Alexandre Lenoir

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Plaque posée devant l'École des beaux-arts à Paris, où Alexandre Lenoir avait installé le musée des monuments français.

Marie[1] Alexandre Lenoir, né le à Paris et mort le également à Paris, est un médiéviste français, conservateur de musée, connu pour avoir créé et administré le musée des monuments français. Il fut le premier maître d'Honoré Daumier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Élève au collège des Quatre-Nations chez les pères de l'Oratoire, Alexandre Lenoir intègre en 1778 l'Académie royale de peinture et de sculpture et fait son apprentissage auprès du peintre Gabriel-François Doyen. Il abandonne rapidement cette carrière et s'essaye à l'écriture[2].

Au début de la Révolution française, on décide la réunion, pour éviter leur dispersion et leur destruction, de tous les objets d'art des biens nationaux confisqués aux différentes maisons religieuses, afin qu'ils soient entreposés dans un même lieu. L'Assemblée constituante nomme Alexandre Lenoir, grâce au soutien de Jean Sylvain Bailly, gardien du dépôt des Petits-Augustins (1791-1795), et l'installe dans le « ci-devant » couvent des Petits-Augustins.

Le 1er août 1793, la Convention décrète la destruction des tombeaux des « ci-devant rois » de la basilique Saint-Denis. Alexandre Lenoir est le témoin de la destruction des tombes royales, des ossements jetés dans une fosse commune. Il se bat contre le vandalisme révolutionnaire sur les objets d'art, et notamment pour Richelieu, et parvient à sauver du saccage les statues et les gisants qu'il fait entreposer au couvent des Petits-Augustins.

Alexandre Lenoir est dépositaire d'une série de reliques royales —notamment l'omoplate d’Hugues Capet, un fémur de Charles V, les côtes de Philippe le Bel et de Louis XII, la mâchoire inférieure de Catherine de Médicis, les tibias du cardinal de Retz ou de Charles VI[3]—, qui seront rapportées un siècle plus tard dans le caveau des Bourbon de la basilique Saint-Denis[4].

En 1795, le musée des monuments français, dont il est nommé administrateur (il le restera jusqu'à sa disparition), ouvre ses portes au public. Ce musée propose un parcours chronologique de salles dédiées à chaque période et le musée a une influence durable, bien que Lenoir y ait mis en scène et reconstitué des monuments sans aucune garantie scientifique[5]. Le mouvement romantique en est particulièrement imprégné (Victor Hugo au premier chef : adolescent, il habitait non loin du musée), et son empreinte sur l'historiographie est prégnante[6]. Le musée est démantelé en 1815, et les lieux dévolus à la nouvelle École des beaux-arts.

En 1816, Louis XVIII charge Alexandre Lenoir de replacer les dépouilles royales, et le nomme administrateur des tombeaux de la basilique Saint-Denis.

Il meurt en 1839, profondément meurtri par la disparition de « son » musée.

Écrivain prolixe, Alexandre Lenoir laisse derrière lui plus d'une centaine d'œuvres de toute nature (essais, rapports, catalogues, théâtre…).

Alexandre Lenoir était l'aîné des huit enfants de Catherine Louise Adam († 1790) et d'Alexandre Lenoir père (1723-1802), bonnetier du roi dont la boutique est sise rue Saint-Honoré près du palais des Tuileries. Son père avait épousé en premières noces Marie Charlotte Mouton qui lui a donné quatre autres frères et sœurs[7].

Le 7 février 1794, Alexandre Lenoir avait épousé Adélaïde Binart, peintre, élève comme lui de Doyen. Ils ont eu trois enfants, Zélia (1795-1813), Albert (1801-1891, architecte d'histoire, fondateur du Musée du Moyen Âge et père d'Alfred Lenoir) et Clodomir (1804-1887, peintre d'histoire).

Iconographie[modifier | modifier le code]

On connaît plusieurs portraits d'Alexandre Lenoir :


Publications[modifier | modifier le code]

Très nombreuses publications, dont :

  • Histoire des arts en France, prouvée par les monuments. Suivie d’une description chronologique des statues en marbre et en bronze, bas-reliefs et tombeaux des hommes et des femmes célèbres, réunis au Musée impérial des monuments français, Hacquart, Paris, 1810.
  • Recueil de portraits inédits des hommes et des femmes qui ont illustré la France sous différens règnes, dont les originaux sont conservés dans ledit musée, Paris, 1809.
  • Description historique et chronologique des monuments de sculpture, réunis au musée des monuments français, musée des monuments français, 4 vol., Paris, an V de la République [1795-1806].
  • Musée des monuments français : histoire de la peinture sur verre, et description des vitraux anciens et modernes, pour servir à l’histoire de l’art, relativement à la France; ornée de gravures, et notamment de celles de la fable de Cupidon et Psyché, d’après les dessins de Raphael, Imprimerie de Guilleminet, Paris, 1803.
  • Musée impérial des monuments français : histoire des arts en France, et description chronologique des statues en marbre et en bronze, bas-reliefs et tombeaux des hommes et des femmes célèbres, qui sont réunis dans ce musée, Hacquart, Paris, 1810.

Distinctions et sociétés[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Parfois « Marin », comme dans le dossier de Légion d'honneur.
  2. (en) Andrew McClellan, Inventing the Louvre: Art, Politics, and the Origins of the Modern Museum in Eighteenth-century Paris, University of California Press, , p. 158-159.
  3. Pierre Belet et Stéphane Gabet, « On a retrouvé la tête d'Henri IV », sur Paris Match, .
  4. Dossier « Les ossements royaux », sous-série H8, classé à 1864, Archives des musées nationaux, Paris.
  5. (en) Astrid Swenson, The Rise of Heritage: Preserving the Past in France, Germany and England, 1789-1914, Cambridge University Press, , p. 35.
  6. Haskell, Francis et François Nancy, « Michelet et l'utilisation des arts plastiques comme sources historiques », Annales. Économies, sociétés, civilisations, no 6,‎ , p. 1403-1420 (lire en ligne).
  7. Léandre Vaillat, La Société du XVIIIe siècle et ses peintres, Perrin, , p. 78.
  8. « Archives nationales. Base Eleonore. Réponse no 71 (Marin Alexandre Lenoir) »
  9. (fr) « Lenoir Alexandre », sur le site du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS) (consulté le 25 octobre 2013).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Geneviève Bresc et Béatrice de Chancel-Bardelot (dir.), Un musée révolutionnaire : le musée des Monuments français d'Alexandre Lenoir, Paris, musée du Louvre et éditions Hazan, , 384 p. (ISBN 978-2-75410-937-6). Catalogue de l'exposition éponyme au musée du Louvre du 7 avril au 4 juillet 2016.
  • Louis Courajod, Alexandre Lenoir, son journal et le Musée des monuments français, Honoré Champion, Paris, 3 vol., 1878-1887.
  • Jean-Luc Froissart, Alexandre, Albert et Angéline Lenoir : une dynastie en A majeur (1761-1891), Paris, J.-L. Froissart, , 292 p. (ISBN 978-2-9522836-3-2, présentation en ligne)
  • Alexandre Schwartz, « Alexandre Lenoir », Dictionnaire critique des historiens de l’art, 2010. En ligne sur le site de l'INHA.
  • Jean Tulard, Jean-François Fayard et Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de la Révolution française. 1789-1799, éd. Robert Laffont, coll. « Bouquins », Paris, 1987, 1998 [détail de l’édition].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]