Conférence de Téhéran

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne la conférence inter-alliée de 1943. Pour les autres significations, voir Conférence de Téhéran (homonymie).

Conférence de Téhéran

Description de cette image, également commentée ci-après

Les Trois Grands : Staline, Roosevelt et Churchill
(Téhéran 1943).

Date fin 1943
Lieu Téhéran, Iran
Résultat organisation du débarquement en Normandie et principe de la création de l'ONU
démembrement de l'Allemagne.
Chronologie
début 28 novembre 1943
fin

La Conférence de Téhéran, qui se déroula du 28 novembre au durant la Seconde Guerre mondiale, fut la première rencontre réunissant Churchill, Roosevelt et Staline, soit les trois principaux dirigeants des Alliés. Deux décisions militaires importantes y furent prises :

  • l'organisation d'un débarquement en Normandie en juin 1944 ;
  • le rejet par Staline et Roosevelt du projet britannique d’offensive par la Méditerranée et les Balkans.

Déroulement de la Conférence[modifier | modifier le code]

Churchill avait proposé une rencontre à Londres. C'est Staline qui insista pour choisir Téhéran alors que la distance à parcourir était très longue pour Roosevelt et Churchill. Staline qui prenait l'avion pour la première fois de sa vie arriva en premier. Ses deux interlocuteurs arrivaient du Caire où s'était déroulée une première conférence.

L'Iran est alors occupé par les forces soviétiques et britanniques. Le jeune Chah de 22 ans, Mohammad Reza Pahlavi, n'a qu'un pouvoir protocolaire. Les dirigeants iraniens ne sont d'ailleurs informés de l'organisation de la conférence que quelques jours avant. Si Staline et Churchill lui rendent une visite de courtoisie, Reza Chah devra rencontrer Roosevelt à l'ambassade d'URSS où ce dernier a accepté de loger. Les Alliés se comportent en terrain conquis et Reza Chah ne fut même pas invité aux cérémonies qui se déroulèrent dans les ambassades.

Pour éviter des parcours fastidieux entre ambassades (et supposés être risqués selon les soviétiques)[1], Roosevelt accepta de prendre ses quartiers à l'ambassade de l'URSS truffée de micros et d'espions soviétiques[2].

Objectif[modifier | modifier le code]

Sur le plan politique, Staline accepta le principe de la création d'une organisation internationale, proposé par Roosevelt.

Les Trois Grands s'entendirent également sur le principe d'un démembrement de l’Allemagne, sur l’annexion de Königsberg par l’Union soviétique et sur le déplacement de la Pologne vers l’ouest.

Concernant la Pologne, on ne fixa pas précisément les nouvelles frontières, car les Britanniques souhaitaient ménager le gouvernement polonais de Londres et Roosevelt ne voulait pas heurter les Américains d’origine polonaise.

On envisagea cependant que la frontière orientale pourrait être définie par la ligne Curzon, qui avait déjà servi de base au Pacte germano-soviétique de 1939, et la frontière occidentale par le cours de deux rivières, l'Oder et la Neisse (ligne Oder-Neisse). On ne précisa pas, toutefois, s’il s’agissait de la Neisse occidentale (qui prend sa source en Bohême et se jette dans l’Oder près de Nysa) ou de la Neisse orientale (qui prend sa source en Silésie et se jette dans l’Oder près de Gubin), ce qui devait donner plus tard matière à discussion. Staline exposa également ses revendications en Asie (sud de Sakhaline, îles Kouriles).

Concernant les opérations dans les Balkans occupés, Churchill annonça à un Staline surpris son intention de soutenir en Yougoslavie les Partisans communistes dirigés par Tito plutôt que le groupe rival des Tchetniks serbes monarchistes dirigés par Draža Mihailović. Churchill avait pris sa décision sur la base de rapport concluant que les Partisans infligeaient aux Allemands bien plus de dommages que les Tchetniks, dont des groupes dits autonomes, en Bosnie-Herzégovine, en Croatie et en Dalmatie, distincts de ceux Mihailović, collaboraient au contraire avec les occupants pour lutter contre les communistes[3],[4].

Complot nazi[modifier | modifier le code]

Il semblerait que dans le courant du second semestre 1943, les forces spéciales de Skorzeny travaillèrent sur un plan visant à assassiner Churchill, Roosevelt et Staline au cours de la conférence qui aurait lieu à Téhéran en novembre 1943[5].

C'est l'opération Grand Saut (Operation Long Jump). Le projet est cependant abandonné en raison du lieu trop éloigné et parce que Berlin a reçu un message codé de ses agents à Teheran indiquant qu'ils étaient sous surveillance. Ce sont les agents du contre-espionnage russe qui alerteront les anglo-américains[6].

Décisions obtenues[modifier | modifier le code]

À l'issue de la conférence, les trois leaders communiquèrent les conclusions militaires suivantes, le 1er décembre 1943 :

  1. Les Partisans yougoslaves seront soutenus avec des fournitures et des équipements ainsi que par des opérations de commandos[7];
  2. Il est souhaitable que la Turquie se déclare en guerre aux côtés des Alliés, avant la fin de la guerre[7];
  3. Prendre bonne note que si la Turquie entre en guerre avec l'Allemagne, et s'il en résulte une déclaration de guerre de la Bulgarie à la Turquie ou une attaque, l'Union soviétique entrerait immédiatement en guerre contre la Bulgarie. La Conférence acta que ceci pouvait être mentionné dans les négociations à venir pour amener l'entrée en guerre de la Turquie[7];
  4. L'Opération Overlord (débarquement de Normandie) serait lancée en mai 1944, en synchronisation avec une opération contre le sud de la France. Cette dernière serait entreprise avec les moyens de débarquement disponibles. La conférence prendra note utltérieurement de la déclaration du Maréchat Staline que les forces soviétiques lanceraient une offensive en même temps avec comme objectif d'empêcher les forces allemandes d'être transférées du front de l'Est vers celui de l'Ouest[7];
  5. Il est convenu que les troupes des trois puissances resteront en contact étroit pour tout ce qui concerne les opérations en Europe. En particulier, il est convenu qu'un plan de couverture pour mystifier et désorienter l'ennemi sur les opérations sera concerté entre les personnels concernés[7].

Postérité[modifier | modifier le code]

La conférence de Téhéran avait pour objectif un accord militaire. Il faut penser que cette conférence n'était pas suffisante car les Trois Grands se retrouvèrent à Yalta du 4 au 11 février 1945 pour essayer de mettre fin rapidement à une guerre qui durait depuis 6 ans. Auparavant, d'autres conférences restreintes eurent lieu, dont celle de Malte entre Churchill et Roosevelt du 30 janvier au 2 février 1945, à l'occasion d'une escale.

Sources[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arthur Conte, Yalta ou le partage du monde : 11 février 1945, Paris, Éditions J’ai Lu, coll. « J’ai lu leur aventure » (no A108/109),‎ 1965, poche, 448 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les Services secrets soviétiques semblent avoir monté de toute pièce un complot fictif des nazis visant à éliminer les Trois Grands pendant la conférence. - Voir Opération Grand Saut
  2. Christian Destremau, Le Moyen-Orient pendant la Seconde Guerre mondiale, Perrin 2011, p.394
  3. Branko Miljuš, La révolution yougoslave, L'Âge d'homme,‎ 1982, 247 p. (lire en ligne), « La collaboration avec l'ennemi », p. 119-133
  4. Dusan-T Batakovic, Histoire du peuple serbe, L'Âge d'homme,‎ 2005, 386 p. (lire en ligne), p. 337.
  5. Les raids d'Otto Skorzeny
  6. Il semblerait que cette opération ne soit qu'une invention soviétique. Voir Opération Grand Saut.
  7. a, b, c, d et e (en) Staff of Senate Committee on Foreign Relations and the Department of State, A Decade of American Foreign Policy : Basic Documents, 1941–49, Washington, D.C., U.S. Gov. Printing Office,‎ 1950 (lire en ligne)