Gérard Araud

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Gérard Araud, né le 20 février 1953 à Marseille[1], est un diplomate français. Il est, depuis 2014, ambassadeur de France aux États-Unis, après avoir été représentant permanent de la France auprès des Nations unies à New York. Il était auparavant directeur général des affaires politiques et de sécurité au ministère des Affaires étrangères depuis 2006.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il intègre l'École polytechnique (X1973) et choisit comme école d'application l'École nationale de la statistique et de l'administration économique (ENSAE). Il est ensuite diplômé de Sciences Po Paris (Service public, 1978)[2] avant de rentrer à l'École nationale d'administration, promotion « Henri-François d'Aguesseau » (1982), il entre dans le corps diplomatique en 1982. Secrétaire d'ambassade à Tel Aviv (1982-1984), il est affecté, à Paris, au Centre d'analyse et de prévision du ministère des Affaires étrangères, où il traite des questions du Moyen-Orient. Conseiller d'ambassade de 1987 à 1991 à l'Ambassade de France à Washington, il y est également chargé du Moyen-Orient. Sous-directeur des affaires communautaires au ministère des Affaires étrangères (1991-1993), il devient conseiller diplomatique de François Léotard, ministre d'État, ministre de la Défense, en 1993.

Il rejoint à Bruxelles la délégation de la France auprès du Conseil de l'Atlantique nord en 1995 comme représentant permanent adjoint et devient en 2000 directeur des Affaires stratégiques, de sécurité et du désarmement du ministère des Affaires étrangères. Il est ambassadeur de France en Israël de 2003 à 2006.

En septembre 2006, Gérard Araud est nommé directeur général des affaires politiques et de sécurité, secrétaire général adjoint du ministère des Affaires étrangères. Dans ces fonctions, il est notamment le négociateur pour la France sur le dossier nucléaire iranien. Le 15 juillet 2009, il est nommé, par décret en Conseil des ministres[3], représentant permanent de la France au Conseil de sécurité et chef de la mission permanente de la France auprès des Nations unies à New York. Il remet ses lettres de créance à Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations unies, le 10 septembre 2009[4].

Sa mission auprès de l'Organisation des Nations unies est marquée par la négociation et le vote de plusieurs résolutions du Conseil de sécurité marquantes, en particulier sur l'Iran (résolution 1929), la Libye (résolutions 1970 et 1973 ouvrant la voie aux bombardements en Libye)[5]. Cette dernière résolution permettra l'intervention militaire de 2011 en Libye et aura pour conséquence la destruction de l'État libyen dont le pouvoir local est assuré de facto par des tribus régionales[6], les succès de l'islamisme dans la région et la déstabilisation de l'ensemble de la zone sahélo-saharienne[7] entraînant notamment le coup d'État militaire de 2012 au Mali[8].

Il joue également un rôle marquant dans les résolutions concernant la Syrie (résolution 2118), la Côte d'Ivoire (résolution 1975), le Mali (résolutions 2056 et 2071) et la République centrafricaine (résolution 2127) notamment. Il assure au nom de la France la présidence mensuelle du Conseil de sécurité en février 2010, mai 2011, août 2012 et décembre 2013.

Le 23 juillet 2014, il est nommé par décret du président de la République[9], ambassadeur auprès des États-Unis d'Amérique.

En novembre 2016, il commente l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis par deux tweets : « Après le Brexit et cette élection, tout est désormais possible. Un monde s’effondre devant nos yeux. Un vertige » et « C’est la fin d’une époque, celle du néolibéralisme. Reste à savoir ce qui lui succédera »[10]. Il est alors la cible de nombreuses critiques lui reprochant de manquer au devoir de réserve auquel il est soumis. La chaîne Fox News a aussitôt repris le tweet pour le dénoncer[11]. Pour The Daily Mirror, les remarques de l'ambassadeur sont « d'autant plus étonnantes » que celui-ci devra travailler avec Trump et son équipe si le candidat républicain devient président[12].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Il est ouvertement homosexuel[13],[14].

Décoration[modifier | modifier le code]

Le 4 janvier 2012, il est élevé à la dignité d'ambassadeur de France par décret du président de la République[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. biographie de Gérard Araud sur le site de l'ambassade de France aux États-Unis.
  2. http://www.sciences-po.asso.fr/profil/gerard.araud78_1.
  3. Décret du 15 juillet 2009 portant nomination d'un représentant permanent de la France au Conseil de sécurité et chef de la mission permanente française près les Nations unies à New York - M. Araud (Gérard), JORF no 162 du 16 juillet 2009, texte no 59, NOR MAEA0910512D.
  4. « Le nouveau représentant permanent de la France auprès des Nations unies présente ses lettres de créance », Communiqué du Département de l'information de l'Organisation des Nations unies, 10 septembre 2009.
  5. Gérard Araud, l'homme de la guerre en Libye, lejdd.fr, 5 juin 2011
  6. L’éclatement de la Libye : un scénario annoncé, Bernard Lugan, Afrique réelle, 7 mars 2012
  7. Mali : quel rôle pour la France?, Arnaud Focraud, Le JDD.fr, 4 avril 2012.
  8. Chaos malien Le bilan désastreux de la géopolitique française, Rosa Moussaoui et Hassane Zerrouky, L'Humanité.fr, 11 avril 2012.
  9. « Décret du 23 juillet 2014 portant nomination d'un ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès des Etats-Unis d'Amérique - M. ARAUD (Gérard) », sur legifrance.gouv.fr
  10. (fr) Victoire de Trump: Tollé après deux tweets de l'ambassadeur français aux Etats-Unis, www.20minutes.fr, 9 novembre 2016
  11. Désemparé par le résultat de l'élection américaine, Gérard Araud, l'ambassadeur français aux Etats-Unis se fait incendier sur Twitter, huffingtonpost.fr, 9 novembre 2016
  12. (en) French ambassador to the US says the "world is collapsing" as Donald Trump looks set to become President, mirror.co.uk, 9 novembre 2016
  13. Christophe Martet, « Gérard Araud, premier ambassadeur de France à Washington ouvertement gay », yagg.com, 11 novembre 2014.
  14. Fugues, Article du 13 novembre 2014
  15. Décret du 5 janvier 2012 élevant à la dignité d'ambassadeur de France un ministre plénipotentiaire - M. Araud (Gérard), JORF du 6 janvier 2012, texte no 48, NOR MAEA1135033D

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]