Élection présidentielle américaine de 1988

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Élection présidentielle américaine de 1988
George H. W. Bush, President of the United States, 1989 official portrait.jpg
George H. W. BushParti républicain
Colistier : Dan Quayle
Voix 48 882 808
Grands électeurs 426
  
53,52 %
Dukakis1988rally cropped.jpg
Michael DukakisParti démocrate
Colistier : Lloyd Bentsen
Voix 41 807 430
Grands électeurs 111
  
45,77 %
Le collège électoral en 1988
Carte
Président
Sortant
Élu
Politique aux États-Unis
Image illustrative de l'article Élection présidentielle américaine de 1988

L'élection présidentielle américaine de 1988 a été remportée par le républicain George H. W. Bush, également Vice-Président du président sortant, Ronald Reagan, contre le candidat démocrate, Michael Dukakis, gouverneur du Massachusetts.

En vertu du XXIIe amendement de la constitution, Ronald Reagan ne pouvait briguer un troisième mandat. La victoire de son vice-président fut néanmoins comparé par les analystes politiques à un troisième mandat par procuration.

La victoire de Bush fut nette. Il fut le dernier président jusqu'en 2004 à avoir été élu avec une majorité absolue des suffrages populaires.

George Bush fut élu président avec une très nette avance sur Michael Dukakis, son rival Démocrate. Le très controversé David Duke, ex-chef du Ku Klux Klan fut candidat à cette élection.

Contexte[modifier | modifier le code]

La campagne électorale a lieu dans un contexte marquée par 6 années consécutives de croissance économique, tout juste ébranlé brièvement par le Krach d'octobre 1987, dû à des excès de déréglementation, par une inflation jugulée, un taux de chômage divisé par deux depuis 1980 et un taux de change du dollar au plus haut niveau sur les marchés boursiers. Sur le plan international, les soviétiques sont devenus des partenaire incontournables. En effet, la course aux armements, accélérant la décomposition de l'URSS, n'est pas étrangère à ce rapprochement en pleine perestroïka et marqué par la ratification du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, par le discours à Berlin de Ronald Reagan appelant Mikhaïl Gorbatchev à faire tomber le rideau de fer, ce qui arrivera deux ans plus tard et qui fera de Reagan le grand vainqueur de la guerre froide[1].

Nominations[modifier | modifier le code]

Parti Démocrate[modifier | modifier le code]

Les candidats[modifier | modifier le code]

Les primaires démocrates[modifier | modifier le code]

En raison de l'ampleur de la défaite du progressiste Walter Mondale en 1984, les démocrates avaient décidé de tenter une nouvelle approche fondée sur un nouveau type de candidats, plus centristes ou conservateurs. On commença à parler de nouveaux démocrates. Après la victoire des démocrates au Congrès en 1986 et l'affaire Iran-Contra qui minait la fin du mandat de Ronald Reagan, les démocrates étaient optimistes quant à leurs chances de remporter l'élection présidentielle de 1988, même dans un contexte de croissance économique.

Le courant moderniste des démocrates, les nouveaux démocrates, tentèrent de persuader Mario Cuomo, le gouverneur de New York, pour représenter ce nouveau type de candidat qui devait être, selon eux, le plus capable de dépasser les vieilles politiques du New Deal et de la Great Society, associés aux démocrates classiques.

Cependant, Cuomo déclina l'offre de concourir. Ce fut alors l'ancien sénateur du Colorado, Gary Hart, qui tout au long de l'année 1987 apparut comme le candidat démocrate le mieux placé pour remporter la nomination. Centriste et moderniste, il l'avait raté de justesse en 1984. Cependant, sa nomination attendue fut remise en cause à la suite de la révélation d'une de ses liaisons extra-conjugales l'obligeant à abandonner la course présidentielle en mai 1987. Bien qu'en décembre, il décide finalement de réactiver sa campagne, il ne pourra jamais s'imposer durant les primaires.

Trois autres candidats putatifs renoncent également avant même les primaires : Ted Kennedy, sénateur du Massachusetts, Dale Bumpers le sénateur de l'Arkansas et Bill Clinton, le gouverneur de l'Arkansas.

Parmi ceux qui font campagne durant les primaires, celle de Joseph Biden, sénateur du Delaware, se termine de manière calamiteuse après les révélations faisant état de son plagiat d'un discours de Neil Kinnock, le chef du parti travailliste britannique. Ces révélations sont d'ailleurs faites par l'un de ses concurrents démocrates, Mickael Dukakis, le gouverneur du Massachusetts. La campagne de Patricia Schroeder se termine avant même les primaires. Elle laisse le souvenir de sa comparaison de Ronald Reagan à du Teflon. Quant à l'extrême droite sudiste et raciste qui est totalement absente lors des élections présidentielles de 1980 et 1984, elle est cette fois représentée par David Duke, un ancien chevalier du Ku Klux Klan. Ignoré par ses adversaires et par les organisateurs des primaires, il se présentera finalement à l'élection au nom du parti populiste.

Parmi les soutiens, Dukakis obtient ceux de l'establishment et des figures locales du parti comme Ted Kennedy, le sénateur Bill Bradley (New Jersey), le sénateur Kent Conrad (Dakota du Nord), le gouverneur Madeleine Kunin (Vermont), le gouverneur Bill Clinton (Arkansas). Jesse Jackson remporte le soutien de nombreux élus sudistes comme le sénateur Ernest Hollings (Caroline du Sud) tout comme Al Gore qui fait le plein des voix dans le vieux sud avec le soutien des sénateurs Sam Nunn (Géorgie), Terry Sanford (Caroline du Nord), J. Bennett Johnston (Louisiane), du gouverneur Jim Hunt (Caroline du Nord) ou encore, au nord, du maire de New York Ed Koch.

Le caucus de l'Iowa est remporté par Richard Gephardt, alors chef de la majorité à la chambre des représentants. Il est suivi par Paul M. Simon et par Michael Dukakis. Ce dernier remporte ensuite la primaire du New Hampshire suivi par Gephardt et par Simon. Même si n'y a pas de favori, Gephardt fait l'objet des publicités négatives de Dukakis et de Al Gore qui parviennent à convaincre le syndicat de l'automobile United Auto Workers, à retirer son soutien au représentant du Missouri.

Lors du Super Tuesday, Dukakis remporte 6 élections primaires contre 5 à Al Gore et 5 également à Jesse Jackson qui tous deux font le plein dans les États du Sud. Gephardt ne remporte qu'un état. À la suite des primaires qui s'enchainent, le favori devient Jesse Jackson, vainqueur de 7 élections primaires (Alabama, le District de Columbia, la Géorgie, la Louisiane, le Mississippi, Puerto Rico et la Virginie) et de 4 caucus (Delaware, Michigan, Caroline du Sud et le Vermont). En mars 1988, il remporte encore le caucus du Michigan, celui de l'Alaska et les conventions locales du Texas (à défaut de remporter sa primaire). Il est alors en tête du nombre de délégués.

Cependant, mal organisé, il ne parvient pas à maintenir son avantage. Il perd les cruciales élections primaires du Wisconsin, de l'État de New York et de Pennsylvanie face à Michael Dukakis qui devient le favori.

Lloyd Bentsen, candidat démocrate à la vice-présidence

La convention démocrate se déroula du 18 au 21 juillet à Atlanta. Le gouverneur Bill Clinton fut l'un des orateurs principaux et celui qui proposa officiellement le nom de Dukakis à la nomination. La convention est d'ailleurs marquée par ce discours de Clinton, considéré comme trop long et ennuyeux, et par celui de Ann Richards, trésorière du Texas, qui s'en prend à l'intelligence du vice-président républicain George Bush en déclarant à la tribune « Poor George, he can't help it, he was born with a silver foot in his mouth ».

La convention débouche sur la nomination de Michael S. Dukakis comme candidat à la présidence. Il est élu contre Jesse Jackson qui s'attendait pourtant à être nommé pour la vice-présidence. Mais Dukakis refuse et lui préfère Lloyd Bentsen, le sénateur du Texas, comme candidat à la vice-présidence. Le ticket entre l'élu du Massachusetts et celui du Texas est immédiatement comparé au ticket démocrate de 1960 formé de John F. Kennedy (sénateur du Massachusetts) avec Lyndon Johnson (représentant du Texas).

Parti républicain[modifier | modifier le code]

Le vice-président George H. W. Bush était le candidat quasi-officiel du parti républicain, avec le plein soutien du président sortant Ronald Reagan, dont il devait s'efforcer de sortir de l'ombre. Il avait également le soutien d'une autre idole du parti, le vénérable sénateur de l'Arizona, Barry Goldwater qui avait été candidat à l'élection présidentielle de 1964 mais aussi le soutien du très écouté révérend conservateur Jerry Falwell. Désigné pour continuer à mener la politique reagannienne, Bush avait aussi une approche plus multilatéraliste des relations internationales. S'il était impossible de réitérer le score de son prédécesseur en 1984, il voulait gagner l'élection en ralliant d'avantage de voix centristes.

Candidats aux primaires[modifier | modifier le code]

Les primaires républicaines[modifier | modifier le code]

Dan Quayle, candidat républicain à la vice-présidence

Contre toute attente, George Bush rata son entrée dans les élections primaires en arrivant troisième du caucus de l'Iowa qu'il avait pourtant remporté lors de sa précédente candidature en 1980. Devancé par Bob Dole (modéré) et Pat Robertson (télé-évangéliste conservateur), il est encore à la peine dans les sondages lors de la primaire du New Hampshire. La campagne de Bush entame alors une campagne de publicités négatives, concoctées par Roger Ailes, pour discréditer Dole. Celui-ci est un concurrent sérieux qui dispose de soutiens éminents comme Strom Thurmond (sénateur de Caroline du Sud et ancien candidat à l'élection présidentielle de 1948) ainsi que de plusieurs gouverneurs. La campagne de dénigrement porte ses fruits avec la victoire de Bush dans le New Hampshire, lui donnant un avantage qui s'amplifie lors des primaires du Super Tuesday. Tous ses adversaires sont balayés par une organisation hors pair qui doit beaucoup à Lee Atwater, le directeur de campagne.

La convention républicaine a lieu à La Nouvelle-Orléans en Louisiane où Bush est unanimement désigné pour être le candidat républicain à l'élection présidentielle. Il provoque d'ailleurs la surprise en choisissant le jeune sénateur conservateur de l'indiana, Dan Quayle, pour être son colistier.

Lors de son discours d'acceptation, pour rassurer la base conservatrice du parti, Bush promet de ne pas augmenter les impôts en déclarant précisément « Read my lips: No new taxes » une phrase qui allait le hanter 4 ans plus tard. Devancé par Dukakis dans les sondages avant la convention, il revient au score et va mener une intense campagne négative, dirigée par Lee Atwater, un brillant stratège politique, assisté de Roger Ailes, consultant politique et homme de communication.

Autres candidats[modifier | modifier le code]

Les petits partis tiers proposent aussi des candidats.

La campagne présidentielle[modifier | modifier le code]

Le vice-président George Bush en campagne dans le Nebraska

Au cours de l'élection, sous l'impulsion de Atwater, la campagne de Bush a cherché à dépeindre Dukakis comme un « libéral de la côte-est" beaucoup trop à gauche pour l'américain moyen. Ainsi, Dukakis est mis en cause pour avoir refusé que les écoliers récitent le Serment d'allégeance dans les écoles et pour détenir une «carte de membre dirigeant de l'Union américaine pour les libertés civiles. Dukakis répondit être fier d'être un libéral, que ce ne devait pas être une insulte. En réponse, le camp de Dukakis essaya de relier Bush à quelques-uns des récents scandales de l'administration Reagan, comme l'affaire Iran-Contra, et accusèrent les républicains d'être trop belliqueux sur la politique étrangère.

Accusé d'être particulièrement novice sur les questions militaires, Dukakis se mit en scène à bord d'un M1 Abrams ce qui se révéla être une énorme bévue de relations publiques, décrédibilisant le gouverneur du Massachusetts. En effet, les images de Dukakis sortant comme un diablotin de la trappe du char, sourire aux lèvres face aux journalistes, avec un casque trop petit et ridicule sur la tête, fut une aubaine pour les républicains. La scène fut reprise aux informations du soir et fit l'objet des commentaires sarcastiques de tous les humoristes. De son côté, Lee Atwater produisait une vidéo publicitaire de 30 secondes reprenant, avec des commentaires désobligeants, la scène ainsi titrée "Rocky l'écureuil".

De son côté, Bush devait justifier le choix de Dan Quayle pour la vice-présidence. Dan Quayle n'était pas un politicien chevronné mais Bush avait voulu faire appel à une nouvelle génération de jeunes personnalités politiques. Or, certaines déclarations très conservatrices ou maladroites de Dan Quayle se révélèrent embarrassantes politiquement pour George Bush qui voulait cultiver son image de modéré. Le camp démocrate ne manqua pas de s'en prendre à Quayle, le déclarant trop dangereusement inexpérimenté pour être en première ligne à la présidence.

Lors du débat des vice-présidents, Dan Quayle tenta de dissiper de telles allégations en comparant son expérience avec celle de l'ancien sénateur John F. Kennedy, qui avait aussi été une jeune recrue politique. Il déclara notamment qu'il avait presque autant d'expérience au Congrès que ne l'avait Jack Kennedy au début de sa présidence (à deux ans près). Lloyd Bentsen lui rétorqua que, lui, avait servi sous Jack Kennedy, qu'il le connaissait, qu'il était l'un de ses amis, assénant sur un ton sentencieux alors à Quayle « sénateur, vous n'êtes pas Jack Kennedy ». Quayle répondit que cette observation était déplacée à laquelle Bentsen rétorqua que c'était lui, Quayle, qui s'était comparé à Kennedy et qu'ils n'étaient en rien comparables.

En dépit de la campagne de Dukakis à utiliser le faux pas de Quayle et la sévérité des médias envers le candidat républicain à la vice-présidence, le tandem Bush/Quayle maintenait une large avance dans les sondages.

La campagne de Dukakis enchaina d'ailleurs les revers dont l'un conduisit à la démission d'un membre de son équipe de campagne pour avoir tenté de propager les rumeurs de liaison extra conjugale entre Bush et sa secrétaire Jennifer Fitzgerald, dans les années 1970.

Mais ce qui porta un coup mortel à la campagne présidentielle de Dukakis fut un spot de campagne du camp républicain concernant la peine de mort et le programme d'incarcération mené au Massachusetts (spot de la porte tournante). Dukakis était un partisan d'un programme prévoyant des libérations provisoires de prisonniers d'états pour effectuer des travaux d'intérêts généraux dans le domaine de l'environnement. Il avait mené cette politique dans le Massachusetts. Un meurtrier, Willie Horton, avait réussi à bénéficier de ce programme et avait commis un viol et une agression dans le Maryland. Or, en tant que gouverneur, Dukakis avait mis son veto à une proposition de loi qui devait écarter du programme, les prisonniers reconnus coupables de meurtre au premier degré. Le spot de campagne utilisa cette affaire pour illustrer la politique carcérale du Massachusetts, dénonçant notamment une politique laxiste de Dukakis envers les criminels que celui-ci appliquerait pour tout le pays s'il était élu président. Le fait que Dukakis soit notoirement hostile à la peine de mort et favorable à son abolition ne pouvait l'aider à démentir les accusations de ses adversaires républicains.

D'autres rumeurs, orchestrées apparemment par Lee Atwater, se firent l'écho de problèmes psychiatriques du gouverneur du Massachusetts ou du fait que sa femme ait brûlé un drapeau américain durant la guerre du Viêt Nam.

Après une prestation convenable lors du premier débat présidentiel, Dukakis fit mauvaise impression lors du second débat, donnant l'apparence d'un intellectuel froid et distant. Le médiateur du débat lui posa notamment une question personnelle pour savoir jusqu'où allait son hostilité à la peine de mort. Il envisagea le cas où la femme du gouverneur serait violée et tuée. Il lui demanda quelle sanction devait, à son sens, subir son assassin. À cette question, Dukakis répondit par une batterie de statistiques selon lesquelles la peine de mort serait sans effet sur le taux de criminalité.

Résultats[modifier | modifier le code]

L'élection a lieu le . Elle est remportée par Bush qui, avec 53,4 % des voix et 426 grands électeurs, s'impose dans 40 États. Jusqu'en 2004, aucun président n'obtiendra de majorité absolue des suffrages populaires. Parallèlement, les démocrates se renforcent au Congrès qu'ils contrôlent, avec deux sièges supplémentaires à la Chambre et un siège de plus au Sénat.

Candidat Parti électeurs Vote Populaire
George Bush/Dan Quayle Republican Party 426 53,4 %
Michael Dukakis/Lloyd Bentsen Democratic Party 111[2] 45,6 %
Ron Paul/Andre V. Marrou Libertarian Party 0 0,5 %
Autres Partis 0 0,5 %
Le président élu George Bush, le président Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev en novembre 1988 à New York

George Bush obtint ses meilleurs scores chez les électeurs de banlieue, peut-être en raison de sa campagne sur des thèmes comme l'ordre et la sécurité. Dans l'Illinois, Bush remporte 69 % des voix dans le comté de DuPage et 63 % dans celui de Lake County, toutes deux des banlieues adjacentes de Chicago. En Pennsylvanie, Bush remporte tous les comtés de banlieue de Philadelphie et la plupart de ceux du Maryland. Le New Jersey, bastion des républicains modérés et des villes de banlieues, est facilement remportée par le candidat du Grand Old Party.

Les comtés ruraux sont également remportés par Bush mais avec des scores inférieurs à ceux de Reagan en 1980 et 1984. Dans l'Illinois, Bush perd même un certain nombre de ces comtés et perd même, avec une marge importante, l'État de l'Iowa. L'État rural de Virginie-Occidentale, un bastion démocrate, revient à Dukakis après avoir voté exceptionnellement Reagan en 1984 (comme il l'avait en 1972 pour Richard Nixon).

George Bush et son stratège de campagne, Lee Atwater, durant lors des festivités de l'intronisation du 41e président des États-Unis

Si Bush remporte de justesse le swing state du Missouri, il s'impose moins largement que prévu au Kansas, dans le Dakota du Sud, et au Montana, 3 états pourtant ancrés chez les républicains. En fait, il apparaît que Dukakis a bénéficié des problèmes agricoles des années 1980.

Bush confirme la position dominante des républicains dans tous les États du Sud et maintient même son avantage dans ses bastions traditionnels de Nouvelle-Angleterre bien que Dukakis soit élu de cette région. Ainsi, Bush s'impose sans surprise dans le Maine et le Vermont, fiefs du républicanisme modéré qui sont les deux seuls états à n'avoir jamais voté pour Franklin Delano Roosevelt. Il l'emporte aussi au New Hampshire (l'état le plus conservateur de Nouvelle-Angleterre) et dans le Connecticut (où son père, Prescott Bush, avait été un sénateur).

Si Bush perd néanmoins l'État de New York, il remporte le swing state du Delaware. Quant à Lloyd Bentsen, il n'a pu empêcher Bush de s'imposer au Texas.

Enfin si George Bush a perdu dans le Pacifique nord-ouest des États-Unis, il a conservé le bastion reganien de Californie, y donnant la victoire aux républicains pour la sixième fois consécutive.

Prestation de serment de George Bush comme 41e président américain

L'élection de 1988 est néanmoins une étape historique dans le rapport de force entre les deux partis. Elle marque la dernière année, pour au moins 20 ans, d'une victoire républicaine dans les États de Californie, de Pennsylvanie, du Delaware, du Vermont, du Maryland, du New Jersey, de l'Illinois, du Connecticut, du Maine, et du Michigan. Si certains de ses états étaient plutôt des bastions du républicanisme centriste, ils acquièrent dans les années qui suivent une réputation de "blue states", favorisant le Parti démocrate aux élections présidentielles. Par ailleurs, avec Lee Atwater et Roger Ailes, elle marque l'émergence de stratèges politiques d'un genre nouveau. Si ses disciples sont en tout premier lieu les républicains Karl Rove et Steve Schmidt, les méthodes de Atwater notamment influenceront aussi les futures stratégies de campagne des démocrates James Carville et David Axelrod.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Valode, les présidents des États-Unis, L'Archipel, 2008, p. 187
  2. Un grand électeur démocrate a voté Lloyd Bentsen/Michael Dukakis

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • James B. Lemert, William R. Elliott, James M. Bernstein, William L. Rosenberg, Karl J. Nestvold; News Verdicts, the Debates, and Presidential Campaigns Praeger Publishers, 1991
  • Laurence W. Moreland, Robert P. Steed, Tod A. Baker; The 1988 Presidential Election in the South: Continuity Amidst Change in Southern Party Politics Praeger Publishers, 1991
  • David R. Runkel; Campaign for President: The Managers Look at '88 Auburn House, 1989
  • Guido H. Stempel III and John W. Windhauser; The Media in the 1984 and 1988 Presidential Campaigns Greenwood Press, 1991