Allen Dulles
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| Allen Dulles | |
Allen Dulles |
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| Fonctions | |
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| 1e directeur civil de la Central Intelligence Agency | |
| 26 février 1953 – 29 novembre 1961 | |
| Biographie | |
| Date de naissance | 7 avril 1893 |
| Lieu de naissance | Watertown, New York (États-Unis) |
| Diplômé de | Université de Princeton |
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Allen Welsh Dulles (7 avril 1893 - 29 janvier 1969) fut le premier directeur civil de la Central Intelligence Agency, du 26 février 1953 au 29 novembre 1961, et l'un des sept membres de la commission Warren chargée d'enquêter sur l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy.
Il était également le frère cadet de John Foster Dulles, Secrétaire d'État des États-Unis du gouvernement Dwight Eisenhower, de 1953 à 1959, et actionnaire principal de la United Fruit Company, société bananière influente dans les républiques bananières d'Amérique latine.
Allen Dulles est un personnage des plus controversés : sa carrière au sein de l'État américain ne cessant d'être émaillée de conflits d'intérêts personnels et familiaux plus ou moins importants, dus à sa participation à la vie de grands groupes industriels internationaux ainsi qu'à la carrière de son frère John Foster Dulles qui travailla lui aussi pour ces grands groupes.
Biographie[modifier]
Fils d'un pasteur presbytérien, Allen Dulles est né à Watertown, dans l'État de New York.
Il fait ses études à l'université de Princeton et il entre dans les services diplomatiques en 1916. Il est envoyé en Suisse ; c'est lui qui est responsable du rejet de la demande de Lénine d'un visa pour les États-Unis. En 1926, il obtient un diplôme de droit et trouve un emploi dans une société de New York où travaille déjà son frère Foster. Il travaille alors comme financier pour Wall Street, et notamment pour la Standard Oil dont il représente les intérêts en Europe. À ce titre, il est impliqué dans des liens financiers avec l'Allemagne nazie avant et pendant la guerre (1939-1945).
Dulles a été recruté par William J. Donovan pour devenir chef des opérations à New York pour le compte du COI (Coordinator of Information) organisme qui est renommé Office of Strategic Services (OSS) en 1942.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Dulles est chef de station de l'OSS à Berne en Suisse et de là, il fournit à son gouvernement des informations concernant l'Allemagne nazie[1].
Après la Seconde Guerre mondiale, durant la guerre froide, Eisenhower le nomme directeur de la CIA[1]. Pendant cette période il fonde Radio Free Europe, dont le but est de combattre le communisme, en diffusant des idées et des informations non accessibles aux habitants du bloc de l'Est[1].
Son action est controversée : sous couvert de protéger les intérêts américains (politique du 'New Look'), il renverse des gouvernements démocratiquement élus dont il pense qu'ils s'allieront peu ou prou au bloc soviétique (URSS). Ainsi, à travers des opérations secrètes (black operation), il fait emprisonner le premier ministre élu d'Iran Mohammad Mossadegh, en 1953, puis le président du Guatemala Jacobo Arbenz en 1954, également élu démocratiquement. Dans le cas de Mossadegh, il s'agit de donner le pétrole iranien à British Petroleum ; dans le cas d'Arbenz, il s'agit d'empêcher une taxe d'entrer en vigueur sur les bananes exportées par United Fruit. La CIA paraît ainsi davantage servir les intérêts financiers des grands groupes plutôt que la démocratie et la liberté[2]...
A. W. Dulles est également accusé[Qui ?] d'avoir promu l'Opération Mockingbird, dont le but était d'influencer les sociétés de média américains.
En mars 1953, le sénateur Joseph McCarthy commence une série d'investigations sur une potentielle subversion communiste au sein de la CIA. Malgré le manque d'éléments révélateurs d'un dysfonctionnement, les audiences, pouvant être dommageables pour la réputation de la CIA et pour la sécurité des informations sensibles, Dulles persuade Eisenhower de demander à McCarthy d'arrêter ses attaques contre l'agence.
En tant que directeur de la CIA, il est aussi impliqué dans un projet d'assassinat de Patrice Lumumba (1961), le Premier ministre du Congo. Dulles aurait mal interprété la volonté du président Dwight Eisenhower[3],[4]
Pendant le mandat de John Fitzgerald Kennedy, Dulles fait face à des critiques grandissantes. L'échec de l'invasion de la baie des Cochons à Cuba et de plusieurs projets d'assassinat (dont la majorité utilise la mafia et des Cubains anticastristes comme recrues) de Fidel Castro (opération Mongoose), les régimes pro-américains de l'Iran et du Guatemala, qui étaient largement perçus comme brutaux et corrompus, minèrent la crédibilité de la CIA.
Dulles est renvoyé par Kennedy pour sa participation à la préparation de l'audacieux document « opération Northwoods » dont le but était d'utiliser la CIA dans des attaques réelles ou simulées et d'en accuser Cuba, dans le but d'obtenir un soutien populaire pour une guerre avec ce pays. Dulles avait surtout eu le toupet d'orchestrer une campagne médiatique destinée à faire porter le chapeau du fiasco de la baie des Cochons au président JFK... Pour JFK, c'est le coup bas de trop : Dulles est limogé fin novembre 1961. La haine et le mépris que les deux hommes se vouent mutuellement est un secret de polichinelle à Washington.
Dulles publie le livre The Craft of Intelligence (ISBN 1-59228-297-0) en 1963.
Après l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy, le président Lyndon Johnson engagea Dulles comme l'un des sept membres de la commission Warren. Malgré sa connaissance de plusieurs projets d'assassinats par la CIA, la mafia et les anticastristes envers Castro, dans aucun document qu'il ne remit aux autorités d'enquête, Dulles ne mentionne aucun de ces faits durant la commission d'enquête qui se déroula de 1963 à 1964. Parmi les nombreuses théories sur l'assassinat de JFK, une prétend que Dulles s'est allié à LBJ et la mafia de Chicago (Giancana) ; le crime est parfait, puisque Lyndon Johnson est nommé président suite à la mort de JFK, et c'est lui qui nomme Dulles chef de l'enquête sur l'assassinat de JFK... dans cette mesure la vérité ne sera jamais faite sur le crime.
En 1969, Dulles meurt d'une grippe, et d'une complication par pneumonie, à l'âge de 75 ans.
Notes et références[modifier]
- A Look Back ... Allen Dulles Becomes DCI, sur CIA.gov. Consulté le 24 mars 2012
- Documentaire TV, CIA guerres secrètes, opérations clandestines, 2003, Arte
- Commission Church, Interim Report: Alleged Assassination Plots Involving Foreign Leaders, III, A, Congo
- Government Hit Squads, Minus the Hits, NYT, Scott Shane, 18 juillet 2009