Mémorial de Caen

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Mémorial de Caen
Entrée du Mémorial
Entrée du Mémorial
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Caen
Adresse Esplanade Eisenhower
BP 55026
14050 Caen Cedex 4
Coordonnées 49° 11′ 51″ N 0° 23′ 03″ O / 49.197438, -0.384135 ()49° 11′ 51″ Nord 0° 23′ 03″ Ouest / 49.197438, -0.384135 ()  
Informations générales
Date d’inauguration 1988
Collections La Seconde Guerre mondiale
La guerre froide
L'actualité du monde à travers le dessin de presse
Superficie 14 000 m² sur 3 niveaux dont 5 600 m² d’exposition permanente
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 423 000 (2003)
560 000 (2004)
404 740 (2005)
380 500 (2006)
400 000 (2007)[1]
Site web memorial-caen.fr

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Mémorial de Caen

Le Mémorial de Caen est un musée consacré à l’histoire du XXe siècle dont l'idée est venue du maire de Caen, Jean-Marie Girault, dès 1969. Ce musée à la thématique tout entière tournée vers la paix, est situé en France à Caen, capitale régionale normande proche des plages du débarquement allié du , qui fut largement détruite par les bombardements alliés à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

En 2007, c'était le musée le plus visité hors Île-de-France avec 400 000 visiteurs[1].

Le Mémorial de Caen a reçu le label « musée de France »[2]. Il fait partie de l’International Network of Museums for Peace[3].

En 2002, le musée s’est agrandi avec l’ouverture d’une nouvelle aile principalement consacrée aux cultures de paix et à la Guerre froide. Les deux parcours muséographiques réunis permettent de couvrir les années 1918 à 1989, du Traité de Versailles à la chute du mur de Berlin.

En 2009 et 2010, Le Mémorial de Caen a encore rénové ses parcours et ouvert quatre nouveaux espaces de visite : « Guerre mondiale, Guerre totale » et « Le Débarquement et la Bataille de Normandie » dans la partie consacrée à la Seconde Guerre mondiale, « Berlin au cœur de la Guerre froide » dans la partie consacrée à la Guerre froide, et « Taches d'opinions » (sur l'actualité du monde au travers le dessin de presse) qui remplace l'exposition précédemment consacrée aux cultures de paix.


Le musée[modifier | modifier le code]

Inauguration[modifier | modifier le code]

Le Mémorial de Caen a été construit à l’emplacement du poste de commandement du général Richter, commandant la 716e division d’infanterie allemande pendant le Débarquement et la Bataille de Normandie. La première pierre de l’édifice a été posée le 10 septembre 1986 par Jacques Chirac, alors premier ministre, et inauguré en 1988 par le président de la République française François Mitterrand en présence des chefs d'État ou de gouvernement de onze autre pays impliqués dans la Bataille de Normandie.

Le bâtiment[modifier | modifier le code]

Ce « musée pour la Paix », conçu par l'architecte Jacques Millet aidé du muséographe Yves Devraine, réunit un certain nombre d'objets de la vie quotidienne sous l'Occupation par l’Allemagne nazie, des plans et des maquettes des engins de guerre notamment un Hawker Typhoon au plafond de l'entrée. Les différentes étapes du conflit, et particulièrement la bataille de Normandie puis l'avancée des forces alliées en France, y sont présentées de même que l'histoire de la Shoah.

Le parvis d'accès au musée est bordé d'un côté par douze mâts portant les drapeaux des douze pays impliqués dans la Bataille de Normandie, et de l'autre côté par une vitrine exposant les douze « premières pierres » de l'édifice, extraites de leur sol par chacune des douze nations concernées, et ornées d'une inscription lapidaire dans chacune de leurs langues. La pierre norvégienne se distingue des autres en ce qu'elle n'a pas été taillée et fut offerte encore recouverte de mousse, en symbole de respect absolu de la vie.

Quelques points marquants[4] :

  • En dessous du bâtiment, dans un ancien blockhaus, se trouve la galerie des prix Nobel de la paix, inaugurée en 1991.
  • Dans la Vallée du Mémorial (anciennes carrières), deux jardins furent édifiés en mémoire de deux des forces alliées qui ont combattu pour la Libération : le jardin canadien et le jardin américain. Le , un troisième jardin est inauguré : le jardin britannique.
  • Sur l’entrée principale de l'édifice, on peut lire cette phrase : « La douleur m’a brisée, la fraternité m’a relevée, de ma blessure a jailli un fleuve de liberté » (texte de Paul Dorey, poète de Caen : il s'exprime au nom de la Normandie).
  • Une maquette taille réelle d'un Hawker Typhoon, chasseur-bombardier britannique produit dès 1941 aux couleurs de la RAF, est suspendue dans le hall principal.

Parcours « Le Monde avant 1945 »[modifier | modifier le code]

Des origines de la Seconde Guerre mondiale à la fin de la guerre, ce premier parcours raconte et explique ce que fut la première moitié du XXe siècle.

La faillite de la paix[modifier | modifier le code]

Du bilan catastrophique de la fin de la Première Guerre mondiale à 1939, la première partie montre l’enchaînement des causes et événements qui ont précédé la Seconde Guerre mondiale. Comment l’idéal de paix de la « der des der » s’est progressivement délité.

La France des années noires[modifier | modifier le code]

Le deuxième espace, en souterrain, invite le visiteur à comprendre, après la défaite française, « les années noires ». Quelle est la vie quotidienne des Français, comment fonctionne la collaboration, quelles sont les différentes formes de résistance et de répression ? Dans cet espace, un film d’actualité d’époque présente la Bataille d’Angleterre qui « ne se rendra jamais ».

Guerre mondiale, guerre totale[modifier | modifier le code]

Ce parcours a ouvert en 2010. Il a été créé en partenariat avec l'association Yad-In Unum et la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

De la Guerre européenne à la Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

1941 : l’Allemagne lancent l’opération Barbarossa contre l’URSS et le Japon attaque Pearl Harbor. Soviétiques et Américains rejoignent alors les Alliés dans leur lutte contre les pays de l’Axe : le conflit devient mondial.

Quelques objets :

  • Béret porté par le général Montgoméry, commandant la 8e armée.

Royaume-Uni, 1943. Dépôt D-Day Academy – Collection JPB.

  • Machine à coder Enigma type M4, utilisée par la Kriegsmarine

(Allemagne, 1943. Dépôt Norwegian Armed Forces Museum, Oslo).

  • Le globe terrestre autrichien de 1943, fabriqué par Columbus Verlag Paul Oestergaard GmbH. Il présente les modifications de frontières apportées en 1943 suite aux conquêtes militaires du Reich allemand.

Collection Le Mémorial de Caen.

Génocide et violences de masse, l’extermination des Juifs en Europe[modifier | modifier le code]

Shoah par balles, centres de mise à mort, déportation des Tsiganes, violences de l’armée japonaise… C’est dans un climat de violence inouïe qu’ont été perpétrées ces tueries de masse en Europe mais aussi en Asie-Pacifique entre 1937 et 1945.

Quelques objets :

  • Un peigne trouvé à proximité d'une fosse, preuve de la Shoah par balles en Ukraine

Kamenets-Podolsk, 1941-1944. Dépôt Yahad-In Unum.

  • Cartable ayant appartenu à Roger Stern, enfant juif déporté à Auschwitz avec son frère André et ses parents par le convoi n° 64 du 7 décembre 1943. Ce cartable est présenté dans l’état dans lequel il a été retrouvé par Jean Gourdon, qui s’est rendu sur le lieu d’habitation de la famille juste après son arrestation. Le cartable, avec ses livres, ses cahiers et ses fournitures d’école, était resté dans la cour de l’immeuble.

Dépôt Mémorial de la Shoah/CDJC (Paris), coll. Stern-Gaillard.

  • Traineau de fortune utilisé lors du siège de Leningrad.

Union soviétique, 1943-1944. Dépôt du Musée central des forces armées, Moscou.

  • Sabre de sous-officier.

Japon, 1937-1944. Collection Le Mémorial de Caen.

La guerre totale[modifier | modifier le code]

Dans la guerre totale, la société entière est impliquée dans le conflit : elle participe à l’effort de guerre, subit les déportations de répression et les bombardements. Le camp adverse, diabolisé par la propagande, n’est plus qu’un ensemble de cibles à détruire.

Quelques objets :

  • Tenue de déporté français ayant appartenu à Roger Bulot, matricule 30808. Réfractaire au STO, Roger Bulot est arrêté le 21 mars 1943 et envoyé à Buchenwald le 18 octobre de la même année. Il rejoint le Kommando Laura dépendant du camp de concentration de Doran-Mittelbau. Les déportés travaillent dans une carrière d’ardoise, à 900 mètres d’altitude, au creusement de galeries souterraines puis à la production d’oxygène liquide pour les fusées V2. Évacué vers le camp de Dachau-Allard, Roger Bulot est libéré le 30 avril 1945. France, 1943-1945.

Collection Le Mémorial de Caen.

  • Affiche dénonçant les destructions occasionnée par l’aviation alliée.

France, 1944. Collection Le Mémorial de Caen

  • Pans de mur de l’usine Barricades de Stalingrad. Située en bordure de la Volga, entre l’usine de Tracteurs et l’usine Octobre rouge, l’usine Barricades a été le théâtre de combats d’une férocité sans égale.

Union soviétique, 1942-1943. Collection Le Mémorial de Caen.

Les sociétés face à la guerre[modifier | modifier le code]

Cette salle rend compte de la manière avec laquelle les hommes - civils et militaires - ont vécu, ont cohabité et ont perçu ces années de guerre.

Quelques objets :

  • L’Affiche Rouge, éditée par le bureau de la propagande allemande en France et diffusée après le procès du groupe de résistance F.T.P.-M.O.I. (Francs-Tireurs et Partisans – Main d’œuvre Immigrée) de Missak Manouchian.

France, mars 1944. Collection Le Mémorial de Caen.

  • Bouteille en verre retrouvée dans le sol près d’un corps ayant perdu sa plaque d’identification. Le grenadier Otto Fischer appartenant au 6e régiment de la 6e division de montagne SS « Nord » est tombé sur le front de Finlande. L’identité du soldat est révélée sur la feuille de papier insérée à l’intérieur de la bouteille.

Dépôt Deutsche Dienstelle (WASt), Berlin.

  • Uniforme de lieutenant de la mission militaire de liaison administrative française ( MMLA) auprès du 30th British Corps. 1943-1944. Cette tenue a été portée par Jaqueline Simon-Moncorgé, volontaire féminine de France Libre engagée à New York en 1943 et qui a débarqué avec 60 autres femmes de la MMLA en Normandie, près d’Arromanches le 23 juin 1944.

Collection Le Mémorial de Caen – Don de Madame Jacqueline Simon-Moncorgé.

  • Lance-fusées BM – 13 Katioucha. En 1938, l'URSS entreprend, dans le plus grand secret, le développement d'un lance-fusées multiple motorisé. Les unités spéciales sont formées par le NKVD pour employer cette nouvelle arme. L'Armée rouge l’utilise pour la première fois avec succès en juillet 1941 à Orscha. De conception simple et robuste, plus de 10 000 Katioucha (diminutif de Katerina) sont produites. Fournissant une concentration de feu brutale et instantanée, elle se révèle être d'une redoutable efficacité. Le son strident émis au départ des salves terrifie les combattants allemands qui lui donnent le nom d'orgues de Staline.

Dépôt du Musée des Forces Armées – Moscou.

Reconquêtes et libérations[modifier | modifier le code]

Entre combats, bombardements massifs des villes, affrontements de guerre civile et représailles aveugles contre les populations, les guerres de libération achèvent progressivement de dévaster une Europe et une Asie qui sortent épuisées de l'épreuve.

Quelques objets :

  • Lettres écrites sur des feuilles de papier cigarette par le résistant Marcel Maillard lors de son incarcération à Fresnes. Il transmettait les lettres adressées à sa femme ainsi que des rapports établis par Jean Alezard, un cadre FTP de la région parisienne, à son avocat. Marcel Maillard est fusillé le 11 avril 1944 avec 19 codétenus.

France, 1944. Collection Le Mémorial de Caen / Fonds Frédéric Dalbeugue.

  • Petit cercueil en bois adressé à un collaborateur par la Résistance.

France, 1944. Collection Le Mémorial de Caen.

  • Robe confectionnée à la Libération pour une adolescente à partir de foulards imprimés reproduisant les portraits des chefs politiques des pays alliés.

Collection Le Mémorial de Caen.

Bilans et sortie de guerre[modifier | modifier le code]

Cette salle dresse le bilan, humain et matériel, d’une guerre totale de dimension planétaire qui a bouleversé l’état du monde et fait perdre à l’Europe son rang et son pouvoir d’influence au profit des États-Unis et de l’URSS, les grands vainqueurs du conflit.

Quelques objets :

  • Crayonnés réalisés par le juge Robert Falco siégeant au tribunal de Nuremberg.

1945-1946. Collection Le Mémorial de Caen.

  • Minutes du procès des grands criminels de guerre devant le Tribunal Militaire International de Nuremberg, éditées en langue française. La série complète se compose de 41 volumes.

France, 1948. Collection Le Mémorial de Caen.

  • Valise en cuir ayant appartenu à Adolf Hitler retrouvée dans les ruines du Berghof par un soldat de la 2e division blindée du général Leclerc.

Mai 1945. Dépôt Mémorial Leclerc et de la Libération de Paris – Musée Jean Moulin.

Mémoires et Histoire[modifier | modifier le code]

Dans trois interviews filmées, les historiens Denis Peschanski, Henry Rousso et Stéphane Simonnet analysent la manière dont les États ou les diverses mémoires s’approprient l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale et l’utilisent à leurs fins propres en Allemagne, en France et au Japon.

Le Débarquement et la Bataille de Normandie[modifier | modifier le code]

Ce nouvel espace est exclusivement consacré à la Bataille de Normandie dans son intégralité, épisode essentiel de la libération de l’Europe. Peu de gens savent en effet à quel point la Normandie, passé le 6 juin 1944, a souffert. 20 000 Normands sont morts soit 1/3 de tous les civils français tués durant la Seconde Guerre mondiale. Destructions des villes, bombardements massifs, batailles d’une férocité comparable à celles du front de l’Est, évacuation et souffrances des civils, fuite et poursuite de l’armée allemande. Des témoignages exceptionnels de civils et soldats rendent compte de l’intensité de la bataille. Ce parcours a ouvert en 2010.

Quelques objets :

  • Poste à galène d’André Heintz, résistant caennais. Il a eu l’idée de le cacher dans une boîte d’épinards Olida, elle-même dissimulée dans une caisse de haricots secs à la cave de son domicile. Il lui permettait d’écouter clandestinement les messages codés adressés à la résistance sur les ondes de la BBC.

Collection Le Mémorial de Caen.

  • La robe de mariée en toile de parachute.

La galerie des villes détruites[modifier | modifier le code]

Grondements lointains de bombardiers, sirènes, explosions, témoignages... Sur un mur, une longue frise évoque les principales villes mais aussi les villages détruits de la Seconde Guerre mondiale (Varsovie, Stalingrad, Hiroshima, Rotterdam, Tokyo, Londres, Hambourg, Le Havre, Caen, Aunay-sur-Odon…). Des objets de la vie quotidienne dans les décombres jalonnent cette galerie.

Le film "Le Jour J"[modifier | modifier le code]

Composé en grande partie de documents d’archives et d’extraits de films de fiction, le film « Jour J » produit par Jacques Perrin retrace le Débarquement du 6 juin 1944. Grâce à une double image, il évoque d’une part les forces allemandes à la veille du Débarquement et, d’autre part, les préparatifs alliés dans les ports britanniques.

Parcours « Le Monde après 1945 »[modifier | modifier le code]

De la fin de la Seconde Guerre mondiale à la chute du Mur de Berlin, la seconde moitié du XX e siècle est ici racontée. Le Mémorial de Caen est le seul musée en France à présenter une vision complète des années 1945 à 1989.

Le face-à-face idéologique[modifier | modifier le code]

Une machine à pop corn, un néon publicitaire à l’Ouest, une radio à fréquence unique, une carte du parti communiste à l’Est… C’est l’évocation rapide du choc de deux mondes, de la vie quotidienne et de la propagande, mais aussi celle des contestations et de la répression.

Quelques objets :

  • Une Trabant
  • Une Lincoln Continental
  • L’exemplaire de « L’Archipel du Goulag », livre de Soljenitsyne interdit en URSS,
  • La gamelle ayant appartenu au français Jacques Rossi, détenu 19 ans au Goulag
  • Le règlement intérieur d’un baraquement du Goulag volé par l’écrivain Alexandre Guinzburg lors de sa libération.

Les crises de la Guerre froide[modifier | modifier le code]

Composée d’une succession d’engrenages symboliques comprenant des photographies mais aussi des débris de l’avion U2 abattu en 1962 pendant la crise de Cuba, cette scénographie présente les dates-clés et les protagonistes de la Guerre froide.

Objet :

  • Les restes de l’avion U-2 du Major Anderson. Le 27 octobre 1962, au plus fort de la crise de Cuba, un avion de reconnaissance américain U-2 et son pilote, le major Rudolf Anderson, sont abattus au-dessus de l’île. Le lendemain, Kennedy et Khrouchtchev, sur la base d’un réel rapport de force, évitent de peu l’affrontement nucléaire. Trois morceaux de tôle d’alliage léger de l’avion, conservés au musée de la Révolution de La Havane, sont aujourd’hui présentés au Mémorial.

L'équilibre de la terreur[modifier | modifier le code]

Un authentique Mig-21 soviétique, un missile français du plateau d’Albion, une bombe atomique américaine… apportent les preuves du caractère effréné de la course à l’armement en général et à l’arme nucléaire en particulier. « L’équilibre de la terreur » entre les deux blocs s’installe.

Quelques objets :

  • Le Mig-21, avion de chasse soviétique.
  • La bombe thermonucléaire. Il s’agit d’une bombe au plutonium, une bombe H de type Mark 28. « Little Boy » larguée sur Hiroshima était numérotée Mark 1. « Fat Man » qui détruisit Nagasaki était la Mark 2. Cette bombe Mark 28 prolonge donc la série. Fabriquée à partir de 1958 à près de 4 500 exemplaires, elle est donc la bombe atomique la plus produite durant la période de la Guerre froide entre 1958 et 1991. Cette version de la Mark 28 date de 1962.
  • La tête nucléaire d’un missile thermonucléaire SSBSS3 provenant du site de lancement du plateau d’Albion en Haute-Provence. C’est à l’intérieur de cette coiffe de forme conique, haute de 4 mètres et pesant 2 tonnes, que se logeait la tête nucléaire (l’ogive et la charge) d’une puissance de 1 000 kilotonnes. 18 missiles de ce type (SSBSS3), d’une hauteur totale de 14 mètres et d’un poids avoisinant les 26 tonnes, étaient installés dans leur silo de lancement sur le plateau d’Albion. Jusqu’au démantèlement du site en 1996, le missile SSBSS3 pouvait à tout moment frapper le géant soviétique et ses pays satellites.

Berlin au cœur de la Guerre froide[modifier | modifier le code]

La ville de Berlin est devenue le symbole de la Guerre froide, celui de tous les antagonismes Est-Ouest. Partagée, depuis juillet 1945, entre les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’Union Soviétique, l’ancienne capitale allemande a connu de fortes périodes de tensions avant et après la fermeture de la frontière intra-berlinoise, en août 1961. À partir de cette date, Allemands de l’Ouest et Allemands de l’Est vivent séparés de part et d’autre du Mur jusqu’à son ouverture le 9 novembre 1989.

Conçu autour de pans du Mur recouverts d'inscriptions par les Berlinois, ce nouvel espace de 400 m² présente aux publics des objets et films qui racontent la vie avant et après la chute du Mur.

Cet espace clôture la visite du parcours actuellement consacré à la « Guerre froide ». Il a ouvert en novembre 2009 à l'occasion du 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin.

Quelques objets :

  • Deux pans du Mur de Berlin. À leur sommet (3,60 m) culmine un tuyau en ciment pour empêcher toute tentative de fuite par accrochage de grappins. Peints peu après la chute du Mur côté Est par l’artiste Manfred Butzman, ces pans de béton ont été sauvegardés lors du démantèlement. Le badigeon appliqué par la police est-allemande n’ayant pas résisté aux intempéries, la fresque est par bonheur réapparue. L’artiste a représenté des lapins, très présents dans le no man’s land du système Mur, pour symboliser le sort des fugitifs (« se faire tirer dessus comme des lapins ») et plus largement pour en faire un symbole de liberté et de paix. La formule « Hase bleibt Hase », « Lapin pour toujours », prône une révolution pacifique.
  • Une Trabant. La voiture par laquelle le régime socialiste entendait symboliser sa réussite a finalement servi de vecteur à la liberté : après la chute du Mur et la dépénalisation du passage à l’Ouest par les autorités de la RDA, des files interminables de Trabant se sont pressées vers la frontière.

Le film "Espérance"[modifier | modifier le code]

Film de Jacques Perrin, Marc Baraduc et Pierre Fyot. 20 min Fresque historique des années 30 à l’aube du 3e millénaire, plus impressionniste qu’historique, « Espérance » suggère plutôt qu’il raconte... (Jacques Perrin)

Parcours « Taches d'opinions. L'actualité du monde à travers le dessin de presse »[modifier | modifier le code]

Cartooning for Peace, Le Mémorial de Caen et la MGEN présentent un nouvel espace permanent de plus de 700 m² entièrement consacré à la compréhension de l’actualité du monde. Soixante-dix dessinateurs de presse écrite des plus grands journaux du monde sont réunis pour donner et échanger leurs points de vue parfois divergents sur cinq thèmes principaux : les Droits de l’Homme, les conflits armés, les menaces climatiques, les censures, tabous, interdits et les inégalités Nord/Sud. Corrosifs, sans concessions, provocateurs, militants, ces dessinateurs prennent chaque jour des risques parfois physiques pour défendre la liberté d’expression. Ils ont accepté d’exposer leurs œuvres au Mémorial de Caen pour défendre le droit de tout dire, pour éveiller notre conscience, en bousculant nos certitudes. Cet espace a ouvert en 2010. Il a été créé en partenariat avec l'association Cartooning for Peace et la MGEN.

La Galerie des Prix Nobels de la Paix[modifier | modifier le code]

Installée dans l’ancien poste de commandement du général Richter, commandant la 716e division d’infanterie allemande pendant le Débarquement et la Bataille de Normandie, cet espace est consacré aux Prix Nobel de la Paix et à leurs actions. Dans ce lieu unique, Le Mémorial de Caen célèbre à sa façon les personnalités et les organisations qui se sont engagées pour la Paix.

Le parc international de la Libération de l’Europe[modifier | modifier le code]

Ces immenses jardins, américain, britannique et canadien, au pied du musée, rendent hommage aux soldats morts à la guerre.

Les collections[modifier | modifier le code]

Constituées à partir de 1988, les collections du Mémorial de Caen rassemblent plusieurs milliers d’objets relatifs à la vie quotidienne des civils et des militaires de tous les pays belligérants pendant le Second conflit mondial.

Une importante collection d'objets, d'archives et de documentation[modifier | modifier le code]

Grâce à une politique d’acquisition active et aux dons, les collections s’enrichissent année après année d’objets et de documents permettant de mieux appréhender l’histoire des mentalités et des sociétés en guerre. Les résistances, les déportations raciales et de répression, la propagande, les efforts de guerre, la captivité, le quotidien du soldat sur le front et l’art sont nos axes d’acquisition. Depuis 2002, les collections se sont ouvertes sur la période de la Guerre froide. De même la décolonisation est un thème voué à prendre une grande importance dans les années à venir.

Un fonds spécialisé d’archives et de documentation a été constitué au cours des années : 42 000 photos de reportages, documentaires ou historiques, 200 heures d’archives audiovisuelles, 500 cartons d’archives privées, plus de huit cents témoignages écrits et 1 000 heures d’archives orales ont été collectés et conservés afin de rendre compte de la vie des soldats et des civils au cours du second conflit mondial.

Ces documents sont accessibles au plus grand nombre sur rendez-vous. Afin de préparer la visite, des bases de données et des inventaires peuvent être consultées à partir des pages scientifiques du site internet du Mémorial.

Un dépôt exceptionnel : Les preuves de la Shoah par balles[modifier | modifier le code]

Le père Patrick Desbois a confié les objets de fouilles et les preuves de la shoah par balles collectés par Yahad - In Unum au Mémorial de Caen.

Ces objets sont venus enrichir les parcours consacrés à l’extermination des Juifs et Tziganes d’Europe. Si la face « concentrationnaire » du génocide qui frappa les Juifs européens est aujourd’hui un sujet historique des plus documentés, ce n’est malheureusement pas le cas pour « la Shoah par balles » dans les pays de l’Est. Ce premier dépôt sera suivi en 2011 de celui des archives et documents papiers rassemblés par Yahad - In Unum, présidée par Patrick Desbois, dans les principaux pays parcourus depuis 2004 : Ukraine, Biélorussie et Russie.

Évènements[modifier | modifier le code]

Les expositions temporaires[modifier | modifier le code]

  • Exposition 2011 : "Notre combat. Une réponse à Mein Kampf"

Cette exposition présente une création artistique réalisée à partir d’une idée de Linda Ellia. Cette artiste française d’origine tunisienne a proposé à un grand nombre d’artistes et d’anonymes de s’exprimer sur les pages de Mein Kampf et de réagir à son contenu. Plus de 400 pages ainsi recouvertes et transformées seront exposées. De juillet à décembre 2011

  • Exposition 2010 : "Victoire ! 1941-1945 : le front russe"
  • Exposition en 2009 : « Survivre. Les enfants dans la Shoah ».
  • En 2008, Le Mémorial reçut le privilège de la première exposition[5] hors des États-Unis de décombres des attentats du 11 septembre 2001.
  • En mars-juin 2008, le mémorial a accueilli une exposition consacrée à la série Sir Arthur Benton, un premier cycle de bande dessinée[6] ayant pour thème la Seconde Guerre mondiale et l'espionnage[7]. Les planches originales au nombre de 60 et les nombreux objets en rapport avec l’histoire racontée ont permis de proposer au jeune public un parcours éducatif et historique[8]. Approche originale pour les élèves et les enseignants puisque c'est la première fois qu'une bande dessinée est utilisée dans un musée à des fins pédagogiques. Les auteurs[9] ont participé à une séance de dédicace filmée lors du vernissage.

Le concours international de plaidoiries pour les Droits de l'Homme[modifier | modifier le code]

Le Mémorial porte également un regard sur l’actualité du monde. Il organise régulièrement des événements ouverts à tous : expositions temporaires ou encore Concours de plaidoiries pour la défense des Droits de l’homme.

Chaque année, à la fin du mois de janvier, le Mémorial de Caen offre une tribune à la défense des Droits de l'homme en proposant trois événements : le Concours International de Plaidoiries, ouvert aux avocats[10], organisé avec le Barreau de Caen et la Ville de Caen, le Concours de Plaidoiries des lycéens, soutenu par la Région Basse-Normandie et la M.G.E.N., et le Concours de Plaidoiries des élèves avocats, dont la 1ère édition a eu lieu en janvier 2011. Neuf écoles d'avocats en France (ou CRFPA) ont invité leurs élèves avocats à rédiger une plaidoirie défendant une cause de violation des Droits Humains. Ces concours ont pour but d’encourager des avocats, des futurs avocats et des lycéens à s’engager en choisissant de plaider en public une situation d’atteinte aux Droits de l’Homme concrète et d’actualité. Ces plaidoiries, véritables engagements personnels, font émerger de nouvelles causes et les font parfois aboutir, comme ce fut le cas en 2004, avec la libération du journaliste cubain Raùl Rivero.

Le 1er prix du concours lycéen est un voyage à New York, spécialement au sein du siège des Nations unies où une visite est organisée pour le gagnant. Le lauréat des élèves avocats remporte un voyage dans un pays de son choix et le lauréat du concours des avocats remporte quant à lui une somme d'argent.

La rencontre internationale des dessinateurs de Cartooning for Peace[modifier | modifier le code]

Pour la première fois le 23 avril 2011, trente-cinq dessinateurs de presse parmi les plus célèbres dans le monde se sont rencontrés au Mémorial de Caen qui leur consacre depuis début 2010 une exposition permanente sur un espace de 700 m². C’est la première fois qu’autant de dessinateurs de Cartooning for Peace, mouvement créé en 2006 par Kofi Annan et Jean Plantu, se sont réunis face au public et face à la presse. Cette première rencontre internationale a permis de faire le point sur l’ensemble des questions autour du dessin de presse : la liberté d’opinion dans le monde, les censures, les différentes formes d’expression graphique, l’avenir et la place du dessin de presse. Le Mémorial de Caen, « Cartooning for peace » et le groupe MGEN sont les partenaires fondateurs de cette initiative qui sera chaque année renouvelée. Le but de cette journée est d’encourager les dessinateurs à poursuivre leur travail d’information et de leur permettre de se rencontrer et d’échanger quelles que soient leurs divergences éditoriales. Au cours de cette manifestation, la dessinatrice de presse chinoise, Xia, a remporté le prix Honoré Daumier.

Les autres événements[modifier | modifier le code]

  • Conférences, colloques, expositions, débats, concerts, projections de films sont programmés toute l’année, en lien avec les thèmes abordés dans le musée.
  • Lors des commémorations du cinquantenaire du débarquement de Normandie, une pyramide fut installée aux abords du bâtiment, afin d'y promouvoir un spectacle. De nombreuses personnalités furent invitées dont notamment Bill Clinton.

Photographies[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Veille Info Tourisme
  2. « Notice no 1411804 », base Muséofile, ministère français de la Culture.
  3. Le Mémorial de Caen sur le site de l’International Network of Museums for Peace.
  4. Voir un documentaire sur la conception du mémorial sur Youtube.
  5. À voir sur Dailymotion un reportage sur l'exposition.
  6. Un article dans 9e art.
  7. Film de présentation du mémorial à voir sur Youtube.
  8. Le programme du mémorial
  9. Petit film du scénariste de l'exposition avec la bande son originale réalisée par le mémorial sur Youtube.
  10. Un documentaire du mémorial est disponible sur Youtube.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]