Henri Hoppenot

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Henri Hoppenot
Fonctions
Ambassadeur de France en Suisse
-
Ambassadeur de France aux États-unis
-
Ambassadeur de France en Chine
à partir de
Ambassadeur de France en Uruguay
à partir de
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 85 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Henri Etienne HoppenotVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Conjoint
Autres informations
Distinction

Henri Hoppenot, né à Paris le 25 octobre 1891 et mort dans la même ville le 10 août 1977, est un diplomate et haut-fonctionnaire français. Représentant la France au Conseil de sécurité des Nations unies (1952-1955), il fut le dernier commissaire-général de l'Indochine française (1955-1956).

Biographie[modifier | modifier le code]

Henri Hoppenot est né à Paris le 25 octobre 1891. En août 1914, au moment du déclenchement de la Première Guerre mondiale, il entre au bureau de la presse du ministère des Affaires Étrangères dirigé par Philippe Berthelot, où il rencontre Alexis Léger (Saint-John Perse en littérature), reçu au concours, et déjà dans la place. Ils entretiendront une amitié de plus de soixante ans, dont la trace reste illustrée par une abondante correspondance[1]. Les deux hommes trouvent également dans les bureaux les diplomates écrivains, Jean Giraudoux, Paul Morand et Paul Claudel, mais aussi Darius Milhaud.

En 1917, il est nommé attaché à l'ambassade de France à Berne : il croise le jeune Walter Benjamin, traducteur et universitaire, à qui il parle de la poésie de Saint-John Perse : Benjamin devient le premier à traduire ce poète en allemand.

Henri Hoppenot épouse Hélène Delacour : devenue photographe sous le nom d'Hélène Hoppenot, elle est l'auteur d'un journal intime où l'on peut suivre la vie diplomatique et littéraire de cette époque à travers les multiples voyages de son mari[2].

En avril 1917, il est nommé secrétaire d'ambassade à Rio de Janeiro : là il retrouve Claudel, ambassadeur, et son assistant, Darius Milhaud, avec qui l'amitié ira en grandissant. En 1927, Hoppenot alors en poste à Berlin, écrit trois livrets des Opéras-minute de Milhaud, à savoir L’Enlèvement d’Europe, L’Abandon d’Ariane et La Délivrance de Thésée[3].

En 1933, il est nommé ambassadeur à Pékin, puis en 1938, sous-directeur de la division Europe au ministère des Affaires étrangères.

Après l'armistice, il est nommé par le Gouvernement de Vichy ministre plénipotentiaire à Montevideo. S'il se heurte très durement à Albert Ledoux, représentant personnel du général de Gaulle et de la France libre pour toute l'Amérique du Sud, il finit par se rallier à ce dernier[4]. De fait, il est nommé au nom de la France libre, directeur des services civils de la mission militaire à Washington. En juin 1943, il est le délégué du Comité français de Libération nationale aux États-Unis et de là, assure le passage des Antilles françaises sous le contrôle de la France libre, en prenant le poste de gouverneur. En 1944, il est le délégué du gouvernement provisoire de la République aux États-Unis.

De 1945 à 1952, il est ambassadeur de France à Berne, après huit mois de vacance du poste en raison d'une certaine réserve du Conseil fédéral à l'égard du Gouvernement provisoire. Il s'emploie à rétablir la confiance entre les deux pays, aidé par le consul général de France à Genève Xavier de Gaulle, en poste de 1944 à 1953. Entre temps, Hoppenot devient en 1951 membre d'honneur du musée des beaux-arts de Berne et publie un album de photographies de son épouse intitulé Extrême-Orient chez Ides et Calendes (Neuchâtel).

Entre 1952 et 1955, il est le représentant permanent de la France au Conseil de sécurité de l'ONU.

De 1955 à 1956, il est le commissaire-général français en Indochine et le dernier à ce poste.

Enfin, de 1956 à 1964, il est membre du Conseil d'État français, puis part en retraite.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Saint-John Perse, Correspondance avec Henri Hoppenot (1915-1975)", Gallimard, coll. "Les cahiers de la NRF", 2009, 247 p., (ISBN 978-2-07-012640-8)
  2. Journal 1918-1933, Rio de Janeiro, Téhéran, Santiago du Chili, Rio de Janeiro, Berlin, Beyrouth-Damas, Berne, édition établie, annotée et présentée par Marie France Mousli, Éditions Claire Paulhan, 2012.
  3. (en) The Boeuf's Chronicles par Daniella Thompson, en ligne.
  4. Colette Barbier, Henri Hoppenot, diplomate, Archives du ministère des Affaires étrangères, collection Diplomatie et Histoire (chapitre IV, L'exil, pages 194 à 259).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Journal 1933-1940, éditions établie et annotée par Marie France Mousli, éditions Claire Paulhan, 2015.

Liens externes[modifier | modifier le code]