Conrad Alexandre Gérard

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Conrad Alexandre Gérard
Conrad Alexandre Gérard de Rayneval.jpg

Conrad-Alexandre Gérard

Fonction
Ambassadeur
Biographie
Naissance
Décès
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Activité

Conrad Alexandre Gérard ( à Masevaux à Paris), dit « Le Grand Gérard » (pour le différencier de son frère), est un diplomate français. Il est surtout connu pour son travail relatif à la reconnaissance officielle des États-Unis par la France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en Alsace à Masevaux, chef-lieu de la vallée de la Doller, en 1729, d’un père originaire de Vagney dans les Vosges, Claude Gérard, qui remplissait les fonctions de procureur fiscal de la ville et de la seigneurie de Masevaux, avec la charge des actes de justice, des décomptes financiers et d'autres documents administratifs, et d’une mère native de Burnhaupt-le-Bas, Marie-France Wetzel. Il fait ses études au collège des jésuites de Colmar puis à l'université protestante de Strasbourg où à l'âge de 20 ans il est reçu docteur en droit. Il devient alors avocat au Conseil Souverain d'Alsace.

Parlant couramment l’anglais et l’allemand, il entre, comme son frère Joseph Mathias quelques années plus tard, au service du roi dans les bureaux du ministère des Affaires étrangères. Ses premières missions l'envoient en Allemagne, puis en Autriche ; il a l'honneur d'accueillir en 1770 la jeune princesse Marie-Antoinette de Habsbourg-Lorraine, future reine de France.

Le 6 février 1778, il reçoit officiellement à l'hôtel de Coislin, situé au 4 place de la Concorde à Paris[1], les émissaires américains, dont Benjamin Franklin, avec lesquels il signe au nom du roi Louis XVI, les deux traités par lesquels la France reconnaissait les États-Unis comme nation souveraine et indépendante. Le 13 avril de la même année, nommé ministre plénipotentiaire du roi, il embarque à Toulon[2], sous le nom secret de Monsieur de Munster pour Philadelphie avec le vice-amiral Charles Henri d'Estaing. Son séjour dure 17 mois. Ses travaux nous sont connus grâce à la correspondance soutenue qu'il échange avec le ministre Charles Gravier de Vergennes. Gérard devient ainsi le premier ambassadeur « aux États-Unis ».

Conrad-Alexandre Gérard, anobli en 1778 sous le nom de comte de Munster[3], titre et nom qu'il n'utilise qu'exceptionnellement, continue à se faire appeler M. Gérard.

Le 20 octobre 1779, atteint de mauvaises fièvres, il rentre en France à bord du Confederacy. Pour le remercier, le roi Louis XVI lui offre la charge de préteur royal de Strasbourg.

De 1781 à 1789, il occupe le poste de préteur royal[4] de Strasbourg. Il favorise et encourage la culture des plantes nouvelles rapportées d'Amérique comme le tabac[5]. Il meurt à Paris le 16 avril 1790.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Son portrait en pied occupe une place d’honneur au musée de l’Indépendance à Philadelphie.
  • À Masevaux, un collège et une avenue lui sont dédiés.
  • Le 27 mai 1978, l’ambassadeur des États-Unis a dévoilé la plaque apposée à la maison natale, au no 29, place des Alliés[6].

Notes[modifier | modifier le code]

C’est grâce à la solidarité entre la France et l’Amérique, exprimée par C. A. Gérard au nom du roi, que des milliers d’Alsaciens ont pu émigrer au XIXe siècle. La solidarité réciproque a également joué lors des deux guerres mondiales où les Américains sont venus au secours de la France et de l’Europe.[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://french.france.usembassy.gov/lieux-historiques-7-8.html
  2. Frédéric Magnin, Mottin de La Balme : cavalier des deux mondes et de la liberté, éd. L'Harmattan, 2005
  3. Christophe Luraschi, Conrad Alexandre Gérard, éd. Séguier, juin 2008.
  4. Antoine Fantin Des Odoards, Histoire philosophique de la Révolution de France, éd. 1807
  5. Château Anglais, Bischheim
  6. Elle rappelle que dans cette maison sont venus au monde Conrad Alexandre Gérard et son frère Joseph Mathias Gérard de Rayneval. Les deux frères ont avec les différents ministres depuis Choiseul jusqu'à Vergennes participé à l'élaboration de la politique étrangère de la France et à la direction des services du ministère.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Livet, « Conrad Alexandre de Gérard », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 12, p. 1149
  • Charles Sauter et Paul Bedel, Conrad-Alexandre Gérard, éd. Alsatia.
  • Recueil général des anciennes lois françaises : depuis l'an 420 jusqu'à la Révolution de 1789, Léger, Jourdan, Decrusy, Isambert, ed. Berlin-Le-Prieur, 1826. (p. 196)
  • Archives municipales et registres de délibérations du conseil municipal de Masevaux
  • Histoire de Masevaux, abbaye et sanctuaires, PP Tresch, annoté par E. Martin-Tresch
  • Monographie d'Édouard Gasser sur Masevaux
  • Patrimoine Doller, Bulletin de la société d'histoire de la vallée de Masevaux. Textes : René Limacher, révisés par Jean-Marie Ehret.
  • Yves Stravidès, « Conrad-Alexandre Gérard et les Amériques Septentrionales », dans L'Express, 26 mai 1994, [lire en ligne]
  • Françoise Noël, Une famille à Remiremont, Éditeur Gérard Louis, 2005
  • Christophe Luraschi, Conrad-Alexandre Gérard (1729-1790), Séguier, juin 2008 (ISBN 2840495341)

Liens externes[modifier | modifier le code]