Horace Vernet

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Horace Vernet
Horace Vernet Adrien Nadar 1858.jpg
Adrien Tournachon, Portrait d'Horace Vernet (1858),
Paris, BnF.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Émile Jean Horace Vernet
Nationalité
Formation
Activité
Père
Fratrie
Camille Françoise Joséphine Vernet (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Œuvres principales
Tombe du peintre Horace Vernet, cimetière de Montmartre 03.JPG
Vue de la sépulture.

Horace Vernet, né le à Paris où il est mort le , est un peintre français, membre de l'Institut.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Carle Vernet, petit-fils de Claude Joseph Vernet et de Jean-Michel Moreau, Horace Vernet suit les traces de son père dans la peinture militaire dont il fait sa spécialité et où il se révèle être un peintre brillant. On lui doit des scènes de batailles[1], des tableaux d'histoire et des sujets orientaux. Il épouse Louise Pujol, fille du gouverneur Louis Pujol. Une de ses filles est l'épouse du peintre Paul Delaroche ; une autre, Henriette Edmée, celle du peintre Adolphe Yvon.

Il intègre l'atelier du peintre François-André Vincent (1746-1816) à l'École des beaux-arts de Paris.

Peintre déjà célèbre en son temps, il est directeur de l’Académie de France à Rome de 1829 à 1834. Il prend le premier daguerréotype du port de Marseille en 1839.

En , Vernet effectue un voyage en Orient en compagnie[2] de son neveu Charles Burton et d'un photographe ami et élève, Frédéric Goupil-Fesquet, équipés de matériel produit par Lerebours[3]. Ils avaient été précédés en Égypte de quelques semaines par le franco-canadien Gaspard-Pierre-Gustave Joly de Lotbinière, qu'ils rencontrent en novembre. Les trois hommes rapportent leurs daguerréotypes qui donnent lieu à un livre, les Excursions daguerriennes publiées sous forme de lithographies par Lerebours en 1842.

Il est le beau-père de Paul Delaroche, son cadet de huit ans. En 1845, il perd sa fille Louise, alors âgée de 31 ans. Sa douleur lui inspire son œuvre L'Ange de la Mort.

À l’Exposition universelle de 1855 à Paris, il occupe comme Ingres une salle entière et reçoit la médaille d’honneur, ce qui le place en tête des peintres de son époque. Le peintre anglais Edwin Henry Landseer dit de lui : « Les tableaux de Vernet l’emportent sur ceux de tous ses rivaux car ils ne procèdent que de lui-même… » Enrichi, il acquiert en 1855 un domaine au lieu-dit « Les Bormettes », sur le territoire de la commune de La Londe-les-Maures, alors simple faubourg de Hyères, charmé par la beauté du site dont l’eau bleutée et les collines galbées lui rappellent l’Algérie où il avait auparavant séjourné. Il s’y fait construire un vaste château médiéval composé de différents corps de bâtiments hétéroclites et de style divers.

Au mois de , Napoléon III, apprenant la grave maladie de l’artiste, lui écrit : « Mon cher Monsieur Horace Vernet, je vous envoie la croix de Grand officier de la Légion d'honneur comme au grand peintre d'une grande époque… »[4]. Il est inhumé à Paris au cimetière de Montmartre (5e section).

« Il était un homme d’esprit, caractère aimable, une nature droite, honnête, loyale, vive et sensée », écrit Sainte-Beuve[5].

Allégorie de la Pologne vaincue ou Le Prométhée polonais (vers 1831), Bibliothèque polonaise de Paris[6].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Son œuvre gravé complet est vendu aux enchères en 1861[réf. nécessaire].

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

Horace Vernet fut sévèrement jugé par Charles Baudelaire dans sa critique des Salons de 1845 et 1846 : « M. Horace Vernet est un militaire qui fait de la peinture. — Je hais cet art improvisé au roulement du tambour, ces toiles badigeonnées au galop, cette peinture fabriquée à coups de pistolet, comme je hais l'armée, la force armée, et tout ce qui traîne des armes bruyantes dans un lieu pacifique. Cette immense popularité, qui ne durera d'ailleurs pas plus longtemps que la guerre, et qui diminuera à mesure que les peuples se feront d'autres joies, — cette popularité, dis-je, cette vox populi, vox Dei, est pour moi une oppression. »Curiosités esthétiques, Salon de 1846, Paris, Michel Lévy, 1868, p. 159.

En revanche, il était grandement défendu par Théophile Gautier[9].

Distinctions et hommages[modifier | modifier le code]

Eugène André Oudiné, Horace Vernet, façade de l'hôtel de ville de Paris.

Élèves[modifier | modifier le code]

Horace Vernet dans la littérature[modifier | modifier le code]

  • Dans un article intitulé « Le Daguerréotype au harem », paru dans La Presse en , le journaliste Pitre-Chevalier raconte l'aventure vécue chez le pacha Mehemet Ali par un peintre photographe, désigné par les initiales H. V., qui pourrait être Horace Vernet[11]. L'article se conclut par ces mots : « S'il faut en croire l'ami du célèbre peintre qui nous a garanti l'authenticité de cette aventure, elle formera le sujet d'un charmant tableau que nous verrons à l'exposition de 1841. »
  • Arthur Conan Doyle fait de son héros Sherlock Holmes le petit-neveu d'un peintre nommé "Vernet" dans L'Interprète grec. Sherlock Holmes explique que sa grand-mère était la sœur du peintre Vernet, sans préciser s'il s'agit d'Horace ou de son grand père Claude Joseph Vernet. Il est toutefois vraisemblable, au vu de la date de naissance fictive de Sherlock Holmes, que Doyle fasse bien référence à Horace Vernet.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dont certaines figurent dans la galerie des Batailles du château de Versailles.
  2. « Les sources françaises de l’histoire des premiers pas du daguerréotype en Egypte (1839) et à Malte (1840) ».
  3. (en) Michèle Hannoosch, « Horace Vernet’s ‘Orient’: photography and the Eastern Mediterranean in 1839, a daguerrean excursion », The Burlington magazine,‎ , p. 264-271 (lire en ligne).
  4. Ch. Lahure, Histoire populaire contemporaine de la France, t. IV, Paris, Hachette, 1866, p. 413.
  5. Sainte-Beuve, Causeries du lundi
  6. Jacques Foucart, « Enrichissements de la Bibliothèque Polonaise de Paris et célébration d’un chef d’œuvre allégorique de Horace Vernet », in La Tribune de l'Art, 21 septembre 2013.
  7. Bibliographie, Revue du Louvre, avril 2006, p. 96.
  8. François Pouillon, La peinture monumentale en Algérie : un art pédagogique, Cahiers d'études africaines, Volume 36, n°141-142, p. 185, 1996.
  9. La promenade du critique influent. Anthologie de la critique d'art en France, 1850-1900, p. 117.
  10. Le Club Histoire.
  11. Pitre-Chevalier, « Le Daguerréotype au harem », sur Gallica, La Presse, (consulté le 12 mai 2020), p. 1-3.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Félix de Bona, Une Famille de peintres : Horace Vernet et ses ancêtres, Lille, Desclée, de Brouwer et Cie, , 291 p.
  • Horace Vernet (1789-1863), [catalogue d'exposition], Rome, Académie de France à Rome, Paris, École nationale supérieure des Beaux-Arts, mars-.
  • Lynne Thornton, Les Orientalistes Peintres voyageurs, Courbevoie, ACR Édition Poche Couleur, 1994 (ISBN 9782867700606).
  • Carolina Brook, Delacroix et le romantisme en France : Jean-Auguste-Dominique Ingres, Horace Vernet, Théodore Géricault, Camille Corot, Paul Delaroche, Théodore Chassériau, Paris, "Le Figaro" : les Éd. du Toucan, , 334 p. (ISBN 978-2-8105-0018-5)
  • Pierre Sanchez, Horace Vernet dessinateur lithographe 1816-1838. Catalogue raisonné de l'œuvre lithographié, Dijon, L'Échelle de Jacob, 2016 (ISBN 9782359680737). — Tirage limité à 100 exemplaires, tous numérotés. Toutes les lithographies d'Horace Vernet sont décrites et reproduites dans cet ouvrage.

Liens externes[modifier | modifier le code]