Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force
Badge du SHAEF
Badge du SHAEF

Période 1943 – 1945
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Allégeance Alliés
Branche terre, mer et air
Type Quartier général
Composée de 1re armée aéroportée alliée
21e Groupe d’armées britannique
12e Groupe d'armées des États-Unis
6e Groupe d'armées des États-Unis
Guerres Seconde Guerre mondiale
Batailles Bataille de Normandie
Libération de la France
Campagne d'Allemagne
Commandant historique Dwight David Eisenhower

Le Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force (SHAEF) est le quartier général des forces alliées en Europe nord-occidentale, de fin 1943 à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dwight David Eisenhower en est le général en chef.

Historique[modifier | modifier le code]

Le COSSAC[modifier | modifier le code]

Lors de la conférence inter-alliée d’Anfa à Casablanca le 14 janvier 1943, il est décidé de la création provisoire d’une structure chargée d'entamer la planification d'un débarquement sur le front Ouest. Un chef d'état-major est alors nommé, avec le titre de COSSAC (Chief of Staff to Supreme Allied Commander). Ce poste est confié au général britannique Frederick E. Morgan, assisté du général américain Ray Barker (en)[1].

La mission du COSSAC était de préparer des plans pour :

  1. Réaliser une opération de déception (Opération Cockade) visant à alléger la pression allemande sur les opérations des Alliés en Sicile et Soviétiques sur le front de l'Est, par diverses feintes d'attaque en Europe occidentale. Les Alliés espéraient forcer la Luftwaffe dans une bataille aérienne massive avec la Royal Air Force et l'US Eighth Air Force, et obtenir ainsi définitivement la supériorité aérienne en Europe.
  2. Être prêt à libérer l'Europe en cas de d'effondrement soudain de l'Allemagne avec toutes les forces disponibles sur le moment.
  3. Réaliser un assaut massif sur l'Europe pour 1944.

Le COSSAC tint sa première réunion le 17 avril 1943 et permit d'arrêter rapidement quelques choix. Après les enseignements tirés du débarquement « test » de Dieppe les grands principes suivants avaient été posés :

  • La capture d’un port d’envergure était vitale.
  • Le rayon d’action de l’aviation obligeait une intervention dans une zone située entre Knokke et Cherbourg.
  • Les plages devaient être assez vastes pour donner suffisamment de liberté aux troupes et matériels.

Le SHAEF[modifier | modifier le code]

Le 6 décembre 1943, le général d'armée Dwight D. Eisenhower devient le commandant du SHAEF (Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force ou "État-major suprême des Forces expéditionnaires alliées"), installé à Camp Griffiss à Bushy Park, et absorbe le COSSAC. Son état-major retravailla le plan de l'Opération Overlord créé par Frederick E. Morgan et Ray Barker jusqu'à sa version finale, qui fut exécuté le 6 juin 1944. Walter B. Smith devient le chef de l'état-major d'Eisenhower et Morgan le chef d'état-major adjoint. Le commandement des forces terrestres pour la partie initiale de l'invasion fut assuré par le général Bernard Montgomery[2].

Les membres du S.H.A.E.F après la reddition en son Q.G de Reims .

Le SHAEF resta au Royaume-Uni jusqu'à ce que suffisamment de forces furent déployées pour justifier son transfert en France. À ce moment-là, Montgomery cessa de commander l'ensemble des forces terrestres, mais continua en tant que commandant en chef du 21e Groupe d’armées britannique (21 AG) sur l'aile Est de la tête de pont en Normandie, et le 12e Groupe d'armées des États-Unis (12 AG) commandé par le lieutenant général Omar Bradley fut créé à l'aile Ouest de la tête de pont. Comme une percée en Normandie eut lieu, les Alliés lancèrent l'invasion de la France méridionale, le 15 août 1944 avec le 6e Groupe d'armées des États-Unis (6 AG) sous le commandement du Lieutenant-général Jacob L. Devers. Lors de l'invasion du sud de la France, le 6 AG était sous le commandement du Quartier général des Forces alliées (Allied Forces Headquarters) du Théâtre des opérations Méditerranéen, mais au bout d'un mois passa sous le commandement du SHAEF. En décembre 1944, le SHAEF prit place à l'hôtel Trianon Palace à Versailles. En février 1945 il s'installe à Reims où fut signée la reddition, le 26 avril 1945, le SHAEF s'installa à Francfort. Après la capitulation de l'Allemagne, le SHAEF est dissous le 14 juillet 1945.

Forces sous son commandement[modifier | modifier le code]

Carte des opérations, 19 avril - 7 mai 1945. Du nord au sud sur le front de l'Ouest se situent les 21e, 12e et 6e groupes d'armées.
Salle de planification des opérations alliées .

Le SHAEF commanda un grand nombre de formations opérant sur le front de l'Ouest, principalement des forces terrestres de l'US Army, de la British Army, de l'armée canadienne et des FFL; Il y eut un total de trois groupes d'armées, contrôlant un total de huit armées :

Le SHAEF contrôla de grandes forces navales durant l'opération Neptune, la phase d'assaut d'Overlord, ainsi que deux forces aériennes tactiques : la 9th USAAF et la RAF Second Tactical Air Force. Les forces de bombardement stratégique alliées basées au Royaume-Uni furent également sous son commandement durant Overlord.

Structure du SHAEF[modifier | modifier le code]

Photo prise à Londres, en février 1944, planification de l'invasion alliée. De gauche à droite : Omar Bradley, Bertram Ramsay, Arthur Tedder, Dwight Eisenhower, Bernard Montgomery, Trafford Leigh-Mallory, Walter Bedell Smith
source : IMW

Le principal interlocuteur français auprès du SHAEF est le général Marie-Pierre Kœnig, même si les contacts sont également fréquents avec Juin (et son adjoint Sevez) ou de Gaulle lui-même. Le général soviétique Ivan Sousloparov fut pour sa part représentant de l'URSS au sein du SHAEF.

En juillet 1944, 4 914 hommes faisaient partie du SHAEF. Au 1er janvier 1945, on comptait 16 000 hommes dont 2 700 officiers et en mai 1945, 30 000 militaires et civils dont 996 correspondants de guerre[3]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Historical Sub-Section, Allied Expeditonary Force, History of COSSAC : Chief of Staff to Supreme Allied Commander, 1943-44,‎ 2008, 90 p. (ISBN 978-1435754935)
  2. (en) « Planning and preparation for cross-channel (OVERLORD) operations », sur history.navy.mil (consulté le 2 octobre 2012)
  3. Henri Michel, La Seconde Guerre mondiale, Presses universitaires de France, 1968-1968, p. 238