Ordre de la Libération

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ordre de la Libération
Illustration.
Avers
Croix de la Libération[1]
Conditions
Décerné par Drapeau de la France France
Type Ordre à catégorie unique
Décerné pour Hauts-faits pour et lors de la Libération de la France
Éligibilité Militaires ou civils
Détails
Statut Plus décerné depuis 1946
Devise Patriam Servando Victoriam Tulit
Statistiques
Création 16 novembre 1940
Première attribution 29 janvier 1941
Dernière attribution 23 janvier 1946
Total 1 061
Ordre de préséance
Précédent Inférieur
Médaille militaire
Équivalent
Supérieur
Ordre national de la Légion d'honneur
Suivant
Illustration.
Ruban du 1er type (jusqu'en août-septembre 1942)
Seconde illustration.
Ruban du 2e type (après août-septembre 1942)

L’ordre de la Libération a été créé dans le but de récompenser les personnes ou les collectivités qui se sont signalées au cours de la libération de la France lors de la Seconde Guerre mondiale. Deuxième ordre national français après celui de la Légion d'honneur, son admission ne fut accordée qu'à un nombre réduit de personnes, d'unités militaires et de communes pour des hauts-faits lors de la Libération de la France.

Histoire[modifier | modifier le code]

Après la bataille de Dakar le 25 septembre 1940, le général de Gaulle échoue à rallier l'Afrique-Occidentale française (à la différence de l’Afrique-Équatoriale française) et comprend que la libération de la France sera longue. C'est dans ce contexte qu'il crée l’ordre de la Libération le 16 novembre 1940[2] à Brazzaville (République du Congo), pour récompenser les personnes ou collectivités qui se distingueraient pour la libération de la France. À l'origine, le général de Gaulle pensait nommer les titulaires de cette décoration « Croisés de la Libération » mais, sous les conseils de René Cassin, le terme emphatique et désuet fut abandonné au profit de Compagnons de la Libération[3].

Dès le 29 janvier 1941, les cinq premiers Compagnons de la Libération sont nommés et forment ainsi le premier conseil de l'ordre. Ce sont Henri Bouquillard, Félix Éboué, Emmanuel d'Harcourt, Edmond Popieul, et Georges Thierry d'Argenlieu. Il conçoit cet ordre comme un ordre religieux, nommant comme premier chancelier l'amiral d'Argenlieu, ancien responsable des Carmes de Paris[4].

Seules 1 038 personnes, 5 communes et 18 unités combattantes se sont vu attribuer cette décoration entre janvier 1941 et janvier 1946.

En quittant le pouvoir en janvier 1946, le général de Gaulle signe un décret qui met fin à l'attribution de la croix de la Libération (décret du 23 janvier 1946), car le but de la libération est atteint. Ce n'est qu'en deux occasions exceptionnelles que l’ordre sera rouvert par son grand maître, le général de Gaulle. L’une en 1958 pour Winston Churchill et l’autre en 1960 pour le roi du Royaume-Uni George VI à titre posthume.

Le poste de chancelier de l’ordre est occupé à compter du 12 octobre 2011 par Fred Moore[5] qui succède au professeur François Jacob nommé en octobre 2007.

L'ordre prévoit que le dernier compagnon détenteur sera enterré au mémorial du mont Valérien[6] dans le caveau no 9.

À compter du 16 novembre 2012, le Conseil national des communes « Compagnon de la Libération », établissement public créé par une loi de 1999[7], succède au Conseil de l'ordre dans la gestion de celui-ci. Le chancelier Fred Moore devient alors délégué national[8].

Décoration[modifier | modifier le code]

L'insigne de l’ordre est la croix de la Libération dont le dessin est réalisé par le capitaine des Forces françaises libres Tony Mella et la maquette réalisée par la succursale londonienne du joaillier Cartier[1]. Elle est faite d'un écu de bronze poli rectangulaire de 33 mm de haut sur 30 mm de large, portant un glaive en pal de 60 mm de haut sur 7 mm de large, dépassant en haut et en bas, surchargé d'une croix de Lorraine noire.

Les couleurs du ruban sont le noir, exprimant le deuil de la France opprimée par les envahisseurs, le vert, exprimant l'espérance de la Patrie. Il y eut deux modèles de ruban, le premier, à bandes noires placées en diagonale, à l'anglaise, fut décerné jusqu'en août-septembre 1942. Il fut remplacé ensuite par le ruban définitif à bandes verticales[1].

Au revers de l'écu, est inscrite la devise « Patriam Servando - Victoriam Tulit » (« En servant la Patrie, il a remporté la victoire. »).

Elle se porte sur la poitrine, à gauche, juste après la Légion d'honneur et avant la Médaille militaire[1].

La maquette de la croix fut réalisée par la succursale londonienne du joaillier Cartier. Les premières croix furent fabriquées par la maison John Pinches à Londres et la Monnaie de Paris en racheta le stock en 1944. Source de variantes (quelque 26 décoration retrouvées). Les fabricants français et étrangers en fabriquèrent après la libération de la France sans omettre les modèles fabriqués sur divers lieux dans laquelle la France libre était présente (Afrique, Moyen-Orient par exemple). Cet insigne est un thème de collection.

De par des recherches, il a été recensé 26 types de croix différents (collection privée contenant croix de Londres, moulages et surmoulages de cette croix ; monnaie de Paris, fabricants privés - Aubert, René, Maison Bacqueville, Mourgeon, etc. Sans omettre de signaler les éventuels fabricants étrangers ; croix avec la croix de Lorraine ni laquée, ni émaillée, ni peinte ; croix avec croix de Lorraine peinte en marron - et non noir comme ce fut la généralité, etc.

À lire à ce sujet les livres d'Olivier Matthey-Doret Les Compagnons de la Libération de Côte-d’Or et Les Compagnons de la Libération de la Région D (Bourgogne et Franche-Comté) - labellisés par la Délégation à la Mémoire du ministère des Anciens combattants.

Grand maître de l’ordre[modifier | modifier le code]

Le général de Gaulle fut le seul et unique grand maître de l’ordre. Très attaché à cette distinction, il reçut le collier de grand maître, insigne de sa fonction, le 31 août 1947. Il porte le collier de grand maître de l’ordre sur sa photographie officielle de président de la République, au lieu du grand collier de la Légion d'honneur.

Le 9 novembre 1970, à la mort du général de Gaulle, le conseil de l'ordre de la Libération décida qu'il n'aurait pas de successeur.

Chanceliers de l’ordre[modifier | modifier le code]

De janvier 1941 à novembre 2012, huit chanceliers se sont succédé :

Compagnon de la Libération[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Compagnon de la Libération.

Les croix attribuées sont au nombre de 1061 :

  • 1 038 à des personnes,
  • 18 à des unités militaires,
  • 5 à des villes (voir ci-dessous).

Aucun critère d'âge, de sexe, de grade, d'origine, et même de nationalité, n'est exigé. C'est la valeur qui compte et la qualité exceptionnelle des services rendus, qui ne sont pas exclusivement des services combattants.

Le général de Gaulle a tenu à préciser le caractère exceptionnel de cet ordre, ainsi il écrivit : « On me propose des candidats qui, bien que très dignes et vaillants combattants, ne répondent pas aux conditions tout à fait exceptionnelles qui justifient l'accession dans l'ordre ».

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la décoration fut très souvent décernée sous pseudonyme ou identité de guerre. C'est le cas pour Jean Moulin, par exemple, qui est fait Compagnon de la Libération, le 17 octobre 1942, sous le nom de « Caporal Mercier » .

Personnes[modifier | modifier le code]

Sur les 1 038 personnes décorées de la croix de la Libération, 65 furent tuées avant la fin de la guerre, et 260 la reçurent à titre posthume.

Six femmes reçurent la croix de la Libération.

Seules Laure Diebold et Émilienne Moreau-Evrard la reçurent de leur vivant, les quatre autres femmes étant décorées à titre posthume.

Unités militaires[modifier | modifier le code]

Armée de terre[modifier | modifier le code]

Insigne du bataillon de marche no 2 de l'Oubangui-Chari (Afrique équatoriale française)

Marine[modifier | modifier le code]

Armée de l’Air[modifier | modifier le code]

Villes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]