James Buchanan

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James Buchanan
Image illustrative de l'article James Buchanan
Fonctions
15e président des États-Unis
4 mars 18574 mars 1861
4 ans, 0 mois et 0 jour
Élection 4 novembre 1856
Vice-président John C. Breckinridge
Prédécesseur Franklin Pierce
Successeur Abraham Lincoln
Biographie
Date de naissance 23 avril 1791
Lieu de naissance Cove Gap, Pennsylvanie
Date de décès 1er juin 1868 (à 77 ans)
Lieu de décès Lancaster, Pennsylvanie
Nationalité américaine
Parti politique Parti démocrate
Conjoint Célibataire
Diplômé de Dickinson College
Profession Juriste, diplomate
Religion Presbytérianisme

Signature

James Buchanan
Présidents des États-Unis

James Buchanan (1791 - 1868) est le quinzième président des États-Unis. Il est élu pour un mandat de 1857 à 1861.

C’est pendant son mandat que les conditions qui amèneront la sécession des États du Sud éclatent au grand jour. Buchanan traite le problème sur le plan du droit et ne parvient pas à endiguer la crise profonde qui secoue le pays. En conséquence, de nombreuses études comparatives menées par des historiens, dans le but de classer les mérites respectifs des présidents américains, ont rangé Buchanan parmi les pires présidents que les États-Unis aient connus[1]. Philip Klein, biographe de Buchanan, rappelle toutefois que :

« Buchanan a accédé aux responsabilités […] alors qu'une vague sans précédent de passions balayait le pays. […] Ses faiblesses dans les années orageuses de sa présidence ont été amplifiées par les partisans radicaux du Nord et du Sud. Ses nombreux talents, qui, en un temps plus paisible, lui auraient peut-être donné une place parmi les plus grands présidents, ont été rapidement cachés par les événements cataclysmiques de la Guerre de Sécession et, par la façon dont Abraham Lincoln conduisit le pays »

[2]

Biographie[modifier | modifier le code]

James Buchanan naît le 23 avril 1791 à Cove Gap (Pennsylvanie). Ses parents, James Buchanan et Elizabeth Speer Buchanan, sont d’origine irlandaise et se sont enrichis dans le commerce. Il est diplômé de l’université de Dickinson à 18 ans et commence des études de droit et obtient son admission au barreau à 21 ans. Il est l’un des premiers à s’enrôler pour prendre part à la guerre anglo-américaine de 1812 contre les Britanniques où son régiment est affecté à la défense de Baltimore. Il revient à Lancaster où il poursuit sa carrière de juriste avec succès en parallèle avec sa carrière politique.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En 1814, J. Buchanan, âgé seulement de 23 ans, est élu député de l’assemblée de l’État de Pennsylvanie. Il devient ensuite député de son État à la chambre des représentants des États-Unis. Il s’inscrit au Parti démocrate et est un fervent soutien du président Andrew Jackson qui, en retour, le nomme ambassadeur en Russie. Il adhère aussi à la franc-maçonnerie[3]. Avec les changements de parti au pouvoir, J. Buchanan devient successivement sénateur, puis il est nommé ministre des Affaires étrangères et ambassadeur au Royaume-Uni par le président Polk. À sa troisième tentative, il est enfin, à 65 ans, le candidat du Parti démocrate à l’élection de 1856. Ce choix est en partie dû au fait que J. Buchanan est originaire d’un État du Nord, mais qu’il est partisan du droit des États du Sud à maintenir l’esclavage. La campagne électorale voit s’affronter esclavagistes et abolitionnistes. C’est à cette époque le sujet principal des controverses politiques. Il est élu le 4 novembre 1856.

Présidence[modifier | modifier le code]

Le 4 mars 1857, James Buchanan est investi en tant que quinzième président des États-Unis.

En 1859, Buchanan décide le blocus des côtes cubaines pour arraisonner les navires américains qui transportent des esclaves.

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Confronté à la crise interne sur l’esclavage, Buchanan ne peut se consacrer à la politique étrangère. Il se contente d’intervenir à Cuba, au Nicaragua et à la frontière mexicaine, mais ces tentatives ont pour conséquence de renforcer le sentiment anti-américain.

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

J. Buchanan commence son mandat en 1857 et il est tout de suite confronté au problème de l’esclavage. Son discours inaugural insiste sur le droit des citoyens de chaque état à décider individuellement de leur statut sur ce sujet – il faut toutefois noter que seuls les hommes blancs ont le droit de vote. Il essaye de se débarrasser du problème en s’appuyant et en influençant les décisions de la Cour suprême. Il tente de trouver un compromis en proposant l’admission du Kansas dans l’Union en tant qu’état esclavagiste, mais ne réussit qu’à attiser la colère des Républicains tout en s’aliénant certains membres de son propre Parti.

Les Républicains détenant la majorité au Congrès, le fonctionnement du gouvernement se trouve bloqué.

L’élection d’Abraham Lincoln à la présidence déclenche le processus de sécession alors que le mandat de Buchanan n’est pas terminé. Les démocrates sudistes préfèrent la sécession plutôt que l’élection d’un Républicain. J. Buchanan tergiverse, il considère que les états du sud n’ont pas le droit de faire sécession mais que le gouvernement fédéral ne peut rien faire pour les en empêcher.

Politique concernant les droits civiques, les minorités et l’immigration[modifier | modifier le code]

L’opposition entre partisans et opposants de l’esclavage reste le problème majeur qui influence toute la politique de la période. L’équilibre difficile entre États esclavagistes et abolitionnistes est rompu par une décision de la Cour suprême qui considère qu’un esclave reste la propriété de son maître même s'il est en déplacement dans un État qui ne reconnaît pas l’esclavage ; cette décision entraîne implicitement une reconnaissance de l’esclavage dans tous les États. Buchanan qui est partisan du droit de chaque État à décider de sa propre politique intérieure ne fait rien pour calmer les esprits et les États du Sud décideront de faire sécession après l’élection d’Abraham Lincoln.

Politique partisane[modifier | modifier le code]

Les tensions dues à la controverse sur l’esclavage montent au sein du Parti démocrate si bien que pour l’élection présidentielle de 1860 le Parti présente un candidat nordiste et un candidat sudiste face au Républicain A. Lincoln qui, dans ces conditions, a toute chance d’être élu.

Buchanan déclare : « J’espérais être le candidat du Parti républicain pour l’élection de 1844, puis pour celle de 1848, et même celle de 1852, mais maintenant, je n’en veux plus. Je pense que les abolitionnistes vont déclencher la guerre dans ce pays au cours du prochain mandat ». Buchanan s’était engagé à ne pas se représenter pour un second mandat et n’avait plus qu’une envie : quitter la Maison-Blanche avant que la guerre n’éclate.

Retraite[modifier | modifier le code]

En 1861, à la fin de son mandat, J. Buchanan se retire en Pennsylvanie où il meurt le 1er juin 1868. Bien que la guerre de Sécession ne débute que deux mois après son départ, il en est considéré par beaucoup[4],[5] comme le responsable. Il a passé la plupart de ses années restantes à se défendre de tout blâme public pour la guerre de Sécession, que certains ont même appelée « la guerre de Buchanan ». Il a commencé à recevoir des lettres de menace quotidiennes et les magasins affichaient des portraits de lui avec les yeux en rouge, une corde autour du cou et le mot « traître » écrit sur le front. Le Sénat proposa une résolution de condamnation (qui se solda par un échec) et les journaux l’accusèrent de collusion avec le Sud. Ses anciens membres du gouvernement, dont cinq avaient reçus des posts dans le gouvernement Lincoln, refusèrent de le défendre publiquement[6]. Initialement, Buchanan a été si troublé par ces attaques qu’il en est tombé malade et en dépression. Ce n’est qu’en octobre 1862 qu’il a commencé à se défendre dans un échange de lettres avec Winfield Scott publié dans le journal National Intelligencer[7]. Il a ensuite commencé à rédiger sa défense, sous la forme de mémoires intitulés Mr. Buchanan's Administration on the Eve of Rebellion, parus en 1866.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Alors qu’il est jeune député de son État, Buchanan est amoureux d’Ann Coleman, la fille d’un riche négociant en métaux. Sa famille est opposée au mariage et les ragots dans l'entourage finissent par entraîner la rupture des fiançailles quelques jours avant la mort d’Ann. Buchanan ne se remet jamais de cet incident et il ne courtisera plus sérieusement d’autres femmes. Les historiens Shelley Ross, Robert P. Watson et John Howard, le biographe Jean Baker et le sociologue James W. Loewen l’ont dit homosexuel[8]. Il reste, à ce jour, le seul président américain célibataire. C’est d’ailleurs à cause de cela que fut inventé le titre de première dame : les fonctions remplies jusqu’alors par les femmes de présidents – diversement appelées « Lady, Mrs. President, Mrs. Presidentress… » – furent attribuées par Buchanan à sa nièce Harriet Lane. Dans le Illustrated Monthly, Frank Leslie appela cette dernière en 1860 : « La Dame de la Maison Blanche, et par courtoisie, la Première Dame du Pays[9] », titre qui fut ensuite appliqué rétrospectivement à ses devancières.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La page « en:Historical rankings of Presidents of the United States » (en) dresse un récapitulatif de ces différentes études historiques.
  2. (en) Philip S. Klein, President James Buchanan : A Biography, Newtown, American Political Biography Press, 1995, p. 408-413. (ISBN 978-0-9457-0711-0).
  3. freemasonry
  4. Michael Birkner, « Buchanan's Civil War »,‎ 20 septembre 2005 (consulté le 2013-12-22)
  5. « U.S. historians pick top 10 presidential errors »,‎ 2014-9-28
  6. Philip S. Klein, President James Buchanan : A Biography, Newtown, American Political Biography Press, 1995, p. 408-413. (ISBN 978-0-9457-0711-0).
  7. op. cit., p. 408-413
  8. Jim Loewen, « Our real first gay president », Salon, Salon Media Group, Inc.,‎ 14 mai 2012 (consulté le 2014-9-28)
  9. (en) « The Lady of the White House, and by courtesy, the First Lady of the Land. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]