Péloponnèse

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Péloponnèse
Carte topographique du Péloponnèse.
Carte topographique du Péloponnèse.
Localisation
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Nomes Achaïe, Arcadie, Argolide, Corinthie, Élide, Laconie, Messénie, Le Pirée
Coordonnées 37° 30′ N 22° 12′ E / 37.5, 22.237° 30′ Nord 22° 12′ Est / 37.5, 22.2  
Mer Méditerranée
Géographie
Superficie 21 549 km2
Altitude 2 404 m

Géolocalisation sur la carte : Grèce

(Voir situation sur carte : Grèce)
Péloponnèse
Image satellite du Péloponnèse avec le tracé des limites des sept nomes modernes (en blanc).

Le Péloponnèse (en grec ancien et moderne Πελοπόννησος / Pelopónnēsos, « l’île de Pélops ») est une péninsule grecque, qui couvre 21 379 km2 pour 3 millions d'habitants (2000). Elle a donné son nom à la périphérie du même nom qui couvre une part importante de la péninsule, regroupant cinq des sept nomes modernes qui la divisent. Seul deux nomes (l'Achaïe et l'Élide) situés au nord-ouest de celle-ci sont rattachés à la périphérie de Grèce-Occidentale.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Péloponnèse s'étend sur une superficie de 21 549 km2 et constitue la partie méridionale de la Grèce continentale, dont elle est séparée par le golfe de Corinthe au nord. En fait, il n'est une péninsule que grâce au fait qu'il ait été relié au continent par l'isthme de Corinthe (bien que techniquement parlant, il soit devenu une île depuis le percement de l'isthme par le canal de Corinthe en 1893).

Il est également relié au continent par le pont Rion-Antirion, achevé en 2004.

La péninsule se caractérise par un relief montagneux et des côtes très découpées. Son point culminant est le mont Taygète (2 404 m). Elle possède elle-même quatre péninsules orientées vers le sud : d'ouest en est, la Messénie, le Magne avec le cap Ténare, la péninsule d'Epidaure Limira avec le cap Malée et l'Argolide, à l'extrémité nord-est.

Le Péloponnèse est entouré par deux groupes d'îles : les îles Saroniques à l'Est et les Îles ioniennes dont six d'entre elles sont à l'Ouest ; la septième, Cythère, se trouve au sud, au large de la péninsule d'Épidaure Limira.

Dans la mythologie[modifier | modifier le code]

  • Son nom devint ensuite « Péloponnèse » de Pelopónnēsos (« l’île de Pélops »), ce dernier étant l'échanson de Poséidon, roi de Lydie et fils de la nymphe Dioné et de Tantale, le premier fils de Zeus et de sa demi-sœur Ploutô, la seconde fille de l'Océanide Æthra et du Titan Atlas. Émigrant en Apia, Pélops en devint roi, et le peuple renomma son royaume d'après son nom.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Le Péloponnèse était nommé aussi "Argos" (principale puissance de l'époque) par Homère. Dans l'antiquité classique, il est divisé entre plusieurs cités dont les principales sont Sparte, Argos et Corinthe. Le centre de la péninsule est constitué par l'Arcadie. Dans le nord-ouest, le sanctuaire d'Olympie est un des plus importants de la Grèce, tandis qu'à l'est on trouve les sanctuaires d'Épidaure et de Némée.

Le Péloponnèse occupe une place relativement mineure pendant la période romaine, où il forme la province d'Achaïe. Corinthe, capitale de la province, est alors la principale ville de Grèce.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Avec l'affaiblissement de l'Empire romain d'Orient dans les Balkans à la fin du VIe siècle, l'intérieur du Péloponnèse est occupé par des tribus slaves qui se mêlent à la population grecque et se gouvernent elles-mêmes en Sklavinies, tandis que les côtes et notamment les points d'appui comme Corinthe ou Nauplie restent aux mains des Byzantins. La péninsule revient progressivement à l'autorité byzantine à partir du milieu du VIIIe siècle, ce qui s'accompagne d'une hellénisation et de la christianisation des Slaves, assimilés par la population grecque autochtone, renforcée de réfugiés grecs venus d'autres régions alors perdues par l'Empire[1].

À partir du XIIe siècle, il est appelé Morée (en grec Μωρέας/Moréas ou Μωριάς/Moriás), mot d'étymologie incertaine, aucune des explications proposées (entre autres: forme de la péninsule qu'on comparait à une feuille de mûrier, importance de la culture de cet arbre dans la région) ne semblant convaincante[2],[3]. La Morée est conquise après la Quatrième croisade par les Francs de Guillaume de Champlitte et de Geoffroi Ier de Villehardouin, lequel y fonde une principauté en 1248 : la principauté d'Achaïe ou de Morée. À la mort de son fils, la principauté passe aux Angevins de Naples (1278) puis aux Navarrais (1396), en lutte contre les Byzantins[4].

Le sud-est de la péninsule repasse sous contrôle byzantin en 1262 et forme la « Morée byzantine », tandis que la principauté d'Achaïe couvre le nord et l'ouest de la péninsule. À partir du XIVe siècle, Byzance accorda une large délégation de pouvoir aux gouverneurs grecs de Morée, portant le titre de despotes, souvent membres de la dynastie régnante. Le Despotat de Morée fut d'abord tenu par les fils de l'empereur Jean VI Cantacuzène qui résidèrent à Mistra jusqu'en 1382. Leur action fut efficace, remettant le pays déserté en valeur par l'apport de populations albanaises et en poursuivant la reconquête contre les Francs. Ils eurent également à repousser les premières attaques turques. Leur action fut reprise par le premier des despotes Paléologue, Théodore Ier.

Les Grecs parvinrent à reconquérir la plus grande partie de la péninsule au début du XVe siècle, mais l'arrivée des Turcs les obligea à accepter leur suzeraineté. Les dernières places byzantines et franques de Morée furent intégrées aux possessions de Venise dans la seconde moitié du XVe siècle.

Première période ottomane[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Grèce ottomane.

Période vénitienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre de Morée (1684-1699).

Seconde période ottomane[modifier | modifier le code]

Guerre d'indépendance[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Les principales villes modernes du Péloponnèse sont (selon le recensement de 2001) :

Transports[modifier | modifier le code]

Carte du réseau autoroutier et ferré du Péloponnèse en 2007.
  • Route

Deux autoroutes à péage, ainsi que des voies rapides traversent le Péloponnèse. Elle permettent de rallier Athènes en traversant le canal de Corinthe à l'est par plusieurs ponts et le nord de la Grèce par le pont Rion-Antirion qui franchit le golfe de Corinthe.

  • Chemin de fer

Le réseau ferré du Péloponnèse géré par l'OSE, la compagnie nationale des chemins de fer grecs est principalement à voie métrique. Celui-ci est long de 730 km, ce qui en fait sans doute le plus grand réseau métrique d'Europe. La principale ligne conduit d'Athènes à Corinthe, puis se divise en deux tronçons : le long de la côte nord (Ligne du Pirée à Patras) et le long de la côte ouest vers Kalamata via Tripoli (Ligne de Corinthe à Kalamata). Les autres lignes secondaires sont centrées autour de la ville de Pyrgos dans l'ouest de péninsule et relient respectivement : Patras, Katakolo et Olympie.

En 2011, ce réseau apparaît comme presque entièrement désaffecté. Une ligne à voie normale a été construite entre le nouvel aéroport d'Athènes et la gare nouvelle de Kiato (en), au-delà de Corinthe, remplaçant une petite partie de l'ancien réseau.

La ligne de chemin de fer à crémaillère de Diakofto à Kalavryta est aussi l'un des principaux exemples de réseau ferré de la péninsule.

  • Port

Des liaisons maritimes permettent de rejoindre l'Italie à partir du port de Patras. D'autres liaisons partent de Kyllini pour rallier les îles Ioniennes (notamment les îles de Zante et de Céphalonie).

  • Aéroport

Les deux principaux aéroports du Péloponnèse se trouvent à Patras (Aéroport d'Araxos (en)) et à Kalamata (en).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fine, J.V.A. (1983) The Early Medieval Balkans, p. 64 et 82
  2. Introduction de la Relation du voyage de la commission scientifique de Morée lire en ligne
  3. Paparrigopoulos, Le nom de la Morée lire en ligne
  4. René Bouchet, Chronique de Morée, Belles Lettres (2005) lire en ligne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Longnon, L'Empire latin de Constantinople et la principauté de Morée, Payot, Paris, 1949.
  • René Bouchet, Chronique de Morée, Les Belles Lettres, Paris (2005) (ISBN 2-251-33946-9)

Lien externe[modifier | modifier le code]

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