Horace Vernet

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Horace Vernet

Description de cette image, également commentée ci-après

Autoportrait (1835), musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg.

Nom de naissance Émile Jean Horace Vernet
Naissance 30 juin 1789
Paris
Décès 17 janvier 1863 (à 73 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Activités Peintre
Influencé par Carle Vernet

Horace Vernet, né le 30 juin 1789 à Paris où il est mort le 17 janvier 1863, est un peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Carle Vernet, petit-fils de Claude Joseph Vernet et de Jean-Michel Moreau, il suivit les traces de son père dans la peinture militaire dont il fit sa spécialité et où il se révéla un peintre brillant, mais superficiel. On lui doit des scènes de batailles[1], de sport, et des sujets orientaux. Une de ses filles épousa le peintre Paul Delaroche.

Peintre déjà célèbre en son temps, il fut directeur de l’Académie de France à Rome de 1829 à 1834. Il prit le premier daguerréotype du port de Marseille en 1839. Enrichi, il acquit en 1855 un domaine au lieu-dit « Les Bormettes », sur le territoire de la commune de La Londe-les-Maures, alors simple faubourg de Hyères, charmé par la beauté du site dont l’eau bleutée et les collines galbées lui rappelaient l’Algérie où il avait auparavant séjourné. Il s’y fit construire un vaste château médiéval composé de différents corps de bâtiments hétéroclites et de style divers.

Au début des années 1840, Vernet fit un voyage en Égypte en compagnie de son neveu Frédéric Goupil-Fesquet et de Gaspard-Pierre-Gustave Joly de Lotbinière, d'où les trois hommes rapportèrent parmi les premiers daguerréotypes d'Égypte, qui donnèrent lieu à un livre, les Excursions daguerriennes.

« Il était un homme d’esprit, caractère aimable, une nature droite, honnête, loyale, vive et sensée », écrit Sainte-Beuve[2].

À l’Exposition universelle de Paris de 1855, il occupa comme Ingres une salle entière et reçut la médaille d’honneur, ce qui le plaça en tête des peintres de son époque. Le peintre anglais Edwin Henry Landseer dit de lui : « Les tableaux de Vernet l’emportent sur ceux de tous ses rivaux car ils ne procèdent que de lui-même... » Au mois de décembre 1862, Napoléon III, apprenant la grave maladie de l’artiste, lui écrit : « Mon cher Monsieur Horace Vernet, je vous envoie la croix de Grand officier de la Légion d'honneur comme au grand peintre d'une grande époque... »[3] Il est inhumé au cimetière de Montmartre à Paris, section 5

Olympe Pélissier, étude pour Judith and Holoferne (1830), musée des beaux-arts de Boston.
Allégorie de la Pologne vaincue ou Le Prométhée polonais, vers 1831, Bibliothèque polonaise de Paris[4].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Son œuvre gravé complet est vendu aux enchères en 1861.

  • Le Massacre des Mamelouks de la Citadelle du Caire, (1819), signé H. Vernet daté 1819
  • Juda et Thamar, Salon de 1843, no 1167 (Sujet tiré de la Genèse ch. XXXVIII), signé H. Vernet daté 1840 et localisé Malte, Londres, Wallace Collection,
  • Prise de la smalah d'Abd-el-Kader, (1844), Musée de l'Histoire de France au Château de Versailles, la plus grande toile française au XIXe siècle[5]
  • Le Duc d'Orléans demandant l'hospitalité aux religieux du Petit Saint-Bernard (av.1819), musée Condé, Chantilly
  • Le Parlementaire et les Medjeles (1834), musée Condé
  • Leçon de violon du comte de Paris (1842), musée Condé
  • Portrait du duc d'Orléans (1819), musée Condé
  • Plafond du salon de la Paix du Palais Bourbon : la Paix entourée des génies de la vapeur sur terre et sur mer (1838-1847)
  • Louis-Philippe et ses fils devant la Grille d'Honneur (1846), Château de Versailles
Caricature

Horace Vernet a dessiné une caricature représentant le roi Louis XVIII venant de déféquer, avec à ses pieds un étron, à ses côtés, un personnage s’apprêtant à torcher le royal postérieur. Annoté de la main de l’artiste : Le porte coton du Roi Louis Dixhuit fait par Horace Vernet chez nous le 20 décembre 1816. Le porte-coton était une fonction de laquais et désignait un employé au service des latrines. Ce dessin provenant de la collection du colonel Louis Bro, ami d’Horace Vernet, fut vendu aux enchères à Reims le 18 décembre 2005, no 172 du catalogue où il est reproduit. Il a été offert à l’École nationale supérieure des beaux-arts, par une association[6].

Réception critique[modifier | modifier le code]

Horace Vernet fut très sévèrement jugé par Charles Baudelaire dans sa critique des salons de 1845 et 1846 : « M. Horace Vernet est un militaire qui fait de la peinture. — Je hais cet art improvisé au roulement du tambour, ces toiles badigeonnées au galop, cette peinture fabriquée à coups de pistolet, comme je hais l'armée, la force armée, et tout ce qui traîne des armes bruyantes dans un lieu pacifique. Cette immense popularité, qui ne durera d'ailleurs pas plus longtemps que la guerre, et qui diminuera à mesure que les peuples se feront d'autres joies, — cette popularité, dis-je, cette voxpopuli, vox Dei, est pour moi une oppression. » Curiosités esthétiques, Salon de 1846, Paris, Michel Lévy, 1868, p. 159.

En revanche, il était grandement défendu par Théophile Gautier[7].

Galerie[modifier | modifier le code]

Distinctions et hommages[modifier | modifier le code]

Statue d'Horace Vernet par Eugène André Oudiné, façade de l'Hôtel de ville de Paris.

Élèves[modifier | modifier le code]

(Ordre alphabétique)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Catalogue de l'exposition Horace Vernet (1789-1863) , Rome, Académie de France à Rome, Paris, École nationale supérieure des Beaux-Arts, mars-juillet 1980,
  • Lynne Thornton, Les Orientalistes Peintres voyageurs, ACR Édition Poche Couleur, Courbevoie, 1994, ISBN 9782867700606.
    Source secondaire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. dont certaines figurent dans la Galerie des Batailles du château de Versailles.
  2. Sainte-Beuve, Causeries du lundi
  3. Ch. Lahure, Histoire populaire contemporaine de la France, Hachette, Paris, 1866, t. IV, p. 413.
  4. Jacques Foucart, « Enrichissements de la Bibliothèque Polonaise de Paris et célébration d’un chef d’œuvre allégorique de Horace Vernet », La Tribune de l'Art, 21 septembre 2013.
  5. François Pouillon, La peinture monumentale en Algérie : un art pédagogique, Cahiers d'études africaines, Volume 36, n°141-142, p. 185, 1996
  6. Bibliographie, Revue du Louvre, 2006-4, p. 96.
  7. La promenade du critique influent - Anthologie de la critique d'art en France, 1850-1900", page 117
  8. Le Club Histoire

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Horace Vernet se retrouve transformé à son insu en personnage de fiction en 1887 lorsque Sir Arthur Conan Doyle, créant Sherlock Holmes, fait de son héros le petit-neveu du peintre. En effet dans L'interprète Grec de Sir Arthur Conan Doyle, Sherlock Holmes explique que sa grand-mère était la sœur du peintre Vernet.

Liens externes[modifier | modifier le code]