Louis Terrenoire

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Louis Terrenoire
Fonctions
Député de l'Orne

(5 ans 8 mois et 13 jours)
Élection
Réélection
Législature Ire Constituante
IIe Constituante
Ire (Quatrième République)
Groupe politique MRP
Député de la 1re circonscription de l'Orne

(10 ans 3 mois et 26 jours)
Réélection

Législature IIe, IIIe, IVe (Cinquième République)
Groupe politique UNR-UDT (1962-1967)
UD-Ve (1967-1968)
UDR (1968-1973)
Prédécesseur Émile Janvier
Successeur Daniel Goulet
Maire de Ceaucé
Ministre délégué des relations avec le Parlement auprès du Premier ministre

(7 mois et 21 jours)
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Michel Debré
Ministre de l'Information
2e ministre de l'Information de la Ve République

(1 an 6 mois et 19 jours)
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Michel Debré
Prédécesseur Roger Frey
Successeur Christian de La Malène (secrétaire d'État)
Biographie
Nom de naissance Louis Jean Paul Terrenoire
Date de naissance
Lieu de naissance Lyon (2e) (Rhône)
Date de décès (à 83 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité Française
Parti politique MRP (1945-1951)
UNR-UDT (1962-1967)
UDR-Ve (1967-1968)
UDR (1968-1973)
Père Jean Terrenoire
Mère Jeanne Marie Joséphine Collet
Conjoint Elisabeth Gay
Enfants Alain Terrenoire
Entourage Francisque Gay (beau-père)
Profession Journaliste
Résidence Paris
Ceaucé (Orne)

Louis Terrenoire de son vrai nom Louis Jean Paul Terrenoire[1], né le dans le 2e arrondissement de Lyon (Rhône) et décédé le à Paris, est un journaliste et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière[modifier | modifier le code]

Il né le 10 novembre 1908 au 22, rue Condé dans 2e arrondissement de Lyon.

Né dans une famille de six enfants dont le père est voyageur de commerce, les grands parents artisans, il est en relation avec un cousin germain de sa mère qui est ancien rédacteur du Temps. Après avoir suivi des études classiques de 1919 à 1925, il milite dans la jeunesse catholique de 1926 à 1930 et occupe le poste de secrétaire administratif de l’Union du Sud-Est de la CFTC en lien avec Marius Gonin qui lui confie le poste de rédacteur en chef de La Voix sociale, puis du Nouveau Journal de Lyon (1930-1931). L’année suivante, il devient secrétaire de la rédaction de L’Aube fondé par Francisque Gay. En 1935, il épouse la fille du directeur, Elisabeth Gay, docteur ès lettres, avec qui il fonde une famille de trois enfants. Nommé rédacteur en chef de 1938 à 1939, il est proche de Georges Bidault et tient une chronique en politique extérieure où il dénonce les menaces du nazisme, et prend position pour les républicains espagnols. Mobilisé dans un régiment d’artillerie, il revient, dès juillet 1940, à Lyon, et entre dans la Résistance en fondant, avec Stanislas Fumet, l’hebdomadaire Temps nouveau qui est rapidement saisi puis avec Georges Bidault, Le Bulletin de la France combattante. En 1943, il est nommé secrétaire du CNR que préside l’éditorialiste de L’Aube. Arrêté par la Gestapo le 10 décembre 1943, il est relâché puis recherché de nouveau et arrêté une seconde fois le 23 mars 1944. Torturé puis, le 18 juin 1944, déporté à Dachau où il retrouve le démocrate chrétien Edmond Michelet, il est libéré le 27 avril 1945 par les Alliés

Ayant repris sa fonction de rédacteur en chef de L’Aube en 1945 auprès de Francisque Gay, son beau-père, il est élu député MRP de l’Orne dans la 1re circonscription aux deux Assemblées constituantes. En octobre 1945, la liste des républicains populaires recueille 55 805 suffrages sur 127 307 exprimés et compte deux élus, Louis Terrenoire et le docteur Raymond Couder tandis que la liste de rénovation économique et agricole conduite par Roulleaux-Dugage n’obtient que 21 903 suffrages et un élu. Il s’inscrit à la Commission de la reconstruction et des dommages de guerre, à la Commission des affaires étrangères : il prend part à la discussion du projet de loi portant dévolution de biens d’entreprises de presse. En juin 1946, avec deux élus, Louis Terrenoire et Emile Halbout, agriculteur et maire, la liste MRP reçoit l’assentiment de 56 065 électeurs soit plus du double des listes concurrentes : la liste socialiste ne recueille que 18 764 suffrages, et un élu Raymond Guesdon avocat à la Cour d’appel de Paris. Toujours membre de la Commission des affaires étrangères, il invite le Gouvernement à offrir des facilités dans les transports aux handicapés. En novembre 1946, la liste MRP avec 54 481 voix obtient toujours deux élus, Louis Terrenoire et Etienne Le Sassier-Boisauné, propriétaire, conseiller général, maire de Falaise. Inscrit également à la Commission de la presse, et à celle du suffrage universel, du règlement et des pétitions en 1949, il est codirecteur, dès 1947, des Dernières nouvelles de Paris avec Jacques Debû-Bridel, futur sénateur RPF et conseiller municipal de Paris.

Exclu du MRP qui refuse d’admettre la double appartenance, le 16 octobre 1947, il quitte le groupe parlementaire MRP et la rédaction de L’Aube pour fonder avec des collègues, dont notamment Edmond Michelet, le groupe des républicains populaires indépendants qui rejoint le RPF. De grandes questions telles que le prélèvement exceptionnel de lutte contre l’inflation en décembre 1947, les accords de Londres sur l’Allemagne en juin 1948 le poussent à intervenir. Il réagit aux déclarations du ministre de l’intérieur à des journalistes étrangers sur le général de Gaulle le 30 juin 1948, condamne l’activisme du parti communiste dans les grèves des mineurs, demande des explications sur la politique du Gouvernement en Indochine et dénonce « la fiction de l’Union européenne ». En tant que catholique social, il demande le maintien d’une indemnité en cas de difficultés exceptionnelles d’existence, souhaite le placement en résidence surveillée du maréchal Pétain en novembre 1951 et défend l’enseignement confessionnel. Nommé adjoint de Jacques Soustelle, en 1949, au secrétariat général du RPF, il se présente aux législatives de juin 1951 non plus dans l’Orne mais dans les Côtes du Nord où sa liste recueille 44 139 voix sur 260 610 suffrages exprimés soit 16,9 %. Un apparentement entre les listes SFIO, MRP et celle de René Pleven lui barre l’accès au Palais-Bourbon. Il est alors nommé secrétaire général du RPF par le général de Gaulle en remplacement de Jacques Soustelle devenu député du Rhône. Il demeure à ce poste jusqu’en 1954 puis est remplacé par Jacques Foccart. Le 18 juillet 1958, il est nommé directeur des informations et du journal parlé à l’ORTF jusqu’en octobre 1958.

Élu député de la 1re circonscription de l’Orne, en novembre 1958 face à Roulleaux-Dugage, indépendant et paysan, il l’emporte à nouveau sur le même adversaire en novembre 1962 : il préside le groupe parlementaire de l’UNR de mai 1959 à février 1960. Élu maire de Céaucé le 13 juillet 1959, il le demeure jusqu’en 1977 et fait partie de la CODER (Commission de développement économique régional) jusqu’en 1973. Il accède à des responsabilités gouvernementales en tant que ministre de l’Information de février 1960 à août 1961, puis de ministre délégué auprès du Premier Ministre chargé des relations avec le Parlement[2] d’août 1961 à avril 1962 dans le cabinet de Michel Debré. Porte-parole du général de Gaulle durant les 26 derniers mois de la guerre d’Algérie du 5 février 1960 au 20 mars 1962, il doit affronter alors la presse et le mécontentement des élus gaullistes troublés par l’indépendance de l’Algérie. Il parvient à se faire de justesse élire secrétaire général de l’UNR de mai à décembre 1962. Député gaulliste de gauche d’octobre 1962 à mars 1973, il signe des éditoriaux dans le journal La Nation. Membre de l’Assemblée consultative de la CEE dite Parlement européen de 1963 à 1973, il accède à la vice-présidence de 1967 à 1973. Président de l’Association de solidarité franco-arabe à partir de 1967, il s’investit aussi dans les associations d’anciens déportés, internés, patriotes résistants.

Il soutient au second tour de 1981 la candidature de Jacques Chirac.

Un de ses fils, Alain Terrenoire, est élu député RPR de la Loire de 1967 à 1978 et devient l’un des secrétaires généraux adjoints du RPR.

Homme calme et résolu, passionné mais orateur mesuré, il décède le 9 janvier 1992 à Paris.

Plaque commémorative sur le dernier domicile parisien de Louis Terrenoire au no 6 de la rue de Rémusat, Paris 16e.

Mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Ministre[modifier | modifier le code]

Ministre délégué[modifier | modifier le code]

  • 24 août 1961 - 14 avril 1962 : Ministre délégué des relations avec le Parlement auprès du Premier du Gouvernement Michel Debré

Mandats parlementaires[modifier | modifier le code]

Mandats locaux[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Décorations officielles[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • De Gaulle et l'Algérie, témoignage pour l'histoire, Fayard, 1964
  • De Gaulle vivant, Plon, 1971
  • Sursitaires de la mort lente, Seghers, 1976
  • De Gaulle : 1947-1954. Pourquoi l'échec ? Du R.P.F. à la traversée du désert, Plon, 1981
  • De Gaulle, Israël et les Palestiniens, Éditions du Témoignage chrétien, 1989
  • Edmond Michelet, mon ami : souvenirs et témoignages, préface de Maurice Schumann, Nouvelle Cité, 1992

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de l'état civil en ligne de la ville de Lyon, acte de naissance no 2/3608/1908 ; avec mention marginale du décès.
  2. Décret n° 61-974 du 30 août 1961 relatif aux attributions d'un ministre délégué auprès du Premier ministre. Il est notamment chargé des rapports entre le Gouvernement et le Parlement.

Liens externes[modifier | modifier le code]