John Pershing

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John J. Pershing
Image illustrative de l'article John Pershing

Surnom Black Jack
Naissance 13 septembre 1860
Laclede, Missouri, États-Unis
Décès 15 juillet 1948 (à 87 ans)
Washington, D.C.
Origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Arme United States Department of the Army Seal.svg US Army
Grade General of Armies insignia.svg General of the Armies
Années de service 1886 – 1924
Conflits Guerres indiennes

Guerre hispano-américaine
Guerre américano philippine
Guerre russo-japonaise
Révolution mexicaine
Première Guerre mondiale

Commandement 8e Brigade

Force Expéditionnaire américaine
1re Armée
Chef d'Etat-Major de l'Armée
Expédition mexicaine

Distinctions Distinguished Service Cross

Distinguished Service Medal
Silver Star
Chevalier Grand-Croix de l'Ordre du bain
Grand-Croix de la Légion d'honneur

John Joseph Pershing est un général des armées des États-Unis, né le 13 septembre 1860 dans le Missouri et mort le 15 juillet 1948 à l'hôpital Walter Reed à Washington, D.C.. Il est le seul général, avec George Washington (à titre posthume en 1976[1],[2]), à avoir obtenu le grade de General of the Armies.

Jeunes années[modifier | modifier le code]

Pershing, jeune cadet à West Point

John Pershing est né dans la petite maison de ses parents près de Laclede (Missouri) le 13 septembre 1860. La famille Pershing était d'origine alsacienne, en effet, le premier Pershing venu s'installer en Amérique était Frederick Pfoerschin, émigré d'Alsace en 1724. Le nom de famille s'est alors modifié en Pershin puis est devenu Pershing.

Le père de John, John Fletcher Pershing, était un homme vigoureux et ambitieux, émigré de Pennsylvanie pendant sa jeunesse. Sa mère, originaire du Kentucky, se nommait Ann Elizabeth Thompson. John, un des neuf enfants de la famille, hérita de ses parents un physique robuste et un caractère plein d'abnégation et de détermination.

Jusqu'en 1873, John Pershing est allé à l'école tout en travaillant à la ferme de son père. Il travailla également très rapidement en tant qu'enseignant dans une école pour noirs : le salaire versé lui permit d'intégrer la Normal School Kirksville d'où il sortit diplômé d'une licence d'art en 1880.

En 1882, une annonce de concours pour entrer à l'Académie militaire de West Point attira son attention. Bien que peu enclin à s'engager dans une carrière militaire, West Point lui offrait la chance de bénéficier d'une formation de grande qualité.

Soutenu par sa sœur, John réussit le concours d'entrée à West Point. Il n'y brilla pas par ses résultats scolaires mais ses qualités de meneur d'hommes le firent nommer en 1886 au grade de capitaine des cadets qui était la plus importante distinction à West Point. Ses qualités d'organisateur, alliant rigueur, discipline et une bonne psychologie firent dire au général Merritt, alors directeur de West Point, que les qualités démontrées par le jeune Pershing le promettaient à une grande carrière d'officier.

Malgré cela, John Pershing ne voyait toujours pas son avenir dans l'armée.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Campagnes indiennes[modifier | modifier le code]

John Pershing sortit de West Point avec le grade de sous-lieutenant dans l'US Army. Il fut affecté à la Troop L du 6e de cavalerie de Fort Bayard (Nouveau-Mexique), sous le commandement du général Nelson Miles. Celui-ci est alors en campagne contre le chef indien apache Géronimo. Pershing y resta pendant quatre ans. Il participa aux batailles de Santiago et de San Juan Hill et fut cité le 1er juillet 1898 à la Silver Star Medal.

Après avoir été transféré en 1887 à Fort Stanton, où Pershing continua à participer aux diverses campagnes, le 6e cavalerie fut envoyée à Rapid City (Dakota du Sud). Il y parvint le 9 décembre 1890 et dut, pendant l'hiver qui s'ensuivit, faire face aux derniers grands soulèvements des Indiens sioux (massacre de Wounded Knee).

Après les campagnes indiennes, le lieutenant Pershing fut envoyé, le 15 septembre 1891, à l'université du Nebraska en tant qu'instructeur sur les tactiques militaires.

Le 1er octobre 1895, Pershing fut prié de rejoindre son régiment au fort d'Assiniboine (Montana) et est nommé au grade de lieutenant dans le 10e cavalerie.

Juin 1897, John Pershing fut envoyé comme instructeur à West Point, où sa cote de popularité auprès des cadets se verra au plus bas en raison de l'aspect trop strict de son enseignement. Il quitta son poste d'enseignant en 1898 et rejoignit son régiment à Tampa, où il travailla à l'administration des Philippines et de Porto Rico.

Campagnes du Pacifique[modifier | modifier le code]

Le capitaine Pershing en 1901

Le 10 mars 1899, Pershing fut chargé d'une nouvelle division créée par le département de la Guerre et qui a pour but de gérer les nouvelles possessions insulaires que sont Cuba, Porto Rico, les Philippines et Guam.

Le 17 août 1899, Pershing est envoyé à Manille (Philippines) pour pacifier les îles de Mindanao et Jolo. Ces régions, historiquement colonies espagnoles, n'avaient jamais pu être pacifiées par les Européens qui avaient toujours été confrontés aux guerriers Moro. Après que les troupes américaines eurent chassé les Espagnols, les Moro continuèrent les combats contre leurs « libérateurs ».

Pershing gagna ses galons de capitaine et commença à apprendre la langue moro afin de mieux pouvoir converser avec ses adversaires. Il prit le commandement du Fort Padapatan situé sur le lac Lanao (Philippines) et tenta une approche diplomatique du problème. Après un échec des pourparlers, Pershing lança ses troupes contre les Moro et prit le contrôle total de la zone du lac Lanao le 28 septembre 1901. L'organisation et la conduite des expéditions contre les insurrections Moro furent remarquées et appréciées à Washington.

Retour à Washington[modifier | modifier le code]

Le capitaine Pershing fut rappelé à Washington en juin 1903. Le président Theodore Roosevelt lui rendit honneur en mentionnant ses états de service lors d'un discours au Congrès. Son retour est également marqué par sa rencontre avec Helen Warren, fille du sénateur Francis E. Warren du Wyoming. Tombant aussitôt amoureux, ils se marièrent le 26 janvier 1905 devant de prestigieux invités, dont les époux Roosevelt.

Observateur militaire à Tokyo[modifier | modifier le code]

Après son mariage le jeune capitaine fut affecté à l'ambassade des États-Unis à Tokyo en tant qu'attaché militaire. Le Japon était alors en guerre contre la Russie pour un différend sur la zone d'influence de la Mandchourie. Pershing accompagna, en tant qu'observateur, l'armée du général Kuroki lors de sa marche victorieuse sur la Mandchourie. Lors de cette expérience japonaise, Pershing fut décoré des mains même du Mikado de l'ordre du Trésor Sacré.

Nouveau retour à Washington[modifier | modifier le code]

Pershing revint au pays en 1906 et son premier enfant, Helen Elizabeth, vit le jour. Cette expérience au Japon avait permis au capitaine de rencontrer beaucoup d'autres observateurs militaires européens, officiers, colonels ou généraux alors que lui, à présent âgé de plus de 40 ans, n'était encore "qu'un capitaine". Jusqu'à présent, la nomination au grade de général que Pershing demandait et que le président Roosevelt, lors de son discours au Congrès trois années auparavant, avait exprimé le vœu de lui voir accorder, n'était obtenue qu'au titre de l'ancienneté. Accorder ce grade au capitaine Pershing, même avec les états de service qui avaient été les siens aux Philippines, dérangeait beaucoup d'officiers.

Le 15 septembre 1906, le président Roosevelt fit parvenir au Sénat sa décision de nommer le capitaine Pershing au grade de général de brigade. 862 officiers supérieurs (lieutenants, commandants et colonels) étaient alors en attente du même titre. Un véritable coup de tonnerre secoue les institutions militaires. Les critiques pleuvent et certains bruits courent sur le statut privilégié qu'occupe Pershing, beau-fils du sénateur Francis E. Warren, président du comité du Sénat aux affaires militaires.

Répondant à ces critiques, Roosevelt déclare «promouvoir un homme parce qu'il a épousé la fille d'un sénateur serait une infamie, refuser cette promotion pour la même raison serait également une infamie.»

Philippines[modifier | modifier le code]

Après sa promotion, le général Pershing demanda à être affecté aux Philippines. Il obtint le commandement du fort McKinley, près de Manille. Le 24 mars 1908 voit la naissance d'Anne, second enfant des époux Pershing.

L'automne 1908 semble annoncer une guerre imminente dans les Balkans. On demande à Pershing de se rendre à Paris et, au cas où la guerre éclaterait, de jouer le rôle d'observateur militaire. Les Pershing s'établirent à Paris pendant deux mois puis retournèrent aux États-Unis, attendu que la situation dans les Balkans s'était calmée.

Pendant son absence, la situation avec les Moro de Mindanao et dans les îles de Sulu était redevenue houleuse. Le gouverneur des Philippines, Smith, réclama le retour d'urgence du général Pershing, mais ce dernier était atteint de complications résultant de la malaria.

Le 24 juin 1909 naquit le seul fils de Pershing, Francis Warren, né à Cheyenne (Wyoming). En octobre de cette même année, le général Pershing se trouva guéri de sa maladie. Il put retourner pour les Philippines afin de reprendre en main la province de Moro, en tant que gouverneur militaire. Les Moros furent désarmés en douceur quand cela était possible, et par la force si nécessaire. Pershing rétablit une nouvelle fois l'ordre et le calme dans la région.

Mexique[modifier | modifier le code]

Le quatrième et dernier enfant, Mary Margaret, naquit le 20 mai 1912. En 1913, le général Huerta trahit le président mexicain Madero et prit le pouvoir. Les États-Unis refusèrent de reconnaître le nouveau gouvernement et les relations diplomatiques se désagrégèrent rapidement. Dans l'hypothèse d'un conflit, le général Pershing reçut l'ordre de rejoindre la 8e brigade à San Francisco.

Alors que Pershing et la 8e brigade opéraient à la frontière mexicaine, une tragédie survint : le 27 août 1915 un incendie détruisit le domicile du général Pershing. Sa femme et ses trois filles trouvèrent la mort dans l'accident. Seul son fils, Warren, survécut. Après les enterrements à Cheyenne, Pershing retrouva son fort en compagnie de son fils Warren et de sa sœur Mae pour reprendre son commandement. Travaillant d'arrache-pied, il parvint à recouvrer le courage et la sérénité.

Après que Huerta eut pris le pouvoir, un soulèvement s'effectua en partie sous les ordres de Pancho Villa. Ce dernier se révéla être l'auteur de meurtres qui firent pour victimes huit soldats américains. Le président Wilson ne put l'accepter. Il demanda à Pershing de monter une expédition punitive afin de capturer Villa. Le gouvernement mexicain de Carranza refusa aux troupes américaines l'autorisation d'utiliser les voies de chemin de fer. Pershing mena 10 000 hommes (parmi lesquels le futur général Patton) en territoire mexicain, malgré une préparation logistique insuffisante. Malgré tous les efforts déployés, Villa ne fut pas capturé. Au début de 1917, l'expédition fut arrêtée.

L'AEF en France[modifier | modifier le code]

Pershing débarquant en France
Pershing en octobre 1918

Dans le même temps, les événements se bousculaient. Pershing fut nommé au grade de major général et les États-Unis déclarèrent la guerre le 6 avril 1917 à l'Empire allemand de Guillaume II.

L'armée régulière américaine n'existait pas à proprement parler. Elle ne comptait qu'environ 250 000 hommes. Pire, le général Frederick Funston, commandant de l'AEF (American Expeditionary Force), mourut le 19 février 1917. Il fallut de toute urgence désigner un nouveau commandement et engager tout aussi rapidement une structuration de l'armée.

Quatre semaines après l'entrée en guerre des États-Unis, Pershing reçut un télégramme de son beau-père, le sénateur Warren, qui lui demandait comment il parlait le français. John répondit qu'il le parlait couramment. Quelques jours plus tard, il reçut une lettre du sénateur. Celui-ci l'informait que le secrétaire à la Guerre, Newton D. Baker, l'avait consulté au sujet du général qui devrait être envoyé en France. Un nouveau télégramme du major général Hugh L. Scott convoqua Pershing à Washington où ce dernier apprit sa nomination au commandement de l'AEF.

Une nouvelle fois, cette décision provoqua une grande animosité dans l'armée. Pershing ne faisait pas partie, a priori, de la liste des généraux prédestinés à ce poste, comme l'étaient des généraux théoriquement plus expérimentés tels que James Franklin Bell, Thomas H. Barry, Hugh Lenox Scott, Tasker Howard Bliss ou encore Leonard Wood.

Toute liberté avait été donnée à Pershing pour la conduite des troupes américaines sur le sol français. La seule contrainte évoquée par le président Wilson était que les États-Unis devaient conserver toute liberté d'action sur leurs hommes et, surtout, ne pas se mettre dans une position de dépendance face aux Alliés. Le général Pershing et quelques hommes s'embarquèrent secrètement de New York le 28 mai 1917 et arrivèrent à Liverpool le 8 juin. Pershing fut reçu par le roi George V à Buckingham.

Un premier contingent de l'AEF, qui comptait à présent environ 1 500 000 hommes, arriva en France et reçut une ovation de la part du peuple français. Le Général Pershing s'installa dans l'hôtel particulier situé au 49 rue Pierre-Charron qui devint ultérieurement le siège de l'American Legion et fut transformé en hôtel nommé en son honneur le Pershing Hall. La grande difficulté était, pour Pershing, de composer entre le manque total de préparation d'une armée encore à l'état d'embryon et la pression importante de la France et de la Grande-Bretagne, qui n'étaient pas en attente d'une armée américaine opérationnelle en tant que telle, mais plutôt d'hommes de troupe. On attribue souvent à tort la fameuse phrase : « Lafayette, nous voici ! » au général Pershing lorsqu'il arriva en haut de la côte de Picardie, entre Versailles et Sèvres (même si un monument est toujours visible à cet emplacement), elle fut en réalité prononcée le jour anniversaire de l’Indépendance américaine, le 4 juillet 1917 par le colonel Stanton, sur la tombe de La Fayette au cimetière de Picpus à Paris[3]. Il reste cependant un doute sur l'attribution de cette phrase au colonel Stanton, car s'il est exact que ce dernier, membre de l'état major de Pershing, avait été désigné par le général pour parler en son nom, Monsieur Painlevé et l'ambassadeur américain à Paris, monsieur Sharp, présents lors de la cérémonie, ont demandé à Pershing de prononcer également une allocution. Pershing avoue avoir "improvisé un speech"[4] "je n'eus pas de peine à trouver quelques mots. C'est à cette occasion et devant ce tombeau que furent prononcés les mots mémorables qu'on ne pouvait trouver que sous le coup d'une profonde émotion, des mots qui vivront longtemps dans l'histoire : Lafayette, nous voici !". Le général Pershing ajoute dans ses mémoires qu'il n'a pas souvenance personnellement "d'avoir dit quelque chose d'aussi beau" et croit devoir laisser "l'honneur d'une phrase si heureuse et si bien frappée" à son vieux compagnon d'arme Stanton.

Pendant des mois, Pershing dut lutter avec les Français et les Britanniques pour résoudre de simples problèmes de dépôts d'approvisionnement, de bâtiments ou de lignes téléphoniques afin que les premières troupes américaines puissent enfin commencer à arriver en France. Pershing choisit Chaumont dans la Haute-Marne, important nœud ferroviaire, pour son implantation. Les éléments précurseurs arrivèrent en septembre dans la région. En juin/juillet 1917 14 000 GI avaient débarqué à Boulogne-sur-Mer. À la fin des hostilités, en novembre 1918, les forces américaines monteront jusqu'à 1 790 623 combattants. La première division américaine à être formée et opérationnelle le fut à Bourmont (dans la Haute-Marne) : il s'agissait de la Seconde Division d'infanterie US composée d'une brigade de marines et d'une brigade d'infanterie.

Le haut commandement allié pensait que ces effectifs pourraient être incorporés dans ses troupes. Ceci n'entrait pas du tout dans les intentions de Pershing, qui s'opposa vivement à cette idée. Pershing obtint que les États-Unis fussent associés au Commandement suprême, que formaient alors la France et la Grande-Bretagne.

Cette polémique connut un coup d'arrêt en mars 1918. Une contre-attaque allemande mit sérieusement en péril la ligne de front des Alliés et risqua même de provoquer leur défaite. Pershing, constatant tout le danger de la situation, prit la décision de placer les troupes américaines sous la responsabilité du commandant suprême des forces alliées, le maréchal Foch. Winston Churchill commenta que cette décision était à la hauteur de la gravité de la situation et qu'elle permit tout simplement de repousser l'offensive de Ludendorff.

Premiers combats[modifier | modifier le code]

Le 10 mars 1918, les deux brigades de la Seconde Division sont devenues opérationnelles. Le major général O. Bundy en prend le commandement et la division est affectée au Xe Corps de la 2e Armée Française et se déplace au sud-ouest de Verdun. Elle s'installe en position défensive à Ranzière, dans le secteur de Saint-Mihiel ; ce saillant dans le dispositif français, tenu par les Allemands depuis trois ans, est une menace permanente pour les alliés à l'est de Verdun. Début avril, l'ennemi tenant les hauteurs dominant Montsec, les unités de la division lancent des raids d'entraînement au-delà de Seicheprey et dans le bois de Remière qui vont jusqu'au corps à corps.

La bataille du bois de Belleau[modifier | modifier le code]

Le 27 mai 1918, suite à l'offensive ennemie sur le Chemin des Dames, les lignes françaises sont enfoncées sur une profondeur de 50 km, entre Noyon et Reims. Le 31 mai, la 2e division d'infanterie américaine, forte maintenant de 26 665 hommes dont 1 063 officiers, reçoit l'ordre de constituer une ligne défensive solide dans le secteur de Château-Thierry. Reprenant aussitôt l'offensive suivant les directives du général Foch, la VIe Armée française met les Américains à l'épreuve du feu. Dans la nuit du 5 juin, la brigade de marines et le 23e d'infanterie de la 2e DI passent à l'action et prennent pied dans le bois de Belleau. Soumis pendant dix jours à de violentes contre-attaques, ils parviennent le 25 juin à chasser les derniers Allemands qui se cramponnaient au coin nord du bois, et, dans la foulée, s'emparent du village de Bouresches.

Saint-Mihiel[modifier | modifier le code]

Plus tard, en juillet, quand les divisions américaines contribuaient à repousser les forces allemandes, Foch déclara à Pershing que le temps était venu de rassembler l'ensemble de ses forces, actuellement dispersées dans les armées françaises et anglaises, pour former une armée indépendante sous son propre commandement. Des préparatifs débutèrent alors pour préparer la première offensive américaine. Celle-ci devait s'effectuer en septembre dans le but de réduire le saillant de Saint-Mihiel (Meuse). Le 10 août, la Ire armée américaine vit le jour.

Comme prévu, le 12 septembre 1918, Pershing, à la tête de 300 000 hommes de l'AEF et appuyé par 110 000 Français, engagea l'offensive. Il remporta la bataille du saillant de Saint-Mihiel le 16 septembre. Planifié et exécuté à la perfection, cet épisode marqua la première victoire militaire de l'armée américaine dans une opération totalement dirigée par les États-Unis.

Argonne[modifier | modifier le code]

Immédiatement après Saint-Mihiel, 400 000 hommes durent rejoindre l'Argonne pour participer à une offensive programmée par Foch pour le 26 septembre. Le rôle principal était une nouvelle fois dévolu aux troupes américaines de Pershing.

Cette bataille fut la plus importante pour les troupes de l'AEF. 345 chars et 480 avions américains participèrent à l'offensive dirigée par Pershing. La progression des alliés fut très difficile et extrêmement lente, au point qu'elle fut stoppée le 30 septembre pour reprendre le 4 octobre. Les Allemands résistèrent jusqu'au 4 avant d'entreprendre une retraite.

Les alliés avaient avancé de 32 km lorsque l'armistice fut signée le 11 novembre à Compiègne.

Retour aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Après l'armistice, Pershing, continua son projet de structuration de l'armée. En 1919, le Congrès lui décerna le titre de General of the Armies des États-Unis. Il reste à ce jour l'officier le plus haut gradé qui ait jamais servi dans l'armée des États-Unis. Son seul prédécesseur à ce grade est Washington qui l'a obtenu à titre posthume.

On lui proposa de se présenter aux élections présidentielles mais Pershing refusa la proposition : seule l'armée l'intéressait. En 1924, âgé de 64 ans, il se retira du service actif. Tenu en estime par ses collègues, Pershing, en dépit de sa retraite, continua à être consulté sur les questions militaires.

En 1944, alors qu'il était au crépuscule de sa vie, le général Pershing restait l'officier de plus haut rang dans l'armée. Le titre de général d'armée à cinq étoiles, créé par le Congrès en décembre 1944 et qui avait été décerné aux généraux George Marshall, Douglas MacArthur, Dwight D. Eisenhower et Henry Arnold, restait inférieur à celui de Pershing. Lors de sa visite aux États-Unis en juillet 1944, le général de Gaulle passa le voir. Pershing, dont la lucidité déclinait, lui demanda comment allait son vieil ami, le maréchal Pétain. De Gaulle répondit diplomatiquement qu'il « ne l'avait pas vu depuis fort longtemps ».

John J. Pershing meurt le 15 juillet 1948 à l'hôpital Walter de Washington, D.C.. Il repose dans le cimetière national d'Arlington.

Après sa mort[modifier | modifier le code]

Un char de combat, le M26 Pershing ainsi qu'un missile balistique, le MGM-31 Pershing, ont été baptisés par l'armée américaine en son honneur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. À l’occasion du bicentenaire de la Déclaration d’Indépendance (1976), George Washington fut élevé de façon posthume au grade de General of the Armies par une résolution du Congrès américain approuvée par le président de l’époque Gerald Ford.
  2. (en) Public Law 94-479, Georges Washington – General of the Armies – Appointment, by United States Congress
  3. [1]
  4. Page 98, tome 1, Mes souvenirs de la guerre, titre original : my experiences in the world war, General John. J. Pershing

Article connexe[modifier | modifier le code]

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