Portrait

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Portrait funéraire d'un jeune homme, découvert à Fayoum.

Un portrait est une œuvre d'art picturale, graphique, sculpturale, musicale, photographique, ou cinématographique représentant généralement une personne réelle ou un groupe. En tant qu'œuvre d'art, le portrait a connu des évolutions, aussi bien dans les techniques et styles que dans son usage, à des fins de représentation officielle ou d'agrément. Au-delà de la volonté de perpétuer le souvenir d’une personne et de vouloir créer une image historique du commanditaire, le portrait a souvent une fonction immédiate de représentativité. Dans l'histoire des arts visuels, la représentation humaine date des plus anciens temps : on trouve des représentations dès la préhistoire, en statuette, en pierres gravées ou dessinées sur des parois. Le portrait proprement dit se développe parmi les premières civilisations, en Perse et en Égypte.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du portrait.

Formes et médiums[modifier | modifier le code]

Les différentes formes du portrait figuré sont :

  • le portrait peint : forme la plus couramment rencontrée dans les arts visuels et la plus diffusée. Les plus anciens vestiges de portrait en peinture datent de l'Antiquité romaine. Les techniques employées sont la détrempe au Moyen Âge et au début de la Renaissance, qui fait place à la peinture à l'huile. La gouache et l'aquarelle sont aussi employées. Au XXe siècle apparaît l'acrylique, qui est employée par les peintres figuratifs américains et se généralise à la fin du siècle. Différents supports sont utilisés, comme le bois, la toile ou même l'ivoire pour les portraits en miniature.
  • le portrait dessiné : tout aussi ancien que le portrait peint, il se singularise par la grande diversité de ses techniques, qui vont du fusain au crayon, en passant par le lavis d'encre et le pastel, qui constitue une technique intermédiaire entre le dessin et la peinture.
  • le portrait gravé : plusieurs artistes comme Dürer et Rembrandt pratiquent la gravure appliquée au portrait. On rencontre toutes les techniques de gravure.
  • le portrait sculpté : il s'exprime principalement à travers le buste et le bas-relief et, de façon plus monumentale, en statue et statue équestre. Depuis l'Antiquité égyptienne, ce médium est une des plus anciennes formes du portrait.
  • la silhouette : c'est un profil généralement découpé dans une feuille noire, représentant une figure en ombre chinoise. La pratique du portrait en silhouette s'est répandue au XVIIIe siècle.
  • le portrait photographique : c'est, depuis le XXe siècle, la forme de portrait la plus courante et la plus diffusée, par l'intermédiaire des médias et de l'impression. Il apparaît au milieu du XIXe siècle et remplace le portrait en miniature. Dans l'histoire de ce médium, plusieurs photographes se sont fait une spécialité du portrait, comme Nadar, Étienne Carjat, August Sander, Yousuf Karsh et, plus récemment, Helmut Newton ou Annie Leibovitz.

Différents types de portraits[modifier | modifier le code]

Portrait d'enfant - Marie-Thérèse Heyvaert (1912-2003)

Différents types de portraits se retrouvent dans chaque discipline artistique :

  • en pied (de la tête aux pieds)
  • en buste (jusqu'à la taille)
  • en demi-grandeur (jusqu'aux cuisses)
  • assis
  • de dos
  • de face
  • de profil
  • de trois-quarts
  • individuel
  • de groupe

L'autoportrait[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Autoportrait.

C'est un portrait de l'artiste fait par lui-même.


Officiel[modifier | modifier le code]

Portrait de Chairman Mao Zedong a la porte du Tiananmen

En politique, les portraits des chefs d'État symbolisent souvent l'État lui-même. Dans la plupart des pays, le protocole exige que le portrait du chef de l'État apparaisse dans tous les bâtiments publics. La surabondance de tels portraits peut être la marque d'un culte de la personnalité, à l’œuvre dans de nombreux régimes autoritaires.

En outre, des politiciens ou des nobles sans fonction politique firent souvent réaliser leur portrait, soit par narcissisme, soit par mécénat, permettant ainsi à de grands artistes de vivre de leur talent.

Sous le règne d'Auguste, le portrait officiel est un élément important de la politique impériale. Les effigies de l'empereur sont soumises à une stricte codification iconographique réglant jusqu'à la distribution des mèches sur le front. Sous Caligula, le portrait est un véritable outil de propagande. C'est pourquoi la damnatio memoria de l'empereur s'accompagne de la destruction de ses effigies. Si la noblesse et la sévérité de ces portraits s'accompagne sous le règne de Vespasien d'un retour au réalisme républicain et d'une recherche de virtuosité sous la dynastie des Sévères, la stylisation marque ensuite la statuaire impériale en Orient après la séparation des Empires d'Orient et d'Occident.

Dans notre société, hyper-médiatisée, on ne conçoit plus de carrière politique sans portrait photographique ou cinématographique (vidéographique).

Pictural[modifier | modifier le code]

Pendant les périodes baroque et rococo, au XVIIe siècle et au XVIIIe siècle, les portraits prirent une importance croissante. Dans une société de plus en plus dominée par une bourgeoisie au centre de puissantes cours, la représentation d’individus luxueusement vêtus à côté de symboles de puissance et de richesse temporelle contribuait de manière efficace à l’affirmation de son autorité. Van Eyck et Rubens excellèrent dans ce genre.

La Liseuse de Claude Monet, portrait en pied individuel, 1871

À la même époque, l’intérêt grandissant pour la compréhension des sentiments humains engendra des artistes soucieux de la physionomie des émotions. Les impressionnistes tels que Monet, Degas ou Renoir, qui utilisaient principalement comme modèles leur famille et leurs amis, peignaient des individus ou de petits groupes, en plein air ou en atelier. Caractérisés par la luminosité de leur surface et la richesse de leurs teintes, ces portraits présentent souvent un caractère intimiste, éloigné du portrait officiel.

Les artistes du début du siècle élargirent les champs d'exploration du portrait, en le libérant des contraintes de ressemblance visuelle. Henri Matisse simplifia la ligne et les couleurs pour leur donner toute leur force expressive. Pablo Picasso réalisa de nombreux portraits, dont plusieurs portraits cubistes où le modèle est à peine reconnaissable. L’art du portrait en peinture déclina au milieu du siècle, sans doute en raison de l’intérêt croissant pour l’abstraction et l’art non figuratif. Cependant, le portrait a connu récemment un certain renouveau.

Si le portrait est un passionnant objet d’étude, c’est qu’il concentre la plupart des fonctions de la peinture. Les premiers autoportraits de l’art occidental sont apparus pendant la Renaissance, lorsque les artistes se peignaient eux-mêmes se détachant de la foule en arrière-plan de scènes narratives. Le genre de l’autoportrait prit une importance croissante après la période classique.

Le ou les sujets peuvent être représenté(s) de face, de trois quarts, de profil ou de dos. Enfin, l'angle de vue peut être horizontal (au même niveau), en plongée (de haut) ou en contre-plongée (d'en bas).

En photographie, on parle plus couramment de plan serré (centré sur le visage), gros plan (visage, cou et amorce des épaules), plan rapproché (jusqu'à la taille), plan moyen (corps entier) et plan d'ensemble (modèle dans son décor).

Photographique[modifier | modifier le code]

Portrait photographique - Augusto De Luca

L'invention de la photographie, tout en bouleversant l'art et l'économie du portrait peint, n'a pas entraîné sa disparition. Elle a mis en relief l'importance de l'éclairage, de la perspective et du matériel utilisé.

Dans un premier temps, on observe la proximité entre certaines photographies et les portraits peints les plus classiques. Puis l'art du portrait photographique s'est peu à peu affranchi du modèle pictural, inventant et affinant son propre vocabulaire et influençant à son tour le genre dont il s'était détaché.

La photographie inaugure une nouvelle ère dans la représentation puisque l'on est à présent capable d'obtenir une représentation du réel « objective », c'est-à-dire que l'homme ne représente plus le réel tel qu'il le voit et comme il le peut, mais que c'est le réel qui impressionne « seul » le support.

Les premiers portraits photographiques, ou daguerréotypes, étaient figés et formels car ils nécessitaient de longues et laborieuses séances de pose. En 1842, Louis-Auguste Bisson réalise celui d'Honoré de Balzac, qui considère le procédé comme magique et fait des émules. Suivant son exemple, Théophile Gautier et Gérard de Nerval attribuent au portrait photographique quelque chose de surnaturel[1].

Auto-portrait de Robert Cornelius (1839)
(Au dos : The first light picture ever taken.)

Robert Cornelius (1809–1893), photographe américain né aux Pays-Bas, intéressé par la chimie, travaillait à améliorer le daguerréotype lorsqu’il prit un portrait de lui-même devant la boutique familiale, en octobre 1839. Cette photographie est à la fois le premier portrait et le premier autoportrait photographique.

Le photographe Nadar, avec les moyens de l'époque, a exécuté des portraits aux poses très étudiées qui se voulaient révélatrices de la psychologie ou de la position sociale de ses modèles. On peut prendre comme exemple son célèbre portrait de Victor Hugo en penseur, accoudé à des livres, qui évoque sa condition d’homme de lettres et d’homme influent.

Avec l’évolution de la technologie, le portrait photographique devient plus naturel. Julia Margaret Cameron fut une spécialiste du portrait évocatif victorien, et Mathew Brady immortalisa la vie quotidienne des soldats pendant la Guerre de Sécession américaine. Au XXe siècle, Dorothea Lange élargit le champ d’action du photographe en représentant des gens simples dans leur quotidien. Robert Doisneau, Henri Cartier-Bresson, Richard Avedon et d'autres ont également beaucoup travaillé sur le portrait du quotidien, avant que le portrait volé ne connaisse son essor grâce à l'apparition du numérique. Récemment, Cindy Sherman a étendu le genre de l’autoportrait en utilisant son corps comme élément de mise en scène photographique.

Depuis 1934, à Paris, le studio Harcourt a immortalisé bon nombre de personnalités en perpétuant la tradition du portrait en studio.

Ressemblance avec le modèle[modifier | modifier le code]

Le portrait est généralement envisagé comme une tentative de mise en image du visage d'un être humain.

Par-delà cet aspect, le portrait peut correspondre à la volonté de transcrire le caractère d'une personne, sa façon d'être. Le portrait peut révéler également l'image que se fait d'une personne le portraitiste, ou ses sentiments envers elle.

On peut pour cela utiliser différentes expressions faciales. En fait, les possibilités pour donner sens à un portrait sont assez variées : jeux de lumière, maquillage, coupe de cheveux, lieu du portrait, matériel utilisé (en peinture notamment), flou ou netteté. En dessin, selon les coups de crayon donnés, le portrait peut paraître doux ou agressif.

Il apparaît donc que les problématiques du portrait vont bien au-delà de celle d'une simple ressemblance avec le modèle. Le Désespéré, réalisé par Gustave Courbet, illustre très bien cette pensée[2].

Le portrait peut donc constituer la représentation d'une personnalité en plus d'une représentation physique. Et il peut être le témoignage de la représentation que l'on a (ou que l'on veut donner) d'une personne.

Galerie : Portrait en peinture[modifier | modifier le code]

Cette section ne prétend pas faire un inventaire exhaustif de tous les portraits réalisés au cours de l'histoire de la peinture. Elle se contente de présenter, à titre d'exemple, un choix représentatif de chaque époque à travers quelques tableaux — connus ou moins connus — de peintres célèbres pour leur art du portrait.

Il se dégage en effet plusieurs types de portraits en peinture (exemples extraits du catalogue des collections italiennes du musée des beaux-arts de Chambéry, France) :

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Portraits funéraires[modifier | modifier le code]

Art copte. Peints sur des planchettes intégrées au voile qui entourait le corps du défunt ou sa momie, ces portraits pouvaient rechercher la ressemblance.

Art occidental Le portrait funéraire, ou portrait mortuaire, découle en Occident de la tradition de vénération du corps du souverain défunt. Grâce à la photographie, cette pratique se démocratisa au XIXe siècle et au XXe siècle. Un exposition au musée d'Orsay intitulée Le dernier portrait permettait de découvrir, de saisissants portraits — des enfants tenant le corps de leur frère ou de leur sœur décédé(e) —, mais aussi des photographies d'une réelle beauté plastique — Victor Hugo sur son lit de mort.

Portraits funéraires dans l'art occidental

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Daniel Grojnowski, Photographie et langage, Éditions José Corti, Paris, 2002, p. 354
  2. Analyse du Désespéré

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]