Maurice Herzog

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Maurice Herzog
Fonctions
Député de la 3e circonscription de la Haute-Savoie
Législature IIIe, IVe, Ve législature (Cinquième République)
Groupe politique UD-Ve puis UDR
Prédécesseur Roch Meynier
Successeur Claude Birraux
Député de la 4e circonscription du Rhône
Législature IIe législature (Cinquième République)
Prédécesseur Guy Jarrosson
Successeur Pierre-Bernard Cousté
Maire de Chamonix
Prédécesseur Paul Payot
Successeur Christian Couttet
Secrétaire d'État à la Jeunesse et aux Sports
Prédécesseur René Billères
Successeur François Missoffe
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Lyon
Date de décès (à 93 ans)
Lieu de décès Neuilly-sur-Seine
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique UNR puis UDR
Fratrie Gérard Herzog
Enfants Laurent Herzog, Félicité Herzog
Entourage Jacques Ertaud
Diplômé de HEC Paris

Maurice Herzog est un alpiniste et un homme politique français, né à Lyon le et mort le à Neuilly-sur-Seine[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Le père de Maurice Herzog, de nationalité suisse, était engagé dans la Légion étrangère[1].

Maurice Herzog s'est marié une première fois à Paris le à Marie-Pierre de Cossé-Brissac, fille de Pierre de Cossé Brissac, avec qui il a ses deux premiers enfants, Laurent Herzog (né le , mort le ) et Félicité Herzog (née en 1968[2]). Il s'est remarié à Élisabeth Gamper en 1976, avec qui il a eu deux autres enfants, Sébastien et Mathias. Il est également le frère de l'écrivain, cinéaste Gérard Herzog, le beau-frère du réalisateur Jacques Ertaud et le petit-fils d'Oscar Herzog, l'ingénieur chargé du projet (conception et réalisation) du jet d'eau de Genève[3].

Il a été pilote d'avion[a], président du Club alpin français (CAF) de 1952 à 1955, fondateur en 1964 et président de l'Office franco-allemand pour la jeunesse et, de 1970 à 1994, membre du Comité international olympique (CIO), puis membre honoraire[4].

Il a vécu ses dernières années à Neuilly-sur-Seine.

Résistance[modifier | modifier le code]

Éclaireur de France dans sa jeunesse[réf. souhaitée], diplômé d'HEC en 1944[1],[5], après avoir rejoint Jeunesse et Montagne[réf. souhaitée], il cherche à s'engager dans la Résistance en septembre 1944[1],[6] et devient capitaine de la 2e compagnie du 27e bataillon de chasseurs alpins, au sein de la 5e demi-brigade de chasseurs alpins durant la campagne des Alpes (hiver 1944-1945). Jean Mabire explique que le capitaine Herzog, « un des meilleurs alpinistes du bataillon […] a formé son unité à son image. »[7].

L'Annapurna[modifier | modifier le code]

Maurice Herzog fut le premier à gravir avec Louis Lachenal et une expédition composée de Gaston Rébuffat, Lionel Terray, Marcel Ichac, Jean Couzy, Marcel Schatz, Jacques Oudot (médecin) et Francis de Noyelle (agent de liaison), un sommet de plus de 8 000 mètres, l'Annapurna, le . Il eut les orteils et les doigts gelés lors de cette expédition. Un exploit largement popularisé en France par la Une de Paris Match, le film Victoire sur l'Annapurna de Marcel Ichac et le livre Annapurna premier 8000 de Maurice Herzog dans lequel il retrace son ascension édité dans la collection Sempervivum. Ce livre à succès a depuis fait controverse, et on peut lire un récit sensiblement différent des événements et du rôle de Maurice Herzog dans le journal de Louis Lachenal, Carnets du vertige[8]. La fille de Maurice Herzog, Félicité Herzog, remet en cause la figure légendaire de son père[9], nuançant elle aussi l'exploit de l'Annapurna (elle fait part de ses interrogations et relate les faits au conditionnel). Félicité Herzog cherche dans cet événement et le comportement de son père (qu'elle juge mégalomane, obsédé sexuel et antisémite) les explications à la mort de son frère, schizophrène, Laurent « élevé dans le culte d'un père idéalisé »[10],[11]. Néanmoins, elle déclare depuis la publication de son livre qu'il n'est qu'un roman source de son imagination[12].

Un hommage lui fut rendu le , salle Pleyel aux galas de la Montagne par le guide Jean Afanassieff qui présentait Fitz Roy face nord et Christian Cousin, alpiniste vainqueur de l'hivernale Cima Presanella dans les Dolomites.

Politique[modifier | modifier le code]

Haut commissaire, puis secrétaire d'État à la Jeunesse et aux Sports de 1958 à 1966[1], il est l'homme de confiance du général de Gaulle afin de développer la pratique du sport pour former des champions qui seront les représentants d'une France forte en dehors des frontières. Il utilise ainsi le mythe de la pyramide de Pierre de Coubertin  : former des champions par la masse. Il est aussi le personnage-clé dans l'évolution rapide du réseau des maisons des jeunes et de la culture dans les années 1960 et à l'origine de la création des bases de plein air et de loisirs.

Maire de Chamonix (1968-1977)[1], après avoir échoué en 1965 à devenir maire de Lyon, vice-président du groupe UDR, député du Rhône (1962)[1], puis de Haute-Savoie (1967-1978)[1], il fut également président du tunnel du Mont-Blanc ainsi que président et membre de conseils d'administration d'entreprises du BTP et de produits pétroliers. Il est aussi membre de l'Académie des sports.

Maurice Herzog a été membre du Comité international olympique de 1970 à 1994[1].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Grand-croix de la Légion d'honneur Grand-croix de la Légion d'honneur (décret du ).

Croix de guerre 1939-1945 Croix de guerre 1939-1945.

Commandeur de l'ordre du Mérite sportif‎‎ Commandeur de l'ordre du Mérite sportif‎.

Médaille de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne Médaille de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne.

  • Ordre du Mérite (Autriche).
  • Croix de guerre gurkha (Népal).
  • Prix Guy-Wildenstein de l'Académie des sports en 1950, décerné « à un groupement sportif dont la carrière ou l'œuvre d'éducation physique et sportive constituent un exemple », en l'occurrence avec l'ensemble de l'équipe de l'Annapurna : Jean Couzy, Marcel Ichac, Louis Lachenal, Francis de Noyelle, Jacques Oudot, Gaston Rébuffat, Marcel Schatz et Lionel Terray[13].
  • Ordre olympique (1997).
  • et d'autres décorations étrangères[14].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Avec 1 500 heures de vol dont 500 homologuées.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i Charlie Buffet, « Maurice Herzog », publié dans le quotidien Le Monde du dimanche 16 - lundi 17 décembre 2012 p. 25
  2. Présentation du livre de Félicité Herzog, « Un héros », sur le site des éditions Grasset, consulté le .
  3. Catherine de Baecque, Maurice Herzog, le survivant de l'Annapurna, Arthaud (ISBN 978-2-0812-5427-5)
  4. Mort de Maurice Herzog, le vainqueur de l'Annapurna, Le Figaro, 14 décembre 2012.
  5. Maurice Herzog (HEC 1944M)
  6. HEC 130 ans - Maurice Herzog, diplômé d'HEC, vainqueur de l'Annapurna
  7. Jean Mabire, La Bataille des Alpes, tome 2, Presses de la Cité, 1990, page 212, ordre de bataille page 262, photo en cahier central.
  8. David Roberts, Annapurna, une affaire de cordée, éditions Guérin, mai 2000 (ISBN 978-2911755224)
  9. Félicité Herzog, Un héros, éditions Grasset, , 304 p. (ISBN 978-2-2468-0063-7)
  10. Astrid De Larminat, « Romans : mon père, ce héros », sur lefigaro.fr,
  11. Jérôme Garcin, « Fête des pères : Mon père, ce salaud », sur nouvelobs.com,
  12. Félicité Herzog invitée dans l'émission La Grande Librairie de François Busnel sur France 5, 27 septembre 2012
  13. Prix Guy-Wildenstein.
  14. Annapurna 1er 8000, Arthaud éditeur

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]