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Pierre-Marie Dioudonnat

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Pierre-Marie Dioudonnat
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Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activités
Conjoint
Sabine Bragadir (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Directeur de thèse
Distinction
Œuvres principales
Encyclopédie de la fausse noblesse et de la noblesse d’apparence (d) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata

Pierre-Marie Dioudonnat, né le [1] à Neuilly-sur-Seine[2], est un éditeur, historien et politologue français.

Versé dans la prosopographie, il est spécialiste de l'histoire des familles françaises. Il est notamment connu pour être l'auteur de l'Encyclopédie de la fausse noblesse et de la noblesse d'apparence et du Simili-nobiliaire français (2002, 2010 et 2012).

Il est également un spécialiste de la presse et de la vie éditoriale sous l'Occupation allemande[3].

Pierre-Marie Dioudonnat est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (promotion 1965)[4], licencié ès-lettres et docteur en science politique (1972)[5]. Il commence à militer dans sa jeunesse à la Fédération des étudiants nationalistes (FEN) ainsi qu'au mouvement d'extrême droite Occident[6]. Il s'associe à ses pages littéraires. Il participe au comité de « rédaction de la revue Ulysse, avec les fondateurs de la Guilde du raid » et s'occupe d'une courroie de transmission du mouvement d'Occident : le Bureau de voyage des étudiants de France, dont il est secrétaire général[7].

Avec Patrick Devedjian, autre ancien d'Occident, et Georges Liébert, ses amis de Sciences Po, il fonde en 1970 la revue Contrepoint. Il est le trésorier de la société qui l'édite[6].

Sa thèse de doctorat est publiée en 1973 aux éditions de La Table ronde, sous le titre « Je suis partout ». 1930-1944. Les maurrassiens devant la tentation fasciste.

Son nom est étroitement associé à son Encyclopédie de la fausse noblesse et de la noblesse d'apparence, rééditée révisé et complété en 2002, 2010 et 2012 sous le titre Le Simili-nobiliaire français, qui recense les quelque 6 000 familles françaises subsistantes dont le patronyme actuel présenterait une apparence nobiliaire (nom à particule, nom relevé ou homonyme d'une ancienne famille noble, etc.).

Il est gérant de la SARL Sedopols, maison d'édition et librairie, de 1975 à 2019.

Membre fondateur du Cercle de généalogie juive (1984).

Arrêt de la Cour de cassation portant sur l'atteinte à la vie privée

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Sur la demande d'une famille dont la filiation adoptive était indiquée dans Le Simili-nobiliaire français, la Cour d'appel de Paris, a jugé le 1er avril 2016, que « la divulgation dans un ouvrage destiné au public de cette filiation adoptive porte atteinte à la vie privée (…) cette filiation appartenant à son histoire personnelle et à l'intimité de sa famille ». Elle précise toutefois que la notice peut continuer de paraître dans les éditions suivantes, sans référence à la filiation adoptive. L'auteur et l'éditeur sont condamnés à verser aux requérants la somme de 5 000  de dommages et intérêts[8].

La Cour d'appel de Paris déclare que l'affirmation selon laquelle « la famille de ce nom est éteinte dans les mâles » peut par contre y figurer, s'agissant d'une « opinion formulée par l'auteur et s'appuyant sur les règles gouvernant les titres nobiliaires »[8].

L'auteur et l'éditeur se pourvoient alors en cassation. La Cour répond dans un arrêt du que certes, les registres de naissance constituent des archives publiques communicables de plein droit à toute personne qui en fait la demande, 75 ans à compter de leur clôture, mais que « certaines des informations qu’ils contiennent et, notamment, celles portant sur les modalités d’établissement de la filiation, relèvent de la sphère de la vie privée et bénéficient, comme telles, de la protection édictée par les articles 9 du code civil et 8 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales » et rejette leur pourvoi[9].

Guillaume de Morant écrit dans La revue française de généalogie : « Cet arrêt de la Cour de Cassation va faire jurisprudence. Clairement, le droit à consultation des archives d’état civil ne vaut pas droit à divulgation au mépris de la vie privée. Or, selon la Cour, certaines des informations contenues dans les actes d'état civil et, notamment, celles portant sur les modalités d’établissement de la filiation, relèvent de la sphère de la vie privée et bénéficient, comme telles, de la protection édictée par les articles 9 du Code civil et 8 de la Convention européenne des droits de l'Homme. La divulgation, dans un ouvrage destiné au public, de la filiation adoptive de l’intéressé, sans son consentement, porte donc atteinte à sa vie privée. »[10].

Engagement politique

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Membre du Mouvement des radicaux de gauche (1982). Candidat en 2017 en tant que suppléant d'Alexandra Bourgoin dans la huitième circonscription de la Seine-Saint-Denis, sous la bannière du Front national[11].

Vie privée

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Il est l'époux de Sabine Bragadir, avec qui il a écrit le Dictionnaire des 10 000 dirigeants politiques français[2].

Publications

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  • Je suis partout, 1930-1944 : les maurrassiens devant la tentation fasciste, La Table ronde, 1973
  • Encyclopédie de la fausse noblesse et de la noblesse d’apparence, Sedopols, 6 éditions successives de 1976 à 1997 (ISBN 978-2904177156)
  • Les ivresses de l’Église de France : les évêques et la société, 1801-1976, Le Sagittaire, 1976 (ISBN 978-2727500254)
  • Dictionnaire des 10 000 dirigeants politiques français, avec Sabine Bragadir, Sedopols, 1977
  • L’argent nazi à la conquête de la presse française, 1940-1944, Jean Picollec, 1981
  • Les 700 rédacteurs de « Je suis partout », Sedopols, 1993 (ISBN 2-904177-16-7)
  • Le Simili-nobiliaire français, Sedopols, 2010 (ISBN 978-2-904177-22-4) (édition révisée et complétée);
  • Le Simili-nobiliaire français, Sedopols, 2012 (ISBN 978-2-904177-23-1) (nouvelle édition révisée et complétée);
  • Paroles d’évêques : 19e-20e siècles : une anthologie du cléricalisme français, recueil de textes, Sedopols, 2005 (ISBN 2-904177-20-5)
  • Demandes de changement de nom 1917-1943 : essai de répertoire analytique : biographie, généalogie, histoire sociale[12], Sedopols, 2008 (ISBN 978-2-904177-21-7)
  • La France allemande et ses journaux : Scènes et coulisses de la Collaboration 1940-1944, Paris, Les Belles Lettres, 790 p., 2025 (ISBN 978-2251457734)

Références

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  1. Notice Bibliothèque nationale de France.
  2. a et b « Pierre-Marie Dioudonnat », sur whoswho.fr, .
  3. La France allemande et ses journaux (1940-1944) - Pierre-Marie Dioudonnat, (ISBN 978-2-251-45773-4, lire en ligne)
  4. « Pierre-Marie Dioudonnat », sur sciences-po.asso.fr.
  5. Sous la dir. de Raoul Girardet, Je suis partout (1930-1944) : essai sur l'expression d'un fascisme français (thèse de 3e cycle en science politique), Paris, université Paris-X, , IV + 570 (SUDOC 040916480)
  6. a et b Gwendal Châton, « Désaccord parfait le Contrepoint libéral dans les configurations intellectuelles des années soixante-dix » dans François Hourmant and Jean Baudouin (dir.), Les Revues et la dynamique des ruptures, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2007, p. 131-164.
  7. René Monzat, Enquêtes sur la droite extrême, Paris, Le Monde éditions, , 339 p. (ISBN 2-87899-040-4), p. 288
  8. a et b Le Monde, 26 octobre 2017.
  9. Arrêt n° 1103 du 18 octobre 2017, Cour de Cassation
  10. Guillaume de Morand, « Généalogie : jurisprudence sur l'état civil et la vie privée », La Revue française de généalogie, 27 octobre 2017
  11. politologue.com/legislatives/candidats/annee/2017/circonscription/circonscription.8.pE
  12. Chroniqué par Pierre Assouline Le livre des patronymes nomades 18/05/2008
  13. (en) « Delitdimages.org », sur delitdimages.org (consulté le ).

Articles connexes

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Liens externes

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