Alexandre Lenoir

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Lenoir.
Alexandre Lenoir
Alexandre Lenoir by Jacques Louis David.jpg
Naissance
Décès
Nationalité
Activités
archéologue, historien de l'art, médiéviste, conservateur de musée, essayiste +
Conjoint
Adélaïde Binart (à partir de )
Enfants
Albert Lenoir, Clodomir Lenoir (d), Zélia Lenoir (d) +
Distinctions
Œuvres réputées

Marie[1] Alexandre Lenoir, né le à Paris où il est mort le , est un médiéviste français, conservateur de musée, connu pour avoir créé et administré le Musée des monuments français. Il fut le premier maître d'Honoré Daumier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Élève au collège des Quatre-Nations chez les pères de l'Oratoire, Alexandre Lenoir intègre en 1778 l'Académie royale de peinture et de sculpture et fait son apprentissage auprès du peintre Gabriel-François Doyen. Il abandonne rapidement cette carrière et s'essaye à l'écriture[2].

Au début de la Révolution française, on décide la réunion, pour éviter leur dispersion et leur destruction, de tous les objets d'art des biens nationaux confisqués aux différentes maisons religieuses, afin qu'ils soient entreposés dans un même lieu. L'Assemblée constituante nomme Alexandre Lenoir, grâce au soutien de Jean Sylvain Bailly, gardien du dépôt des Petits-Augustins (1791-1795), et l'installe dans le « ci-devant » couvent des Petits-Augustins.

Le 1er août 1793, la Convention décrète la destruction des tombeaux des « ci-devant rois » de la basilique Saint-Denis. Alexandre Lenoir est le témoin de la destruction des tombes royales, des ossements jetés dans une fosse. Il se bat contre le vandalisme révolutionnaire sur les objets d'art mais parvient à sauver du saccage les statues et les gisants qu'il fait entreposer au couvent des Petits-Augustins. Il est dépositaire d'une série de reliques royales (notamment l'omoplate d’Hugues Capet, un fémur de Charles V, les côtes de Philippe le Bel et de Louis XII, la mâchoire inférieure de Catherine de Médicis, les tibias du cardinal de Retz ou de Charles VI[3], qui seront ramenées un siècle plus tard dans le caveau des Bourbon de la basilique Saint-Denis[4]).

En 1795, le Musée des monuments français, dont il est nommé administrateur et le reste jusqu'à sa disparition, ouvre ses portes au public. Ce musée propose un parcours chronologique de salles dédiées à chaque période, et le musée a une influence durable, bien que Lenoir y ait mis en scène et reconstitué des monuments sans aucune garantie scientifique[5]. Le mouvement romantique en est particulièrement imprégné (Victor Hugo au premier chef: adolescent, il habitait non loin du musée), et son empreinte sur l'historiographie est prégnante[6]. Le musée est démantelé en 1815, et les lieux dévolus à la nouvelle École des beaux-arts.

En 1816, Louis XVIII charge Alexandre Lenoir de replacer les dépouilles royales, et le nomme administrateur des tombeaux de la basilique Saint-Denis.

Il décède en 1839, profondément meurtri par la disparition de “son” musée. Écrivain prolixe, il laisse derrière lui plus d'une centaine d'œuvres de toute nature (essais, rapports, catalogues, théâtre…).

Alexandre Lenoir était l'aîné des huit enfants de Catherine Louise Adam († 1790) et d'Alexandre Lenoir père (1723-1802), bonnetier du roi dont la boutique est sise rue Saint-Honoré près du palais des Tuileries. Son père avait épousé en premières noces Marie Charlotte Mouton qui lui a donné quatre autres frères et sœurs[7].

Le 7 février 1794, Alexandre Lenoir avait épousé Adélaïde Binart, peintre, élève comme lui de Doyen. Ils ont trois enfants, Zélia (1795-1813), Albert (1801-1891, architecte d'histoire, fondateur du Musée du Moyen Âge et père d'Alfred-Charles Lenoir) et Clodomir (1804-1887, peintre d'histoire).

Distinctions et sociétés[modifier | modifier le code]

  • Ordre de la Légion d’honneur (chevalier, 1814)[8]
  • Membre de l’Académie celtique de France
  • Membre de la Société philotechnique
  • Membre de l’Athénée de la langue française
  • Membre honoraire de l’Académie italienne
  • Membre des Sociétés libres des sciences, lettres et arts de Nancy
  • Membre des Sociétés libres des sciences, lettres et arts de Soissons
  • Membre des Sociétés libres des sciences, lettres et arts du département de la Loire-Inférieure
  • Membre honoraire de la Société des antiquaires de Londres
  • Membre honoraire de l'Académie des Arcades
  • Membre de l'Académie de Stanislas[9]
  • Membre de l’Ordre de Saint-Louis (chevalier)
  • Membre de l’Ordre de l’Éperon d’Or (1815)
  • Membre de la Loge Saint-Jean ou Saint-Alexandre d'Écosse et le Contrat social, convent de Paris
  • Membre de la Loge le Grand Sphynx, convent de Paris
  • Membre de la Mère-Loge du Rite écossais philosophique en France, convent de Paris, 1er janvier 1813
  • Grand adepte (1818-1820) de l'ordre du Temple, grande maison métropolitaine de l'ordre l'Orient, 1818, puis écuyer de l'ordre du Temple, convent de Paris, vers 1824

Iconographie[modifier | modifier le code]

On connaît plusieurs portraits d'Alexandre Lenoir :

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Publications[modifier | modifier le code]

  • Histoire des arts en France, prouvée par les monuments. Suivie d’une description chronologique des statues en marbre et en bronze, bas-reliefs et tombeaux des hommes et des femmes célèbres, réunis au Musée impérial des monuments français, Hacquart, Paris 1810
  • Recueil de portraits inédits des hommes et des femmes qui ont illustré la France sous différens règnes, dont les originaux sont conservés dans ledit musée, Paris 1809.
  • Description historique et chronologique des monuments de sculpture, réunis au Musée des monuments français. Musée des monuments français, 4 vol., Paris an V de la République [1795-1806].
  • Musée des monuments français: histoire de la peinture sur verre, et description des vitraux anciens et modernes, pour servir à l’histoire de l’art, relativement à la France; ornée de gravures, et notamment de celles de la fable de Cupidon et Psyché, d’après les dessins de Raphael, Imprimerie de Guilleminet, Paris 1803.
  • Musée impérial des monuments français : histoire des arts en France, et description chronologique des statues en marbre et en bronze, bas-reliefs et tombeaux des hommes et des femmes célèbres, qui sont réunis dans ce musée, Hacquart, Paris 1810.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Parfois "Marin", comme dans le dossier de Légion d'honneur
  2. (en) Andrew McClellan, Inventing the Louvre: Art, Politics, and the Origins of the Modern Museum in Eighteenth-century Paris, University of California Press,‎ 1994, p. 158-159
  3. Pierre Belet et Stéphane Gabet, « On a retrouvé la tête d'Henri IV », sur Paris Match,‎ .
  4. Dossier les ossements royaux, sous-série H8, classé à 1864, archives des musées nationaux, Paris.
  5. (en) Astrid Swenson, The Rise of Heritage: Preserving the Past in France, Germany and England, 1789–1914, Cambridge University Press,‎ 2013, p. 35
  6. Haskell, Francis & François Nancy, « Michelet et l'utilisation des arts plastiques comme sources historiques », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, no 6,‎ , p. 1403-1420 (lire en ligne)
  7. Léandre Vaillat, La société du XVIIIe siècle et ses peintres, Perrin,‎ 1912, p. 78
  8. « Archives nationales. Base Eleonore. Réponse n°71 (Marin Alexandre Lenoir) »
  9. (fr) « LENOIR Alexandre », sur le site du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS) (consulté le 25 octobre 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]