Christian Boltanski

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Christian Boltanski
Christian-Boltanski-portrait.jpg

Christian Boltanski photographié dans son atelier
par Bracha L. Ettinger en 1990[1].

Naissance
(72 ans)
Paris
Nationalité
française
Activité
Fratrie
Conjoint
Distinctions
Œuvres réputées
Personnes (Paris)

Christian Boltanski est un artiste plasticien français, né le à Paris. Photographe, sculpteur et cinéaste, connu avant tout pour ses installations, il se définit lui-même comme peintre, bien qu'il ait depuis longtemps abandonné ce support. Boltanski est reconnu comme l'un des principaux artistes contemporains français. Il vit à Malakoff dans un bâtiment industriel reconverti en logements d'artistes par l'architecte Robert-Antoine Montier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Christian Boltanski est le fils d'un père juif d'origine russe, médecin, et d'une mère chrétienne corse[2]. Il commence à peindre en 1958, à l’âge de 14 ans, alors qu’il n’a jamais connu de véritable scolarité ni suivi de formation artistique au sens traditionnel du terme[3].

Boltanski s'éloigne de la peinture à partir de 1967 et expérimente l'écriture, par des lettres, des installations ou des dossiers qu'il envoie à des personnalités artistiques. Dans la biographie qu'il rédige en 1984, à l'occasion d'une rétrospective, il décrit sa vocation artistique ainsi :

« 1958. Il peint, il veut faire de l'art. 1968. Il n'achète plus de revues d'art moderne, il a un choc, il fait de la photographie, blanche et noire, tragique, humaine… »

Il réalise une série de films courts entre 1969 et 1971, dans lesquels il se met en scène dans des dispositifs grotesques (L’Homme qui tousse, L’Homme qui lèche, Derrière la porte).

Famille[modifier | modifier le code]

Boltanski est marié à la photographe plasticienne Annette Messager.

Il a deux frères, le sociologue Luc Boltanski et le linguiste Jean-Élie Boltanski. Le journaliste, écrivain et chroniqueur Christophe Boltanski est son neveu.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

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Boltanski questionne la frontière entre absence et présence. En effet, l’absence est un sujet récurrent dans son travail: la vidéo comme la photo sont des présences, des mémoires qui, selon lui, au lieu de faire revivre les absents vont au contraire mettre davantage en évidence leur disparition.

Employant divers matériaux (photographies anciennes, objets trouvés, carton ondulé, pâte à modeler, luminaires, bougies…), Boltanski cherche l’émotion à travers toutes les expressions artistiques qu’il utilise : photos, cinéma, vidéo. Les thèmes omniprésents dans son œuvre sont la mémoire, l’inconscient, l’enfance et la mort.

Une des particularités de l'artiste est sa capacité à reconstituer des instants de vie avec des objets qui ne lui ont jamais appartenu mais qu'il expose pourtant comme tels. Il imagine une vie, se l'approprie et tous les objets de ses dossiers, livres, collections sont les dépositaires de souvenirs. Ils ont un pouvoir émotionnel fort, car ils font appel à la « petite-mémoire », c'est-à-dire à la mémoire affective.

Ces œuvres en appellent au souvenir, du souvenir d’enfance au souvenir des défunts, et d’une histoire personnelle à l’histoire commune de toutes et de tous. En 1972, Boltanski intitule une section de son exposition « mythologie individuelle », un concept représentatif de son rapport à l'autobiographie.

Depuis plusieurs années, il favorise principalement dans son travail d'énormes installations telles que Personnes à la Monumenta du Grand-Palais[5], No Man's Land à l'Armory de New-York (en) ou encore Chance au pavillon français de la Biennale de Venise en 2011.

En dehors de ces projets éphémères, il installe des œuvres permanentes qui s'augmentent constamment telles que Les archives des cœurs dans l'île de Teshima au Japon ou Les dernières années de CB sur l'île de Tasmanie en Australie.

Sélection d'œuvres[modifier | modifier le code]

  • Monument, Musée du MAC/VAL
  • La chambre ovale, 1990
  • Les archives de C.B., enregistrement vidéo, Brigitte Cornard, Christian Boltanski, participant, 1998 (avec notamment L'Homme qui tousse)
  • Essai de reconstitution (Trois tiroirs), 1970-1992
  • Vitrine de référence, 1971
  • Sans titre, 1971, vitrine contenant 98 sucres taillés et fixés sur carton, 56 × 85,5 × 10 cm, musée d'art de Toulon
  • Saynètes comiques, 1974
  • Les Registres du Grand-Hornu, 1977
  • Composition théâtrale, 1981
  • Monument, 2,60 × 11 m, musée de Grenoble, 1985
  • Enfants de Dijon, 1996
  • Les archives de C.B. 1965-1988, 1989
  • L’homme qui tousse (réalisé avec J.-C. Valesy), 1969 Film 16 mm couleur, sonore, 3 min. Une pièce teintée de rouge et noir, éclairée par une fenêtre, un homme assis par terre dont seule la bouche est visible est en train de cracher du sang, le sang se déverse sur ses jambes allongées sur le sol.
  • La maison manquante, 1990
  • Réserve[6], 1990 Installation présentée dans une pièce aux murs blancs pour présenter l'horreur de la guerre ; les murs de la pièce sont recouverts de vieux vêtements, qui semblent répartis en plusieurs étages.
  • Reliquaire, les linges, 1998
  • Les Abonnés du téléphone, 2000[7]
  • Le Parcours d'ombre à Vitteaux, 2004[8]
  • Installation au Museo per la Memoria di Ustica à Bologne autour des éléments du DC-9 reconstitué et des objets personnels des victimes de la tragédie d'Ustica
  • Personnes[9], 2010

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Biennale de Paris : 1975
  • documenta, Kassel
    • 1972 : L’album de la famille D. lance sa carrière internationale.
    • 1987 montre un tournant dans ses sources d'inspiration ; Boltanski s'éloigne de la photographie et se tourne vers le vêtement, objet de mémoire notamment de la Shoah.
  • Biennale de Venise : 1986
  • L'arteppes-espace d'art contemporain[10], 1997
  • Monumenta 2010 : Boltanski investit la nef du Grand Palais Sa création intitulée Personnes[11] est ensuite présentée au Park Avenue Armory (en) (en) de New York (du 14 mai au 13 juin 2010) et au Hangar Bicocca de Milan (du 25 juin au 26 septembre 2010)
  • MAC/VAL, musée d'art contemporain du Val-de-Marne (du 15 janvier au 28 mars 2010) « Après »
  • Biennale de Venise 2011 : Boltanski représente la France lors de la 54e édition. Il a choisi comme commissaire d'exposition Jean-Hubert Martin[12].
  • Mons 2015 : « La salle des pendus » au Grand-Hornu (du 15 mars au 16 août 2015)
  • Monnaie de Paris 2015 : « Take Me (I'm Yours) » (du 16 septembre au 7 novembre 2015) Conçue par Christian Boltanski et Hans Ulrich Obrist, l'exposition est récréée à la Monnaie de Paris après avoir été initiée vingt ans auparavant à Londres. Elle donne l'occasion au visiteur de participer de façon interactive en pouvant emporter, troquer ou échanger des objets ou vêtements trouvés ou apportés sur place.

Publications[modifier | modifier le code]

Écrits et témoignages[modifier | modifier le code]

Catalogues d'exposition[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pour le livre d'artiste Matrix et le Voyage à Jérusalem de C.B. (1991).
  2. « Christian Boltanski au Grand Palais », ArtCult, 12 janvier 2010.
  3. « Souvenirs d'enfance à Désertines », France Culture, 12 décembre 2004.
  4. Liste des lauréat du prix sur le portail franco-allemand.
  5. Voir sur france-amerique.com.
  6. « Parcours pédagogique : Christian Boltanski », Centre Pompidou
  7. « Présentation des œuvres de Boltanski », sur mam.paris.fr/ (consulté le 2 octobre 2012).
  8. « Parcours Boltanski », sur www.cotedor-tourisme.com
  9. « Monumenta 2010 », notice du Grand Palais.
  10. Voir sur larteppes.org.
  11. Sur le site de « Monumenta 2010 ».
  12. Ancien directeur de la Kunsthalle de Berne, du musée national d'Art moderne, du musée national des arts d'Afrique et d'Océanie et du Museum Kunst Palast (de)(de) de Düsseldorf et actuellement directeur honoraire du musée national d'art moderne - Centre Georges Pompidou.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • Alain Fleischer et Didier Semin, « Christian Boltanski : la revanche de la maladresse », Art press no 128, septembre 1988
  • Didier Semin, Christian Boltanski, Paris, Éditions Art Press, 1989
  • Lynn Gumpert, Christian Boltanski, Paris, Flammarion, 1992
  • Éliane Burnet, « Dépouilles et reliques, les Réserve de Christian Boltanski », Les Cahiers du Musée national d'art moderne, no 62, hiver 1997-1998
  • Gilbert Lascault, Boltanski : souvenance, Paris, L'Échoppe, 1998
  • Catherine Grenier (avec Christian Boltanski), La Vie possible de Christian Boltanski, Seuil, coll. Fiction & Cie, 2007
  • Peter Lodermeyer, Karlyn De Jongh & Sarah Gold, Personal Structures: Time Space Existence, DuMont Verlag, Cologne, 2009
  • Catherine Grenier et Daniel Mendelsohn, Christian Boltanski, Flammarion, coll. « Flammarion Contemporary », 2010
  • Dominique Radrizzani et Christian Boltanski, Le Dessin impossible de Christian Boltanski, Buchet-Chastel, coll. Les cahiers dessinés, 2010
  • Diana B. Wechsler, Boltanski, Buenos Aires, EDUNTREF-Les presses du reel, 2013[1]

Liens externes[modifier | modifier le code]


  1. « BOLTANSKI BUENOS AIRES », sur boltanskibsas.com.ar (consulté le 13 mai 2017)