Carrefour giratoire

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Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Rond-point.
Panneau de signalisation indiquant le sens de la rotation dans un système de circulation à droite (panneau D5 en Belgique, 2.41.1 en Suisse et D3 de la convention de Vienne de 1968). Ce panneau (code B21f) a été supprimé en France en 1984, notamment car le Code de la Route oblige déjà à contourner tout obstacle par la droite (article R412-27[1]), et parce qu'il n'impliquait pas la priorité à la chaussée ceinturant le terre plein central (nota : la notion générale de « priorité à gauche » pour un véhicule n'existe absolument pas dans le code de la route) ; c'est le panneau de signalisation d'intersection AB25 qui indique à l'usager le mouvement giratoire et la priorité aux véhicules circulant sur l'anneau, et un panneau cédez-le-passage (AB3a + M9c) lui rappelle qu'il doit céder la priorité avant d'entrer dans l'anneau.

Un carrefour giratoire, ou plus communément un giratoire, est un carrefour particulier formé d'un anneau central qui permet aux usagers de prendre n'importe quelle direction (y compris de faire un demi-tour). Bien que l'abus de langage soit courant, il ne faut pas confondre « carrefour giratoire » (qui est un carrefour) avec « rond-point » (qui désigne un type de place).

Cette confusion peut s'expliquer par le fait que la priorité circulaire dans les giratoires était à l'origine peu connue des conducteurs français qui les ont malicieusement baptisés « rond-point anglais ». Pour la distinction entre le carrefour giratoire et le rond-point au regard du code de la route, voir l'article carrefour.

Les ronds-points existent en France depuis longtemps, notamment à Paris ; cependant, jusqu'à l'apparition du modèle anglais, la priorité était à droite sur ces aménagements, sauf réglementation contraire. Bien que géométriquement peu différents ou identiques, les giratoires, à la différence des ronds-points, se caractérisent par la priorité des véhicules circulant sur l'anneau ; cette différence facilite la circulation des véhicules [2].

Historique[modifier | modifier le code]

L'invention du « carrefour à giration » reviendrait à l'urbaniste Eugène Hénard qui a conçu l'aménagement de la place de l'Étoile (Charles de Gaulle) autour de l'Arc de Triomphe à Paris en 1906, puis de la place de la Nation[réf. nécessaire].

Un giratoire est en fait une petite chaussée à sens unique dont les deux extrémités se rejoignent (cela forme un cercle ou plus exactement un anneau). Les véhicules doivent emprunter cette voie dans le sens anti-horaire pour les pays à conduite à droite. Par le principe de la priorité à droite dans un carrefour, les véhicules entrant dans un tel carrefour ont priorité. Ce système n'est pas idéal car en cas d'affluence, la voie de giration se trouve rapidement bloquée. Ces carrefours sont indiqués en Belgique par le panneau D5, en France par le B21f (maintenant supprimé) et en Suisse par le 2.41.1. L'idéogramme et les couleurs de ces panneaux sont identiques.

C'est le 30 septembre 1974, en Suisse dans le canton de Vaud[réf. nécessaire], que fut décidé pour la première fois[réf. nécessaire] de donner priorité à la chaussée formant anneau autour de l'îlot central pour améliorer la fluidité, en prenant exemple sur les dispositifs existants en Grande-Bretagne. On est passé ainsi du « carrefour à giration » au « carrefour à sens giratoire ».

Le principe fut adopté en France à compter de 1984. Aujourd'hui, la France est pavée d'environ 30 000 carrefours giratoires[3], soit environ la moitié des carrefours giratoires dans le monde[4]. Le principal développeur historique de ces ouvrages, le Royaume-Uni, compte environ 10 000 carrefours giratoires[5].

Principe du carrefour giratoire[modifier | modifier le code]

Franchissement d'un carrefour giratoire (sens de circulation à gauche).
Franchissement d'un carrefour giratoire (sens de circulation à droite).

Un tel carrefour est formé d'un îlot ceinturé par une chaussée à une ou plusieurs voies à sens unique formant un anneau.

Les véhicules venant des autres artères qui débouchent dans cette chaussée sont donc obligés de suivre une direction obligatoire (la droite en Europe Continentale, la gauche au Royaume-Uni) et d'indiquer leur volonté de sortir de cette chaussée en enclenchant les clignotants tout en cédant la priorité aux éventuels piétons des passages réservés.

Comme pour tout tournant, la vitesse limite dépend du rayon du virage, de l'état de la route et des pneumatiques. On peut globalement retenir les valeurs limites absolues suivantes[6] — il s'agit d'un calcul naïf considérant des pneumatiques et dune route en bon état, et ne prenant pas en compte le transfert de charges dû au virage, la prudence impose donc de considérer des valeurs plus petites — :

Vitesses limite pour aborder un giratoire
Diamètre
(m)
Vitesse
(km/h)
Route sèche Route mouillée
20 28 11
30 34 14
40 39 16
50 44 18


En France

À l'approche d'un giratoire (panneau à 50 mètres en agglomération), il faut également céder le passage aux piétons des passages réservés et il peut être nécessaire de céder le passage aux usagers déjà sur l'anneau (prioritaires), compte tenu du sens de rotation conventionnel.

Ce sens a été choisi pour limiter la taille du carrefour, en permettant une insertion des voies sans trop les élargir.

Le carrefour giratoire est aussi utilisé pour les carrefours comportant plus de quatre branches, économisant la gestion de feux complexes et les délais d'attente qui y sont associés. Mais le fait de devoir obligatoirement ralentir pour l'aborder en fait une arme contre la vitesse excessive comme les ralentisseurs aménagés aux abords des écoles. Cependant, un tel carrefour doit obligatoirement être signalé en avance par un panneau de présignalisation de danger, à l'intersection par une balise de priorité (plus obligatoire en agglomération depuis l'AB25 en lieu et place de l'A25 en présignalisation), sur l'îlot central de panneaux indiquant le sens de circulation sur l'anneau et au sol par les marquages appropriés matérialisant les lignes d'arrêt et la chaussée de l'anneau. À défaut, le principe général de la priorité à droite devra être respecté avec la plus grande prudence vu le risque de confusion.

Panneau « giratoire » (F : AB25, convention de Vienne : A22)
Panneau « Cédez le passage » (Be : B1, F : AB3a + M9c, Ch : 3.02, convention de Vienne : A20)
Panneau « sens obligatoire » (Be : D1b, F : B21.1, Ch : 2.32, convention de Vienne : D1).
En Belgique et en Suisse, les panneaux D5 ou 2.41.1 peuvent être utilisés conjointement aux panneaux « céder le passage ».

Une utilisation également utile du giratoire est dans une voie sans issue, au lieu d'un cul-de-sac où l'usager devait manœuvrer longuement pour faire demi-tour.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Ce type de carrefour est de plus en plus répandu car il présente de nombreux avantages :

  • L'adaptation au trafic est automatique, par la priorité donnée aux véhicules déjà insérés.
  • L'infrastructure oblige à ralentir et réduit les accidents impliquant des chocs à angle droit, statistiquement les plus dangereux. La plupart des accidents observés sont des chocs arrière à vitesse réduite, moins traumatisants.
  • Il n'y a pas besoin de feux, donc pas besoin d'électrifier le carrefour, ce qui est intéressant en zone très rurale, et économise de l'énergie.
  • Les véhicules n'attendent pas longtemps, contrairement aux croisements à feux de signalisation, d'où le gain de temps notable ainsi que l'économie de carburant et diminution de la pollution de l'air et des nuisances sonores.

Mais il présente aussi des inconvénients par rapport à d'autres aménagements :

  • En agglomération ou sur voies à fort trafic (voies rapides urbaines par exemple), dans le cas de 2 flux de circulation importants se croisant, le carrefour giratoire impliquera une saturation des 2 flux même si un seul pose problème, ce qui n'est pas le cas avec des feux tricolores.
  • Hors agglomération, son usage impose ralentissements et réaccélérations, ce qui est préjudiciable à la consommation de carburant. Il est cependant très utilisé en France, même sur des routes à faible trafic et des portions à 2x2 voies, mais ce n'est pas général : en Allemagne par exemple, les voies d'insertion, parfois avec échangeur, sont plus communes.
  • Si la sécurité des automobiles est améliorée, ce n'est pas le cas de celle des cyclistes et des piétons, pour lesquels ce type de carrefour présente plus de danger par rapport aux carrefours traditionnels[7]. Les piétons sont particulièrement vulnérables lorsqu'ils doivent traverser une voie sortant d'un rond-point, tandis que les cyclistes, qui doivent généralement, à cause de la différence de vitesse, tenir le côté extérieur, peuvent être renversés lors de l'entrée ou de la sortie d'un véhicule.

Législation[modifier | modifier le code]

En Suisse

L'article 41b, introduit lors de la révision du 8 mars 1994 de l'Ordonnance sur la circulation routière, stipule :

1 Avant d’entrer dans un carrefour à sens giratoire, le conducteur doit ralentir et accorder la priorité aux véhicules qui, sur sa gauche, surviennent dans le giratoire[8].
2 Le conducteur n’est pas tenu de signaler sa direction à l’entrée du carrefour à sens giratoire ni, pour autant qu’il ne change pas de voie, à l’intérieur du giratoire. L’intention de quitter le giratoire doit être indiquée.
3 Dans les carrefours à sens giratoire sans délimitation de voies, les cyclistes peuvent déroger à l’obligation de tenir leur droite.


En Europe

Les clignotants pour indiquer la voie. Les carrefours giratoires sont à sens unique mais nécessitent l’usage des clignotants, qui informent les autres automobilistes de nos intentions.

Un clignotant gauche signifie que l’on reste sur l'anneau du rond-point. Les usagers qui attendent pour s'engager doivent céder la priorité.


Un clignotant droit indique que l'on s'apprête à sortir.

Un clignotant en marche ne confère aucune priorité.

Types[modifier | modifier le code]

Il existe deux configurations de giratoires possibles :

  • plein : l'anneau formé par le sens unique est assez grand pour pouvoir combler complètement son centre sans gêner les véhicules à gabarit particulier. Un aménagement paysagiste, voire artistique, est souvent réalisé sur l'îlot central (dispositif non agressif en cas de "tout droit"). Configuration obligatoire hors agglomération avec possibilité d'une partie franchissable (couronne) mais à faible vitesse (pavés, etc.).
  • vide : l'anneau est plus petit, et comme il risque de gêner les véhicules larges et longs (autobus, camions…), le terre-plein central du giratoire est franchissable (aménagement par marquage ou par des mesures constructives du type d'un petit monticule en forme de calotte sphérique dont la surélévation centrale ne pourra dépasser 15 cm de haut). Le giratoire est alors appelé « mini giratoire » ; son diamètre maximal extérieur est de 24 mètres. Le décret no.95-1090 du 9 oct. 1995 complète l'article R.110-2[9] du code de la route « Toutefois, en agglomération exclusivement, les carrefours à sens giratoire peuvent comporter un terre-plein central matériellement franchissable, qui peut être chevauché par les conducteurs lorsque l'encombrement de leur véhicule rend cette manœuvre indispensable. »

En aucun cas (surtout pour le deuxième), il n'est autorisé de « manquer » le giratoire et de passer en ligne droite ou presque dessus. Il faut toujours suivre au maximum la courbure de l'anneau et indiquer son intention de sortir le plus tôt possible.

Avec une voie[modifier | modifier le code]

Un giratoire composé d'un anneau circulaire avec voie unique s'utilise comme décrit plus haut, sans contraintes particulières autres que les diverses priorités et l'enclenchement des clignotants pour sortir.

Avec deux voies[modifier | modifier le code]

Un giratoire composé d'un anneau circulaire avec 2 voies est le cas le plus courant, car le plus sûr (la Suisse n'est pas du tout de cet avis, différentes études[citation demandée] ayant montré que les giratoires à une seule voie sont les plus sûrs !) des 3 cas possibles. Il s'utilise en fonction des besoins de l'usager : s'il veut sortir à droite de son axe d’entrée ou aller tout droit, il doit emprunter la voie extérieure du giratoire ; s'il veut aller à gauche de son axe d’entrée ou faire demi-tour, il peut emprunter la voie intérieure. C’est une simple possibilité et non une obligation. Il peut également rester sur la voie extérieure du giratoire[10].

Dans le détail :

  • S'il veut tourner à droite, il enclenche son clignotant droit avant d'aborder le giratoire. Il se place alors sur la première voie (voie ouverte) et sort tout de suite dès que possible (toujours avec son clignotant actif).
  • S'il veut continuer tout droit, il n'enclenche pas de clignotant avant d'aborder le giratoire mais se place alors sur la première voie (voie ouverte) et lorsqu'il arrive au niveau de la sortie avant laquelle il veut sortir, il enclenche son clignotant droit et sort dès que possible (toujours avec son clignotant actif).
  • S'il veut tourner à gauche, il reste sur la voie de droite, ou enclenche son clignotant gauche avant d'aborder le giratoire et se place alors rapidement sur la deuxième voie (voie fermée) puis y reste pour faire la moitié du tour complet puis il se positionne (en cédant le passage aux éventuels usagers sur la première voie) dans la première voie. Lorsqu'il arrive au niveau de la sortie avant laquelle il veut sortir, il enclenche son clignotant droit et sort dès que possible (toujours avec son clignotant actif).
  • S'il veut faire demi-tour, il reste sur la voie de droite, ou enclenche son clignotant gauche avant d'aborder le giratoire et reste sur la voie de droite ou se place alors rapidement sur la deuxième voie (voie fermée) puis y reste pour faire les trois quarts du tour complet puis il se positionne (en cédant le passage aux éventuels usagers sur la première voie) dans la première voie. Lorsqu'il arrive au niveau de la sortie avant laquelle il veut sortir, il enclenche son clignotant droit et sort dès que possible (toujours avec son clignotant actif).
  • S'il ne connaît pas sa sortie, il doit se placer sur la première voie en faisant extrêmement attention aux autres usagers. Un usager a le droit de faire plusieurs fois le tour du giratoire (sans en abuser) pour trouver sa sortie, dans la mesure où il ne gêne pas la bonne circulation.
  • Comme les autres véhicules, les poids-lourds peuvent rester sur la voie extérieure et enclenchent le clignotant à gauche à l'intérieur du giratoire (s'ils ne sortent pas tout de suite) pour dissuader les véhicules qui les suivent de les dépasser par la gauche à cause de leur porte-à-faux.

Attention : Quand l'anneau comporte plusieurs voies, c'est forcément celui qui change de voie qui doit céder le passage (et qui serait en tort en cas d'accident…). C'est en particulier le cas d'un conducteur circulant sur l'anneau intérieur, qui ne doit pas gêner les véhicules circulant sur l'anneau extérieur (à sa droite, donc) qui ont priorité, en sortant du carrefour.

Avec trois voies[modifier | modifier le code]

Un giratoire composé d'un anneau circulaire avec 3 voies est plutôt difficile à utiliser. Il s'utilise en fonction des besoins de l'usager comme pour celui à 2 voies avec à nouveau pour règles de base : s'il veut sortir à droite de son axe d’entrée ou aller tout droit, il doit emprunter la voie extérieure du giratoire ; s'il veut aller à gauche de son axe d’entrée ou faire demi-tour, il peut emprunter la voie intérieure. C’est une simple possibilité et non une obligation. Il peut également rester sur la voie extérieure du giratoire[10].

Dans le détail :

  • S'il veut tourner à droite, il enclenche son clignotant droit avant d'aborder le giratoire. Il se place alors sur la première voie (voie ouverte) et sort tout de suite dès que possible.
  • S'il veut continuer tout droit, il n'enclenche pas de clignotant avant d'aborder le giratoire mais se place alors sur la première voie (voie ouverte) et, lorsqu'il a fait un quart du tour complet, il enclenche son clignotant droit et sort dès que possible. Il peut aussi se placer sur la deuxième voie (voie médiane) et, lorsqu'il a fait un quart de tour, se positionner sur la première voie avec son clignotant droit puis sortir dès que possible.
  • S'il veut tourner à gauche, il reste sur la voie de droite, ou enclenche son clignotant gauche avant d'aborder le giratoire et reste sur la voie de droite ou se place rapidement sur la deuxième voie (voie médiane) puis sur la troisième voie (voie fermée). Il y reste pour faire moins de la moitié du tour complet. Il enclenche alors son clignotant droit et se positionne (en cédant le passage aux éventuels usagers sur les autres voies) dans la deuxième voie puis sur la première. Il sort dès que possible (toujours avec son clignotant actif).
  • S'il veut faire demi-tour, il reste sur la voie de droite, ou enclenche son clignotant gauche avant d'aborder le giratoire et reste sur la voie de droite ou se place rapidement sur la deuxième voie (voie médiane) puis sur la troisième voie (voie fermée). Il y reste pour faire la moitié du tour complet. Il enclenche alors son clignotant droit et se positionne (en cédant le passage aux éventuels usagers sur les autres voies) dans la deuxième voie puis sur la première. Il sort dès que possible (toujours avec son clignotant actif).
  • Mieux vaut connaître son chemin dans ce dernier cas.

Pour les giratoires à plusieurs voies : les propositions ci-dessus données quant à l'utilisation des voies de la chaussée formant anneau, ne sont que des « possibilités » pour ne pas dire des « dérogations » afin de faciliter l'écoulement de la circulation. Le principe général est que les conducteurs doivent maintenir leur véhicule près du bord droit de la chaussée (alinéa 1 de l'article R412-9[11] du code de la route en France). L'alinéa 2 du même article n'ouvre qu'une possibilité d'utiliser les voies de gauche (voies centrales) mais non une obligation. Les articles 185 et 186 du Highway Code britannique présentent une sorte de mode d'usage des roundabouts, mais ce ne sont que des règles britanniques adaptées à une réglementation fort différente dans sa conception. Aucune retranscription de ces mesures n'existe dans le code de la route en France ou en Suisse par exemple. Il reste que l'utilisation des clignotants est impérative pour se placer sur les voies de présélection à gauche avant l'entrée dans le carrefour (si elles existent), puis lors des changements de voie sur le giratoire et naturellement pour en sortir (pour la Suisse, se référer à l'article 41b de l'ordonnance sur les règles de la circulation routière OCR qui précise notamment que « le conducteur n'est pas tenu de signaler sa direction à l'entrée du carrefour à sens giratoire… »).

Doubles carrefours giratoires[modifier | modifier le code]

Dans certaines agglomérations, il est possible de circuler sur des doubles carrefours giratoires. Dans ce cas, les carrefours sont accolés et la sortie de l'un donne directement sur l'autre. Vu du ciel ils forment un « 8 »[12].

Micro-giratoires[modifier | modifier le code]

Il est également possible de rencontrer des « micro-giratoire » dont le diamètre extérieur peut être inférieur à 8 et même 6 mètres. La zone entourant l'îlot central ne peut plus être considérée comme une chaussée, puisqu'un véhicule léger classique ne peut y circuler normalement (le diamètre de braquage entre trottoirs étant supérieur à 10 et même 14 mètres). Un tel carrefour étant dépourvu d'une chaussée circulaire digne de ce nom, il ne peut plus être considéré comme un carrefour giratoire. Un tel dispositif amène à prôner une notion de priorité à gauche et la mise en place d'une notion de priorité pour couper la route d'un véhicule venant en face afin de tourner à gauche, toutes notions absolument contraires au code de la route et créant une situation de risques et dangers extrêmes même pour les conducteurs les plus prudents.

Manèges enchantés (Magic roundabout)[modifier | modifier le code]

Un schéma expliquant la circulation sur le manège enchanté de Hemel Hempstead.

Présent essentiellement au Royaume-Uni, le manège enchanté est l'agrégation de plusieurs micro giratoires autour d'un plus grand giratoire, lequel est alors inversé. Un tel carrefour est souvent appelé Magic roundabout (« manège enchanté » en français). Le plus célèbre est celui de Swindon, qui donne son nom au genre.

Pistes cyclables[modifier | modifier le code]

Parfois, une piste cyclable fait en plus le tour du giratoire et constitue une voie secondaire à droite. Elle est particulièrement dangereuse et doit faire l'objet d'une attention (par un regard dans les angles morts) quand l'usager s'apprête à sortir du giratoire, d'autant plus que des deux roues motorisés prennent l'habitude de les utiliser bien qu'étant en infraction.

Feux[modifier | modifier le code]

Des feux tricolores sont toujours installés sur chaque voie entrante et sortante du rond-point (le cumul des feux peut monter rapidement). Ils répondent parfois à la demande des piétons : ils sont orange clignotants quand rien n'est à signaler et rouges quand un piéton a utilisé le bouton d'appel. Leur particularité est de tous fonctionner identiquement (à l'inverse des feux des carrefours).

D'autres feux peuvent exister lorsque cohabitent un tramway et un giratoire. Dans ce cas le feu unique est rouge clignotant. Il impose l'arrêt absolu des automobilistes jusqu'à extinction du feu.

Enfin, on trouve occasionnellement des giratoires sur lesquels l'intensité de la circulation qu'ils doivent absorber est telle que le carrefour serait vite paralysé : on peut alors y trouver des feux tricolores y régulant les entrées de véhicules. On peut trouver des exemples de ce cas très rare à Amiens, Bayonne, Clermont-Ferrand, Dijon, Nancy, Nîmes, Reims, Rennes (Villejean, Bourg L'Evesque), La Rochelle, Orléans, Pau, Toulouse.

Aménagements particuliers[modifier | modifier le code]

Arrêt info[modifier | modifier le code]

L'arrêt info est une aire de stationnement limité aménagé sur les giratoires. Il se compose d'une voie protégée de l'anneau qui permet de s'arrêter quelques minutes (souvent 15 min), et dispose à proximité d'un plan de la commune et d'une cabine téléphonique. On parle aussi en terme technique de « RIS » (Relais Information Service).

Arrêt d'autobus[modifier | modifier le code]

Un arrêt d'autobus peut-être implanté en plein dans la courbure d'un giratoire. Il est, comme d'habitude, strictement interdit de s'y arrêter même pour demander son chemin à un piéton qui attend là. Lorsque le bus est arrêté et charge des passagers (son clignotant droit doit être actif), les deux dangers principaux sont :

  • Le heurt : du fait de la courbure, le bus ne peut pas forcément s'insérer parfaitement dans l'arrêt prévu à cet effet, il faut donc être prudent quand on longe ce type de véhicule.
  • Le refus de priorité : lorsque le bus repart (clignotant gauche actif) et qu'il avance tout en masquant une sortie qu'un usager s'apprête à prendre au même moment. Le bus qui part d'un arrêt a toujours priorité par rapport à un usager commun.

L'implantation d'un arrêt de bus dans un carrefour giratoire contrevient en France à l'article R417-9[13] du code de la route portant sur les stationnements ou arrêts dangereux (contravention de quatrième classe et trois points sur le permis) et en Suisse à l'article 18 alinéa 2d de l'Ordonnance sur les règles de la circulation routière (RS.741.11.)

Couloir d'autobus[modifier | modifier le code]

Moins fréquent, mais tout aussi dangereux que l'arrêt d'autobus, le couloir d'autobus constitue une voie supplémentaire à droite de la route qui entre sur un giratoire. Il faut donc comme toujours vérifier qu'aucun véhicule n'y circule avant de s'engager sur le giratoire.

En France[modifier | modifier le code]

En août 2013, l'hebdomadaire Le Parisien parle de 30 000 ouvrages qui couvrent le territoire français, ce qui représente près d’un giratoire en moyenne par commune[14]. La France détient le record du monde du nombre de carrefour giratoire, six fois plus qu’en Allemagne[14].

Apparitions dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Dans un sketch intitulé le Plaisir des sens, l'humoriste Raymond Devos raconte comment il s'est engagé dans un carrefour giratoire dont il n'a pu sortir, les quatre voies étant des sens interdits.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Article R.412-27 du Code de la route
  2. Bernard Gauthiez, Espace urbain - vocabulaire et morphologie, Paris, Monum, éditions du patrimoine,‎ 2003 (ISBN 2-85822-735-7)
  3. voir l'ouvrage Du rond-point au giratoire cité en bibliographie
  4. (en) Historique des giratoires aux USA
  5. (en) Article sur les ronds-points britanniques
  6. on considère une accélération centripète limite a de 0,6 g (6 m/s2) pour une route sèche et de 0,1 g (1 m/s2) pour une route mouillée ; les coefficients d'adhérence sont tirés de Jean-Louis fanchon, Guide de mécanique, Nathan,‎ 2001 (ISBN 978-2-09-178965-1), p. 79 ;
    on a donc v(\mathrm{km/h}) = 3,6 \times \sqrt{r \times a }, r étant le rayon (la moitié du diamètre), voir l'article Mouvement circulaire uniforme
  7. (en) A. Wilke et G. Koorey (2001) How Safe are Roundabouts for Cyclists? In TranSafe Issue 5, avril 2001. Wellington, NZ. PDF
  8. Dans les giratoires : la bonne conduite ! (site du canton de Vaud)
  9. Article R.110-2 du Code de la route
  10. a et b Bien emprunter un giratoire - Dépliant de la Prévention Routière
  11. Article R.412-9 du Code de la route
  12. Un carrefour giratoire double dans l'agglomération Nantaise
  13. Article R.417-9 du Code de la route
  14. a et b Leparisien.fr ; article "La France terre de rond-points" Consulté le 09 novembre 2013.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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