Pierre Bergounioux

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Pierre Bergounioux
Naissance (68 ans)
Brive-la-Gaillarde (Corrèze)
Activité principale
écrivain
Distinctions
grand prix de littérature de la SGDL pour l’ensemble de l’œuvre (2002)
prix Roger-Caillois pour l'ensemble de son œuvre (2009)
Auteur
Langue d’écriture français
Genres
roman, essai, critique littéraire

Pierre Bergounioux, né le à Brive-la-Gaillarde, est un écrivain français, sculpteur et professeur de lettres[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, agrégé de lettres modernes, à l'occasion critique littéraire, mais aussi sculpteur, enseignant, père de famille, pêcheur de truites et de gros livres, Pierre Bergounioux partage sa vie entre les solitudes lumineuses de la Haute-Corrèze et les jours austères, laborieux, contraints, en banlieue parisienne. Après avoir passé l'essentiel de sa carrière en collège, Pierre Bergounioux dispense depuis 2007 des cours sur l'histoire de la création littéraire aux Beaux-Arts de Paris[2].

Une citation tirée de son livre Invention du présent est le sujet de la composition française du concours général en 2010.

Pierre Bergounioux pratique aussi les arts plastiques comme sculpteur ; prenant son matériau chez un ferrailleur corrézien, il intervient peu sur les objets de récupération qu'il soude et patine. Du fait de sa double activité créatrice, Bergounioux peut être considéré comme un « littérartiste », selon Elsa-Flore Christophe[3][réf. insuffisante].

Jean-Paul Michel, avec qui il est ami depuis qu'ils étudiaient tous deux au lycée de Brive-la-Gaillarde, lui a consacré un de ses livres, « La deuxième fois », Pierre Bergounioux sculpteur (William Blake & Co., Bordeaux).

En 2013, Henry Colomer lui consacre un film intitulé Vies métalliques, et sous-titré « Rencontres avec Pierre Bergounioux », témoignage sur la créativité plastique de l'écrivain.

Parallèlement, Pierre Bergounioux a mené une réflexion sur l'école dans un livre d'entretiens paru en octobre 2006, ironiquement intitulé École : mission accomplie. Il y fait l'amer constat de l'échec du collège unique, dont le fonctionnement non seulement ne réduit pas les inégalités, mais accentue chez les élèves les plus faibles l'humiliation et le pressentiment qu'ils ont de l'infériorité de leur condition sociale.

« La seule façon de ne pas faire violence aux enfants serait de les juger par rapport à eux-mêmes, d'évaluer la distance qu'ils ont parcourue entre l'état où nous les avons trouvés au sortir de l'univers familial et celui auquel ils se sont élevés sous l'effet de notre enseignement. Mais cela reviendrait à reconnaître publiquement l'injustice de notre société, à en tirer les conséquences, qui sont révolutionnaires, rien de moins, et jamais nous n'avons été aussi loin de le faire. »

Style et contenu[modifier | modifier le code]

Portés par un style poétique remarquablement ciselé[réf. nécessaire], ses livres entendent éclaircir la douloureuse question des origines et du déracinement, non seulement géographique, mais ontologique. L'œuvre de Bergounioux cherche à dépasser la déchirure qui mène de l'enfance à l'âge adulte, c'est-à-dire à la connaissance de sa propre ignorance et de l'absurdité du monde. Comme Faulkner, à qui il a consacré un livre et quelques articles, « entre le chagrin et le néant, [il a] choisi le chagrin. »

Son œuvre abondante, d'inspiration autobiographique, se lit comme un seul grand livre, reprenant sans cesse les mêmes motifs pour patiemment cerner l'unique objet de ses préoccupations : celui de l'existence soumise à l'inlassable travail du temps.[réf. nécessaire] Marquée par Faulkner et les profonds bouleversements que l'écrivain américain introduisit dans l'écriture romanesque, elle a été rapprochée de celles de Claude Simon et de Pierre Michon.[réf. nécessaire]

Engagement politique[modifier | modifier le code]

En 2017, il cosigne une tribune dans médiapart intitulée « Faire gagner la gauche passe par le vote Mélenchon »[4].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

Distinction[modifier | modifier le code]

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Catherine, Gallimard (1984)
  • Ce pas et le suivant, Gallimard (1985)
  • La Bête faramineuse, Gallimard (1986)
  • La Maison rose, Gallimard (1987)
  • L'Arbre sur la rivière, Gallimard (1988)
  • C'était nous, Gallimard (1989)
  • Johan Zoffany, Vénus sur les eaux, avec Bernadette de Boysson, éditions William Blake & Co. (1990)
  • La Mue, Gallimard (1991)
  • L'Orphelin, Gallimard (1992) (ISBN 2-07-072712-2) ; rééd. coll. « L'imaginaire » (2009)
  • Le Matin des origines, Verdier (1992) (ISBN 2-86432-133-5)
  • Le Grand Sylvain, Verdier (1993) (ISBN 2-86432-176-9)
  • La Toussaint, Gallimard (1994)
  • La Casse, Fata Morgana (1994)
  • Points cardinaux, Fata Morgana (1994)
  • Au jour consumé, avec Jean-Michel Fauquet, éditions Filigranes (1994)
  • Miette, Gallimard (1995) et Folio (1996), prix France Culture
  • La Cécité d'Homère. Cinq leçons de poétique, éditions Circé (1995)
  • La Mort de Brune, Gallimard (1996) et Folio (1997)
  • Le Chevron, Verdier (1996)
  • Haute Tension, éditions William Blake & Co. (1996)
  • Le Bois du chapitre, éditions Théodore Balmoral (1996)
  • Les Choses mêmes, avec François Pons, éditions Les Cahiers de l'Atelier (1996)
  • La Ligne, Verdier (1997)
  • L'Empreinte, éditions François Janaud (1997) ; rééd. Fata Morgana (2007)
  • La Demeure des ombres, éditions Art & Arts (1997)
  • Kpélié, Flohic éditeur (1997)
  • Conversations sur l'Isle, entretiens avec Tristan Hordé, éditions William Blake & Co. (1998)
  • La Puissance du souvenir dans l'écriture. L'effet Zeigarnik, éditions Pleins Feux (2000)
  • Le Premier Mot, Gallimard (2001)
  • Les Forges de Syam, éditions de l'Imprimeur (2001) ; rééd. Verdier poche (2007)
  • Simples, magistraux et autres antidotes, Verdier (2001)
  • Un peu de bleu dans le paysage, Verdier (2001)
  • B-17 G, Flohic éditeur (2001) ; réed. Argol (2006)
  • François, éditions François Janaud (2001)
  • Jusqu'à Faulkner, Gallimard (2002)
  • Aimer la grammaire, Nathan (2002)
  • L'Héritage, entretiens avec Gabriel Bergounioux[5], Flohic éditeur (2002) ; réed. Argol (2008)
  • Back in the sixties, Verdier (2003)
  • Bréviaire de littérature à l'usage des vivants, Bréal (2004)
  • Pycniques et leptosomes. Sur Charles-Albert Cingria, Fata Morgana (2005)
  • Carnet de notes. Journal 1980-1990, Verdier (2006)
  • L'Invention du présent, Fata Morgana (2006)
  • La Fin du monde en avançant, Fata Morgana (2006)
  • École : mission accomplie, éditions les Prairies ordinaires (2006)
  • Sidérothérapie, Tarabuste (2006)
  • Où est le passé, entretien avec Michel Gribinski, L'Olivier (2007)
  • Carnet de notes. Journal 1991-2000, Verdier (2007)
  • Années folles, Circa 1924 (2008)
  • Agir, écrire, Fata Morgana (2008)
  • Couleurs, Fata Morgana (2008)
  • Marinette Cueco, Le réel n'est plus comme avant, Éditions Pérégrines/Panama (2008)
  • Une chambre en Hollande, Verdier (2009) (ISBN 978-2-86432-568-0)
  • Deux querelles (Une cadette épineuse suivi de L'Humanité divisée), éditions Cécile Défaut (2009)
  • Deux écrivains français, éditions Fario (2009)
  • Le Baiser de sorcière, Argol (2010)
  • La Fin du monde en avançant, Fata Morgana (2011)
  • Trois années, Fata Morgana (2011)
  • Carnet de notes. Journal 2001-2010, Verdier (2011)
  • Peindre aujourd'hui, Philippe Cognée, Galilée (2012)
  • Trente mots , Fata Morgana (2012)
  • Géologies, Galilée (2013)
  • Le Style comme expérience, L’Olivier (2013)
  • Une passion française, William Blake and Co (2014)
  • Exister par deux fois, Fayard (2014)
  • Un écho lacunaire, entretien avec Jean-Louis Tallon, Fata Morgana (2014)
  • Un abrégé du monde, Fata Morgana (2014)
  • Carnet de notes. Journal 2011-2015, Verdier (2016)
  • Cousus ensemble, Galilée (2016)
  • Esthétique du machinisme agricole, avec un texte de Pierre Michon, Le Cadran ligné (2016)

Livres illustrés[modifier | modifier le code]

Autres publications[modifier | modifier le code]

Pierre Bergounioux est également l'auteur de nombreux textes parus en revue ou dans des ouvrages collectifs.

  • « Scies, brandons, lombrics et autres auxiliaires », penser/rêver[7] no 4, L'informe, Mercure de France (automne 2003)
  • « Pour une histoire de la haine », penser/rêver no 6, La haine des enfants, Mercure de France (automne 2004)
  • « Les périls, l'immortalité », penser/rêver no 8, Pourquoi le fanatisme ?, Éditions de l'Olivier (automne 2005)
  • Postface à l'ouvrage de Laurent Bourdelas, Du pays et de l'exil - Un abécédaire de la littérature du Limousin, Les Ardents Éditeurs, 2008
  • Collectif, exposition et livre alliant des photographies et les textes qu'elles ont inspirés aux écrivains, Inconnues corréziennes, résonances d'écrivains, éditions Libel (2009)
  • Préface à Capture, de Marie-Noëlle Agniau, Culture et Patrimoine, 2012
  • « Qui nous sommes », texte de conclusion du livre de Stéphane Ragot Patria lucida, Le Bord de l'eau / Les Films du jeudi (2014)
  • Postface du livre, de Paul Bedel coécrit avec Catherine École-Boivin, "Nos vaches sont jolies parce qu’elles mangent des fleurs", Albin Michel, 2017.

Expositions (sélection)[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir notice d'autorité personne du catalogue général de la BNF.
  2. Présentation de P. Bergounioux sur le site de l'ENSBA de Paris.
  3. P. Bergounioux donné comme exemple de « littérartiste » dans une page web d'E.-F. Christophe..
  4. «Faire gagner la gauche passe par le vote Mélenchon», tribune, mediapart.fr, 21 avril 2017
  5. Gabriel Bergounioux, linguiste, frère de l'écrivain.
  6. Notices bibliographiques des collaborations de Pierre Bergounioux avec Joël Leick, sur le catalogue général de la BnF.
  7. Présentation de la revue sur le site des Éditions de l'Olivier.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Études critiques sur Pierre Bergounioux[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

  • Henry Colomer, Vies métalliques « Rencontres avec Pierre Bergounioux », P.O.M. Films, Montreuil, octobre 2013 ; avec un texte inédit de Pierre Bergounioux, Fer Documentaire consacré à Bergounioux en tant que sculpteur.
  • Jean-Luc Godard, Notre musique, 2004 Pierre Bergounioux y tient son propre rôle, au même titre que d'autres écrivains (Juan Goytisolo, Mahmoud Darwich, etc).

Liens externes[modifier | modifier le code]