Philippe Cognée

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Philippe Cognée
Philippe Cognée.jpg

Philippe Cognée dans son atelier en 2009.

Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (59 ans)
SautronVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Peintre, graveurVoir et modifier les données sur Wikidata

Philippe Cognée, né le [1] à Sautron Loire-Atlantique)[1], est un peintre, graveur, et dessinateur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir passé son enfance au Bénin, Philippe Cognée rentre en France en 1974 en 1975 et intègre l'école des beaux-arts de Nantes. Il y obtient son diplôme d'arts plastiques en 1982. Il vit et travaille à Vertou[1], près de Nantes.

Il expose en France comme à l'étranger depuis 1982.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Philippe Cognée est l'un des artistes de sa génération reconnu pour avoir donné une impulsion nouvelle à la peinture, média alors très décrié dans le milieu institutionnel français durant les années 1990 ; c'est, notamment, l'exposition organisée par Hector Obalk et Didier Semin, Ce sont les pommes qui ont changé[2], en 2000 à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, qui remet à l'honneur cet art et signe le renouveau de certaine figuration.

Technique[modifier | modifier le code]

La technique de Philippe Cognée lui est particulière : il photographie ses sujets, ou bien les filme en vidéo puis en photographie quelques images diffusées sur l'écran d'un moniteur. Ces images, telles quelles ou déconstruites, ré-assemblées, sont ensuite projetées sur le support (toile ou bois). Il utilise alors une peinture à l'encaustique faite de cire d'abeille et de pigments de couleur pour reproduire les images choisies. Il dispose cette peinture au pinceau sur la toile, puis recouvre ensuite celle-ci d'un film plastique sur lequel un fer à repasser chauffe la cire pour la liquéfier, étalant et déformant les formes, ce qui a pour effet de créer un enfouissement trouble du sujet dans la matière. Le film plastique, lorsqu'il est décollé, produit à certains endroits des manques dus à l'arrachage de la couche picturale. L'image semble alors piégée sous une surface glacée.

Cognée évoque cet effet de « floutage et amélioration » de l’image comme une manière d’effacer le geste pictural du peintre, sa signature. Cependant l'artiste est conscient que cette technique, devenue récurrente dans son œuvre, est devenue à son tour sa signature[3].

Sujets[modifier | modifier le code]

Philippe Cognée s'inspire de vues familières et banales puisées dans son environnement géographique ou personnel (architectures, containers, objets, foules…). Sa technique lui permet de transcender la banalité quotidienne, qui devient mystérieuse en perdant le sujet dans le flou. Il offre ainsi une vision d'un monde à reconstruire. C'est pourquoi l'un de ses sujets préférés est l'architecture. Son exposition Triades était composée de toiles représentant Hong Kong, Le Caire, Rome, Paris ou New York, qui accrochaient le regard tant par leur format imposant que par les structures représentées : des monuments et des paysages urbains disloqués, déstructurés et transformés, épousant les formes du regard personnel de l'artiste.

Ce thème lui permet de s'interroger sur la relation entre psychisme et architecture : des monuments tels que le centre Georges Pompidou, la basilique Saint-Pierre de Rome ou le musée Guggenheim de Bilbao nous apparaissent non dans leur structure réelle et objective mais tels qu'ils pourraient exister dans notre mémoire. Ce que Cognée projette sur la toile, c'est sa vision personnelle de ces paysages urbains, la réalité altérée par le souvenir, des images de monuments filtrés par le prisme de la subjectivité de l'artiste. C'est ainsi que ces lieux connus de tous apparaissent tour à tour fondants sous la chaleur ou vus à travers une fenêtre embuée, restituant des impressions plutôt que des visions.

La société de consommation est devenue un thème récurrent dans l’œuvre de Philippe Cognée, parce qu’il travaille depuis 2000 sur les supermarchés devenus emblématiques d’une consommation débridée et de masse, les dépeignant tels des « portraits de société » et en même temps comme des lieux « soigneusement architecturés ». L’artiste peint également cette société de consommation au travers des abattoirs, où il aime se promener, trouvant ces lieux en phase avec notre époque actuelle, « où il y a trois, quatre mille bêtes (…) pendues coupées en deux » trouvant cela « terriblement contemporain »[3].

Depuis 2006, Philippe Cognée exploite un nouveau gisement d'images : les clichés par satellite diffusés sur Internet ainsi que les clichés Google Street View à 360° qui lui permettent d'explorer le monde entier depuis son atelier, de travailler sur les bâtiments et d’observer les différents régionalismes et particularismes architecturaux, proposant ce que l’artiste appelle des « portraits de maisons »[4] : « Les images de villes que montre Google Earth sont inimaginables puisque ce sont des vues prises par satellite : on peut jouer à en saisir des plans très rapprochés vraiment impressionnants qui frisent l'abstraction », dit-il.

Démarche créative[modifier | modifier le code]

L’artiste identifie trois temps importants dans son processus de création : tout d'abord la recherche et l’emmagasinement d’images et de sensations par la prise de vue vidéo et la photographie des sujets ; puis la gestation et la disparition progressive de ces images concrètes par un travail de photographie d’écran LCD[C'est-à-dire ?], de photocopie ou encore d’agrandissement « pour ne plus voir que le matériel visuel » ; et enfin la fabrication du tableau, où l’artiste retrouve par ce processus « la sensation première », celle qui « avait fait naître son désir de peindre »[3].

On pourrait situer son œuvre entre figuration et abstraction du fait de la dilution de l’objet peint qui tend alors, du fait de la technique picturale de l’artiste, à se mélanger avec le reste de la toile et à devenir méconnaissable. Cependant, Cognée explique qu’il « se situe dans la figuration » car elle lui permet d’en « dire plus sur son rapport au monde » en s'appuyant sur des éléments du réel et qu’il amène ceux-ci « au bord de la disparition » et non de l’abstraction, ne l’empêchant pas « d’aller à la limite de l’abstraction »[3].

Sélection d'œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres provenant de la galerie Alice Pauli (Lausanne, Suisse)[5] :

  • Foule à Casablanca[6], encaustique sur toile, marouflée sur bois, 2005, 150 × 200 cm
  • État des lieux[7], 2004, encaustique sur toile, marouflée sur bois, 153 × 200 cm
  • Zone[8], encaustique sur toile, marouflée sur bois, 2004, 130 × 162 cm
  • Trophées[9], encaustique sur toile, marouflée sur bois, 2004, 122 × 153 cm
  • Bibliothèque orange[10], encaustique sur toile, marouflée sur bois, 2002, 89 × 116 cm
  • Le Caire 2[11], charbon et acryl, 2002, urbanographie, 80 × 120 cm
  • Hong Kong I[12], 2002, encaustique sur toile, marouflée sur bois, 170 × 250 cm
  • Supermarché rayon liquides[13], 2000, encaustique sur toile, marouflée sur bois
  • Supermarché rayon vaisselle[14], 2000, encaustique sur toile marouflée sur bois, 153 × 125 cm

Expositions[modifier | modifier le code]

Philippe Cognée est représenté par la galerie Alice Pauli à Lausanne depuis 1991.

Depuis 2002, Philippe Cognée est représenté par la galerie Daniel Templon à Paris.

Expositions personnelles[1][modifier | modifier le code]

Expositions collectives (récentes)[1][modifier | modifier le code]

  • 2014 :
  • 2013 :
  • 2011 :
    • « Le réel est inadmissible », le Hangar à Bananes, Nantes, France et Musée de Monaco, Monaco, France
    • « French Window », le prix Marcel Duchamp, musée d'art Mori, Tokyo, Japon
    • « Courbet Contemporain », Musée des beaux-arts de Dole, France
    • « Battle, Power and Faith », the Museum of Anatolian Civilisations et Ozil Collection, Ankara, Turquie
    • « French May 2011 », consulat général de France à Hong Kong et Macao, Macao, Chine
  • 2010 :
  • 2008 :
    • « Philippe Cognée / James Rielly », galerie Sollertis, Toulouse
  • 2007 :
  • 2006 :
    • « Art France Berlin », Berlin
    • « Peinture / Painting », Martin-Gropius-Bau, Berlin
    • « Comme un mur » - dessins contemporains, galerie Christine Phal, Paris
    • « Traits pour traits », Artothèque de Caen
  • 2005 :
    • « Nouvelle vague », centre Georges Pompidou / Art Museum of Shanghai, Chine
    • « Peintures et sculptures », galerie Alice Pauli, Lausanne
    • « Une sélection d'artistes… », galerie Claude Bernard, Paris
    • Fondos Regionales de Arte Contemporáneo Île-de-France y Poitou-Charentes, MAMBA-Museo de Arte Moderno de la Ciudad de Buenos Aires, Argentine
  • 2004 :
  • 2003 :
    • « Voyages d'artistes Algérie 2003, » Fondation EDF Espace Electra, Paris
    • « Actif/Réactif 2 – Des artistes engagés en art, à l'ouest », Le Lieu Unique, Nantes
  • 2002 :
    • « Voilà la France », CESAC, Caraglio, Italie
  • 2001 :
    • « Peinture, figure, peinture », Metropolitan Muséum of Manila, Manille
    • « Petite poésie à usage furtif », FRAC Auvergne, Clermont-Ferrand

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Collections particulières notables[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]