Yvon Morandat

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Yvon Morandat
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Député
Membre du Conseil économique, social et environnemental
Biographie
Naissance
Décès
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MarseilleVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Homme politique, résistantVoir et modifier les données sur Wikidata
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Parti politique
Distinctions

Marie Léon Yvon Morandat, dit Yvon Morandat, né le à Buellas (Ain) et mort le à Marseille, est un homme politique et résistant français, marié à Claire Morandat, elle aussi résistante.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine et formation[modifier | modifier le code]

Yvon Morandat nait en 1913 dans une famille modeste de fermiers de l'Ain. Il milite à la Jeunesse agricole chrétienne puis quitte la ferme, et devient vendeur puis représentant de commerce à Bourg-en-Bresse.

Il fait son service militaire dans les chasseurs alpins en Savoie. Il s'établit à Chambéry et devient permanent à la CFTC. Il s'engage également dans la Ligue de la Jeune République.

Deuxième Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1939, il est mobilisé dans les chasseurs alpins. Il est volontaire pour rejoindre le front de Norvège et participe à la Bataille de Narvik en avril et mai 1940. Le 18 juin, il rejoint l'Angleterre et s'engage dans les rangs de la France libre. Il est attaché au cabinet du général de Gaulle.

Mission politique en France[modifier | modifier le code]

À l'été 1941, le général de Gaulle lui confie la mission d'établir le contact avec les syndicats et mouvements de Résistance de la zone sud et de les financer. Son ordre de mission sera complété par les instructions d'André Diethelm, commissaire à l'intérieur : il est le premier agent à recevoir une telle mission politique de la France libre. Il prend comme pseudonyme son deuxième prénom « Yvon », dont il fera son prénom usuel à la Libération, et comme nom de code Pierrelot.

Son parachutage fait l'objet d'une mission conjointe du BCRA et du Special Operations Executive, nommée OUTCLASS, utilisant les moyens aériens de la RAF. Dans la nuit du 6 au 7 novembre, il est parachuté à Fonsorbes (Haute-Garonne), près de Toulouse.

Il établit rapidement les contacts attendus. Constatant l'ampleur du travail à accomplir en matière de résistance, il reste sur place pour s'y atteler. Il rejoint le mouvement Libération-Sud et devient membre de son comité directeur. Il subventionne ce mouvement, ainsi que le Comité d'action socialiste. Grâce à lui, Le Populaire clandestin peut être imprimé.

Il rédige un rapport détaillé, dans lequel il précise, entre autres, que le mouvement syndical existant dans la région pourrait être un support intéressant, parce que bien structuré et à l'esprit résistant très sûr. Il constate toutefois que celui-ci, pour fonctionner dans de bonnes conditions, aurait besoin d'une aide matérielle importante, et qu'il serait urgent d'envoyer un agent sur place pour constituer des équipes et les entraîner. Ce rapport aura des difficultés pour parvenir à Londres, et c'est en fin de compte par l'intermédiaire de René Bertholet, citoyen suisse et syndicaliste international, et du consulat britannique à Genève, qu'il y parviendra et se retrouvera sur un bureau du SOE. Pour assurer cette mission, le colonel Buckmaster désignera Tony Brooks, qui sera parachuté le 1er juillet 1942.

Avec Jean Moulin en Zone Sud[modifier | modifier le code]

En février 1942, il rencontre André Boyer (chef du réseau Brutus), dans la salle des pas perdus du palais de justice de Marseille. Morandat reçoit mission de se mettre aux ordres de Jean Moulin, parachuté en France dans la nuit du 1er au . Il le voit deux fois par mois, pour lui faire des propositions de distribution de subventions aux organismes dont il a la responsabilité.

Le 22 juin, lors d'une réunion à Toulouse avec Jean Moulin « Rex », Christian Pineau « Francis » et André Boyer, il lance l'idée d'un Parlement de la Résistance. Jean Moulin ne donne pas suite, estimant un tel projet prématuré.

Retour à Londres[modifier | modifier le code]

En novembre 1942, Morandat est renvoyé à Londres par Jean Moulin, avec lequel il est en désaccord. En septembre 1943, il collabore avec André Philip et est désigné à l'Assemblée consultative provisoire.

La Libération[modifier | modifier le code]

En , il retourne en France en étant parachuté le sur le terrain Ajusteur de Saint-Uze afin d'assister Alexandre Parodi[1]. Le , lors de la Libération de Paris, seul avec sa future femme Claire, il prend possession de l'hôtel Matignon au nom du Gouvernement provisoire.

Après-guerre : un gaulliste de gauche[modifier | modifier le code]

Il milite à l'Union démocratique et socialiste de la Résistance, au Rassemblement du peuple français puis à l'Union démocratique du travail (gaullistes de gauche).

Il est également président des Houillères de Provence, puis du Nord-Pas-de-Calais, président des Charbonnages de France. Il deviendra membre du Conseil économique et social. Le puits Yvon Morandat, creusé à Gardanne en 1981, porte son nom.

En 1965, il fonde le Front travailliste, mouvement gaulliste de gauche. De mai à juillet 1968, il est secrétaire d'État, auprès du ministre des Affaires sociales, chargé de l'Emploi dans le dernier gouvernement Georges Pompidou.

Il meurt le à Marseille. En 1978 la place Yvon-Morandat est inaugurée dans le 17e arrondissement de Paris en hommage. En 1987, le prénom de Claire Morandat, décédée en 1985, sera ajouté au nom de la place. A Marseille, dans le 8ème arrondissement, au sein de la résidence privée du Parc du Roy d'Espagne, une allée porte le nom d'Yvon Morandat.

Distinctions[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Belgique[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Etais-je un terroriste ?... » (version du 18 août 2001 sur l'Internet Archive).

Filmographie[modifier | modifier le code]

Sources et liens externes[modifier | modifier le code]