Louis Terrenoire

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Louis Terrenoire
Image illustrative de l'article Louis Terrenoire
Fonctions
Ministre de l'Information
2e ministre de l'Information de la Ve République

(1 an, 6 mois et 19 jours)
Président Charles de Gaulle
Premier ministre Michel Debré
Gouvernement Debré
Prédécesseur Roger Frey
Successeur Christian de La Malène
(secrétaire d'État)
Ministre délégué des relations avec le Parlement auprès du Premier ministre

(7 mois et 21 jours)
Président Charles de Gaulle
Premier ministre Michel Debré
Gouvernement Debré
Président du groupe parlementaire UNR
à l'Assemblée nationale

(9 mois)
Prédécesseur Maurice Bayrou
Successeur Raymond Schmittlein
Député de l'Orne

(5 ans, 8 mois et 13 jours)
Élection 21 octobre 1945
Réélection 2 juin 1946
10 novembre 1946
Législature Ire Constituante
IIe Constituante
Ire (Quatrième République)
Groupe politique MRP
Député de l'Orne
Élu dans la 1re circonscription

(14 ans, 4 mois et 2 jours)
Élection 30 novembre 1958
Réélection 18 novembre 1962
5 mars 1967
23 juin 1968
Législature Ire, IIe, IIIe, IVe législature (Cinquième République)
Groupe politique UNR (1958-1962)
UNR-UDT (1962-1967)
UD-Ve (1967-1968)
UDR (1968-1973)
Prédécesseur Émile Janvier
Successeur Daniel Goulet
Maire de Ceaucé

(21 ans, 8 mois et 14 jours)
Élection
Secrétaire général du RPF

(2 ans)
Prédécesseur Jacques Soustelle
Successeur Jacques Foccart
Secrétaire général de l'UNR

(7 mois)
Prédécesseur Roger Dusseaulx
Successeur Jacques Baumel
Biographie
Nom de naissance Louis Jean Paul Terrenoire
Date de naissance
Lieu de naissance Lyon (2e) (Rhône)
Date de décès (à 83 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité Française
Parti politique MRP (1945-1947)
RPF (1947-1955)
UNR (1958-1962)
UNR-UDT (1962-1967)
UD-Ve (1967-1968)
UDR (1968-1973)
Père Jean Terrenoire
Mère Jeanne Collet
Conjoint Élisabeth Gay
Enfants François Terrenoire
Alain Terrenoire
Marie-Odile Terrenoire
Profession Journaliste

Louis Terrenoire (de son nom de naissance Louis Jean Paul Terrenoire[1]), né le dans le 2e arrondissement de Lyon (Rhône) et mort le à Paris, est un journaliste et homme politique français.

Il est l'une des figures du gaullisme de gauche.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louis Terrenoire est le fils de Jean Terrenoire (1876-1949), voyageur de commerce, fabricant de gants et de Jeanne Collet (1877-1918). Ses grands-parents paternels sont artisans. Il est né au 22, rue de Condé à Lyon, dans une famille de six enfants.

Louis Terrenoire fait des études classiques de 1919 à 1925 puis milite dans la jeunesse catholique de 1926 à 1930. Il est élu secrétaire administratif de l’Union Sud-Est de la CFTC en 1928.

Marius Gonin lui confie le poste de rédacteur en chef du journal La Voix sociale puis du Nouveau Journal de Lyon de 1930 à 1931. En 1932, il devient secrétaire de la rédaction de L’Aube puis rédacteur en chef de 1938 à 1939 où il tient une chronique de politique extérieure, il y dénonce les menaces du nazisme et prend position pour les républicains espagnols. C'est un proche de Georges Bidault.

Louis Terrenoire est mobilisé en 1939 dans un régiment d’artillerie. Il revient à Lyon en juillet 1940, et entre dans la Résistance en fondant, avec Stanislas Fumet, l’hebdomadaire Temps nouveau qui est rapidement saisi puis avec Georges Bidault, Le Bulletin de la France combattante. En 1943, il est nommé secrétaire du CNR. Arrêté par la Gestapo le 10 décembre 1943, il est relâché puis recherché de nouveau et arrêté une seconde fois le 23 mars 1944. Il est torturé puis, le 18 juin 1944, déporté à Dachau où il retrouve le démocrate chrétien Edmond Michelet, il est libéré le 27 avril 1945 par les Alliés.

En 1945, il reprend sa fonction de rédacteur en chef de L’Aube. Le 21 octobre 1945, il est élu député MRP de la 1re circonscription de l'Orne à la Ire Assemblée nationale constituante, sa liste recueille 55 805 suffrages sur 127 307 exprimés et compte deux élus, Louis Terrenoire et Raymond Couder. Il s’inscrit à la Commission de la reconstruction et des dommages de guerre et à la Commission des affaires étrangères. En novembre 1946, la liste MRP avec 54 481 voix obtient toujours deux élus, Louis Terrenoire et Étienne Le Sassier-Boisauné, il s'inscrit également à la Commission de la presse, et à celle du suffrage universel, du règlement et des pétitions en 1949.

En 1947, il est codirecteur avec Jacques Debû-Bridel des Dernières nouvelles de Paris.

Louis Terrenoire est exclu du MRP qui refuse d’admettre la double appartenance, le 16 octobre 1947, il quitte le groupe parlementaire MRP et la rédaction de L’Aube pour fonder avec des collègues, dont notamment Edmond Michelet, le groupe des républicains populaires indépendants qui rejoint le RPF. De grandes questions telles que le prélèvement exceptionnel de lutte contre l’inflation en décembre 1947, les accords de Londres sur l’Allemagne en juin 1948 le poussent à intervenir. Il réagit aux déclarations du ministre de l’intérieur à des journalistes étrangers sur le général de Gaulle le 30 juin 1948, condamne l’activisme du parti communiste dans les grèves des mineurs, demande des explications sur la politique du Gouvernement en Indochine et dénonce « la fiction de l’Union européenne ». En tant que catholique social, il demande le maintien d’une indemnité en cas de difficultés exceptionnelles d’existence, souhaite le placement en résidence surveillée du maréchal Pétain en novembre 1951 et défend l’enseignement confessionnel.

En 1949, il est nommé adjoint de Jacques Soustelle au secrétariat général du RPF.

En juin 1951, il se présente aux législatives dans les Côtes du Nord où sa liste recueille 44 139 voix sur 260 610 suffrages exprimés, un rapprochement entre les listes SFIO, MRP et celle de René Pleven lui barre l’accès au Palais-Bourbon.

En 1952, le général de Gaulle le nomme secrétaire général du RPF en remplacement de Jacques Soustelle devenu député du Rhône, il y restera jusqu'en 1954 puis est remplacé par Jacques Foccart.

Le 18 juillet 1958, il est nommé directeur des informations et du journal parlé à l’ORTF jusqu’en octobre 1958.

En novembre 1958, il est élu député UNR de la 1re circonscription de l'Orne face à Jacques Roulleaux-Dugage du CNIP, il l’emporte de nouveau sur ce même adversaire aux législatives de novembre 1962. Il préside le groupe parlementaire de l’UNR de mai 1959 à février 1960.

Louis Terrenoire est élu maire de Céaucé le 13 juillet 1959, il le restera jusqu’en mars 1977. Il fait partie de la Commission de développement économique régional (CODER) de Basse-Normandie jusqu’en 1973.

Il accède à des responsabilités gouvernementales en tant que ministre de l’Information de février 1960 à août 1961, puis ministre délégué des relations avec le Parlement auprès du Premier Ministre[2] d’août 1961 à avril 1962 dans le gouvernement de Michel Debré.

Porte-parole du général de Gaulle durant les 26 derniers mois de la guerre d’Algérie du 5 février 1960 au 20 mars 1962, il doit affronter alors la presse et le mécontentement des élus gaullistes troublés par l’indépendance de l’Algérie.

Il parvient à se faire de justesse élire secrétaire général de l’UNR de mai à décembre 1962.

Député gaulliste de gauche d’octobre 1962 à mars 1973, il signe des éditoriaux dans le journal La Nation.

Il est membre de l’Assemblée consultative de la CEE dite Parlement européen de 1963 à 1973 et accède à la vice-présidence de cette assemblée de 1967 à 1973.

Louis Terrenoire fut président de l’Association de solidarité franco-arabe (ASFA) à partir de 1967. Il fut aussi président du Comité français de l'Union paneuropéenne (Pan-Europe).

Il s’investit dans les associations d’anciens déportés, internés ou patriotes résistants.

Au second tour de l’élection présidentielle de 1981, il soutient la candidature de Jacques Chirac.

Homme calme et résolu, passionné mais orateur mesuré, il meurt le 9 janvier 1992 à Paris.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Plaque apposée au no 6 de la rue de Rémusat, Paris (16e), dernier domicile parisien de Louis Terrenoire.

Il épouse le 13 juillet 1935 dans le 6e arrondissement de Paris, Élisabeth Gay (1912-1992), docteur ès lettres, fille de Francisque Gay (1885-1963), homme politique, directeur de L'Aube et de Blanche Fromillon (1890-1979).

De ce mariage naîtront trois enfants :

Mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Ministre[modifier | modifier le code]

Ministre délégué[modifier | modifier le code]

  • 24 août 1961 - 14 avril 1962 : Ministre délégué des relations avec le Parlement auprès du Premier Ministre

Mandats parlementaires[modifier | modifier le code]

  • 21 octobre 1945 - 10 juin 1946 : Député de l'Orne
  • 2 juin 1946 - 27 novembre 1946 : Député de l'Orne
  • 10 novembre 1946 - 4 juillet 1951 : Député de l'Orne
  • 30 novembre 1958 - 5 mars 1960 : Député de la 1re circonscription de l'Orne
  • 18 novembre 1962 - 2 avril 1967 : Député de la 1re circonscription de l'Orne
  • 5 mars 1967 - 30 mai 1968 : Député de la 1re circonscription de l'Orne
  • 23 juin 1968 - 1er avril 1973 : Député de la 1re circonscription de l'Orne
  • mai 1959 - février 1960 : Président du groupe parlementaire UNR à l'Assemblée nationale
  • 1963 - 1973 : Membre de l’Assemblée consultative de la CEE
  • 1967 - 1973 : Vice-président de l’Assemblée consultative de la CEE

Mandat local[modifier | modifier le code]

Fonctions politiques[modifier | modifier le code]

  • 1952 - 1954 : Secrétaire général du RPF
  • Mai - décembre 1962 : Secrétaire général de l'UNR

Autre fonction[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Décorations officielles[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • De Gaulle et l'Algérie, témoignage pour l'histoire, Fayard, 1964.
  • De Gaulle vivant, Plon, 1971.
  • Sursitaires de la mort lente, Seghers, 1976.
  • De Gaulle : 1947-1954. Pourquoi l'échec ? Du R.P.F. à la traversée du désert, Plon, 1981.
  • De Gaulle, Israël et les Palestiniens, Éditions du Témoignage chrétien, 1989.
  • Edmond Michelet, mon ami : souvenirs et témoignages, préface de Maurice Schumann, Nouvelle Cité, 1992.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de l'état civil en ligne de la ville de Lyon, acte de naissance no 2/3608/1908 ; avec mention marginale du décès.
  2. Décret n° 61-974 du 30 août 1961 relatif aux attributions d'un ministre délégué auprès du Premier ministre. Il est notamment chargé des rapports entre le Gouvernement et le Parlement.
  3. Centre France, « Sur les traces de Francisque Gay », www.lyonne.fr,‎ (lire en ligne)
  4. « Marie-Odile Terrenoire - Auteur - Ressources de la Bibliothèque nationale de France », sur data.bnf.fr (consulté le 4 avril 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]