus importante. Elle donna lieu à la formation de 95 réseaux.
- Section RF : section chargée de travailler avec les gaullistes (en l'occurrence André Dewavrin « Passy », chef des services de renseignements, qui devint le BCRA).
- Section DF : section chargée de la mise en place des filières d'évasion devant permettre le retour des agents en Angleterre.
- Section EU/P : section en relation avec les réseaux polonais du nord de la France.
- Section AL : section servant de bureau de liaison avec le ministère de l'Air britannique et chargée des liaisons aériennes clandestines avec le territoire français.
- Section Stockage-Emballage, pour les chargements de ravitaillement.
- Section MT : organise les écoles d'entraînement spécial qui forment les agents à la guerre secrète et subversive.
- section AMF : à partir de fin 1942, section basée à Alger qui opère dans le midi de la France ; après avoir brièvement collaboré avec les giraudistes, elle se met au service des gaullistes.
- Autres pays
- Allemagne : Section X
- Italie : Section I
- Pologne : Section MP
- Yougoslavie : Section Y
- Tchécoslovaquie : Section MY
- Norvège : Section SN
- Suède : Section SS
- Belgique : Section T
- Pays-Bas : Section N
- Espagne : Section H
- Autres sections : Grèce, Albanie, Danemark, Roumanie, Abyssinie, Asie du Sud-Est.
[modifier] Les stations expérimentales
Pour ses activités de recherche et développement, le SOE utilisa plusieurs « stations » généralement situées dans des maisons de campagne, identifiées par un numéro en chiffres romains.
[modifier] Écoles d'entraînement spécial
Pour l'entraînement de ses agents, le SOE dispose de plusieurs dizaines d'écoles d'entraînement spécial (Special Training Schools ou STS) dont la liste est présentée dans l'article Liste des établissements du SOE. Le quartier général de l'entraînement du SOE est situé à Norgeby House, 83 Baker Street. Il est dirigé par le colonel J.S. Wilson.
Les écoles d'entraînement spécial du SOE se répartissent en plusieurs catégories. Pour les présenter, suivons la séquence du programme d'entraînement d'un agent :
- Écoles préparatoires (preliminary schools). Ces écoles sont situées dans les Midlands et le sud de l'Angleterre et sont dirigées par le colonel Roger de Wesslow. Les futurs agents des deux sexes y sont répartis par nationalité, chaque Country section disposant de la sienne. Le stage dure quatre semaines, et permet de tester le caractère, les capacités physiques et les aptitudes à des tâches particulières de l'agent. Bien que formé par plusieurs instructeurs, l'agent est suivi par un même officier qui l'observe, le note, l'aide et finalement donne son avis sur son orientation.
- Écoles d'endurcissement (roughning schools). Ces écoles sont situées en Écosse, dans l'Invernessshire : quartier général à Arisaig House, demeure familiale des Nicholson située près de Loch Ailort ; six autres manoirs réquisitionnés aux alentours. Elles sont dirigées par deux vétérans de la Première Guerre mondiale, le lieutenant-colonel Pat Anderson et le major James Young. Le stagiaire qui a été reconnu apte à la fin de son stage en école préparatoire y suit une nouvelle phase d'entraînement (tir instinctif, poignard, techniques de démolition, télégraphie morse, etc.) en cotoyant cette fois des stagiaires d'autres nationalités.
- École d'entraînement au saut en parachute n° 1 de Ringway Airport. Cette école est située près de Manchester. Elle est dirigée par le wing commander Maurice Neuwham. Elle accueille des stagiaires du SOE, des commandos-parachutistes ou des combattants des troupes aéroportées, mais ceux du SOE sont logés à part, à Dunham Lodge (Bowdon, près d'Altrincham, dans le Cheshire).
- Écoles de finition spéciale (special finishing schools). Ces écoles sont situées sur les terres de la famille Montagu près de Beaulieu dans le Hampshire. Elles sont dirigées par le colonel Frank Spooner. Le stagiaire est préparé individuellement à sa future mission. Il est présenté à son futur officier traitant. Il suit un cours général sur les techniques de sécurité : comment trouver un refuge, organiser des liaisons, rompre une filature, communiquer en secret (chiffrage, encres invisibles, camouflage des documents), utilisation de « boîtes aux lettres », procédés du contact, prévention contre les méthodes de la police, comportement lors des interrogatoires, etc.). Il est informé des conditions et des habitudes de vie du pays où il va se rendre. À la fin du stage, il est soumis à un exercice spécial de trois à cinq jours destiné à tester sa débrouillardise : il reçoit un objectif de sabotage (décrit dans un dossier sommaire qu'il doit entièrement mémoriser) ; on lui retire tous ses papiers ; on lui laisse dix shillings ; s'il se fait prendre par la police et ne parvient pas à s'échapper ou à se faire libérer, il peut utiliser comme ultime recours un numéro de téléphone appris par cœur, qui le protège contre l'incarcération pour espionnage mais probablement pas de la radiation du SOE pour incapacité.
En plus des quatre grandes catégories évoquées ci-dessus, il existe quelques autres écoles d'entraînement spécial.
[modifier] L’organisation des moyens aériens
Les moyens aériens dont les sections régionales du SOE ont besoin pour leurs opérations leur sont fournis par la Royal Air Force.
[modifier] Effectifs
Grâce à l'appui de Churchill, les effectifs du SOE croissent rapidement, au point d'atteindre finalement environ 13 000 personnes, employées directement ou contrôlées.
[modifier] Dissolution
Le 30 juin 1946, le SOE, devenu sans objet, est dissous[5]. Ce qui reste du personnel et des équipements, absorbé par le MI6, est réparti entre les différentes divisions opérationnelles et le nouveau Directoire de l'entraînement et du développement pour la préparation à la guerre (DEWP).
[modifier] La Mémoire
[modifier] La reconnaissance
À plusieurs reprises, dès la fin de la guerre, le haut commandement interallié a exprimé sa dette globale envers l'action de la résistance intérieure et des forces spéciales. La boîte déroulante ci-dessous en donne quelques exemples.
Message du general Eisenhower, commandant en chef des Forces interalliées, 8 mai 1945
« Les Allemand qui avaient envahi, occupé et pillé vos patries, ont enfin été vaincus par les forces des Nations Unies et vos pays ont maintenant été libérés par les efforts conjugués de toutes les forces placées sous mon commandement. Ce n’est pas parmi les moindres de ces forces que je place les mouvements de résistance qui pendant si longtemps se sont consacrés sans fléchir, à la tâche de renverser l’ennemi commun.
Tenu constamment au courant de votre activité, j’ai suivi vos efforts avec admiration.
Je sais combien votre tâche a été dure, je sais combien d’entre vous ont été jetés en prison, suppliciés ou assassinés. Mal armés, luttant au milieu des forces d’un ennemi sauvage et implacable, vous avez combattu de mois en mois, d’année en année, insouciants des désillusions qu’il vous a fallu subir et des dangers que vous avez encourus. Quelques-uns d’entre vous ont mené une lutte ouverte contre l’ennemi, d’autres ont été soumis à la rigueur des activités clandestines qui de par leur nature ont dû rester ignorées et sans récompense apparente de la part de vos camarades de combat : pour la plupart d’entre vous, votre seule récompense a été la conscience que par vos efforts vous avez aidé à libérer votre patrie d’un ennemi exécré.
Dans cette grandeur de la victoire en tant que votre commandant en chef, je vous remercie vous, les forces de la Résistance, pour votre discipline, pour votre courage et pour les services inestimables que vous avez rendus à la cause de l’avenir de tous les peuples épris de liberté. »
Rapport d’opération du général Eisenhower, commandant en chef des Forces interalliées
« J’estime que la destruction des communications ferroviaires ennemies, le harcèlement du trafic automobile allemand et la pression de plus en plus forte exercée par les forces organisées de la Résistance sur l’économie de guerre et les services de sécurité allemands, ont joué un rôle considérable dans notre victoire.
Les sabotages ont produit des résultats que l’effort de guerre aérienne alliée n’avait pas pu obtenir. Ils retardèrent la marche des divisions allemandes venant du midi de la France vers la Normandie, ce qui eut pour conséquence de les faire arriver trop tard, si elles n’avaient pas été totalement stoppées en cours de route, et de toute manière dans un état d’extrême désorganisation et d’épuisement. »
Déclaration du général Eisenhower, commandant en chef des Forces interalliées
« Notre état-major estimait qu’au cours de la campagne de France, les Forces françaises de l’intérieur équivalaient à quinze divisions ; l’aide considérable qu’elles nous apportèrent, en facilitant la rapidité de notre avance, a justifié ce point de vue [...] Sans eux (les Résistants), la libération de la France et la défaite de l’ennemi en Europe occidentale auraient été bien plus longues, bien plus pénibles et nous auraient coûté davantage de pertes. »
Lettre du général Eisenhower au général Gubbins, chef du SOE, 31 mai 1945
« Avant que ne soit dissous l’état-major des forces spéciales (SFHQ), je voudrais dire combien j’ai apprécié ses magnifiques performances.
Depuis que j’ai assumé le commandement suprême en janvier 1944 jusqu’à l’instant présent, son travail a toujours été caractérisé par une planification patiente et clairvoyante, une remarquable souplesse d’adaptation aux exigences opérationnelles du haut commandement et d’une grande efficacité dans l’exécution. En aucune guerre antérieure et sur aucun autre théâtre d’opérations au cours de cette guerre, les forces de résistance n’ont été aussi étroitement intégrées à l’effort militaire principal.
S’il n’a pu être établi une évaluation définitive de l’apport opérationnel de l’action de la Résistance, je considère néanmoins que le sabotage des communications ferroviaires de l’ennemi, le harcèlement des colonnes allemandes sur les routes, la pression continue et croissante sur l’économie de guerre allemande et ses services de sécurité intérieure, par les forces organisées de la résistance à travers toute l’Europe occupée, ont joué un rôle primordial dans notre victoire définitive et complète...
La combinaison de certaines sections de vos deux organisations, instituée sous le nom d’état-major des forces spéciales et placée sous le commandement conjoint du général Mockler-Ferryman et du colonel Haskel, a été le moyen par lequel lesdites forces de résistance ont été si efficacement organisées, ravitaillées et dirigées. Il faut rendre un hommage particulier à ceux qui étaient responsables des communications avec les territoires occupés. Je suis également conscient du soin avec lequel chacun des pays a été étudié pour être organisé en conséquence, et de la qualité du travail effectué en matière de formation, d’entraînement, d’information et d’infiltration des agents. En outre, le ravitaillement des agents et des groupes de résistance sur le terrain n’a pu atteindre une telle ampleur à l’été 1944 que grâce à l’efficacité exceptionnelle des personnels du ravitaillement et des liaisons aériennes. Enfin, je dois exprimer ma grande admiration pour les exploits courageux et souvent spectaculaires des agents et des groupes spéciaux qui se trouvaient sous l’autorité de l’état-major des forces spéciales. »
Déclaration du général Marshall, chef d’état-major général des armées américaines
« La Résistance a dépassé toutes nos prévisions. C’est elle qui, en retardant l’arrivée des renforts allemands et en empêchant le regroupement des divisions ennemies à l’intérieur a assuré le succès de nos débarquements. Sans vos troupes du maquis, tout était compromis.
Les troupes ennemies se déplaçant en Normandie, au sud de la zone de combat, sont systématiquement harcelées par les hommes du maquis, et avec une telle vigueur, qu’on peut dire que l’armée allemande, en France, a été prise entre deux feux. Les renseignements qui arrivent de plus en plus nombreux, montrent que les groupes organisés de la Résistance font tout ce qu’on attendait d’eux et même davantage. »
Article d’Alistair Forbe, journaliste du Daily Mail, après la libération
« Nous, les Britanniques et les Américains, avant tout, nous devons aux Forces françaises de l’intérieur, une dette de reconnaissance. Elles ont sauvé par leur action des milliers de vies, épargné à nos troupes des semaines de durs combats. Nous leur devons ensuite notre admiration car bien des fois les soldats du maquis ont été les seuls soldats alliés à ne jamais perdre le contact avec l’ennemi. Et nous leur devons enfin, à mon avis, des excuses. Nous avons été trop longtemps aveugles à la force de l’arme qui, de l’autre côté de la Manche, était à la disposotion de la cause alliée. »
Dans les années qui ont suivi la guerre, de nombreux monuments (mémoriaux, stèles, plaques) ont été érigés à la mémoire des agents du SOE et des résistants qui avaient combattu à leurs côtés. Voici quelques exemples significatifs :
- À l'Abbaye de Westminster, Londres, un monument est dédié « à tous les membres du SOE de toutes nationalités qui ont maintenu l'esprit de résistance et sont morts pour la libération des pays occupés ». Ce monument a été inauguré par Sa Majesté la Reine Elizabeth la Reine Mère, le 13 février 1996.
- le mémorial de l'église Saint-Paul, Knightsbridge, Londres, rend hommage « à la mémoire des agents féminins du FANY qui ont donné leur vie pour leur roi et pour leur pays, pendant la Seconde Guerre mondiale ». Les noms gravés comprennent 13 agents de la section F du SOE : Yolande Beekman, Denise Bloch, Andrée Borrel, Muriel Byck, Madeleine Damerment, Noor Inayat Khan, Cecily Lefort, Vera Leigh, Eliane Plewman, Lilian Rolfe, Diana Rowden, Yvonne Rudellat, Violette Szabo.
- le Mémorial de Valençay (Indre) honore les 104 agents de la section F morts pour la France. Situé près du lieu du premier parachutage d'un agent du SOE en France, il a été inauguré le 6 mai 1991, à l'occasion du cinquantenaire de ce parachutage.
- le Mémorial Brookwood (Surrey, Angleterre) honore 3475 hommes et femmes des forces du Commonwealth et de l'Empire morts pendant la guerre et dont les noms ne peuvent être enregistrés de manière appropriée sur les autres mémoriaux des différents théâtres de guerre, ce qui est le cas de plusieurs agents du SOE.
De plus, la mémoire des agents exécutés est commémorée dans les camps de concentration. Exemples :
- au musée du camp de Flossenbürg, une plaque a été inaugurée le 22 juillet 2007 à la mémoire de quinze agents du SOE : François Michel, exécuté en juin 1944, Gustave Biéler « Guy » exécuté le 5 septembre 1944, Jack Agazarian, Phillip Amphlett, James Amps, George Demand, Roland Dowlen, Marcel Fox, Harry Graham, Eugène Levene, Jean Menesson, Brian Rafferty, David Sibree, Victor Soskice, Jean Worms, exécutés le 29 mars 1945 ;
- au mémorial du camp de concentration de Gross-Rosen (devenu Rogoźnica, en Pologne), une plaque honore la mémoire de dix-neuf agents de la section F qui y ont été exécutés en août-septembre 1944. On y lit : « À la mémoire des officiers de la section française du Special Operations Executive (SOE) tués à KL[7] Gross-Rosen en automne 1944 : Alexandre Lt R.E.J., Antelme Maj. J.A.F., Byerly Lt. R.B., Defence Cpt. M.E., Deniset Cpt. F.A., Dubois J.R.A., Duclos Lt. P.F., Finlayson Lt. D.H., Gaillot Lt. H.H., Hamilton Lt. J.T., Hayes CPT. V.C., Ledoux Cpt. J.P.H., Lee Cpt. L., McBain Plt Off. G.B., Malraux Lt. C.R., Maugenet Lt. A.A.J., Pardi Lt. P.B., Rabinovitch Cpt. A., Vallée Capt. F.J.. »
- au camp de Ravensbrück, une plaque à la mémoire de Denise Bloch, Lilian Rolfe, Violette Szabo et Cecily Lefort ;
- au camp de Sachsenhausen, une plaque a été érigée sur laquelle figurent les noms de deux agents de la section F, « Maj Francis Suttill DSO » et du « Capt W Grover-Williams FrCdG » parmi les vingt « membres courageux des forces britanniques et du Commonwealth, dont beaucoup restent inconnus, qui furent internés à Sachsenhausen et qui ont péri ici ou ailleurs, tombés aux mains de leurs ravisseurs. » ;
- camp de Struthof, près de Natzweiler, une plaque, inaugurée le 22 juin 1975 par le Premier ministre Jacques Chirac, commémore les 4 femmes agents exécutées le 6 juillet 1944 : Andrée Borrel « Denise », Vera Leigh « Simone », Sonia Olschanesky « Tania » et Diana Rowden « Paulette » ;
[modifier] Les zones d'ombre
De nombreuses raisons ont longtemps fait obstacle à une bonne connaissance de l'histoire du SOE :
- En raison de sa nature de service secret, ses agents devaient respecter des exigences draconniennes de discrétion, ce qui s'oppose à la traçabilité de leurs actions.
- Le nom du service et son existence même furent des secrets bien gardés pendant la guerre. Le War Office connaissait la section MO-1(SP), l'Amirauté connaissait un bureau NID/Q, le Ministère de l'Air connaissait AI-10, le Foreign Office un service encore différent, des laboratoires effectuaient des recherches pour le Joint Technical Board ou l'Inter-service Research Bureau. De Gaulle appelait Intelligence Service tous les services secrets sans distinction, les Allemands classaient souvent les dossiers W.O. (pour War Office). Les agents eux-mêmes parlaient de « La Firme » et ne connaissaient du quartier général qu'une ou deux pièces peu meublées, éloignées des bureaux de Baker Street, où ils avaient été recrutés.
- Environ 13 %[8] des papiers originaux ont été préservés de la destruction, intentionnelle ou accidentelle :
- Les enregistrements n'ont pas été conservés systématiquement. Le SOE a grandi précipitamment et par à-coups et, pour des raisons de sécurité, il n'y a pas eu d'enregistrement centralisé. Seule une tentative de créer des archives centrales était en cours à la fin de la guerre.
- Certains enregistrements du SOE ont été délibérément détruits face à l'avance ennemie. C'est le cas à Singapour en 1942 devant l'avance japonaise et au Caire lorsque les Allemands s'approchèrent d'Alexandrie.
- Pour des raisons de stockage et de manipulation, on a procédé à un sérieux élagage à la fin de la guerre.
- Fin 1945, une partie des archives a disparu dans un incendie, peut-être accidentel.
- Le rangement est parfois le simple fait du hasard, et les informations peuvent ainsi se trouver à des endroits inappropriés, ce qui gêne les recherches.
- L'ouverture au public des dossiers du SOE aux National Archives britanniques a commencé tardivement (1993) et a progressé très lentement (voir paragraphe suivant)
- Certains dossiers intéressants pour l'histoire du SOE resteront longtemps inaccessibles, tels ceux classés sous la rubrique MI6.
Nombreux sont les agents qui, après la guerre, ont publié leurs témoignages ou leurs mémoires. Mais :
- Certains acteurs majeurs se sont peu ou pas exprimé sur le sujet, à commencer par Winston Churchill dans son Histoire de la Seconde Guerre mondiale.
- Certains agents ont pris, lors de leur recrutement, un engagement à long terme de ne rien révéler de leurs activités.
- De même, certains récits « officiels » des opérations du SOE sur les différents théâtres ont été publiés tardivement et soulèvent parfois des questions par leurs erreurs et leurs silences :
- M.R.D. Foot, SOE in France, HMSO, 1966
- Charles Cuickshank, SOE in the Far East, OUP, 1983
- Charles Cuickshank, SOE in Scandinavia, OUP, 1986.
[modifier] Les archives
Les "National Archives" britanniques ont ouvert au public les dossiers suivants relatifs au SOE (repérés par HS dans leur catalogue) :
- HS 1 - SOE operations: The Far East
- Opérations en Extrême-Orient, ouvert au public depuis juin 1993, Public Record Office, classe HS 1/1-350 : Birmanie, Siam, Indo-Chine française, Malaya, Chine, Japon, Afghanistan, Inde, Australie, Sumatra anglo néerlandaise, papiers organisationnels.
- HS 2 - SOE operations: Scandinavia.
- Opérations en Scandinavie, ouvert au public depuis juin 1994, Public Record Office, classe HS 2/1-272 : Danemark, Finlande, Norvège, Suède, etc.
- HS 3 - SOE operations: Africa and the Middle East.
- Opérations en Afrique et au Moyen-Orient, ouvert au public depuis septembre 1994, Public Record Office, classe HS 3/1-245 : Aden et mer Rouge, Abyssinie et Afrique orientale, Afrique du Nord, Afrique occidentale, pays arabes, Chypre, Égypte, Malte et Tunisie, Moyen-orient, Maroc, Palestine, Syrie, Tanger, Turquie.
- HS 4 - SOE operations: Eastern Europe.
- Opérations en Europe de l'Est, ouvert au public depuis mars 1995, Public Record Office, classe HS 4/1-381.2 : Tchécoslovaquie, Hongrie, Pologne et Union Soviétique.
- HS 5 - SOE operations: Balkans. Opérations dans les Balkans.
- HS 6 - SOE operations: Western Europe. Opérations en Europe de l'Ouest.
- HS 7 - SOE Histories and War Diaries.
- HS 8 - SOE headquarters records. Quartier général, ouvert au public depuis le 8 février 2002.
- HS 9 - SOE Personnel Files.
- HS 10 - Photographs of equipment developed by SOE Station 15b for covert operations behind enemy lines.
- HS 11 - SOE: Registry: General Nominal and Subject file index, 1939-1946.
- HS 12 - SOE: Registry: Index of Honours and Awards, 1939-1946.
- HS 13 - SOE: Registry: France Nominal Index, 1940-1946.
- HS 14 - SOE: Registry: Belgium (including some Dutch) Nominal Index, 1939-1946.
- HS 15 - SOE: Italian Section and Middle Eastern and Greek Section Agent Particulars Nominal Index, 1939-1946.
- HS 16 - SOE: Playfair and Wireless Operators Codes Nominal Card Index, 1940-1946.
- HS 17 - SOE: Registry: Scandinavia Nominal Index Cards, 1940-1946.
- HS 18 - SOE: Registry: Iberian Nominal Card Index, 1940-1946.
- HS 19 - SOE: Staff Income Tax Nominal Index Cards, 1940-1946.
- HS 20 - SOE: Registry: Miscellaneous Nominal Card Index, 1940-1946.
D'autres dossiers concernant le SOE sont présents dans les dossiers du MI 6 (SIS), du MI 5 (KV 1 et KV 5), du Air Ministry (AIR), du War Office (WO), du Foreign Office (FO) et du Prime Minister's Office (PREM).
[modifier] La section F, principale section française
[modifier] Organisation de la section F
- À la tête de la section F sont nommés successivement : Leslie Humphreys (août 1940), H.R. Marriott (décembre 1940), Maurice Buckmaster (début de l'été 1941). Le nom de ce dernier est particulièrement connu en France, où les réseaux de la section F sont souvent appelés réseaux Buckmaster ou familièrement réseaux Buck.
- Au poste d'adjoint, Nicholas Bodington, un brillant diplômé d'Oxford de 35 ans, est nommé fin 1940. Correspondant de presse à Paris avant-guerre, il a collaboré à cette époque avec le MI6 et conserve des relations avec son ancien patron Claude Dansey.
- L'assistante de Buckmaster est Vera Atkins. Elle est considérée comme l'« âme de la section »[note 12].
L'équipe du quartier général de la section F comprend également[9] :
- Lieut.-Colonel Bourne-Paterson, le responsable planning (certaines sources le citent comme responsable financier).
- Major Jacques Vaillant de Guélis, le responsable du briefing.
- Major Lewis Gielgud, le responsable du recrutement (certaines sources citent également Selwyn Jepson).
- Major Gerry Morel, le responsable des opérations (fin mars 1942-juillet 1944).
- Captain George Noble (alias de Georges Bégué), responsable des transmissions.
- Major Huot, US 2i/c.
- Mr. Park, portier (janitor).
[modifier] Réseaux de la section F
[modifier] Liste des réseaux
La Liste des réseaux de la section F du SOE fait l'objet d'un article spécifique.
[modifier] Noms de code
La section F attribue des noms de code à ses agents et à ses réseaux, comme suit :
- Au moment où un agent part pour la France, il reçoit, en plus d'une identité de couverture, deux noms :
- un nom de code opérationnel : c'est généralement un nom de métier en anglais (exemple : ACTOR), ou plus rarement de plante ou d'arbre (exemple : PRUNUS). Ce nom n'est généralement pas connu sur le terrain, son usage étant destiné aux communications avec Londres.
- un nom de guerre (« field name » en anglais) qui est généralement un prénom français. Exemple : « Jules ».
- En formant ou en homologuant un réseau, le SOE section F lui donne pour nom de code celui de son chef. Cela a deux conséquences :
- lorsqu'un réseau change de chef, il change de nom, même si le reste de la structure est inchangé. Exemples : AUTHOR devient DIGGER lorsque Jacques Poirier prend la succession de Harry Peulevé.
- lorsqu'un chef de réseau change de région pour monter un nouveau réseau, sous le même nom. Exemple : Claude de Baissac dirige SCIENTIST en Aquitaine en 1942-43 et un autre SCIENTIST en Normandie en 1944. Dans les récits, il est utile de les distinguer : SCIENTIST I et SCIENTIST II.
Dans la littérature sur le sujet, on observe fréquemment qu'un réseau, comme son chef, soit désigné par une combinaison des deux noms de son chef. Exemple : Jean-Marie Régnier ayant pour code opérationnel MASON et pour nom de guerre « Portos », pour désigner le réseau dont il est le chef, on écrit indifféremment MASON, MASON-Porthos et Porthos-MASON.
[modifier] L'ennemi
Côté allemand, les responsables de la lutte contre le SOE en France le plus souvent cités dans l'histoire du SOE sont les suivants. Sont présentés séparément ceux qui sont rattachés à lAbwehr et ceux qui sont rattachés au SIPO-SD (organisation combinée état-parti calquée sur celle du RSHA).
[modifier] L'Abwehr
- Friedrich Rudolf, chef de l'Abwehr France, de juin 1940 à juin 1944.
- Oscar Reile, responsable de la section III F (contre-espionnage militaire) de l'Abwehr France, dont les bureaux sont à l'hôtel Lutetia.
- Feldwebel Hugo Bleicher.
[modifier] Le SIPO-SD
- Au niveau supérieur du SIPO-SD en France :
- SS Gruppenführer Karl Oberg, chef suprême des SS et de la police, correspondant d'Heinrich Himmler en France. Il couvre l'ORPO (police d'ordre) et le SIPO-SD.
- SS Standartenführer Helmut Knochen, chef du SIPO-SD, correspondant de Reinhard Heydrich, puis d'Ernst Kaltenbrunner en France.
- Au niveau des opérations et de l'exécution :
- SS Strurmbannführer Karl Boemelburg, chef de la section IV du SIPO-SD en France. Cette section IV constitue la Gestapo proprement dite, chargée de « la recherche des ennemis du régime » (Juifs, opposants, communistes, résistants...) et de la répression. Elle prend progressivement en charge les tâches abandonnées par l'Abwehr, telles que le contre-espionnage.
- SS Strurmbannführer Josef Kieffer,
- Josef Götz, section IVF Radio,
- Josef Placke
- Ernst Vogt, interprète.
[modifier] Opérations de la section F
[modifier] Quelques étapes de l'action
[modifier] 1941
- Mars. Les douze premiers agents commencent leur entraînement.
- Mai. Les 4 premiers agents SOE sont parachutés en France :
- dans la nuit du 5 au 6 mai, entre Valençay et Vatan (au nord de Chateauroux, dans l'Indre) : amené par un bombardier Whitley du Flight 1419, Georges Bégué est parachuté seul avec une valise radio, avec pour mission d'entrer en contact avec Max Hymans (ancien député de la circonscription de Valençay, dont la maison de campagne se trouve aux environs). Georges Bégué transmet à Londres l'acceptation de Max Hymans de coopérer avec Londres et d'apporter son soutien à la fondation de groupes de résistance locaux.
- dans la nuit du 10 au 11 mai, Pierre de Vomécourt « Lucas » et Louis Lefrou de la Colonge « Bernard » sont parachutés près de Châteauroux, Georges Bégué assurant la réception. Pierre de Vomécourt a pour mission de constituer le premier réseau SOE. Le 12, il se rend près de Limoges, où habite son frère Philippe, qu'il recrute aussitôt. Les deux frères se partagent les zones d'action : basé à Paris, Pierre interviendra en zone occupée (réseau AUTOGIRO) ; Philippe interviendra en zone libre (réseau VENTRILOQUIST) ; et ils vont proposer à leur frère aîné Jean - qui acceptera - d'intervenir dans l'est de la France.
- dans la nuit du 12 au 13 mai, Roger Cottin « Albert ».
- Juin.
- 13. Le premier parachutage d'armes destiné à un agent en mission a lieu dans la propriété « Bas-Soleil » de Philippe de Vomécourt, à vingt kilomètres de Limoges.
- 22. [Contexte] L'Allemagne attaque l'Union Soviétique (opération Barbarossa).
- Juillet. Le 9, parachutage de Noël Burdeyron « Gaston ».
- Août. Le 6, parachutage de Jacques Vaillant de Guélis et de Gilbert Turck « Christophe ». Très vite, ce dernier est arrêté par la police de Vichy. La mission de Jacques Vaillant de Guélis, qui durera un mois, lui permet de recruter sur place, notamment : le docteur Lévy d'Antibes, Philippe Liewer, Jean Bouguennec et Robert Lyon.
- Septembre.
- 4. Premier à atterrir en France, un Lysander piloté par Nesbitt-Dufort amène sur le terrain de la Champenoise près de Châteauroux Gerry Morel, premier agent SOE acheminé de cette façon. Il ramène en Angleterre Jacques Vaillant de Guélis « Jacques »
- 6. Six agents sont parachutés d'un bombardier Whitley aux alentours d'Argenton-sur-Creuse : Benjamin Cowburn « Benoît », Victor Gerson « René », George Langelaan « Georges Langdon », Jean du Puy « Denis », Michael Trotobas « Sylvestre », André Bloch « Georges IX ». Comité de réception : Max Hymans « Frédéric », Georges Bégué « Georges », Auguste Chantraine et quelques fermiers.
- 19/20. Quatre agents SOE sont amenés par le bateau HMS Fidelity au large du Barcarès, au sud de Perpignan : Robert Leroy « Louis », qui va à Bordeaux ; Francis Basin « Olive », qui va sur la Côte d'azur ; Raymond Roche « Robert », qui va à Marseille ; et Georges Duboudin « Alain », qui va à Lyon.
- Octobre. Une première vague d'arrestations en chaîne a lieu : Gerry Morel, le 3 ; le garagiste Marcel Fleuret lui-même, le 4, chez lui à Châteauroux (son nom figurait dans les papiers de Morel) ; George Langelaan, le 6, au café du Faisan, non loin du garage ; madame Fleuret, le 7, à son domicile ; Michael Trotobas, le 8, lors d'un contrôle d'hôtel ; Jean Bouguennec alias Francis Garel, le 9, au garage Fleuret ; Philippe Liewer, le 11, à Antibes. Dans la nuit du 10 au 11, a lieu le premier parachutage simultané d'hommes et d'armes, à Beleymas, Dordogne. C'est la mission CORSICAN. Quatre agents sont parachutés : Clément Jumeau « Robert », Jack Hayes « Victor », Jean Le Harivel « Georges XXV » et Daniel Turberville « Daniel » ; le comité de réception au sol est composé de : Jean Pierre-Bloch « Gabriel », Édouard Dupuy, Albert Rigoulet dit « Le Frisé » ; les armes sont contenues dans deux conteneurs. Le lendemain matin, Daniel Turberville est arrêté par la gendarmerie. Informée de l'adresse par un papier que portait sur lui Daniel Turberville, la police de Vichy tend une souricière à la Villa des Bois[10] à Marseille. Elle arrête ainsi : Clément Jumeau, le 17, à la Villa des Bois ; Jean Pierre-Bloch et sa femme, le 20, à la villa également ; Robert Lyon et Jack Hayes, le 24, dans un café de Marseille ; Georges Bégué et Raymond Roche, le 26, à la villa.
- Décembre.
- [Contexte] Le 7, les Japonais attaquent les USA à Pearl Harbor. Le lendemain, les USA entrent en guerre.
- Le jour de Noël, Pierre de Vomécourt est présenté à Mathilde Carré, dite « La Chatte », qui collabore au réseau INTERALLIÉ, fondé par des officiers polonais, mais démantelé par un sergent de l'Abwehr, Hugo Bleicher. Vomécourt, qui manque d'un opérateur radio, demande à Mathilde d'utiliser pour ses transmissions les radios du réseau INTERALLIÉ. Or, La Chatte est devenue la maîtresse de Bleicher qui contrôle entièrement ses radios.
[modifier] 1942
- Janvier. [Contexte] Le 20, de Gaulle, dans une lettre à Anthony Eden, exige que la section F passe sous commandement français. Les Britanniques refusent.[note 13]
- Avril. Finalement, le 25, Pierre de Vomécourt est arrêté par Bleicher, puis AUTOGIRO démantelé. Pierre de Vomécourt survivra à la guerre à Colditz. Georges Bégué s'enfuit en Espagne et regagne Londres, où il travaillera à l'état-major de la Section F, chargé des communications radio avec les agents sur le terrain. On lui attribue l'invention du système de messages personnels diffusés par la BBC.
- Juillet. Dans la nuit du 15 au 16, onze prisonniers, aidés par Virginia Hall « Marie » et Madame Gaby Pierre-Bloch, s'évadent du camp d'internement de Mauzac (Dordogne) : Georges Bégué, Jean Bouguennec (alias Francis Garel), Clément Jumeau, George Langelaan, Jean Le Harivel, Philippe Liewer, Robert Lyon, Jean Pierre-Bloch, Raymond Roche, Michael Trotobas, Jack Hayes. Le 29, Nicholas Bodington, le numéro 2 de la section F à Londres, débarque près d’Antibes accompagné d’Henri Frager, un agent français du SOE. Il vient contacter un certain André Girard, connu sous le pseudonyme de « Carte » et qui s'est fait connaître à un agent anglais en prétendant avoir derrière lui un réseau dont les nombreux membres sont prêts à passer à l'action armée. Il est décidé que dix hommes iront en Angleterre pour y suivre un entraînement. En fait, le 31 août 1942, seuls deux volontaires embarquent pour l'Angleterre. Carte est en partie un mythomane, mais il a réellement constitué un carnet d'adresse copieusement fourni qui servira de base de recrutement pour le réseau Prosper-PHYSICIAN. Or, ce carnet d'adresse est riche d'individus que Carte ne connaît même pas. La zone sud n'est pas encore occupée, et beaucoup de fichiers de résistants potentiels circulent librement. L'Abwehr aussi a pu profiter de cette liberté.
- Août. [Contexte] Le 18, échec du raid de Dieppe.
- Septembre.
- La section F désigne deux officiers pour coordonner l'ensemble de ses réseaux en France :
- Francis Suttill en zone Nord (réseau Prosper-PHYSICIAN). Il sera parachuté dans la nuit du 1/2.10.1942 près de Vendôme.
- Peter Churchill en zone Sud (réseau SPINDLE).
- Le 4, Pétain promulgue la loi de réquisition, qui frappe les ouvriers.
- Le 24, Andrée Borrel et Lise de Baissac sont les premières femmes du SOE parachutées en France occupée.
- La section F désigne deux officiers pour coordonner l'ensemble de ses réseaux en France :
- Octobre. [Contexte] Le 18, publication de l'Ordre Commando secret de Hitler[note 14]
- Novembre
- 11. [Contexte] En raison du débarquement réussi des Alliés en Afrique du nord (opération Torch du 8 novembre), la Wehrmacht envahit la zone libre. Cela entraîne la dissolution de l'armée française.
- 18. Gustave Biéler « Guy », chef du réseau Tell - MUSICIAN et Michael Trotobas « Sylvestre », chef du réseau FARMER sont parachutés en France.
[modifier] 1943
- Janvier. [Contexte] À la conférence de Casablanca, les alliés décident que le débarquement en France aura lieu en 1944. Le 30, création de la Milice française, en remplacement de l'armée d'armistice.
- Février. [Contexte] Le 2, capitulation allemande à Stalingrad ; le 10, le plan de mystification COCKADE, préparé par la LCS, est adopté : il doit faire croire aux Allemands à un débarquement dans le Pas-de-Calais le 9 septembre 1943, de manière qu'ils fixent leurs unités au nord, avec pour conséquence attendue la baisse de la pression en Russie (demande pressante de Staline) et en Sicile (débarquement prochain) ; le 16, cédant à la pression allemande, le gouvernement de Vichy instaure, sous l'appellation de Service du travail obligatoire - qui remplace la Relève - la mise du monde du travail à la disposition de l'occupant : tous les jeunes nés en 1920, 1921 ou 1922, doivent partir travailler pour l'industrie allemande. En réaction, de nombreux « réfractaires » refusant de partir, préfèreront s'évaporer dans la nature. C'est ainsi que vont se développer les maquis, que le SOE contribuera largement à armer et à soutenir.
- Avril. Le réseau SPINDLE subit un revers, par l'arrestation de Peter Churchill et d'Odette Sansom.
- Juin. Le réseau ARCHDEACON avorte : Frank Pickersgill (chef du réseau) et John Macalister (opérateur radio du réseau, qui doivent le mettre en place, sont arrêtés dès leur arrivée en France. Cela se transforme en une opération conduite par les Allemands : Joseph Placke, un assistant de la section radio au 84 avenue Foch, se fait passer pour Pickersgill, tandis que l'opérateur radio Macalister, avec ses codes, est utilisé pour transmettre de faux messages à Londres arrangeant des parachutages qui finissent aux mains des Allemands. Cette fausse opération continuera jusqu'en mai 1944, provoquant la capture d'un instructeur de sabotage et de six autres agents envoyés pour rejoindre le réseau.
- Fin juin. Effondrement du réseau Prosper-PHYSICIAN, avec arrestation de ses dirigeants et de nombreux agents.
- Octobre. Arrestation de Noor Inayat Khan « Madeleine ».
- Octobre 1943 à Juin 1944. Activité croissante.
[modifier] 1944
- Février. [Contexte] Le 14, décret de Hitler ordonnant la dissolution de l'Abwehr et le transfert de ses attributions au SD.
- 6 Juin. [Débarquement en Normandie]. Début des parachutages des équipes Jedburgh, formées et armées par le SOE. Les réseaux SOE sèment la confusion parmi les Allemands, disloquent les transports de matériel et de renforts vers le front, détruisent les lignes téléphoniques, obligeant l'ennemi à transmettre ses messages par radio, avec posiibilité d'interception et de décryptage.
- Juillet. Exécutions au camp de Natzweiler-Struthof : Andrée Borrel, Vera Leigh, Diana Rowden, Sonia Olschanesky.
- Septembre.
- Fin des opérations du SOE en France.
- Exécutions : Gustave Biéler « Guy », le 5 à Flossenbürg ; Gilbert Norman, le 6 à Mauthausen ; Yolande Beekman, Madeleine Damerment, Noor Inayat Khan, et Eliane Plewman, le 11 à Dachau ; John Macalister, Frank Pickersgill et Roméo Sabourin, le 14 à Buchenwald ; les dix-neuf agents de la section F détenus au camp de Gross-Rosen : Roland Alexandre, France Antelme, Robert Byerly, Marcel Defence, François Deniset, André Dubois, Philippe Duclos, David Finlayson, Henri Gaillot, John Hamilton, Charles Hayes, Jacques Ledoux, Lionel Lee, George McBain, Claude Malraux, André Maugenet, Paul Pardi, Adolphe Rabinovitch, François Vallée.
[modifier] 1945
- Début 1945. Exécutions au camp de Ravensbrück : Violette Szabo et Lilian Rolfe (le 5 février), Denise Bloch, Cecily Lefort.
- 19 mars. Exécution au camp de Sachsenhausen : Francis Suttill.
- 29 mars. Exécutions au camp de Flossenbürg : Jack Agazarian, Phillip Amphlett, James Amps, George Demand, Roland Dowlen, Marcel Fox, Harry Graham, Eugène Levene, Jean Menesson, Brian Rafferty, David Sibree, Victor Soskice, Jean Worms.
- Libération des agents de la section F détenus dans la forteresse de Colditz en tant que prisonniers de guerre : Pierre de Vomécourt, Abbott, Burdeyron, Roger Cottin, Fincken, Redding.
- Libération des agents de la section F détenus dans des camps : Yvonne Baseden, Christopher Burney, Peter Churchill, Lee Graham, Janyk, Le Chêne, Martinot, Mattei, Eileen Nearne, les frères Newton, Harry Peulevé, Odette Sansom, Robert Sheppard, Maurice Southgate, John Starr, Brian Stonehouse, Tunmer, Edward Zeff.
[modifier] Les moyens mis en œuvre
- Avions
Le nombre d'avions mis par la RAF à la disposition du SOE évolue au cours du temps. Vers la France, les chiffres sont les suivants : 5 en 1940 ; 27 en novembre 1942 ; 36 au printemps 1944. Au début, il n'y a que le squadron RAF No. 138, mais ensuite, la RAF fournit un deuxième squadron, le No. 161. Ensuite, le No. 161 s'occupe des atterrissages et, lorsque cela est possible, de quelques parachutages. Le No. 161 qui a sa base à Tempsford, dispose plus tard d'un terrain auxiliaire à Tangmere, plus près de la Manche, qui permet d'assurer des missions plus au sud.
- Sorties d'avions
Dans le tableau suivant, les données présentées couvrent[11] :
- la période totale d'activité, de mai 1941 à septembre 1944. Sont distingués (1) les 38 premiers mois, du premier parachutage de Bégué début mai 1941 à fin juin 1944 ; et (2) les trois derniers mois (troisième trimestre 1944), pendant lesquels l'intensité de l'action est en rapport avec le débarquement en Normandie ;
- les missions partant d'Angleterre et celles via la Méditerranée.
- les mission britanniques RAF (pour le SOE) et les missions américaines USAAF. Deux escadrilles RAF exécutent les missions aériennes pour le SOE : la 138e pour les parachutages, la 161e pour les atterrissages.
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- Armement livré en conteneurs[12]
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- Autres matériels livrés en paquets
Postes émetteurs, postes émetteurs-récepteurs (valise), vêtements, nourriture, tabac, boîtes de pansements de campagne, pièges (crayons truqués, lacets de souliers creux, objets courants dissimulant des explosifs, cigarettes incendiaires, etc.)
- Argent fourni aux agents sur le terrain
402 millions de francs, se décomposant en :
- 317 millions envoyés avec les opérations de la section F,
- 63 millions levés par des emprunts sur place auprès d'hommes d'affaire amis,
- 22 millions acheminés par les filières de la section DF.
[modifier] Sort des agents de la section F
- Agents arrêtés : 1 sur 4 (1 sur 2 aux Pays-Bas, 1 sur 3 en Belgique).
- Agents tués : 104 (91 hommes et 13 femmes). Ils sont honorés au mémorial de Valençay.
[modifier] Résultats obtenus
- Résistants français armés par les agents du SOE pour réaliser les actions de sabotage : 250 000.
- Usines sabotées : 93.
- À partir du débarquement en Normandie, l'action de la résistance intérieure et des forces spéciales, selon le général Eisenhower, a représenté l'équivalent opérationnel de quinze divisions (Voir la boîte déroulante « Témoignages du haut commandement interallié »).
[modifier] La section RF
Créée en 1941 pour permettre la réalisation d'opérations coordonnées avec la France libre du Général de Gaulle (c'est-à-dire en pratique avec le BCRA d'André Dewavrin « Passy »), la section RF recrute des agents français. Ses chefs successifs sont :
- le capitaine Eric Piquet-Wicks, au début,
- J.R.H. Hutchinson, à partir d'août 1942,
- Bickam Sweet-Escott, à partir de l'automne 1943,
- L.H. Dismore.
Adresse : 1 Dorset Square, Londres[13].
Opérations réalisées par le SOE en liaison avec le BCRA avant la création de la section RF : • SAVANNA • JOSÉPHINE B.
Réseaux de la section RF : • ARMADA • CIRCONFÉRENCE • COCKLE • COD • CONE • DASTARD • FABULOUS • FANTASSIN • MAINMAST
• ORONTE • OUTCLASS • OVERCLOUD • PÉRIMÈTRE • PÉRITOINE • RECTANGLE • TORTURE • TROMBONE.
Missions de la section RF : • ASYMPTOTE • MARIE-CLAIRE • SEAHORSE (avec ARQUEBUSE-BRUMAIRE du BCRA) • SHRIMP.
Raids de la section RF : • BARTER • PILCHARD • SLING.
[modifier] La section DF
Les lignes d'évasion de la section DF sont : • ÉDOUARD • GREYHOUND • LOYOLA • MANGO • PIERRE-JACQUES • SALLY • STANISLAUS • TROY • VAR • VIC.
[modifier] La section EU/P
La section EU/P comprend le réseau ADJUDICATE et la mission MONICA.
[modifier] Le SOE dans les autres pays
De 1943 à 1945, grâce à la coopération avec le SOE et le MI6, un groupe de volontaires juifs originaires de Palestine est envoyé en mission dans plusieurs pays européens occupés par les Nazis.
[modifier] Liens internes
- Liste des opérations du SOE
- Liste des agents du SOE
- Liste des établissements du SOE
- Liste des dirigeants du SOE
- Liste des réseaux de la section F du SOE
- Liste bibliographique sur le SOE
- Liste des Juifs palestiniens du SOE
- Liste de résistants
[modifier] Sources, références et notes
Voir la Liste bibliographique sur le SOE, dont sont extraites les références de livres mentionnées ci-après.
[modifier] Références bibliographiques et filmographiques
- Henri Noguères, Histoire de la Résistance en France de 1940 à 1945, Robert Laffont, 1976 ; éd. revue et complétée, Crémille & Famot, 1982.
- Dominique Venner, Histoire critique de la Résistance, Pygmalion/Gérard Watelet, 1995.
- Hugh Verity, Nous atterrissions de nuit... Les atterrissages secrets de la RAF en France 1940-44, 1978 ; 5e éd. revue et augmentée, Vario, 2004.
- Jean Deuve, La Guerre des magiciens, l'intoxication alliée 1939-1944, Charles Corlet, 1995.
- Anthony Cave Brown, La Guerre secrète, le rempart des mensonges, Pygmalion/Gérard Watelet, 1981.
- Michael Richard Daniell Foot, Des Anglais dans la Résistance. Le Service Secret Britannique d'Action (SOE) en France 1940-1944, annot. Jean-Louis Crémieux Brilhac, Tallandier, 2008, ISBN : 978-2-84734-329-8 / EAN 13 : 9782847343298. Traduction en français par Rachel Bouyssou de (en) SOE in France. An account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940-1944, London, Her Majesty's Stationery Office, 1966, 1968 ; Whitehall History Publishing, in association with Frank Cass, 2004. Ce livre présente la version officielle britannique de l'histoire du SOE en France. Une référence.
- David Smiley Au coeur de l’action clandestine. Des Commandos au MI6, L’Esprit du Livre Editions, 2008. Traduction des mémoires d'un colonel britannique, officier du SOE en Albanie et en Asie (Force 136), puis agent du MI6 (Irregular Regular, Michael Russell, Norwich, 1994)
- Jean Le Morillon Un breton en Indochine. Mission "Oiseau mouche", Cheminements, Collection Gens d’Ici, 2000. Jean Le Morillon, officier du BCRA, de la Force 136 du SOE puis de la DGSE, a collaboré avec le colonel Smiley pendant sa mission en Thaïlande en 1945. Son aventure est aussi racontée dans la revue Historia n° 586 d’octobre 1995 et dans un reportage diffusé sur la chaîne TV Breizh en août 2001.
- Maurice Buckmaster, They Fought Alone, the story of british agents in France (Ils combattirent seuls, l'histoire des agents britanniques en France), Odhams Press Limited, 1958. L'auteur est le chef de la section française (F).
- Professor William Mackenzie, The Secret History of SOE - Special Operations Executive 1940-1945, BPR Publications, 2000. ISBN 0953615189.
- David Stafford, Secret Agent - The True Story of the Special Operations Executive, BBC Worldwide Ltd, 2000. ISBN 0563537345.
- Jean Overton Fuller, The Starr Affair. Ce livre raconte l'histoire de John Renshaw Starr.
- Leo Marks, Between Silk and Cyanide, 1998. Marks fut le chef des Codes au SOE, et son livre relate son combat pour introduire un meilleur cryptage utilisable par les agents.
- Marcel Ruby, La Guerre secrète. Les Réseaux Buckmaster, Éditions France-Empire, 1985.
- Alain Guérin, Chronique de la Résistance, Omnibus, 2000, ISBN 2-7441-5190-4. (Cet ouvrage constitue une édition revue, corrigée, complétée et augmentée de La Résistance : Chronique illustrée (1930-1950), Livre-Club Diderot, 1972-1976)
- Gérard Le Marec, Les Maquis dans la guerre, Famot, 1980.
- Arthur Christie, Mission Scapula SOE in the Far East, ISBN 0954701003. Une histoire vraie d'un agent envoyé en mission à Singapour juste avant la chute. Avec Freddy Spencer-Chapman.
- Robert et les ombres, documentaire de Jean-Marie Barrère, 2005. Histoire de résistants français et d'agents du SOE, dans le Gers et les Landes.
- La Guerre au jour le jour. Résistance et collaboration; Pour ou contre l'occupation nazie, Edito-Service S.A., Genève, 1981.
- André Courvoisier, Le réseau Heckler, de Lyon à Londres, éd. France-Empire, 1984.
- Janusz Piekalkiewicz, Les grandes réussites de l'espionnage, édition française : Fayard et Paris-Match, 1971.
Ill Met by Moonlight
- Opération menée par le SOE en 1944 pour kidnapper le Major General Heinrich Kreipe en Crète.
- W. Stanley Moss (William "Billy" Stanley Moss), Ill met by moonlight[note 15], 1950.
- Night Ambush, film (basé sur le livre), 1957, avec Dirk Bogarde (Major Patrick Leigh Fermor, alias Philedem), Marius Goring (Général Kreipe), David Oxley (Captain W. Stanley Moss), Cyril Cusack.
- The Cretan Runner: His Story of the German Occupation de George Psychoundakis, Penguin Books (2e édition, 1998). Traduction et préface de Patrick Leigh Fermor.
- R.J. Minney, Carve her name with pride, 1956.
- Carve her name with pride, film de Lewis Gilbert, 1958, avec Paul Scofield et Virginia McKenna.
- Jerrard Tickell, Odette: The story of a British agent, 1949.
- film Odette, agent S 23, 1950, de Herbert Wilcox, avec Anna Neagle et Trevor Howard.
- Nancy Wake, La Gestapo m'appelait la souris blanche, une australienne au service de la France, coll. Résistance-Liberté-Mémoire, éd. du félin, 2001. Cette autobiographie est la traduction du livre paru en Australie, Nancy Forward, The White Mouse, 1985.
- Nancy Wake Codename: The White Mouse, 1987. Documentaire sur l'activité de Nancy Wake pour le SOE, en partie racontée par elle-même.
- Bataille de l'eau lourde
- Opérations SOE de sabotage de l'usine d'eau lourde de Rjukan en Norvège en 1943.
- Capitaine Knut Haukelid, L'Épopée de l'eau lourde (Det Demrer en Dag) traduit du norvégien par Georges Charbonnier, coll. « Témoignages contemporains », Éditions de l'Élan, 1948.
- Les Héros de Télémark, 1965. Film réalisé par Anthony Mann.
- La Bataille de l'eau lourde / Kampen om tungtvannet, en anglais The Fight Over the Heavy Water, un documentaire franco-norvégien, 1948, avec les acteurs originaux. Joachim Rønneberg a dit : « The Fight over Heavy Water fut une tentative honnête de décrire la réalité. En revanche, Heroes of Telemark a peu à voir avec la réalité. »
- Alain Decaux, Alain Decaux raconte 2, Librairie Académique Perrin, 1979.
Affaire de la Chatte
- Épisode pathétique de la lutte de l'Abwehr, l'affaire de la Chatte (Mathilde Carré), dans lequel le major Borchers joua un rôle déterminant.
- Gordon Young, L'espionne n° 1 : la Chatte, 1957.
- Major E. Borchers, Abwehr contre résistance.
- Réseau Prosper
- Les études les plus récentes sont :
- Richard Seiler, La Tragédie du Réseau Prosper, Pygmalion, 2003.
- John Vader, Nous n'avons pas joué, l'effondrement du réseau Prosper 1943, Le Capucin, 2002. Ce livre est la traduction française du livre Prosper double-cross, Sunrise Press, 1977, traduction, notes et annexes de Charles Le Brun.
- Jacques Bureau, Un soldat menteur, Robert Laffont, 1992. Témoignage direct d'un membre du réseau.
- Jean Lartéguy et Bob Maloubier, Triple jeu, l'espion Déricourt, Robert Laffont, 1992.
- Fictions librement inspirées du SOE
- (film) Jean-Paul Salomé, Les Femmes de l'Ombre, 2008 ; (livre du même titre) Laurent Vachaud, 2008.
[modifier] Liens externes
- (en) Archives des rubriques nécrologiques d'agents du SOE publiées dans le Times
- (en) Site d'histoire de la BBC
- (en) Site d'histoire de la BBC présentant les différents gadgets utilisés par les agents du SOE
- (en) Site 64 Baker Street, biographies d'agents avec photographies
- (en) Brève histoire du SOE
- (en) Archives britanniques ouvertes en mai 2003
- (en) « Mission Scapula » SOE en Extrême-Orient.
- (en) biographies d'agents du SOE
- (en) Mémoriaux honorant les femmes du SOE
- (en) Photographies de mémoriaux : Sachsenhausen, Flossenbürg, Gross-Rosen, Ravensbrück, Mauthausen, FANY à Londres, équipe LABOURER, à Néré, Natzweiler-Struthof
- (en) Article BBC sur les écoles d'entraînement
[modifier] Références
- ↑ John Vader, p. 17.
- ↑ D'après S.O.E. La Contribution Britannique, brochure établie par The Special Forces Club.
- ↑ Source : Anthony Cave Brown.
- ↑ Source : Dominique Decèze, p. 53.
- ↑ La date de la dissolution du SOE varie selon les sources :
- 31 janvier 1946 selon M. R. D. Foot, SOE in France,
- 30 juin 1946, selon (en) [1].
- ↑ Sources : [1] Les Réseaux action de la France combattante 1940-1944 ; [2] M.R.D. Foot.
- ↑ KL : Konzentrationslager (camp de concentration).
- ↑ Source : document Use of SOE archives. On y lit : « ... The resources are not available to undertake wide-ranging research of a general nature, particularly in view of the incomplete and inconsistent nature of the archives, of which only an estimated 13 % has survived destruction .... »
- ↑ Source : M. Buckmaster, They fought alone, p. 74.
- ↑ Cette villa, située sur la corniche, à Marseille, retirée au fond d'une impasse et difficile à surveiller (selon la police) a pour adresse exacte « Villa des Bois, vallon de la Baudille, Marseille » et pour téléphone D. 44.22. [Source : Maurice Nicault, Les insurgés, p. 78]
- ↑ Les données sont déduites de M. R. D. Foot, SOE in France.
- ↑ Selon Gérard Le Marec.
- ↑ Les Réseaux Action de la France Combattante, 1986, p. 19
[modifier] Notes
- ↑ Voici les informations comparées sur le SOE et les principaux autres services et organisations concernés :
- Special Operations Executive (SOE) : service secret chargé de l'action dans les pays occupés. Rattaché au Ministère de la Guerre économique.
- Security Service (MI5), Military Intelligence n° 5 ou Security Service : service secret militaire chargé du contre-espionnage, sur le territoire britannique.
- Secret Intelligence Service (MI6), Military Intelligence n° 6 ou Intelligence Service (IS) ou Secret Intelligence Service (SIS): service secret chargé du renseignement (espionnage) à l'étranger. Rattaché au Foreign Office.
- MI9 : service secret militaire chargé d'encourager l'évasion des prisonniers de guerre et d'assurer le retour en Grande-Bretagne des combattants non capturés ou évadés, ainsi que des équipages d'avions abattus de la RAF.
- MI19 : service secret militaire chargé de l'interrogatoire des nouvelles recrues.
- Political Warfare Executive (PWE) : service chargé de la production et de la distribution de la propagande.
- Special Air Service (SAS) : service militaire spécialisé dans la guerre irrégulière.
- London Controlling Section (LCS) : groupe ultra-secret chargé de concevoir les plans stratégiques de mystification et de coordonner leur exécution. Rattaché au premier ministre.
- Comité XX (en anglais XX Committee ou Double cross committee ou Twenty committee) : service chargé du retournement d'agents ennemis arrêtés en Grande-Bretagne. Rattaché au MI5
- Women's Auxiliary Air Force (WAAF). Personnel auxiliaire féminin de la RAF.
- First Aid Nursing Yeomanry (FANY) : service auxiliaire d'infirmières.
- Government Code and Cipher School (GC&CS) : service de cryptographie du gouvernement britannique.
- ↑ François Mitterrand est ramené en Angleterre dans la nuit du 15-16 novembre 1943, depuis le terrain clandestin ACHILLE au nord-est d'Angers, dans un avion Hudson piloté par le wing commander Lewis Hodges, assisté du squadron leader Wagland, navigateur, dans le cadre de l'opération Conjurer préparée par Henri Déricourt (Source : Hugh Verity).
- ↑ Le critère de pleine lune autorise les vols avec une tolérance d'une semaine environ autour de la date précise de la pleine lune. En observant les dates des vols indiquées par Hugh Verity, on constate leur décalage progressif, au rythme d'environ un jour par mois : en novembre 1942, la période favorable est la deuxième quinzaine du mois ; en mars 1944, c'est la première quinzaine.
- ↑ Sept mois plus tôt, l'Intelligence Service avait déjà parachuté un de ses agents de cette façon, réalisant ainsi la première opération aérienne clandestine de la guerre : il s'agissait, après cinq échecs dus à la mauvaise visibilité, du parachutage de l'agent Phillip Schneidau depuis un Whitley du Flight 419. Source : magazine Icare, numéro 141, 1992, p. 27.
- ↑ Dix mois plus tôt, l'Intelligence Service avait réalisé le premier atterrissage et la première récupération, en ramenant Phillip Schneidau dans la nuit du 19-20 octobre 1940. Source : magazine Icare, numéro 141, 1992, p. 27.
- ↑ Le système Eureka-Rebecca comprend :
- Eureka, une balise installée au sol qui comporte un émetteur-récepteur super-régénératif travaillant dans la bande de fréquences 214-234 MHz, alimenté par une batterie via un générateur de puissance à vibrateur. Une antenne portable montée en tripode est déployée au moment des communications.
- Rebecca, une station embarquée dans l'avion qui recherche la direction d'Eureka.
- ↑ Un « quartz » est un petit morceau de cristal taillé avec précision et soigneusement étalonné qui, par sa fréquence de vibration, fixe la longueur d'onde radio. Il est présenté dans un étui muni de broches et ressemble à une cartouche fusible à usage domestique. Pour chaque émission, l'opérateur radio choisit le quartz correspondant à la fréquence requise et le fiche dans le tableau du poste. [Source : Cowburn, p. 233]
- ↑ Le crayon allumeur à retardement (time pencil) est une invention polonaise que Colin Gubbins rapporta de Varsovie à l'occasion de sa mission au début de la guerre : le retard est obtenu par l'effet d'un acide qui attaque un mince fil métallique. Pour plus de sûreté, le SOE recommandait d'en utiliser deux à chaque fois.
- ↑ Le gouvernement canadien oriente ceux qui se portent volontaires pour l’action clandestine vers le SOE ou vers le MI9.
- ↑ SOE/SO est l'État-major commun du SOE britannique et de l'OSS américain.
- ↑ Le sigle EH est dû au nom de son quartier général, Electra House.
- ↑ L'écrivain Ian Fleming, qui connaissait Maurice Buckmaster et son assistante Vera Atkins, est connu pour les avoir pris partiellement comme modèles pour « M » et « Miss Moneypenny » dans ses romans d'espionnage James Bond. Dans son premier roman Bond, Fleming aurait fondé le personnage « Vesper Lynd » sur la belle Krystyna Skarbek (Christine Granville), agent SOE.
- ↑ Les Britanniques écriront : « Nous ne pouvons accepter votre proposition. Le gouvernement de Sa Majesté considère comme essentiel que le SIS et le SOE puissent établir des contacts avec tout élément français de leur choix, sans devoir tenir compte de leur allégeance politique. »
- ↑ L'Ordre Commando stipulait que tous les commandos trouvés en Europe et en Afrique soient tués immédiatement, même s'ils étaient en uniforme et même s'ils voulaient se rendre.
- ↑ Titre qui signifie Mauvaise rencontre au clair de lune.

