Jacques Kosciusko-Morizet

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Jacques Kosciusko-Morizet, né Kosciusko, est un résistant, professeur d'université et homme politique français (Paris, 31 janvier 1913 - Paris, 15 mai 1994).

Il compte avec Jean Lecanuet, Georges Vedel et Jean-Paul Carteron parmi les fondateurs en 1989 du Forum de Crans-Montana[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille d'origine polonaise dont l'ancêtre est arrivé en France sous Louis-Philippe[2], Jacques Kosciusko-Morizet est le fils d'un conducteur de travaux de la Ville de Paris et d'une professeur de piano[3]. Il est normalien, agrégé de lettres, professeur au lycée de Grenoble en 1941, au lycée Marcelin-Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés en 1942 puis au lycée Buffon à Paris en 1943. Résistant au FN-FTP sous le pseudonyme de Capitaine Devillers, il commande en second l'insurrection de l'hôtel de ville lors de la libération de Paris en août 1944 sous les ordres de Roger Stéphane[4].

Il devient chef de cabinet du secrétaire général de la Préfecture de police et assistant à la faculté des lettres de Paris en 1944, puis professeur à l'université Columbia à New York en 1946.

Haut fonctionnaire[modifier | modifier le code]

Il est directeur adjoint du cabinet de Léon Blum, président du gouvernement provisoire en 1946-1947, puis directeur du cabinet civil de Vincent Auriol, président de la République de 1947 à 1954[5].

Maître des requêtes au Conseil d'État en 1948, il est directeur de cabinet de Félix Houphouët-Boigny en 1956-1957.

Diplomate[modifier | modifier le code]

À partir de 1957, il poursuit une carrière diplomatique au cours de laquelle il est délégué permanent de la France au Conseil de tutelle des Nations unies de 1957 à 1962, puis ambassadeur au Congo-Léopoldville entre 1963 et 1968[6]. Nommé ministre plénipotentiaire hors classe en 1968, il est directeur des affaires techniques et culturelles au secrétariat d'État à la Coopération entre février et décembre 1968[7], représentant permanent de la France au Conseil de l'Atlantique Nord de 1968 à 1970, représentant permanent de la France aux Nations unies à New York entre 1970 et 1972[8], enfin ambassadeur de France aux États-Unis de 1972 à 1977. Élevé à la dignité d'ambassadeur de France en 1977[9], il est admis à la retraite du corps diplomatique l'année suivante.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Il est conseiller municipal depuis 1959, puis maire de Saint-Nom-la-Bretèche à partir de 1977, secrétaire national du RPR pour les relations extérieures entre 1983 et 1988, conseiller international auprès du président et du secrétaire général du RPR entre 1988 et 1990.

Autres activités[modifier | modifier le code]

Il est président de la confédération européenne des anciens combattants entre 1981 et 1989, administrateur de Christian Dior entre 1981 et 1993 et président du conseil de surveillance de Louis Vuitton entre 1989 et 1992.

Décorations[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Il est le père de François Kosciusko-Morizet, maire de Sèvres, et le grand-père de Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre des gouvernements Fillon, et de Pierre Kosciusko-Morizet, cofondateur de Priceminister.

Sources[modifier | modifier le code]

Les papiers personnels de Jacques Kosciusko-Morizet sont conservés aux Archives nationales sous la cote 582AP[10]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Présentation du Forum Crans-Montana sur le site du Forum
  2. Jean-Louis Beaucarnot, Le tout politique, ed. L'Archipel, 2011 (ISBN 978-2-8098-0566-6), p. 157 (« La tradition familiale veut aujourd’hui que les Kosciusko établis en France descendent [du] frère aîné [de Tadeusz Kościuszko (1746-1817)], prénommé Józef et qui avait hérité du manoir familial. Ils sont en réalité arrivés en France sous Louis-Philippe, avec Abraham Salomon Kościuszko, né en 1821 à Suwałki, en Pologne (alors annexée par la Russie), tout près de la frontière lituanienne. Cet ancêtre avéré n’était qu’un très modeste marchand juif, et sa femme, Janette Marx — juive de Lorraine, sans parenté avec Karl — était « marchande à la toilette », autrement dit revendeuse de vêtements d’occasion. »)
  3. Marion Mourgue, Nathalie Kosciusko-Morizet, l'Affranchie, Pygmalion, 2014, page 116.
  4. Lienhardt-Philipponnat, "Roger Stéphane : Biographie", 20 octobre 2004
  5. Noëlline Castagnez, "L’entourage de Vincent Auriol : au service d’une stratégie présidentialiste", Histoire@Politique. Politique, culture, société, mai-août 2009, no 8
  6. "Décret du 23 février 1968 M. TANGUY DE COURSON DE LA VILLENEUVE (EN REMPLACEMENT DE M. KOSCIUSKO-MORISET) EN CONGO-KINSHASA", Légifrance
  7. "Décret du 20 février 1968 PORTANT NOMINATION DE M. KOSCIUSKO-MORIZET (JACQUES) COMME DIRECTEUR DES AFFAIRES TECHNIQUES ET CULTURELLES AU SECRÉTARIAT D’ÉTAT AUX AFFAIRES ÉTRANGÈRES CHARGÉ DE LA COOPÉRATION", Légifrance
  8. "Décret du 18 février 1970 PORTANT NOMINATION DE M. JACQUES KOSCIUSKO-MORIZET REPRÉSENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AU CONSEIL DE SÉCURITÉ ET CHEF DE LA MISSION PERMANENTE FRANÇAISE PRÈS LES NATIONS UNIES", Légifrance
  9. "Décret du 4 mars 1977 M. KOSCIUSKO-MORIZET EST ÉLEVÉ À LA DIGNITÉ D'AMBASSADEUR DE FRANCE", Légifrance
  10. Voir la notice dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales

Liens externes[modifier | modifier le code]