Sarre (Land)

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49° 23′ N 6° 53′ E / 49.37715, 6.8783777777778 ()

Sarre
Saarland
Armoiries
Armoiries
Drapeau
Drapeau
Localisation de la Sarre (en vert foncé) à l'intérieur de l'Allemagne
Localisation de la Sarre (en vert foncé) à l'intérieur de l'Allemagne
Administration
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Capitale Sarrebruck
Ministre-président Annegret Kramp-Karrenbauer (CDU)
ISO 3166-2 DE-SL
Démographie
Population 1 010 000 hab. (30/11/12)
Densité 393 hab./km2
Rang 15e
PIB (2006)

PIB/hab.
28,014 Md € (15e)

27 700 € (7e)
Géographie
Superficie 256 870 ha = 2 568,70 km2
Rang 13e
Politique
Parti(s) au pouvoir CDU, SPD
Landtag
CDU
SPD
Die Linke
Piraten
A90/Verts
Total

19
17
9
4
2
51
Dernières élections au Landtag 25 mars 2012
Nombre de voix
au Bundesrat
3
Liens
Site web saarland.de

La Sarre, Saarland en allemand, est l'un des 16 länder composant l'Allemagne. Sa capitale est Sarrebruck et elle compte une population de 1,1 million de personnes sur une superficie de 2 570 km2.

Elle est bordée par le Luxembourg, la Rhénanie-Palatinat (Rheinland-Pfalz) et la Lorraine. Ces quatre entités sont d'ailleurs associées, avec la Région wallonne et les communautés francophone et germanophone de Belgique, au sein de la « Grande Région », appelée aussi « Saar-Lor-Lux », afin de favoriser la coopération transfrontalière.

Histoire[modifier | modifier le code]

DPAG 2007 2581 50 Jahre Bundesland Saarland.jpg

La Sarre est une des rares régions d'Allemagne à avoir fait durablement partie de l'Empire romain, comme en témoignent les nombreuses villas retrouvées sur son territoire. Elle bénéficia sans doute de la proximité de la résidence impériale de Trèves (Trier), aujourd'hui en Rhénanie-Palatinat. L'existence de Sarrebruck est attestée pour la première fois en 999, date à laquelle l’Empereur Otton III fait don du château de Sarrabrucca à son neveu Adalbéron II, évêque de Metz.

Au Moyen Âge, le territoire est morcelé en petites seigneuries, dont les plus importantes sont celles des princes électeurs archevêques de Trèves, des comtes (puis princes) de Nassau-Sarrebruck, celles des comtes (puis ducs) de Palatinat-Deux-Ponts et celles des ducs de Lorraine. Au XVIIe siècle, la guerre de Trente Ans dévaste la région. Sous le règne de Louis XIV, la France se lance dans une politique d’annexions et Vauban crée de toutes pièces la ville fortifiée de Sarrelouis, qui restera française de 1680 à 1815.

Au XVIIIe siècle, on commence à exploiter de manière intensive ce qui fera la richesse de la Sarre moderne : le charbon et le minerai de fer. Le développement économique permet aux princes de Nassau de doter Sarrelouis de somptueux monuments baroques, dus pour l'essentiel à l'architecte Stengel. La ville de Sarrelouis fut chef-lieu de district de 1790 à 1795. En octobre 1792, les armées révolutionnaires envahissent la principauté. De 1801 à 1814, la Sarre donne son nom à un département français dont Trèves est la préfecture. En 1815, à la suite du congrès de Vienne puis du traité de Paris, le territoire est enlevé à la France et partagé, pour l'essentiel, entre la province prussienne du Rhin (la Rhénanie Prussienne) et l'Autriche. Aux termes du traité de Munich, signé en 1816, l'Autriche rétrocède sa part à la Bavière, qui l'inclut dans le Palatinat rhénan.

Après la Première Guerre mondiale, le traité de Versailles de 1919 accorde à la France la propriété des mines de charbon et place le territoire du Bassin de la Sarre sous mandat de la Société des Nations, jusqu'au plébiscite du 13 janvier 1935 qui dégagera une énorme majorité (90,8 %) en faveur du rattachement à l'Allemagne.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, la Sarre est envahie par les troupes françaises du général André-Gaston Prételat, qui tentent de venir en aide à leurs alliés polonais : c'est l'offensive de la Sarre, mais cette occupation sera de courte durée. En effet, des divisions étant rapidement mobilisées à l'Ouest, les Français doivent se replier derrière la ligne Maginot.

Après le conflit, la Sarre est incluse dans la zone d'occupation française. Les premières élections libres des conseils municipaux se déroulent le 15 septembre 1946, la formation de partis politiques étant autorisée par les autorités militaires françaises. Le 15 décembre 1947, les conseillers adoptent une constitution sarroise. La région devient de droit un véritable état sous protectorat français doté d’une souveraineté propre, mais amené à se rapprocher de la France. L'indépendance du territoire est reconnue au sein des instances internationales. Ainsi la FIFA permet à la Sarre, en tant que nation indépendante, d'affronter en 1953 l'équipe nationale d'Allemagne dans le cadre des qualifications pour la coupe du monde de football de 1954. De la même façon, elle participe aux Jeux olympiques d'été de 1952. Le statut spécial de la Sarre permet d'autres opportunités légales : ainsi depuis 1954 à Berus, sur les hauteurs du Felsberg, les antennes de l'émetteur radio d'Europe 1 (183 kHz) se dressent sur les hauteurs du village.

Dans le cadre des discussions qui accompagnent la création des premières instances européennes, la France et l'Allemagne divergent d'opinion quant à l'avenir de la Sarre. La France souhaite que la Sarre, qui bénéficie d'un gouvernement régional doté d'une autonomie politique, demeure néanmoins sous la tutelle économique et militaire française. L'Allemagne souhaite au contraire la fin du statut spécial de la Sarre et sa réincorporation au sein de la nouvelle République fédérale d'Allemagne.

Ces divergences aboutissent aux Accords de Paris du 23 octobre 1954, qui stipulent la fin du régime d'occupation en Allemagne de l'Ouest et tentent de définir les modalités d'un règlement du problème de la Sarre. Ces accords prévoient de doter la Sarre d'un « statut européen » dans le cadre élargi de l'Union de l'Europe occidentale, embryon d'une future nation fédérée européenne. Les Sarrois s'expriment à nouveau par référendum le 23 octobre 1955 et rejettent ce nouveau statut par 67,7 % des voix.

C'est par les Accords de Luxembourg, signés par la France et la RFA le 27 octobre 1956, que le rattachement politique de la Sarre à l'Allemagne de l'Ouest est entériné pour le 1er janvier 1957. Ces accords permettent de mettre fin à un vieux contentieux au sein des relations franco-allemandes.

Völklinger Hütte

Grandes villes[modifier | modifier le code]

Villes moyennes[modifier | modifier le code]

(max. 25 000 habitants)

Liste des ministres-présidents[modifier | modifier le code]

(ou titre équivalent)

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Arrondissements[modifier | modifier le code]

La Sarre est divisée en cinq arrondissements (Landkreise) et une Communauté urbaine:

La Communauté urbaine de Sarre : (statut proche d'un arrondissement)

Les cinq arrondissements (Landkreise) de Sarre:

Économie[modifier | modifier le code]

  • Énergie : la Sarre dispose de 7 centrales à charbon, à hauteur de 2 600 MW. Plus de la moitié (1 400 MW) de la production est exportée vers la Rhénanie-Westphalie et le Bade-Wurtemberg. Les énergies renouvelables ne représentent que 5 % de la production sarroise contre 16 % au niveau allemand. Capacités : 111 MW en éolien, 165 MW photovoltaique, ? hydraulique. L'éolien a diminué sa production en Sarre de 7 % entre 2009 et 2010. Les autres énergies renouvelables ont diminué leur production de 15,2 % entre 2009 et 2010. L'hydraulique a crû de 21 %.
  • Climat : Avec 218 kg de CO2/Gj, la Sarre est au 3e rang des Länder les plus pollueurs, après la Saxe et la Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]