École nationale supérieure des beaux-arts

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir École des beaux-arts et École supérieure d'art.
École nationale supérieure des beaux-arts
Informations
Fondation 1817
Type Établissement public national à caractère administratif
Budget 10,6 millions €[1]
Localisation
Coordonnées 48° 51′ 24″ nord, 2° 20′ 01″ est
Ville Paris
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Campus Quai Malaquais dans le quartier Saint-Germain-des-Prés
Cap Saint-Ouen à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis)
Direction
Directeur Jean-Marc Bustamante
Chiffres clés
Étudiants 530[2]
Niveau Bac+5
Diplômés/an 190[1]
Divers
Affiliation CGE
Site web www.beauxartsparis.fr

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
École nationale supérieure des beaux-arts

Géolocalisation sur la carte : 6e arrondissement de Paris

(Voir situation sur carte : 6e arrondissement de Paris)
École nationale supérieure des beaux-arts

L’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris (ENSBA), communément dénommée « les Beaux-Arts de Paris », est une école d'art française fondée en 1817. Il s'agit d'un établissement public national à caractère administratif relevant directement de la tutelle de l'État par l'intermédiaire du ministère chargé de la culture. Elle fait partie du réseau PSL.

Ces beaux-arts étaient au nombre de quatre : peinture, sculpture, gravure, avec l'architecture jusqu'en 1968, date à laquelle le ministre de la culture André Malraux, créa huit unités pédagogiques d'architecture (UPA) réparties sur tout le territoire, en réponse à la crise de l'académisme portée par les conflits politiques. Ce faisant, il brisait l'unité des disciplines des beaux-arts plastiques. Depuis, les unités pédagogiques ont été transformées en écoles nationales supérieures d’architecture (ENSA).

Sommaire

Histoire de l'école[modifier | modifier le code]

Plan actuel de l'école.
L'entrée rue Bonaparte avec les bustes de Pierre Puget et Nicolas Poussin.

Jalons[modifier | modifier le code]

L'École est la lointaine héritière de l'Académie royale de peinture et de sculpture fondée en 1648 et qui était l'institution étatique chargée de réguler et d’enseigner les arts en France, jusqu'à sa dissolution en août 1793. Dans l'intervalle ses locaux sont situés au Louvre à partir de 1661. Un corps professoral de douze maîtres enseignants supervisés par des recteurs ou intendants, constitue le dispositif administratif, qui, grosso modo, ne changera pas jusqu'à la réforme de 1863.

Les locaux actuels sont le résultat de l'ordonnance du 24 avril 1816 faisant suite à la création de l'Académie des beaux-arts. Cependant, cinq ans plus tôt, le décret du 24 février 1811 portait déjà sur la construction d'une école des beaux-arts, sans toutefois préciser de lieu. Officiellement, les élèves prennent ces locaux en 1817 et la première pierre des nouveaux bâtiments est posée le 3 mai 1820.

La troisième grande réforme eut lieu en 1968.

En 2017, l'école célèbre ses deux-cents ans par, en autres, l'inauguration de lieux totalement restaurés et l'ouverture d'un musée proposant un parcours sur les traces des élèves d’autrefois[3].

Mission[modifier | modifier le code]

La situation historique et culturelle de cette école est assez exceptionnelle : plantée au cœeur de Paris, rive gauche et en bord de Seine, elle attire de nombreux élèves artistes venus de toute la France et du monde entier ; elle permet de fait, outre les cours magistraux, des études par immersion et imprégnation directe avec les différentes formes d'expressions artistiques, de par :

  • la présence d'artistes renommés comme professeurs (dit « chef d'atelier ») ;
  • des infastructures pédagogiques (bibliothèque, musée, médiathèque…) ;
  • la proximité de nombreux musées ;
  • l'Académie des beaux-arts en voisine ;
  • les nombreuses et diverses galeries d'art du quartier Saint-Germain ;
  • les lieux de rencontres et de convivialité, les bistros liant les jeunes artistes aux moins jeunes et aux amateurs d'arts ;
  • les milliers d' « ateliers d'artistes » dans Paris et sa banlieue, permettant la rencontre entre étudiants et artistes confirmés en activité ;
  • la présence de jeunes artistes internationaux invités dans l'école.

Histoire des bâtiments[modifier | modifier le code]

Félix Duban, architecte du bâtiment principal (1830-1870).

L'École des beaux-arts forme un vaste ensemble situé face au musée du Louvre, au cœur de Saint-Germain-des-Prés, dont les bâtiments sont répartis sur plus de deux hectares, entre la rue Bonaparte et le quai Malaquais, et datent des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles et même, pour certaines parties, du XXe siècle.

La construction la plus ancienne est la chapelle et ses bâtiments annexes (dont la « cour du mûrier »), élevés au début du XVIIe siècle pour le « couvent des Petits-Augustins » et dont les travaux commencèrent en 1619. À côté du prieuré de la Sainte-Trinité[4], se trouve encore la « chapelle des louanges », où la reine Margot, qui y possédait un vaste palais, offrit par testament une partie de son grand jardin à des moines augustins réformés de la communauté de Bourges. Peu avant 1630, la rue qui longe ce monastère est appelée rue des Petits-Augustins.

Au moment de la Révolution française, les moines sont expropriés, et le lieu est aménagé en 1795 pour abriter le musée des Monuments français, lieu créé par Alexandre Lenoir pour préserver et présenter au public des œuvres sauvées des destructions pendant la période révolutionnaire, comme les tombeaux des rois de France de Saint-Denis. Au cours du Premier Empire, le musée, parfois appelé « musée des monuments des Arts » ou « musée des Petits-Augustins », se développe et présente les éléments de la sculpture française les plus remarquables. Ce musée jouxte l'hôtel de Juigné, aux nos 11-13 quai Malaquais, qui devient en 1795 le ministère de la Police dirigé par Joseph Fouché.

Après le retour de la monarchie, lors de la Restauration, Louis XVIII décide la fermeture du musée, en 1816, et ses collections sont en partie dispersées. Les lieux, ainsi que l'ancien hôtel de police, sont alors affectés à l'École des beaux-arts, mais un certain nombre d'éléments des collections y demeurent, comme une série de copies de sculptures célèbres.

L'architecte François Debret est nommé en charge de la construction de nouveaux locaux en 1819. Il édifie d'abord le bâtiment des Loges, indispensable au fonctionnement des concours, et commence le Palais des Études, dont les travaux d'achèvent en 1829. Son élève et beau-frère Félix Duban lui succède en poursuivant l'édification du Palais des études et en réalisant le bâtiment des expositions (salle Melpomène et salle Foch) donnant sur le quai Malaquais. Il a aménagé les cours d'entrée du côté de la rue Bonaparte (qui prend ce nom en 1852), la chapelle et le cloître (cour du mûrier) de l'ancien couvent. Duban a réutilisé des éléments architecturaux et décoratifs, parfois disparates, restés en place après la dispersion des collections du musée des Monuments français, donnant à l'ensemble une unité incontestable. Parmi les plus remarquables de ces « réemplois », il faut noter la présence de nombreux éléments provenant des châteaux d'Anet et de Gaillon dont l'arc, placé entre cours d'entrée et d'honneur, faisait partie intégrante de la façade principale du Palais des études et ce, jusqu'à son démontage en 1977. L'œuvre de Félix Duban se retrouve, depuis, fortement dénaturée.

C'est en 1883 que l'École connaîtra sa dernière grande extension avec l'achat de l'hôtel de Chimay et ses annexes, datant des XVIIe et XVIIIe siècles, situés aux nos 15 et 17 quai Malaquais.

Après 1945, de nouveaux ateliers de trois étages, situés de part et d'autre de la salle dite « de la Melpomène », sont conçus par l'architecte Auguste Perret.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Constructions parasites et restaurations[modifier | modifier le code]

Un problème récurrent depuis 1969 : le manque d'espace pour étudier[modifier | modifier le code]

Après 1945, de nouveaux ateliers de trois étages, situés de part et d'autre de la salle dite « de la Melpomène », dont les halls du secrétariat, sont conçus par l'architecte Auguste Perret, étouffant les vieux bâtiments historiques, afin de tenter de satisfaire les effectifs grossissants très vite surtout à partir de 1968 (9 UP d'architecture en 1976). De nouveaux locaux furent construits sur place, puis des extirpations d'UP complètes des locaux historiques se firent dans des locaux de plus en plus éloignés et éparpillés, rue Jacques-Callot dans le 6e arrondissement de Paris, avenue de Flandre dans le 19e arrondissement de Paris. À la fin des années 1970, le bâtiment d'études de la Cour des Loges fut surélevé de deux étages. Des locaux préfabriqués, furent installés entre le Palais des Études et l'Hôtel de Chimay dans les années 1990. Le petit Atelier Historique de Georges Jeanclos, situé sur le flanc arrière droit du Palais des études fut détruit dans ces mêmes années.

En 2007, cinq nouveaux ateliers ont ouvert leurs portes à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis : ceux de forge, céramique, matériaux composites, mosaïque et taille.

Restaurations des lieux[modifier | modifier le code]

Cour du mûrier.

Entre 1975 et 1985, le ministère de la Culture privilégiant le patrimoine fit effectuer de nombreuses restaurations des bâtiments historiques, étant donné d'importants restes de l'ancien musée des monuments français et du musée des Beaux-Arts :

  • la cour Bonaparte comprenant nombre d’éléments muséaux architecturaux ;
  • le palais des Études, où était située une bonne partie du musée d'Études, sa grande verrière, les murs peints des deux escaliers magistraux et les grands corridors ;
  • la Cour du Mûrier et ses galeries (qui sont de nouveau dans un piteux état : les restaurations de mauvaise qualité n'ont pas tenu plus de dix ans) ;
  • la cour de l'hôtel de Chimay ;
  • et la Chapelle qui, pendant les années 1970, contenait en réserve une partie de l'ancien musée des Beaux-Arts, parce que le principe de l'étude par copie à partir d'œuvres (originaux ou copies fidèles) fut quasiment abandonné.

Modernisation des lieux[modifier | modifier le code]

Dans le cadre d’une mise aux normes d’accessibilité aux personnes handicapées, l’école des Beaux-Arts a aussi effectué une rénovation de ses bâtiments l’année dernière avec l’installation de plusieurs ascenseurs dans les bâtiments historiques de l’école.  C’est l’entreprise Drieux-Combaluzier, qui fut en charge du chantier.

Administration et pédagogie[modifier | modifier le code]

Histoire de ses pédagogies[modifier | modifier le code]

Fonctionnement avant 1968[modifier | modifier le code]

Après la suppression des écoles des Académie royale de peinture et de sculpture et Académie royale d'architecture en 1793, l'enseignement artistique est supprimé et celui de l'architecture est placé dans le cadre de la section du génie de l'École polytechnique. Sous la direction de Jean-Nicolas-Louis Durand, il se réduit progressivement à la science de l'ingénieur, tandis qu'une forme artistique d'enseignement subsiste sous la forme d'ateliers privés où le style éclectique se développe.

Avec la création de l'Institut de France en 1795, une première école est reconstituée par l'Académie des beaux-arts. Une école unique réunissant peinture, sculpture et architecture est créée le 1er floréal an V (20 avril 1797). Les professeurs sont choisis par les académiciens qui désignent aussi les autorités administratives de l'École. Ils décident des sujets et des lauréats du prix de Rome.

Ce mode de fonctionnement traditionnel est officialisé à la restauration avec l'ordonnance du 21 mars 1816 qui donne une existence officielle à l’École royale des beaux-arts[5]. Toutefois le rôle de l'Académie finit par se réduire, lorsque c'est finalement la réunion des professeurs qui désigne son représentant et son sécrétaire perpétuel.

Paul Delaroche, L'Hémicycle des Beaux-arts (1841-1842, détail).

Au Second Empire, au moment de la réforme de 1863, après la transformation de l'École royale en École impériale des beaux-arts, l'emprise de l'Académie est réduite avec la désignation du directeur et des professeurs par le ministère responsable de l'École. Des ateliers préparatoires à l'École et des cours gratuits sont mis en place. Des ateliers officiels sont créés dans chacune des quatre sections. Dans celle d'architecture, il y en a trois (ceux d'Alexis Paccard, de Charles Laisné et de Simon-Claude Constant-Dufeux), mais des ateliers libres subsistent (on en dénombre sept en 1907)[6].

L'École impériale ne devient École nationale des beaux-arts qu'après la chute de l'Empire en 1870 et l'instauration du régime républicain. Cette organisation du système pédagogique est confirmée par le décret du 30 septembre 1883, excepté l'organisation du prix de Rome et de sa préparation qui, depuis 1871, sont toujours sous la responsabilité de l'Académie des beaux-arts.

Les mouvements politiques et sociaux de mai et juin 1968 amènent le ministre de la culture d'alors André Malraux, pour rompre avec l'académisme et calmer les conflits politiques, à réformer en profondeur cette grande école. Il sépare l'architecture des autres disciplines en créant les unités pédagogiques d'architecture (UPA) sur tout le territoire ; elles sont devenues depuis les Écoles d'architecture, puis en 2005 le réseau des Écoles nationales supérieures d'architecture (ENSA).

Réformes après 1968[modifier | modifier le code]

De 1969 aux environs de 1985, dans les trois disciplines, Peinture - Gravure - Sculpture (PGS) les études se déroulaient en moyenne sur cinq années. Les étudiants étrangers déjà diplômés de l'École des beaux-arts de leur propre pays, dispensés de passer certaines unités de valeurs (UV) ne restaient fréquemment que deux années pour obtenir le DSAP (diplôme supérieur d'arts plastiques).

Le recrutement se faisait par concours : dessin, épreuve dans la discipline choisie et surtout un dossier de travaux effectués auparavant avec entretien avec quelques professeurs de l'École, le Jury. Pour les ressortissants français, l'admission à l'ENSBA se prépare souvent dans d'autres écoles :

  • beaux-arts municipaux, régionaux (depuis le milieu des années 1970) Il n'a jamais existé d'école départementale contrairement aux écoles normales d’instituteurs et autres
  • cours privés particulièrement en région parisienne.
  • spécificité parisienne : pour les jeunes Parisiens de milieu modeste, étant donné que la Ville de Paris, malgré une tentative avortée dans les années 1990, et les villes de banlieue n'ont jamais eu d'écoles de beaux-arts pour accueillir des étudiants à plein temps, ceux-ci ne pouvaient accéder directement après l'enseignement général aux études des beaux-arts, devant de fait se rabattre sur les études d'arts appliqués.

La réforme de 1969 a permis de démocratiser l'admission à l'École, d'un recrutement ultra sélectif (quelques dizaines d'élèves), l'École permit pendant une quinzaine d'années à environ 500 élèves par an d'être admis (environ 600 admis, dont 200 directement en atelier, pour 1400 postulants).

Pour l'accès au diplôme, l'étudiant était libre de prendre le temps qui lui convenait (ceci étant très favorable aux étudiants travailleurs) pour se présenter au diplôme avec l'accord du chef d'atelier qu'il avait choisi (et qui l'avait accepté) après avoir obtenu les 11 ou 14 unités de valeurs (UV), selon les sections, correspondant à autant de cours magistraux ou d'atelier spécialisés, dont deux UV la première année pour être autorisé à poursuivre. Bien que les études étaient censées officiellement se dérouler en cinq ans, comme il n'y avait pas d'"années", ni de section formalisant cela, l'élève artiste pouvait éventuellement mener un cursus libre d'un atelier ou d'une discipline à l'autre, voire passer les différents diplômes correspondant aux différentes disciplines.

Recrutement des professeurs[modifier | modifier le code]

Jusque vers 1985, le Collège des chefs d'atelier, souvent des artistes très renommés, était recruté par cooptation externe ou interne d'anciens élèves, devenus assistants. Sous le ministère de Jack Lang le recrutement collégial fut supprimé pour un choix effectué directement par le ministère.

Diplômes délivrés[modifier | modifier le code]

Entre 1969 et 1991, il n'y a qu'un seul diplôme, le Diplôme supérieur d'art plastique (D.S.A.P), avec mention de la discipline. Un étudiant diplômé du DSAP pouvait donc le re-passer pour les deux autres disciplines à raison d'obtenir les quelques unités de valeurs spécifiques. Jusqu'à l'ouverture des facultés d'Arts plastiques, le DSAP était le plus haut diplôme existant en pratique artistique en France, et très prisé par les étudiants-artistes étrangers.

Dans les années 1990, le DSAP est remplacé par le Diplôme national supérieur d'art plastique (D.N.S.A.P.), par ailleurs, un diplôme de 3e année, et des masters sont créés.

Organisation actuelle[modifier | modifier le code]

Entrée 15 quai Malaquais.

Les Beaux-Arts sont organisés en ateliers, contrairement à la plupart des autres écoles d'art qui fonctionnent par cours.

La durée des études à l’ENSBA est de trois années au minimum, de cinq années au maximum et d'une année post-diplôme non obligatoire.

Elle se décompose en :

  • une première année pluridisciplinaire ; au cours du 1er semestre, les étudiants s’inscrivent dans un atelier, en fonction des rencontres et des échanges qu’ils auront eus avec les enseignants ;
  • deux années de formation artistique, pratique et théorique. Ce premier cycle de 3 ans est sanctionné par un diplôme ;
  • une année d’expérimentation et d’ouverture (stages, voyages) ;
  • une année de préparation du diplôme.

Depuis 2006, l'enseignement est mis au normes européennes et l'année scolaire se décompose en 2 semestres sanctionnés par un nombre d'UC (unités de crédit) minimum obligatoire.

Collections, conservation et expositions[modifier | modifier le code]

Les archives.
Collections de lapidaire de la chapelle.

L'École nationale supérieure des beaux-arts possède un immense patrimoine, légué par les Académies royales puis régulièrement augmenté jusqu'en 1968 des travaux de ses élèves (les prix de Rome entre autres), mais aussi de tous les modèles pédagogiques acquis pour leur formation ainsi que de donations exceptionnelles[7].

Fortes de près de 450 000 œuvres et ouvrages, les collections de l'École des beaux-arts permettent ainsi de reconstituer l'histoire de l'enseignement de l'art officiel en France, qui essaima dans le monde entier, en attirant des étudiants de tous les continents.

Élisabeth Vigée-Lebrun, Tête de femme (1780, collection ENSBA).

Ces collections se composent d'environ 2 000 peintures dont des œuvres de Nicolas Poussin (Hersé et Aglaure), Antoine van Dyck, Hyacinthe Rigaud, Charles-Joseph Natoire, Jean-Honoré Fragonard, Hubert Robert, Jacques-Louis David (Érasistrate découvrant la cause de la maladie d’Antiochius) et Jean-Auguste-Dominique Ingres, de 600 objets de différents types d'arts décoratifs, de 600 éléments d'architecture (fragments, parties de bâtiments anciens), d'environ 15 000 médailles, de 3 700 sculptures, de 20 000 dessins dont certains par Albrecht Dürer, Michel-Ange, Paul Véronèse, Le Primatice, Pontormo, Jacques Bellange, Nicolas Poussin, Charles Le Brun, Claude Lorrain, Rubens, Antoon Van Dyck, Jacob Jordaens [8], Rembrandt, François Boucher, Hubert Robert, Ingres, Géricault, Delacroix, Gustave Moreau[9] ou encore Pierre Alechinsky, de 45 000 dessins d'architecture, de 100 000 gravures et estampes dont certaines par Dürer ou Lucas Cranach l'Ancien notamment, de 70 000 photographies datant pour la majeure partie de la période 1850-1914, de 65 000 livres datant du XVe au XXe siècle (dont 3 500 pour les XVe et XVIe siècles), de 1000 pièces d'archives manuscrites (lettres, inventaires, registres, notes) ainsi que de 390 importants manuscrits enluminés, complets ou fragmentaires.

Si ces collections ne sont pas présentées de façon permanente, elles font l'objet d'expositions régulières au sein de l'École ou font l'objet de prêts. S'agissant des dessins, le cabinet Jean Bonna a été inauguré en 2005 : deux expositions y sont organisées chaque année à partir du fonds de l'École, alors qu'une troisième est consacrée à un artiste contemporain. Les étudiants de l'École, ainsi que les étudiants à partir du 3e cycle et chercheurs en histoire de l'art, ont la possibilité de consulter la documentation et les œuvres communicables, sur rendez-vous, en salle de lecture.

Par ailleurs, la majorité des œuvres est décrite dans le Cat'zArts, qui est un catalogue numérisé des œuvres graphiques, manuscrits, peintures et sculpture[10]. Cette base de données comprend déjà près de 80 000 notices dont environ 48 000 sont illustrées[11]. Certains fonds sont également décrits dans la base Joconde du ministère de la Culture, et une intégration dans le moteur de recherche Collections de ce même ministère est actualisée.

Le catalogue Cat'zArts-Livres, également accessible par internet, permet quant à lui de consulter les références des livres imprimés et des périodiques. Dans le cadre de son partenariat avec l'Institut national d'histoire de l'art (INHA), les références des ouvrages du service des collections peuvent être consultées par le biais du catalogue collectif de l'INHA ; elles sont à terme reversées dans le catalogue national SUDOC.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

De la Bibliothèque des beaux-arts à la médiathèque[modifier | modifier le code]

Histoire du lieu[modifier | modifier le code]

La bibliothèque.

Dans le Catalogue méthodique de la bibliothèque de l'École nationale des beaux-arts rédigé en 1873 par Ernest Vinet, premier bibliothécaire de l'École, celui-ci écrivait que « parmi les grandes institutions publiques dont Paris s'honore, l'École des beaux-arts était, à la fin de 1862, la seule qui n'eut point encore de bibliothèque... c'était un amas de livres inaccessible, inconnu, ce n'était point une bibliothèque[12]. » Les choses ont bien changé.

Depuis l'origine de l'École, il n'existait pas de local pour permettre aux élèves de consulter les livres, les manuscrits, les estampes, les dessins d'académie ou d'architecture que l'École possède. Ils étaient déposés dans l'attique situé au-dessus de la galerie des modèles ou dans des cabinets. Les envois de Rome étaient archivés à la bibliothèque de l'Institut.

Pourtant une bibliothèque était prévue sur les plans de François Debret et de Félix Duban, comme sur les projets des professeurs de l'École. En 1861, ceux-ci décident de créer une salle de lecture dans l'ancienne galerie de présentation des maquettes d'architecture qui se trouvait dans l'aile est du Palais des Études.

Ernest Vinet est nommé bibliothécaire le 17 décembre 1862. Félix Duban est chargé de faire cette transformation avec ses conseils. Cette création est contemporaine de la réforme de l'École de 1863. La nouvelle bibliothèque ouvre ses portes aux élèves le 25 janvier 1864. C'est une salle rectangulaire de 20 m par 8.

Dans son rapport de 1863, Vinet présente la bibliothèque et en particulier les meubles qui ont dû être créés pour recevoir certains grands documents et placés dans deux grandes épines dans l'axe médian de la salle : « L'École possède un grand nombre de dessins d'architecture qui forment cent soixante volume in-folio. Il est de ces volumes qui n'ont pas moins de 1,70 m de hauteur. Ce qui nous contraint à leur consacrer des meubles tout exprès ». Les rayonnages sont placés contre le mur face aux fenêtre. Des tables sont placées dans l'axe médian, entre les meubles, pour recevoir douze à quinze lecteurs. Sous les fenêtres ont été placés des casiers mobiles avec des médaillers vitrés. Des tableaux de l'ancienne Académie royale de peinture sont placés sur les murs.

Dans les années 1940, il devient évident qu'il faut agrandir la bibliothèque. En 1967, la bibliothèque est agrandie d'une salle des périodiques et d'une bibliothèque pour les études élémentaires placées dans la galerie nord du Palais des Études. La bibliothèque est rénovée en 1975.

Dans les années 1990, le mécénat grec des « Amis de Stratis Andréadis » a permis la transformation de la bibliothèque en médiathèque d'actualité portant son nom, qui a ouvert ses portes en 1994.

La médiathèque d'actualité Stratis Andréadis[modifier | modifier le code]

La médiathèque.

Logée dans la cour vitrée du Palais des Études, la Médiathèque de l'École des beaux-arts de Paris a répondu aux exigences de l'enseignement artistique, jusqu'alors uniquement enrichi et documenté par les activités du CID (1974)[réf. nécessaire]. Créé en 1983 sous le nom de Salle d'actualité/CID à l'initiative de Mathilde Ferrer et d'un groupe de documentalistes issues de l'Institut de l'Environnement, grâce au soutien du directeur F. Wehrlin et de quelques enseignants tels que Georges Jeanclos, ce service comblait une lacune, celle d'une information actualisée sur l'art contemporain et l'enseignement artistique[réf. nécessaire].

La médiathèque comporte un fonds composé de livres, catalogues d'expositions, monographies d'artistes, périodiques français et étrangers, dossiers thématiques, documents audiovisuels, photographies numériques des travaux d'élèves. Le fonds est en libre accès dans sa majeure partie et s'adresse en priorité aux étudiants et enseignants de l'École, mais est accessible à toute personne extérieure qui justifie de travaux de recherche, étudiants, universitaires, critiques, artistes[13].

Expositions publiques[modifier | modifier le code]

Dans sa galerie d'expositions donnant sur le quai Malaquais, au numéro 13, l'ENSBA organise des expositions variées en rapport avec les beaux-arts et y présente également parfois ses collections. Cet ensemble comporte une grande salle au rez-de-chaussée et plusieurs autres salles à l'étage. Les lieux peuvent êtré loués. Le premier Salon de la Jeune Peinture s'est tenu ici en 1950 et le second en 1951.

Prêts de locaux et financements extérieurs[modifier | modifier le code]

Lieu de tournage[modifier | modifier le code]

Membres de l'ENSBA[modifier | modifier le code]

Direction[modifier | modifier le code]

De 1795 à 1863[modifier | modifier le code]

Joseph-Nicolas Robert-Fleury, 1er directeur en titre de l'École.

De 1795 à la réforme du 15 novembre 1863[14], l'École est dirigée par un conseil de professeurs.

Ce conseil, formé au départ de douze artistes (six peintres et six sculpteurs), est secondé par un secrétaire perpétuel.

La République de 1848 crée un poste de directeur administratif : ce fut d'abord Charles Blanc, qui fut remplacé par Alfred d'Orsay en juin 1852 sur ordre de Louis-Napoléon Bonaparte, Président de la République.

Les directeurs depuis 1863[modifier | modifier le code]

Le corps professoral[modifier | modifier le code]

Enseignants avant 1968[modifier | modifier le code]

Ateliers d'architecture[modifier | modifier le code]
professeurs, chefs d'atelier de 1937 à 1954
professeurs, chefs d'atelier de 1954 à 1968
Ateliers de peinture[modifier | modifier le code]
professeurs, chefs d'atelier
Ateliers de fresque[modifier | modifier le code]

Créé en 1911[18].

Ateliers de dessins[modifier | modifier le code]
Ateliers de sculpture[modifier | modifier le code]
Atelier de gravure[modifier | modifier le code]
Atelier de lithographie[modifier | modifier le code]
Atelier de gravure en médailles[modifier | modifier le code]
Atelier d'art monumental[modifier | modifier le code]

Créé en 1945 spécialement pour Jean Souverbie.

Ateliers de perspective[modifier | modifier le code]

créé par Pierre-Charles Dandrillon[19]

Ateliers libres[modifier | modifier le code]

Ateliers d'architecture[modifier | modifier le code]
Chaire d'anatomie-morphologie[modifier | modifier le code]
Atelier de typographie[modifier | modifier le code]
Atelier du vitrail[modifier | modifier le code]

Enseignants après 1968[modifier | modifier le code]


Enseignements théoriques :


Pôle dessin :


Pôle impression-édition et numérique :


Département des technicités :


Pratiques artistiques :

Élèves notables[modifier | modifier le code]

Les élèves et anciens élèves sont traditionnellement réunis au sein de l'association appelée Grande Masse des Beaux-Arts, créée officiellement en 1926, mais dont le système existe depuis la fin du XIXe siècle. Elle assure un certain nombre de services sociaux aux élèves et anciens élèves de l'École, ainsi qu'aux anciens élèves des écoles nationales d'architecture parisiennes.

Cette liste permet de retrouver certains artistes diplômés de l'école depuis 1817 :

Sinon, il faut rechercher trace de l'étudiant dans la base de donnée Cat'zArts.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Livret de l'étudiant
  2. annuaire de letudiant.fr
  3. « Beaux-Arts : un futur musée dans le courant de l’année » par Élodie Soulié, dans Le Parisien, 11 janvier 2O17.
  4. Prieuré de la Sainte-Trinité des Petits-Augustins (Paris), notice du Catalogue général de la BnF.
  5. « École nationale supérieure des beaux-arts - histoire des producteurs », sur Archives nationales (consulté le 6 décembre 2009)
  6. David de Pénanrun, Roux et Delaire, Les architectes élèves de l'École des beaux-arts, Librairie de la construction moderne, 2e éd., 1907, p. 121-126
  7. École nationale supérieure des beaux-arts (Paris), La collection, rubrique du site institutionnel
  8. Musée de la Chartreuse de Douai, Dessins baroques flamands de la collection de l'ENSBA
  9. La Tribune de l'Art Expositions d'inédits de Gustave Moreau
  10. Cat'zArts
  11. Ministère de la culture, Patrimoine numérique, catalogue du des œuvres numérisées en France
  12. Fabiene Doulat et Anne Richard-Bazire, École des beaux-arts, p. 132-134, "Les bibliothèques parisiennes. Architecture et décor", sous la direction de Myriam Bacha et Christian Hottin, Action Artistique de la Ville de Paris, 2002 (ISBN 2-913246-39-7)
  13. Le catalogue est accessible en ligne. La médiathèque édite par ailleurs en ligne un guide pour les jeunes artistes : "Entrée des artistes"
  14. « La réforme de l'École des beaux-arts de 1863 : Peinture et sculpture » par Alain Bonnet, dans Romantisme, 1996, no 93, p. 27-38.
  15. « École nationale supérieure des beaux-arts », sur ministère de la Culture (brochure) (consulté le 6 décembre 2009)
  16. Aux beaux-arts de Paris, le fait de la princesse ?, Les Inrocks, 1er juillet 2015
  17. succède à Alexandre Cabanel
  18. Diederik Bakhuiys, Mylène Lajoix, Paul Albert Baudoüin et les décors rouennais, Rouen, musée des Beaux-Arts [s.d.], 18.p.
  19. Agnès Goudail, Catherine Giraudon, Jean-Michel Leniaud, Procès-Verbaux de l'Académie des Beaux-Arts, vol 1, volumes 1811-1815, Lib. Droz, 2001.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Chappey, Les Professeurs de l'École des beaux-arts, dans Romantisme, 1996. no 93. p. 95-101.
  • Annie Jacques & Emmanuel Schwartz, Les Beaux-arts, de l'Académie aux Quat'z'arts, coll. Beaux arts Histoire, Ensba, 2001 (ISBN 978-2840560968)
  • David de Penanrun, F. Roux, E. Delaire, Les architectes élève de l'école des beaux-arts. 1793-1907, Libraire de la construction moderne, Paris, 1907 ; pp. 484 (lire en ligne)
  • Dictionnaire des élèves architectes de l’École des beaux-arts (1800-1968) - INHA. Responsable : Marie-Laure Crosnier Leconte

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]