République de Raguse

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

42° 39′ 00″ N 18° 04′ 00″ E / 42.65, 18.06666667

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Raguse.

République de Raguse
Repubblica di Ragusa it

Respublica Ragusina lt
Dubrovačka Republika hr

1358 – 1808

Blason
alt=Description de cette image, également commentée ci-après

La République de Raguse en 1808

Informations générales
Statut République maritime
Capitale Raguse
Langue Croate
Histoire et événements
27 juin 1358 Traité de Zadar
31 janvier 1808 Invasion française

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La République de Raguse était une Cité-État et une République maritime dont la ville centre était Raguse (en croate Dubrovnik). Elle fut créée à la suite du traité de Zadar le 27 juin 1358 et exista jusqu'à l'invasion des armées napoléoniennes le 31 janvier 1808. Elle était gouvernée par un recteur, élu chaque mois. Celui-ci était logé au palais du recteur, où il ne recevait ni amis, ni famille, se consacrant entièrement à sa tâche.

Elle s'étendait sur un territoire englobant le sud de la Dalmatie de l'actuelle Croatie.

À l'origine, la République de Raguse comprenait uniquement les ports de Raguse (Dubrovnik) et de Ragusavecchia (Cavtat) jusqu'en 1420, date à laquelle elle étendit son arrière-pays, jusque-là disputé entre la Rascie, la Hongrie et l'Empire ottoman. Ses frontières définitives furent fixées en 1426[1]. Au maximum de son extension, la République s’étendait le long d’une bande côtière de Neum à Sutorina et comprenait les péninsules de Prevlaka et de Pelješac, les îles de Lastovo et Mljet, et quelques autres petites îles comme Koločep, Lopud, et Šipan.

Sa langue était, jusqu'au XVe siècle, le ragusain, un dialecte roman dalmate, puis, à partir du XVIe siècle, le vénitien (langue romane) et le chtokavien (langue slave du sud-ouest). La République connut son apogée aux XVIe et XVIIe siècles. Elle comptait 30 000 habitants dont 5 000 pour la population intra muros de la ville de Raguse[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

La République de Raguse correspondait à une grande partie de l'actuel comitat croate de Dubrovnik-Neretva. Durant des siècles, elle a maintenu presque intactes ses frontières terrestres. Le territoire de Raguse, d'une superficie d'un millier de kilomètres carrés, comprenait des îles et une étroite façade littorale, d'une largeur de 5 à 10 km et longue de 72 km, coincée entre la côte Adriatique et les Alpes dinariques[3]. Elle s’étendait le long de la Dalmatie du fleuve Neretva à la pointe d'Ostro près des "Bocche di Cattaro" dans le Monténégro. Au cours des siècles Raguse rattacha à son territoire l'archipel des îles Élaphites (1080), l'île de Mljet (1141), l’île de Lagosta (1216), la ville Ston (1333) et la totalité de la péninsule de Pelješac (1399).

Au point de vue administratif, la République était divisée autour de trois capitales (Raguse, Janjina et Pelješac) et sept comitats.

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte historique, République de Raguse, « Storia di Raugia », 1678

Origine[modifier | modifier le code]

Comme de nombreuses villes de l’Adriatique telles que Venise, Grado, Zadar ou Capodistria (actuel Koper), Raguse fut fondée sur un îlot rocheux près des côtes, par des réfugiés venus de l'intérieur des terres, au moment des grandes invasions.

Plusieurs hypothèses ont été formulées par les historiens à ce sujet, les sources étant fragmentaires. Il semble acquis que Raguse ait été fondée par des réfugiés d’Épidauros (en croate: Cavtat, en italien: Ragusa Vecchia), une cité de l'Empire romain d'Orient située 25 km plus au sud-est. Selon la tradition locale, Raguse tirerait son nom de L'ausa (déformation de hãu en dalmate : « le précipice », du grec médiéval Χάος/haos, de même étymologie que le chaos savant) pour évoluer ensuite en Lavusa, Labusa, Raugia, Raguium, Rausia et Rachusa (Rausium en latin savant) pour finalement devenir Raguse. Le nom Dubrovnik apparait avec une localité nommée Dubrava (« chênaie »), toponyme désignant la grande forêt qui poussait alors sur les lieux (et que les ragusains déboisèrent ultérieurement pour construire leur flotte).

L'une des théories formulées par les historiens avance qu’Épidauros aurait été pillée une première fois en 265 par les Goths et qu'il est fort probable que Raguse ait été fondée longtemps avant qu’Épidauros n'ait été totalement détruite. Ce sont les différents raids barbares, durant plus de trois siècles, qui seraient ainsi à l’origine de la constitution de ce lieu de refuge original. Une deuxième théorie place la fondation de Raguse et la destruction d’Épidauros par les Slaves et les Avars, en l'an 614. Une troisième théorie relie la fondation de Raguse au raid mené par les Croates en 656 contre Épidauros qui fut alors totalement détruite. Quoi qu'il en soit, si le nouvel emplacement offrait une meilleure protection aux nouveaux habitants, les terres environnantes étaient moins fertiles, et ils durent négocier avec les Slaves le droit d’exploiter leurs anciennes terres. En échange ils furent dans l’obligation de leur rendre l’hommage de vassalité, tout en restant sous la protection de l'Empire romain d'Orient (dit « byzantin »).

Premiers siècles[modifier | modifier le code]

Statue de Saint Blaise patron de Dubrovnik
Statue de Saint Blaise sous l'échauguette d'un rempart de Dubrovnik

À partir du IXe siècle, en 866 et 867, Raguse fut assiégée durant quinze mois par les Sarrasins. Le siège fut levé grâce à l’intervention de la flotte impériale byzantine de l'empereur Basile Ier .

Peu après de l'an mil, Venise choisit de rejeter son appartenance à l’Empire byzantin et la protection de celui-ci (qui n'assurait plus aussi bien sa fonction, face aux attaques des Hongrois et des Normands d'Italie), puis occupe la Dalmatie et tente de prendre en 948 le contrôle de Raguse, restée fidèle à l'Empire. La tentative de conquête vénitienne échoue et les Ragusains attribuent leur victoire à Saint Blaise qu'ils adoptèrent comme patron de leur Cité (en italien San Biagio, en croate Sveti Vlaho, nom qui évoque aussi celui donné, en slave, aux Dalmates).

En 1050, Raguse reprend aux Vénitiens le port de Gruž et prolonge ses frontières jusqu’à Zaton, à 16 km au nord de la ville, et en 1080 elle s'allie aux Normands d'Italie contre Venise. Au sein de l’Empire, Raguse bénéficie au XIe siècle d'une grande autonomie politique et commerciale, et sa noblesse de souche byzantine et dalmate prospère. C'est durant cette période que l’on assiste à la première augmentation notable de la population slave de Raguse, attirée par son activité commerçante. Le XIIe siècle fut une période mouvementée pour la cité, qui consacra l’essentiel de son temps à se défendre des attaques des Vénitiens, et des royaumes bosniaques et serbes qui cherchaient à en prendre le contrôle.

En 1171, une brève mais dure et significative occupation vénitienne mit en lumière de faiblesse de Raguse et de ses suzerains de Byzance face à la puissance montante de la « Sérénissime » et face aux Serbes, faiblesse qui obligea les Ragusains à s'allier tantôt au roi de Sicile, aux Normands ou aux Hongrois... selon les époques. Entre 1180 et 1190, le Grand Prince de Rascie Stefan Nemanja essaya à deux reprises de s'emparer de la République, sans succès.

Pourtant, cette faiblesse et les différentes tentatives de conquêtes et agressions n’entravèrent en rien le développement économique de la ville. De nombreux traités maritimes furent établis entre Raguse et des villes italiennes (comme en 1203 par exemple avec la ville de Termoli qui est le port de la région de Molise). Néanmoins, la cité dalmate ne pouvait rivaliser avec la « sérénissime république » et sa formidable puissance maritime. Aussi la politique commerciale Ragusaine abandonna-t-elle progressivement le commerce maritime pour se tourner, en profitant de sa situation géographique stratégique, vers le commerce avec l'intérieur des Balkans. En effet, des privilèges avaient été obtenus avec les royaumes de Serbie (traité signé en 1186) et de Bosnie (traité signé en 1189). Le traité signé avec le souverain bosniaque Ban Kulin est d’ailleurs le premier document officiel où la ville est nominativement citée par son nom slave de Dubrovnik.

En 1191, l’Empereur Isaac II Ange confirme aux marchands de la ville le privilège de commercer librement dans Empire, mais Venise est désormais si puissante, qu'elle peut s'attaquer non seulement à Raguse, mais à l'Empire lui-même. Elle utilise pour ce faire sa flotte qu'elle met au service de la quatrième croisade, et sa diplomatie par laquelle elle détourne cette croisade vers Constantinople (ville chrétienne pourtant), prise et mise à sac, pour la première fois depuis sa fondation, en 1204. Venise profite largement de la chute de Byzance pour s'emparer de ses routes commerciales ainsi que de la plupart des îles grecques ; les trésors de Byzance passent à Venise. Dans ce contexte, Raguse, désormais sans protecteur, mais remerciant Saint Blaise que la flotte vénitienne soit passée devant elle sans s'arrêter, accepte dès l'année suivante la tutelle vénitienne, mais réussit à négocier son autonomie.

La période vénitienne (1205-1358)[modifier | modifier le code]

La domination de Venise durera de 1205 jusqu'en 1358 mais permettra à Raguse/Dubrovnik d'entrer dans une nouvelle ère de son développement économique. Venise ne cherche pas à écraser son ex-rivale et lui accorde les mêmes patentes que Byzance auparavant : ainsi, les exportations de la ville étaient exemptées de droits de douane à Venise. La ville était protégée des menaces des puissances voisines. En échange, Raguse/Dubrovnik constituait une base navale vénitienne dans le sud de la mer Adriatique. La ville constitua une formidable source de revenus pour Venise grâce aux ressources et aux routes commerciales qu’elle maîtrisait (peaux, cire, argent et autres métaux).

Raguse avait une certaine autonomie, qui était néanmoins limitée par des règles restrictives. Ces dernières concernaient essentiellement le commerce maritime : ainsi, contrairement à Zara/Zadar, il y avait peu de conflits entre Raguse et Venise car la ville ne la concurrençait plus dans les échanges commerciaux entre l’Est et l’Ouest. Raguse profita en revanche du développement des gisements miniers de Serbie et de Bosnie, et les marchands ragusains établirent des rapports commerciaux étroits à travers les Balkans et au-delà, jusqu'en Transylvanie d'où la ville importait de l'or et du sel, et jusqu'en Pologne d'où elle importait de l'ambre.

En raison du développement économique et pour mieux se défendre des agresseurs, le chenal qui séparait la ville de la côte fut comblé au cours du XIIe siècle et Raguse fusionna avec la ville slave de Dubrava qui était sur la rive opposée, formant ainsi une forteresse défendue par un puissant rempart nord. L’ancien chenal est aujourd'hui la rue principale de la ville, la célèbre rue Stradun (actuelle Placa ; Stradun vient de l'italien strada, Placa de piazza).

Au milieu du XIIIe siècle, l'île de Lastovo fut rattachée au territoire originel. En 1333, la péninsule de Pelješac fut achetée à la Serbie. En 1345, la République fit en outre l’acquisition de l'île Mljet.

Mais en janvier 1348, la ville fut touchée par la peste noire et perdit plus d'un tiers de sa population.

L’indépendance : l’âge d’or de Raguse (1358-1458)[modifier | modifier le code]

L'artère principale de la vieille ville: Le Stradun

En 1358, après une guerre perdue contre la Hongrie et à la suite du traité de paix de Zadar (18 février), Venise perdit la possession de Raguse et de la Dalmatie continentale. Le 27 juin 1358, l'accord final fut signé à Visegrád entre Louis Ier de Hongrie et l'archevêque Giovanni Saraca. Raguse reconnut alors la suzeraineté hongroise, à la place de la vénitienne. Elle versa à la Hongrie un tribut jusqu'en 1526, année de la bataille de Mohács (qui vit les Turcs triompher de la Hongrie), mais réussit à conserver son indépendance. En particulier, la noblesse locale dalmate et croate continua à régner sans que Buda n’interfère sur ses privilèges et franchises. Libérée des restrictions commerciales imposée par la cité vénitienne, la Raguse profita même du fait que le royaume de Hongrie n'était pas une puissance navale. Les conflits d’intérêts étant donc peu probables, la cité devint indépendante dans ses choix politiques et le commerce maritime put repartir sur de nouvelles bases.

Mais cette situation heureuse s’inscrivait dans un contexte de tensions politiques dans les Balkans consécutives à la mort en 1355 de l'empereur de Serbie Stefan Dušan (Étienne Douchan). De plus, un autre danger pour le commerce de Raguse se profilait avec l'invasion ottomane en Europe, commencée en 1354, et qui, en 1396, avait déjà encerclé Constantinople et pris possession de la majeure partie de la Bulgarie.

En 1399 la ville acquit la région de Primorje, entre Raguse et Pelješac.

L'importance de son trafic la conduisit à établir la première quarantaine en 1377 pour se protéger de la peste noire.

En 1409, Venise réussit à acquérir auprès du roi de Naples des droits plus étendus en Dalmatie. Venise cherchait alors à prendre le contrôle du marché de la ville de Drijeva située à 100 km au nord de Raguse, près de l'embouchure de la rivière Neretva. Cette région était très importante car elle correspondait à quelque chose près au territoire originel des migrants slaves de Molise. Raguse considérait cette région comme une importante place commerciale du fait de sa position stratégique pour établir des relations commerciales avec la Bosnie. En effet, elle constituait une ouverture naturelle sur la route de la Bosnie. Raguse défendit sa position vis-à-vis du roi de Bosnie et réussit à garder son influence à Drijeva.

Cette position sera encore disputée par Venise en 1417 à propos de l'exportation du sel qui transitait par la ville de Drijeva et provenait des marais salants de la Neretva et des mines de sel de Transylvanie et de Pologne.

Entre 1414 et 1417, la République de Raguse récupéra les îles de Korčula, Brač, Brazza et Hvar, mais fut rapidement forcée de les rétrocéder à Venise vers 1420. Entre 1419 et 1426, la riche plaine de Konavle au sud d'Astarea, qui incluait la ville de Ragusavecchia, fut achetée au royaume de Bosnie et rattachée aux autres territoires de la République.

En 1416, la République de Raguse abolit le servage. En 1418, elle est le premier pays européen (parmi ceux qui le pratiquaient) à abolir l'esclavage et, donc, à interdire le commerce des esclaves (musulmans ou africains en pays chrétien, chrétiens ou africains en pays musulman). Durant les XVe et XVIe siècles, elle développa son commerce entre l'Europe orientale et les ports de la Méditerranée. Dans l'Empire ottoman depuis le traité de 1458, les marchands ragusains ne payaient en droit de douane que 2 % de la valeur de la marchandise vendue, même les musulmans payaient 3 %, juifs et chrétiens de l’empire payant 4 % et les étrangers 5 %. Ces privilèges sont d’autant plus importants que souvent Raguse conserve de fait l’exclusivité des relations commerciales entre les pays catholiques et l’empire ottoman, une position qui fit aussi la fortune de Venise. Au XVIe siècle, marchands et navires de Raguse iront de Flandre, d'Angleterre, d'Espagne et de Provence, jusqu’en Égypte et en Syrie. Dans la seconde moitié du XVIe siècle la valeur du commerce import-export ragusain avec l’empire ottoman atteindra 350 000 ducats. Au XVIe siècle, la flotte de commerce de la République compta jusqu'à 200 navires. Son commerce porte alors principalement sur les céréales, la laine et les peaux, les produits miniers, la cire, le carmin de cochenille et le sel, produits des Balkans exportés vers l’Italie. Vers les Balkans, Raguse exporte tissus, cristallerie, verrerie et autres produits manufacturés.

La domination ottomane[modifier | modifier le code]

Épée de cérémonie du recteur, 1466

Alors que les Turcs ne cessaient de progresser dans les Balkans, le voïvode bosniaque Sandalj n'hésita pas à faire appel à eux pour imposer son pouvoir en 1423. Dès 1430, les Ottomans avancèrent en Bosnie et en Albanie et ils occupèrent entre 1439 et 1444, toute la Serbie.

Cette annexion troubla et désorganisa les relations commerciales que Raguse entretenait avec la Serbie, notamment avec la ville minière serbe Novo Brdo qui chuta en 1441. De nombreux marchands ragusains prirent la fuite. La gravité de la situation força Raguse à prendre des mesures fiscales exceptionnelles afin d'aider les marchands en difficultés financières[4]. Après de longues tractations avec les Ottomans, un traité fut signé en 1442. Il autorisait les Ragusains à commercer librement dans les régions balkaniques occupées par les Turcs, contre le paiement de taxes et autres privilèges.

Entre 1451 et 1454, une guerre opposa Raguse et le grand-duc bosniaque Stephan Vukcic-Kosaca, vassal des Ottomans converti à l'islam. Ce dernier devait conquérir Raguse pour le compte du sultan. Finalement les Ottomans abandonnèrent l'idée de conquête, préférant conserver les avantages financiers et commerciaux que leur apportait la cité de Raguse.

En 1458, la République signa donc un traité avec l'Empire ottoman dans lequel il était stipulé qu’elle devait payer un tribut annuel au sultan de 1 500 ducats d'or au début, montant progressivement augmenté à 12 500 ducats d'or en 1478. Chaque année un ambassadeur de la ville devait apporter au sultan le tribut avant le 1er novembre et renouveler l'hommage de vassalité. Elle dut également détruire certaines de ses fortifications. En contrepartie la République se fit accorder d'importants privilèges douaniers. Par ailleurs la République ne changea aucune de ses institutions politiques.

Les guerres de conquêtes lancées par les Ottomans dans les années 1450-1460 se sont traduites par des mouvements de populations importants, en particulier vers la république de Raguse[5]. Ces migrations étaient si importantes qu'un décret fut établi en 1454 afin de contrôler l'accès à la cité. En mars 1460, les troubles provoqués par ces mouvements migratoires poussèrent Raguse à proscrire tout transport de personnes en dehors du territoire de la république par voie maritime. Mais la pression étant tellement forte, la cité maritime finit par céder et même organiser des transports de réfugiés par bateaux en direction de l'Italie (Venise, les Marches...) au milieu des années 1460.

En 1459, après la chute de la capitale Smederevo, la Serbie fut complètement occupée par les Ottomans et la pression s'accentua sur Raguse. Quelques années plus tard, les Ottomans occupèrent la Bosnie en 1463 et presque entièrement l'Herzégovine en 1465.

En 1465, Venise et les Hongrois se disputèrent le contrôle de l'embouchure de la Neretva, une région à la position stratégique, à proximité de la ville commerciale de Drijeva, et contrôlée par la ville fortifiée de Pocitelja en amont de la rivière. Si les Hongrois, appuyés par Raguse, s'installèrent dans le fort de Pocitelja, la sérénissime république en profita pour contrôler le littoral de Makarska et la région autour de la ville d'Imotski. Le sultan Mehmed II profita des clivages dans le camp chrétien pour étendre ses conquêtes en Asie mineure en 1468.

Il convient de préciser que malgré les accords signés avec les Ottomans et les tributs versés, les attaques répétées des Valaques d'Herzégovine (population « ottomanisée ») se déroulaient régulièrement contre le territoire de Raguse.

La totalité des villes et des places fortes de l'arrière pays de Raguse et de la Neretva comme Uskopje ou Trebinje, tombèrent aux mains des Ottomans à partir dès 1465. La ville fortifiée de Pocitelj chuta en 1471, ouvrant le marché de Drijeva sur la Neretva et permettant le contrôle de la route vers la Bosnie. En conséquence, même si c'était déjà le cas depuis longtemps, le commerce de Raguse était sous le contrôle de la puissance ottomane. La conquête de l'Herzégovine se termina en 1482 par la prise de la ville de Novi située à l'entrée des bouches de Kotor et ce, aux dépens du grand-duc Vlatko, un des héritiers de Vukcic-Kosaca.

Les territoires annexés tombèrent ainsi sous le contrôle de l'administration ottomane dans les années 1470-1480 et une frontière entre Raguse et l'empire ottoman fut bornée.

Dès 1481, lorsque la ville passa sous la protection ottomane, elle fut obligée de lui verser un tribut de 12 500 ducats par an (jusqu'en 1718) mais elle conserva un certaine indépendance tout en restant sa vassale. Elle conserva le droit d'entretenir des relations diplomatiques et signer des traités avec les autres puissances étrangères. De plus, la flotte de Raguse pouvait naviguer sous son propre drapeau. Le suzerain ottoman conféra même des privilèges commerciaux pour commercer dans l'Empire. Raguse a aussi contrôlé le commerce de l'Adriatique au nom de l'Empire ottoman et ses marchands bénéficièrent d'exemptions fiscales spéciales et d'avantages commerciaux de la Sublime Porte (désigne le Palais impérial de Topkapi à Istanbul). Les marchands de Raguse ont pu installer des comptoirs commerciaux et bénéficier de droits dans les villes ottomanes importantes.

Les marchands ragusains avaient le droit d'entrer dans la Mer Noire qui était fermée aux navigateurs non-ottomans. Ils payaient aussi des droits de douane moins élevés que les marchands étrangers. La cité a pu bénéficier aussi du soutien diplomatique de l'administration ottomane lors de leurs disputes commerciales avec les Vénitiens.

Mais un conflit, dont l'enjeu était le contrôle du commerce depuis la Neretva jusqu'aux bouches de Kotor, éclata en 1499 entre l'empire ottoman et la république de Venise. En 1496, Venise avait déjà tenté de contrôler, mais en vain, le marché du sel de la Neretva.

Durant toute cette période de guerre, le commerce de Raguse fut grandement affecté. Venise avait détruit les salines de la Neretva et intercepté les navires marchands de Raguse. Des traités de paix furent finalement signés en 1503 mettant fin aux désordres qui régnaient depuis plusieurs décennies dans la région.

Le destin de Raguse était étroitement lié à celui de l'Empire ottoman. Raguse et Venise apportèrent une aide technique à la coalition entre l'Empire ottoman, l'Égypte, Calicut et Gujarati, et contribuèrent à l'effort de guerre contre les Portugais lors la bataille de Diu dans l'Océan Indien (1509).

Avec l'Angleterre, l'Espagne et Gênes, La République de Raguse était pour Venise un des adversaires les plus dangereux du XVe siècle car susceptible de la concurrencer sur toutes les mers, l'Adriatique y comprise. Grâce à la proximité des forêts inépuisables de chêne de Gargano, la cité était en mesure de construire des bateaux à l'abri des Vénitiens.

Pour leur part, les Ottomans considéraient Raguse comme un port d'importance majeure. L'essentiel du trafic commercial entre Florence et Bursa, le dernier port ottoman dans la Turquie actuelle du nord-ouest, transitait par Raguse. Les marchandises des Florentins quittaient les ports italiens de Pesaro, Fano ou Ancône pour atteindre Raguse. De là, les marchandises prenaient la route pour Bosnasaray (Sarajevo)-Novi Pazar-Skopje-Plovdiv-Edirne. L'année 1503 marqua le début d'une nouvelle ère pour Raguse et son commerce qui devait atteindre un développement sans précédent tout au long du XVIe siècle. Dans les années 1550 à 1580, Raguse accepta de mettre sa marine à la disposition de l'Empire espagnol à condition de ne pas participer aux expéditions militaires susceptibles d'affecter ses relations commerciales avec l'Empire ottoman. L'empire ottoman toléra que Raguse puisse importer des marchandises de pays avec lesquels il était en guerre. Mais les navires mis à disposition furent armés, Raguse perdit dans les combats presque toute sa flotte. Le sultan furieux lança ses troupes contre la République, l'obligeant à payer à chaque expédition de très lourdes contributions.

Drapeaux de Raguse selon l'Encyclopédie.

Le déclin de la République de Raguse[modifier | modifier le code]

Le déclin de l'empire ottoman et de son commerce avec l'Occident entraina le déclin progressif du commerce ragusain.

Raguse avant le tremblement de terre de 1667, Kowalczyk 1909

Le séisme du 6 avril 1667 dévasta la ville, tua plus de 5000 personnes y compris le recteur et ravagea la plupart des bâtiments publics, laissant seulement les remparts intacts. De nombreux bâtiments de style gothique et renaissance (palais, églises et monastères) furent détruits et laissés à l'état de ruines. Seuls le palais Sponza et la façade du palais du Recteur de la place Luza résistèrent au tremblement de terre. La ville fut progressivement reconstruite dans un style baroque plus modeste. Après de gros efforts, Raguse se redressa mais ne demeura à jamais que l'ombre de la brillante et ancienne République.

En 1684, des émissaires furent envoyés pour renouveler les accords signés en 1358 à Visegrad, reconnaissant la souveraineté de la Maison d'Autriche sur Raguse comme roi de Hongrie et de Croatie. De plus, Raguse devait payer une taxe annuelle de 500 ducats. En même temps Raguse continuait à reconnaître la souveraineté ottomane, ce qui n'avait rien d'inhabituel pour l'époque. Cette situation offrit un grand nombre d'opportunités pour la ville qui pouvait commercer et envoyer ses navires dans tous les ports de la côte dalmate.

En 1683, les Turcs subirent une cuisante défaite lors de la bataille de Kahlenberg aux portes de Vienne. Le maréchal de l'armée autrichienne était Francesco Giovanni Gondola (Fran Đivo Gundulić (en)). Lors du traité de Karlowitz de 1699, les Ottomans cédèrent la totalité de la Hongrie, la Transylvanie, la Slavonie, la Dalmatie et la Podolie aux Habsbourgs victorieux, aux Vénitiens et aux Polonais.

L'Empire Ottoman n'étant plus une menace au sein de l'Europe chrétienne, Venise s'empara d'une partie de l'arrière pays de Raguse et se rapprocha dangereusement de ses frontières. Raguse se retrouva encerclée et coupée du commerce avec l'intérieur. Face à ce danger, préparée à l'échec des Turcs en Autriche en 1684 et espérant que l'armée autrichienne s'emparerait de la Bosnie-Herzégovine, Dubrovnik envoya des diplomates à Vienne auprès de l'Empereur Leopold Ier.

Lors du traité de paix du 26 janvier 1699, la République de Raguse céda deux territoires côtiers à l'Empire ottoman dans le but de se protéger indirectement des attaques de la République de Venise. L'un d'entre eux, était un territoire situé à la frontière nord-ouest autour de la petite ville de Neum, aujourd'hui le seul corridor d'accès à la Mer Adriatique pour la Bosnie-Herzégovine contemporaine. L'autre territoire était situé à la frontière sud-est du village de Sutorina et constitua plus tard une partie du Monténégro.

Raguse continua sa politique de neutralité en ne prenant pas part à la guerre de Succession d'Autriche (1741-1748) et à la guerre de Sept Ans (1756-1763).

En 1776, la République de Raguse devint la première puissance étrangère à reconnaître le nouveau gouvernement des États-Unis. C'est également cette année-là que Raguse conclut un traité avec la France[6].

La chute de la République de Raguse[modifier | modifier le code]

En 1800, la République avait un réseau très organisé d'ambassades et de consulats dans plus de quatre-vingts villes et ports dans le monde.

En 1806, Raguse fut assiégée durant un long mois par les flottes russes et monténégrines qui envoyèrent plus de 3 000 boulets sur la cité. La République fut contrainte de capituler face aux forces armées de l'Empire français qui mit un terme au siège et sauva Raguse. Menée par Napoléon, l'armée française entra dans Raguse en 1806.

En 1808, le maréchal Marmont abolit la République de Raguse et l'intégra dans le Royaume d'Italie. Il devint le recteur de Raguse. L'italien est alors la langue officielle de Raguse. En 1810 Marmont l'intégra dans les Provinces illyriennes françaises, territoire correspondant alors à une large partie de la Slovénie et du littoral de la Croatie actuelles.

En 1814, lors de la Bataille de Paris en 1814, Marmont abandonna Napoléon et fut accusé d'être un traître. À cause de cette attitude, le mot « ragusade » devint une expression signifiant un acte de trahison. Le terme « raguser » veut dire aussi trahir.

En 1814, menée par le général Todor Milutinovic, l'armée autrichienne, accompagnée de l'armée britannique et d'insurgés locaux, encercla Raguse occupée par les Français. À l'occasion du Congrès de Vienne en 1815, Raguse fut rattachée au Royaume de Dalmatie, alors sous l'autorité de l'empire d'Autriche, et en fera partie jusqu'à 1918.

En 1815, l'aristocratie ragusaine formant l'ancien gouvernement ragusain se rencontra dans le but de rétablir la République de Raguse mais ses efforts furent vains et ce fut la dernière fois qu'ils se réunirent. Après la chute de la République, la majorité de la noblesse ragusaine disparut ou émigra vers l'étranger. Environ un cinquième des familles aristocratiques furent reconnues par l'empire autrichien. Certaines de ces familles reconnues ont survécu, comme les Ghetaldi-Gondole, Gozze, Caboga, Sorgo, Zlataric, Zamagna et Pozza.

La ville de Raguse a officiellement changé son nom dans les langues occidentales en Dubrovnik en 1918, avec la chute de l'empire d'Autriche-Hongrie et à la suite de son incorporation dans le Royaume des Serbes, des Croates, des Slovènes, plus tard le Royaume de Yougoslavie.

Gouvernement de la République de Raguse[modifier | modifier le code]

Palais du recteur, Dubrovnik

La ville était gouvernée par la classe aristocratique. Trois groupes sociaux cohabitaient à Raguse et il était strictement défendu de se marier avec une personne issue d'une classe différente. Le chef de la Cité-État portait le tire de duc puis de recteur (rettore) au moment de la domination vénitienne. Mais ce statut n'était qu'un titre honorifique, en réalité le pouvoir était entre les mains de trois assemblées tenues par la noblesse.

Un document des archives de Raguse, le Speculum Maioris Consilii Rectorum, énumère toutes les personnes qui ont participé au gouvernement de la République entre septembre 1440 et juin 1860. On compte, au total, 4397 recteurs élus. 2 764 (63 %) étaient issus des vieilles familles aristocratiques : Gozze, Bona, Caboga, Cerva, Gondola, Ghetaldi, Giorgi, Gradi, Pozza, Saraca, Sorgo et Zamanya. Au XVIIe siècle, 50 % des ducs et des sénateurs appartenaient aux familles suivantes : Bona, Gondola, Gozze, Menze et Sorgo. Au XVIIIe siècle, 56 % des sénateurs provenaient des familles suivantes : Sorgo, Gozze, Zamagna, Caboga et Georgi. Enfin, dans les huit dernières années de la République, 50 % des ducs étaient des Sorgo, Gozze, Gradis, Bona et Ragnina.

Plusieurs problèmes importants touchaient les familles aristocratiques ragusaines. Elles étaient confrontées à la diminution de leur effectif et au faible nombre de familles nobles locales (dans les environs de Dubrovnik alors sous le contrôle turc). Ils devenaient un groupe de plus en plus restreint où les mariages étaient fréquents entre parents du 3e et 4e degré (1566 - tutti quasi siamo congionti da quarto grado di consanguinita et affinita).

Une liste datant de 1802 des assemblées de la République montre que six des huit membres du Petit Conseil et quinze des vingt membres du Grands Conseil, étaient issus des onze mêmes familles.

La Constitution de la République de Raguse était de nature aristocratique. La population était divisée en trois classes : les patriciens, les citoyens et les plébéiens. L'essentiel du pouvoir était concentré entre les mains des armateurs, des banquiers et des riches marchands, patriciens qui se considèrent comme nobles en se dotant d'armoiries. Capitaines de navires, commerçants plus modestes et maîtres des corporations constituent des citoyens plus ordinaires qui pouvaient occuper les postes subalternes de l'administration civile et judiciaire, parfois accéder au Grand Conseil. Matelots, artisans et paysans constituaient la classe des plébéiens, souvent d'origine slave ou albanaise, qui n'avaient aucune voix dans le gouvernement et ne pouvaient donc pas prendre part aux affaires politiques de la Cité. Le mariage entre les membres de classes sociales différentes était interdit.

L'organisation du gouvernement s'est fondée sur le modèle vénitien : les corps institutionnels étaient le Grand Conseil (l'organe de gouvernement suprême), le Petit Conseil le véritable gouvernement détenant le pouvoir exécutif (depuis 1238) et le Sénat (depuis 1253). Ce système politique, le Statut de Raguse, est définitivement admis, sur proposition du Grand et du Petit Conseil, après l'approbation par l'assemblée générale de la population le 29 mai 1272. Après le départ du gouverneur vénitien, le chef d'État était le recteur, élu pour une durée de plus en plus courte, finalement d'un mois.

Le Grand Conseil (Consilium maius) était exclusivement composé de membres de l'aristocratie ; chaque noble obtenait son siège à l'âge de 18 ans. Chaque année, Pour le Petit Conseil (Consilium minus), on procédait à l'élection de 11 membres. Avec le duc, le Petit Conseil exerçait des fonctions exécutives et représentatives. Le pouvoir principal était tenu par le Sénat qui comptait 45 membres élus pour un an. Au sein de cette assemblée, on ne distingue pas l'hégémonie d'une famille en particulier, contrairement à la famille de Médicis à Florence. Cependant les historiens s'accordent pour dire que la famille Sorgo a été de tout temps une des familles les plus influentes de la Cité-État.

Le Petit Conseil était composé à l'origine de 11 membres pour se réduire à 7 en 1667. Le recteur était élu par le Petit Conseil. Le Sénat apparaît comme nouveau corps consultatif en 1235. Ce dernier était constitué de 45 membres invités (plus de 40 ans de moyenne d'âge). Lorsque la République était sous la domination vénitenne, le Recteur était un Vénitien. Mais à partir de 1358 le Recteur était toujours un Ragusain. La durée du mandat du recteur était seulement d'un mois et il n'avait le droit d'être réélu que deux ans après. Le recteur vivait et travaillait dans le Palais du Recteur mais sa famille devait vivre dans sa résidence particulière. Le gouvernement de la République avait un caractère libéral et a manifesté très tôt son souci de justice et les principes humanitaires comme l'abolition du commerce d'esclaves dès 1418.

Le caractère libéral de Raguse pouvait se manifester d'autres façons. Sur le drapeau de la République on pouvait lire le mot Libertas (la liberté) et à l'entrée de la forteresse Saint Lorenz (Lovrijenac), juste à l'extérieur des remparts de Raguse, on peut encore lire l'inscription suivante : « Non bene pro toto libertas venditur auro », signifiant « la liberté n'est vendue contre aucune sorte d'or ». Pourtant, si la République a aboli l'esclavage, la République était un adversaire acharné de la religion orthodoxe et seuls les catholiques romains pouvaient acquérir la citoyenneté ragusaine.

Culture[modifier | modifier le code]

La langue[modifier | modifier le code]

Durant toute son histoire, Raguse constitua un pont entre l'Orient et l'Occident, entre les mondes slave et roman.

Le ragusain était, comme le végliote (du nom de l'île de Veglia, aujourd'hui Krk), un des dialectes dalmates, une langue morte de la famille des langues romanes. En effet, l'encyclopédie des langues d'Europe, mentionne une variante méridionale appelée « ragusain » dont on connaît quelques textes brefs. Parmi ces derniers on trouve deux lettres de 1325 et 1397 et quelques textes médiévaux.

Au moment de l'expansion slave, la langue chtokavienne (langue slave du sud-ouest) a également commencé à être pratiquée. Elle ne cessa de prendre de l'extension par la suite, et l'aristocratie ragusaine eut à cœur de maintenir le ragusain : en atteste la décision du Sénat ragusain de discuter les débats en « vieux ragusain » (lingua veteri ragusea : en langue antique de Raguse) et l'interdiction de parler la langue slave (lingua sclava). Le dialecte ragusain fut fortement influencé par le vénitien ; cependant, au XVIe siècle, il tomba en désuétude et il finit par s'éteindre. Sa disparition coïncida avec le développement de l'italien qui devint la langue officielle de la République (de 1492 jusqu'à sa fin).

D'après les sources disponibles, on recense à peine 260 mots ragusains. Plusieurs mots ont survécu comme pen (se prononce comme en français) (pain), teta (père), cesa (maison, en vénitien ce mot signifie église) et facir (pour faire). Ils sont cités par l'italien Fillipo Diversi, directeur de l'école de Dubrovnik dans les années 1430.

L'italien était désormais utilisée par les classes dominantes et la langue croate (chtokavien) par les classes inférieures. Les Ragusains étaient en général bilingues. Ils parlaient le croate dans la vie quotidienne, l'italien pour les occasions officielles, ou bien il leur arrivait de mélanger les deux. Des travaux littéraires de Ragusains célèbres ont été écrits en italien et en serbo-croate.

Personnalités de la culture ragusaine[modifier | modifier le code]

Statue de Fran Gundulić, août 2006

La seconde moitié du XVe siècle est l'âge d'une littérature latine renaissante et humaniste riche en Dalmatie. Selon Graubard, durant la Renaissance, la domination vénitienne sur la Dalmatie et Raguse a suscité la naissance d'intellectuels influents (la plupart du temps des aristocrates et des ecclésiastiques, des Jésuites plus particulièrement) qui conservèrent la mémoire vivante de la Croatie et de la langue croate, notamment en composant ou en traduisant des pièces de théâtre et des livres italiens ou latins en langue vernaculaire.

Économiquement et politiquement indépendante, Raguse réunissait les meilleures conditions pour se distinguer et développer les arts et les lettres en Dalmatie. Des auteurs comme Elio Cerva (Aelius Lampridius Cervinus) (1460-1521) poète et humaniste arrivent ainsi avec talent à produire des réalisations artistiques des plus élevées en langue vernaculaire.

Certains de ses contemporains déjà, comme Jakov de Bona et Damiano Benessa, utilisent la langue de Virgile pour exalter des thèmes chrétiens.

Dominko Zlatarić (1555-1609) est aussi un célèbre poète ragusain, auteur des Poésies diverses et traducteur en vers de, la tragédie Électre de Sophocle, les métamorphoses d'Ovide, Pyrame et Thisbé et l'Aminta du Tasse.

Ruggiero Giuseppe Boscovich (1711, Raguse - 1787, Milan) est un prêtre jésuite dalmate qui était mathématicien, physicien, astronome, poète et philosophe. Né à Raguse d'un père de Bosnie et d'une mère italienne de la famille de Bettera.

Personnalités ragusaines[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Peter F. Sugar (1983). Southeastern Europe Under Under Ottoman Rule, 1354-1804, University of Washington Press, (ISBN 0-295-96033-7).
  2. David Rheubottom (2000). Age, Marriage, and Politics in Fifteenth-Century Ragusa, Oxford University Press, (ISBN 0-19-823412-0)
  3. Boško Bojović (avril 2005) Raguse, une cité maritime et marchande au carrefour de trois mondes Revue Clio
  4. Archives de Raguse du 6 août 1454
  5. B. Krekic, Dubrovnik...1300-1600
  6. Convention entre le roi très-chrétien et la république de Raguse, conclue à Raguse le 2 avril 1776, Paris, Imprimerie royale, 1776

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]