Alexander Haig

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Alexander Haig, en 1981.

Alexander Meigs Haig, Jr. (né le à Bala Cynwyd, une banlieue de Philadelphie (Pennsylvanie) - mort le à l'Hôpital Johns-Hopkins de Baltimore) est un général et homme politique américain catholique. Sa carrière est essentiellement marquée par ses postes en haut lieu où il s'appuie sur des mentors importants. Il participe à la guerre de Corée puis du Viêt Nam, avant de devenir conseiller politique auprès d'Henry Kissinger, chef d'état-major de la Maison Blanche sous Nixon, puis Secrétaire d'État (ministre des affaires étrangères) auprès de Ronald Reagan en 1981-1982.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est second de trois enfants. Son père était avocat juriste républicain qui meurt prématurément d'un cancer en 1935. Son frère cadet est devenu prêtre.

Il suit des cours à l'université de Notre-Dame puis entre à West Point. Il en sort en 1947, 214e sur 310 et choisit l'infanterie. Il commence sa carrière au Japon comme aide de camp du général Alonzo P. Fox, chef d'état-major adjoint du général Mc Arthur. Il épouse sa fille, Patricia Fox. Ils ont trois enfants : Alexander, Brian et Barbara et huit petits-enfants.

Il participe à la guerre de Corée auprès du général Edward M. Almond. Il reçoit deux Silver Stars pour son héroïsme. Il rentre aux États-Unis, sert au Pentagone. Il est nommé assistant militaire de Cyrus Vance, secrétaire à l'Armée. Puis, il est assistant militaire de Joseph Califano, assistant du secrétaire de la Défense Robert McNamara. En 1962, il réussit un master en relations internationales de la Georgetown University.

Il est déployé au Viêt Nam en 1966 et 1967 comme commandant de bataillon puis commandant de brigade au sein de la 1re division d'infanterie, la « Big red One ». Il reçoit la Distinguished Service Cross[1] et le Purple Heart pour une blessure, un éclat d'obus au niveau du sourcil. Son hélicoptère est abattu en 1967 dans la région d'Ap Gu.

De 1967 à 1969, il reçoit un commandement à West-Point.

Puis il est nommé auprès du Conseil de sécurité nationale présidé par Henry Kissinger. De fait, il se retrouve son adjoint.

Il arrange la visite surprise de Richard Nixon en Chine, en janvier 1972.

Comme porte parole d'Henry Kissinger, il aide le président sud-vietnamien Nguyễn Văn Thiệu à négocier un accord de cessez-le feu en 1972.

De 1973 à 1974, Haig est le chef d'état-major de la Maison-Blanche sous le mandat de Richard Nixon. Il est très rapidement nommé vice-chef d'État-major de l'armée en doublant plus de 240 généraux plus anciens. Puis, il est obligé de revenir à la Maison Blanche pour gérer les effets du scandale du Watergate, après la démission de Bob Haldeman, le bras droit de Nixon. Le président américain sombrant dans la dépression et la paranoïa, Haig est celui qui exerce de fait le pouvoir. Il gère sans accident le départ de Nixon, qu'il a décidé à démissionner, probablement en échange de la promesse d'amnistie de son successeur.

De 1974 à 1979, Haig est nommé SACEUR (Supreme Allied Commander in Europe), le commandant suprême des forces alliées en Europe, à la tête du commandement intégré européen de l'OTAN. En 1979, il est victime d'un attentat à la bombe organisé par la Fraction armée rouge (Rote Armee Fraction ou RAF, une organisation terroriste d'extrême gauche allemande) dont il sort indemne.

Il démissionne de l'armée en 1979 et devient directeur d'United Technologies pendant un an.

Début 1981, à l'arrivée de Ronald Reagan à la Maison Blanche, il devient son Secrétaire d'État (équivalent de ministre des Affaires étrangères) mais il démissionne le 24 juin 1982, en partie à cause de son autoritarisme, de son manque de diplomatie et en désaccord avec les conseillers du président. Durant l'hospitalisation de Reagan suite à l'attentat perpétré contre lui, le 30 mars 1981, il semble outrepasser ses pouvoirs en déclarant qu'il a « la situation en main. » La presse l'accuse de vouloir court-circuiter le vice-président Bush. Haig se défend en disant qu'il n'offrait pas une réponse juridique mais pratique : selon ses dires, il ne parlait pas de la succession du président, mais seulement de la situation dans laquelle se trouvait le gouvernement après l'hospitalisation de Reagan.

Considéré comme un faucon[précision nécessaire], il entre en conflit avec le secrétaire à la Défense Caspar Weinberger. Il est notamment à l'origine de la lutte des Contras au Nicaragua et au Salvador. Il attise la tension avec les Soviétiques, provoquant l'incompréhension et le désarroi des Alliés occidentaux des États-Unis.

En 1988, Haig se présente aux primaires républicaines pour tenter d'être désigné candidat à l'élection présidentielle mais il échoue devant George H. W. Bush, le vice-président sortant.

Il se retire, fonde l'entreprise Worldwide Associates, société de consultants en conseil stratégique. Il apparaît fréquemment sur la chaîne conservatrice d'informations Fox News comme analyste politique et militaire.

Son deuxième fils est Brian Haig, un auteur à succès.

Alexander Haig est décédé le 20 février 2010.

Références[modifier | modifier le code]

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  1. (en) Distinguished Graduate Award 1996 biographie de Alexander Haig sur le site de West Point


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