Christian Boltanski

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Christian Boltanski
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Christian Boltanski photographié dans son atelier par Bracha L. Ettinger en 1990[1].
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Jean-Élie Boltanski (d)
Luc BoltanskiVoir et modifier les données sur Wikidata
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Marian Goodman Gallery (d), Light ConeVoir et modifier les données sur Wikidata
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Murmures, Personnes (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Christian Boltanski, né le à Paris et mort dans la même ville le , est un artiste plasticien français reconnu comme l'un des principaux artistes contemporains français. Photographe, sculpteur et cinéaste, il est avant tout célèbre pour ses installations. Il se définit lui-même comme peintre, alors qu'il a, depuis longtemps, abandonné ce support.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Christian Boltanski est le fils d'un père médecin, juif d'origine russe[2]. Sa mère, née Marie-Elise Ilari-Guérin, est écrivaine, sous le pseudonyme d’Annie Lauran[3]. Dans un entretien il disait :

« Mon père était juif [d’origine russe]. Pendant la guerre, ma mère [catholique] a eu peur. Un jour, elle a fait semblant de s’engueuler avec lui. Ensuite elle l’a caché sous le plancher et a demandé le divorce. Il est resté un an et demi dans cette cachette… Puis mes parents se sont remariés. »

Il a deux frères, le sociologue Luc Boltanski et le linguiste Jean-Élie Boltanski. Le journaliste, écrivain et chroniqueur Christophe Boltanski est son neveu[3].

Parcours[modifier | modifier le code]

Il commence à peindre en 1958, à l’âge de 14 ans, alors qu’il n’a jamais connu de véritable scolarité ni suivi de formation artistique au sens traditionnel du terme[4].

Ses premiers travaux avaient tendance à être assez sombres et de nature historique[5].

Adolescent, son père lui aurait fait rencontrer André Breton, son condisciple du lycée Chaptal, qui lui aurait déconseillé cette voie :

« Vous avez l'air très gentil. Ne devenez pas artiste. Ils sont tous méchants. C'est un sale milieu[6]. »

Boltanski s'éloigne de la peinture à partir de 1967 et expérimente l'écriture, par des lettres, des installations ou des dossiers qu'il envoie à des personnalités artistiques. Dans la biographie qu'il rédige en 1984, à l'occasion d'une rétrospective, il décrit sa vocation artistique ainsi :

« 1958. Il peint, il veut faire de l'art. 1968. Il n'achète plus de revues d'art moderne, il a un choc, il fait de la photographie, blanche et noire, tragique, humaine… »

Sa première exposition a lieu en 1968 au théâtre Le Ranelagh à Paris, avec des marionnettes à taille humaine et un film intitulé La Vie impossible de C. B. ; l'invitation à l'évènement est rédigée par la poétesse Gisèle Prassinos, qui commence en écrivant :

« Christian Boltanski montre avec insistance la misère, la vieillesse, la solitude et la mort[7]. »

En 1969, il publie son premier livre[8] et réalise une série de films courts entre 1969 et 1971, dans lesquels il se met en scène dans des dispositifs grotesques (L’Homme qui tousse, L’Homme qui lèche, Derrière la porte).

Il affirme se sentir plus proche de Giacometti que de Picasso[9].

Prise de position[modifier | modifier le code]

Christian Boltanski à l'IVAM de Valence.

Il soutient François Hollande, le candidat PS à l'élection présidentielle de 2012[8].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Christian Boltanski est l'époux de la photographe plasticienne Annette Messager. Ils se sont liés peu après la Biennale de Paris de 1969[7].

Il vécut à Malakoff, en banlieue parisienne, dans un bâtiment industriel reconverti en logements d'artistes par l'architecte Robert-Antoine Montier. Son atelier y était installé[7].

Mort[modifier | modifier le code]

Christian Boltanski meurt à Paris, à l'hôpital Cochin[10], le à l'âge de 76 ans[3] des suites d'une leucémie foudroyante[11].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Boltanski questionne la frontière entre absence et présence. En effet, l’absence est un sujet récurrent dans son travail : la vidéo comme la photo sont des présences, des mémoires qui, selon lui, au lieu de faire revivre les absents, vont au contraire mettre davantage en évidence leur disparition.

Employant divers matériaux (photographies anciennes, objets trouvés, carton ondulé, pâte à modeler, luminaires, bougies…), Boltanski cherche l’émotion à travers toutes les expressions artistiques qu’il utilise : photos, cinéma, vidéo[5]. Les thèmes omniprésents dans son œuvre sont la mémoire, l’inconscient, l’enfance et la mort[5].

Une des particularités de l'artiste est son habitude de reconstituer des instants de vie avec des objets qui ne lui ont jamais appartenu mais qu'il expose pourtant comme tels. Il imagine une vie, se l'approprie et tous les objets de ses dossiers, livres, collections sont les dépositaires de souvenirs. Ils ont un pouvoir émotionnel fort, car ils font appel à la « petite-mémoire »[12], c'est-à-dire à la mémoire affective.

Ces œuvres en appellent au souvenir, du souvenir d’enfance au souvenir des défunts, et d’une histoire personnelle à l’histoire commune de toutes et de tous. En 1972 lors d’une exposition à Cassel (Allemagne), Boltanski expose dans une salle intitulée « mythologie individuelle », un concept représentatif de son rapport à l'autobiographie[13].

À partir des années 2000, il favorise principalement dans son travail d'énormes installations, telles que Personnes à la Monumenta du Grand Palais (2010)[14][réf. non conforme], No Man's Land à l'Armory de New York (en) (2010)[15] ou encore Chance au pavillon français de la Biennale de Venise en 2011[16].

En dehors de ces projets éphémères, il installe des œuvres permanentes qui s'augmentent constamment, telles que Les Archives du cœur sur l'île de Teshima au Japon[17] ou Les Dernières Années de CB sur l'île de Tasmanie en Australie[18]. Ce dernier projet consiste à filmer l'artiste avec des caméras, tout au long de sa journée. Le commanditaire du projet, qui vit en Tasmanie, espère le voir « mourir en direct » ; de ce fait, les rapports entre les deux hommes sont « parfois difficiles »[9].

Sélection d'œuvres[modifier | modifier le code]

Vanitas, crypte du dôme de Salzbourg.
Chance 9, Carriageworks, Sydney.
  • Monument, Musée du MAC/VAL
  • La Chambre ovale, 1967
  • Les Archives de C.B., enregistrement vidéo, Brigitte Cornard, Christian Boltanski, participant, 1998 (avec notamment L'Homme qui tousse)
  • Essai de reconstitution (Trois tiroirs), 1970-1992
  • Vitrine de référence, 1971
  • Sans titre, 1971, vitrine contenant 98 sucres taillés et fixés sur carton, 56 × 85,5 × 10 cm, musée d'art de Toulon
  • Saynètes comiques, 1974
  • Les Registres du Grand-Hornu, 1977
  • Composition théâtrale, 1981
  • Monument, 2,60 × 11 m, musée de Grenoble, 1985
  • Enfants de Dijon, 1996
  • Les Archives de C.B. 1965-1988, 1989
  • L’homme qui tousse (réalisé avec J.-C. Valesy), 1969 Film 16 mm couleur, sonore, 3 min. Une pièce teintée de rouge et noir, éclairée par une fenêtre, un homme assis par terre dont seule la bouche est visible est en train de cracher du sang, le sang se déverse sur ses jambes allongées sur le sol.
  • La Maison manquante, 1990
  • Réserve[19], 1990 Installation présentée dans une pièce aux murs blancs pour présenter l'horreur de la guerre ; les murs de la pièce sont recouverts de vieux vêtements, qui semblent répartis en plusieurs étages.
  • Reliquaire, les linges, 1994
  • Les Abonnés du téléphone, 2000[20]
  • Le Parcours d'ombre à Vitteaux, 2004[21]
  • La Parabole, 2005
  • Installation au Museo per la Memoria di Ustica à Bologne autour des éléments du DC-9 reconstitué et des objets personnels des victimes de la tragédie d'Ustica, 2007
  • Les Archives du cœur, musée de l’Île de Teshima (Japon), 2008
  • Les Dernières Années de C. B., Tasmanie, 2009
  • Personnes[22], 2010
  • No Man’s Land, Armory de New York, 2010
  • Animitas, Musée national des beaux-arts du Québec à Québec, 2017[23]

Expositions[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive.

Publications[modifier | modifier le code]

Écrits et témoignages[modifier | modifier le code]

Catalogues d'exposition[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pour le livre d'artiste Matrix et le Voyage à Jérusalem de C.B. (1991).
  2. « Christian Boltanski au Grand Palais », ArtCult, .
  3. a b et c « L’artiste plasticien Christian Boltanski est mort », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 14 juillet 2021).
  4. « Souvenirs d'enfance à Désertines », France Culture, .
  5. a b et c ELLE, « Christian Boltanski », sur elle.fr (consulté le 24 novembre 2020).
  6. Christophe Boltanski, La Cache, Stock, « Collection bleue », 2015 (ISBN 978-2-234-07637-2).
  7. a b et c Philippe Dagen, « L’artiste plasticien Christian Boltanski est mort », sur Le Monde, (consulté le 15 juillet 2021).
  8. a et b « Les "hollandais" de la culture. Ces artistes qui le soutiennent », Le Figaro, encart « Le Figaro et vous », , page 32.
  9. a et b Propos de C. Boltanski, dans « Faire son temps, avec Christian Boltanski - Épisode 1 », L'heure bleue, France Inter, .
  10. AFP, « L’artiste contemporain Christian Boltanski est mort à l’âge de 76 ans », Sud Ouest,‎ (lire en ligne).
  11. Olivier Vogel, « Christian Boltanski, artiste multiple et maître de l'autobiographie, est mort », sur France Culture.
  12. Institut national de l’audiovisuel, « Boltanski : l'art de la mémoire », sur Ina.fr (consulté le 2 mai 2020).
  13. Magali Nachtergael, « L’émergence des mythologies individuelles, du brut au contemporain », Les Mythologies individuelles : la nouvelle culture du moi,‎ , p. 8-9 (lire en ligne).
  14. MONUMENTA / CHRISTIAN BOLTANSKI, Paris, Grand Palais, 2010 (consulté le 02 mai 2020).
  15. (en-US) Dorothy Spears, « Exploring Mortality With Clothes and a Claw », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 2 mai 2020).
  16. « CHANCE de Christian Boltanski : 440 000 visiteurs au pavillon français de la Biennale de Venise ! », sur INFERNO, (consulté le 2 mai 2020).
  17. (en) « Les Archives du Cœur », sur Benesse Art Site Naoshima (consulté le 2 mai 2020).
  18. Institut National de l’Audiovisuel- Ina.fr, « Christian Boltanski joue une partie contre le diable », sur Ina.fr (consulté le 2 mai 2020).
  19. « Parcours pédagogique : Christian Boltanski », Centre Pompidou.
  20. « Présentation des œuvres de Boltanski », sur mam.paris.fr/ (consulté le 2 octobre 2012).
  21. « Parcours Boltanski », sur cotedor-tourisme.com.
  22. « Monumenta 2010 », notice du Grand Palais.
  23. Animitas, 2017, collection Musée national des beaux-arts du Québec.
  24. Voir sur larteppes.org.
  25. Sur le site de « Monumenta 2010 ».
  26. Du au .
  27. Du au .
  28. Du au .
  29. Ancien directeur de la Kunsthalle de Berne, du musée national d'art moderne, du musée national des arts d'Afrique et d'Océanie et du Museum Kunst Palast de Düsseldorf et actuellement directeur honoraire du musée national d'art moderne - Centre Georges Pompidou.
  30. Du au .
  31. Du au .
  32. Du au .
  33. Du au .
  34. (en) « Christian Boltanski - The National Museum of Art, Osaka », sur nmao.go.jp (consulté le 30 janvier 2019).
  35. Du au .
  36. (en)Exposition « Boltanski » sur Divento.com.
  37. « Exposition Christian Boltanski : faire son temps », sur Centre Pompidou (consulté le 8 décembre 2019).
  38. Liste des lauréats du prix sur le portail franco-allemand.
  39. Archives des nominations et promotions dans l'ordre des Arts et des Lettres[PDF] ; promotion du .
  40. Décret du portant promotion et nomination.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Essais[modifier | modifier le code]

  • Alain Fleischer et Didier Semin, « Christian Boltanski : la revanche de la maladresse », Art press no 128,
  • Didier Semin, Christian Boltanski, Paris, Éditions Art Press, 1989
  • Lynn Gumpert, Christian Boltanski, Paris, Flammarion, 1992
  • Éliane Burnet, « Dépouilles et reliques, les Réserve de Christian Boltanski », Les Cahiers du Musée national d'art moderne, no 62, hiver 1997-1995
  • Gilbert Lascault, Boltanski : souvenance, Paris, L'Échoppe, 1998
  • Catherine Grenier (avec Christian Boltanski), La Vie possible de Christian Boltanski, Seuil, coll. « Fiction & Cie », 2007
  • Peter Lodermeyer, Karlyn De Jongh & Sarah Gold, Personal Structures: Time Space Existence, DuMont Verlag, Cologne, 2009
  • Catherine Grenier et Daniel Mendelsohn, Christian Boltanski, Flammarion, coll. « Flammarion Contemporary », 2010
  • Dominique Radrizzani et Christian Boltanski, Le Dessin impossible de Christian Boltanski, Buchet-Chastel, coll. « Les cahiers dessinés », 2010
  • Diana B. Wechsler, Boltanski, Buenos Aires, EDUNTREF-Les presses du réel, 2013
« Boltanski, Buenos Aires »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur boltanskibsas.com.ar (consulté le 13 mai 2017)

Radio[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]