Toni Grand

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Toni Grand était un sculpteur français, né en 1935 à Gallargues-le-Montueux dans le Gard ; mort le 29 novembre 2005 à Mouriès (Bouches-du-Rhône) où il est enterré.
Bien que se défendant d'y appartenir, il est considéré comme proche du mouvement Supports/Surfaces.

Biographie[modifier | modifier le code]

Toni Grand a passé son enfance à Gallargues-le-Montueux, dans le Gard, proche des paysages de camargue. Il fréquentait la maison Armangaud, un collège à Aigues-Vives, c'est là qu'il connut Claude Viallat, son ami peintre qui venait d'Aubais[1].

Il fit des études littéraires à Montpellier, puis étudia un an aux Beaux Arts de la même ville, c'est à cette époque qu'il rencontre Amélie Vasseur[2].

Toni Grand commença la sculpture à l'âge de vingt ans.

En 1958, il est envoyé en Algérie, durant deux années, au cours desquelles il continue de sculpter. Il revient en 1960 avec un cheval, qu'il avait appelé "Tout Seul"[3].

Installé au mas du mouton, à Mouriès, il épouse Amélie en 1961, ils auront une fille, Julia, un an plus tard.

C'est alors qu'il effectue plusieurs séjours de six mois à Paris pour "apprendre le métier", notamment dans l'atelier de Marta Pan qui avait elle-même été élève de Brancusi.

En 1967 Toni Grand expose à la 5e Biennale de Paris, à cette époque, il travaille principalement le plomb, l'acier et l'aluminium[4].

Il découvre le mouvement Supports/Surfaces lors de l'exposition de l'ARC en 1968. Leurs relations sont souvent restées confuses, cependant Grand s'explique dans un entretien avec Bernard Ceysson :

"Je ne me suis vraiment lié avec Saytour, Valensi, Pagès que lorsque j'ai été amené à vivre à Nice. Viallat en était déjà parti. Cette rencontre a été fructueuse. J'avais alors abandonné l'atelier pour l'enseignement. La perspective du métier de sculpteur me paraissait alors fermée. J'ai eu avec Saytour, Valensi des discussions théoriques qui m'ont permis de formuler tout ce qui est à l'origine de cette désaffection pour le travail en atelier. Mais je n'ai pas participé au travail théorique fondamental[5]."

Il enseigne alors à l'École des Beaux Arts de Paris, jusqu'en 1976, puis à Marseille.

En 1982, il est choisi avec Simon Hantaï pour représenter la France lors de la Biennale de Venise.

Il enseigne à l'École des Beaux Arts de Nîmes à partir de 1986.

Ce sculpteur discret connaît trois périodes qui se chevauchent et ne sont pas strictement différentes dans leurs thématiques.

Jusqu'à la fin des années 1960, il travaille essentiellement le plomb, l'aluminium et l'acier. De la fin des années 1960 à la fin des années 1970, il se consacre principalement à la sculpture sur bois. À partir du milieu des années 1970, il travaille dans son atelier de Mouriès avec des résines de synthèse appliquées à envelopper des pierres, du bois, des ossements ou encore des poissons.

Il exposa une dernière fois ses œuvres en institution en France en 1994 à la Galerie nationale du Jeu de paume à Paris. La dernière exposition institutionnelle de Toni Grand date de 2000 à la Renaissance Society à Chicago aux États-Unis[3].

Toni Grand s'éteint à Mouriès le 29 novembre 2005.

Démarche[modifier | modifier le code]

Toni Grand cherche avant tout un dialogue avec les matériaux, ce que Bernard Ceysson qualifiera de pratique matérialiste, plutôt que dialectique. Il cherche à abolir la représentation, adopte une position déconstructiviste de la sculpture. Il s'intéresse particulièrement à l'expérience sur la figure, son apparition et les conditions de son apparition.

Si l'on considère les titres de ses œuvres, on constate qu'ils ne font jamais référence à l'objet fini, à une interprétation possible de la forme. Ils traduisent d'une manière assez froide et technique les différentes opérations effectuées sur le matériau[4].

Ex : Sec, équarri, deux refentes partielles - glissé - collé, 1975 Bois 1,05x1m

Cependant l'artiste évacue toute recherche de symbolique dans la matière. Il explore l'inconnu, le hasard, adoptant un matériaux pour ce qu'il propose de forme.

"Pour ma part j'ai pris le côté où la figure met en jeu un support grossier, vulgaire, impoli, plutôt qu'un support poli, civilisé et urbain[5]."'

Le bois, parce qu'il était facile d'accès, informe, fut un de ses matériaux majeurs, jusqu'à l'épuisement. "Pas un beau morceau de bois, pas un morceau riche avec une histoire compliquée, mais un morceau, quelque chose de largement suffisant pour amorcer quelque chose[6]."

La résine stratifiée fut un élément important de son travail, lui permettant de recouvrir, de dénaturer le matériau pour la forme. Elle lui permit d'obtenir des nuances de transparence ou de couleur, de relier, de modeler. "Comme matière et technique, il réalise tout à fait son emploi, sans être à aucun moment un ralentissement ou un obstacle. […] La technique et la forme ne font qu'une, une totalité en mouvement." Un aspect qu'il a parfois abordé en recouvrant certaines œuvres de peinture.

La pierre vint après le bois proposer un nouvel élan au travail du sculpteur. Toni Grand les ramassait et les gardait telles qu'elles, comme sujet de départ. "Au lieu de l'action immédiate et rapide qui était la découpe dans le bois, il y a ici lenteur très salivée et abandon du morcellement. Ce sont au contraire des réunions." Tout comme les ossements utilisés pour la sculpture "Cheval Majeur", la pierre enrobée dans le stratifiée ne laisse pas apparaître les traces du travail réalisé, elle existe comme un tout informe et difficilement pénétrable.

Les poissons, souvent des congres ou des anguilles, ne rentrent pas non plus pour l'artiste dans une dimension symbolique, affective ni provocatrice. Seulement un matériau, avec ses qualités et ses défauts. "Le poisson est, au sens littéral, un matériau plus bas que terre […]. Techniquement, c'est plus facile à mettre en œuvre. Les poissons n'ont pas de poils et pas de pattes."[7]

Toni Grand refuse l'idée de socle ou de sculpture in situ. On peut qualifier son travail d'atopique. Lors de la Biennale de Paris en 1967, il retournait chaque jour ses sculptures pour n'en privilégier aucune face. Il s'exprime sur l'idée de lieu dans un entretien avec Catherine David : "La relation de la sculpture au lieu est forcément paradoxale, je la situe hors toute règle possible. Peut-être faut-il transporter des sculptures dans des lieux par hasard et encore en se trompant." Il imaginait aisément une sculpture autonome, pour rien, sans destinataire voire cachée[8].

Œuvres représentatives[modifier | modifier le code]

  • Sans titre, 1981, Acier,12 éléments, installation de douze "paquets" d'acier posés au sol, sans perte de matière, période du travail de l'acier.
  • Bois sec équarri, abouté en ligne courbe fermée, 1976, pièce caractéristique de la période du travail sur bois de l'artiste. Voir sur :

Centre Pompidou

  • Cheval Majeur, 1985, Os et stratifié, 2 éléments, sculpture d'ossements enveloppés dans la résine, ou développés par la résine.

Expositions[modifier | modifier le code]

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • 2013 Mamco, Genève.
  • 2003

Musée des Beaux-Arts, Nantes, présentation de la donation.

  • 2002

Galerie-Librairie Philippe Pannetier, Nîmes

  • 2001

Galerie Arlogos, Paris

  • 2000

Renaissance Society, Chicago, U.S.A

  • 1998

École régionale des Beaux-Arts, Le Mans

  • 1994

Galerie Nationale du Jeu de Paume

  • 1993

Musée d'Art Moderne, Céret

  • 1991

Musée des Beaux-Arts, Nantes

  • 1990

Musée Rodin, Paris

  • 1989

Musée d'Art Contemporain, Lyon

  • 1988

Galerie de Paris, Paris

  • 1988

Galerie Arlogos, Nantes

  • 1987

Galerie Jacques Girard, Toulouse

  • 1986

Galeries contemporaines, Centre Georges Pompidou, Paris

  • 1983

ARCA, Marseille

  • 1981

Salles romanes du Cloitre Saint-Trophime, Arles

  • 1982

Biennale de Venise

  • 1980

Toni Grand - Sculptures, Musée Savoisien, Chambéry

  • 1979

Galerie Kom Wi, Tokyo

  • 1978

Galerie Albert Baronian, Bruxelles

  • 1977

Toni Grand - Sculptures, Galerie Athanor, Marseille

  • 1976

Toni Grand - Bernard Pagès, Musée d'Art et d'Industrie, Saint-Etienne

  • 1975

Galerie Le Flux, Perpignan

  • 1974

Première exposition personnelle, Galerie Eric Fabre, Paris

  • 1967

5e Biennale de Paris

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

  • 2009

Art&Language (Mel Ramsden et Michael Baldwin) TONI GRAND. Exposition à l'École Supérieure des beaux-arts du Mans Du 7 au 28 mars 2009.

  • 2007

Musée de Marseille Peter Friedl, Toni Grand
Atelier Brancusi, Paris

  • 2003

« Quelques cabinets d’amateurs, le cabinet de Gabriel Orozco » FRAC Picardie, Amiens

  • 2002

Nouvelles acquisitions, Musée National d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris

  • 2001

Vides inclus, collection FRAC Bretagne, Galerie du Cloître, École des Beaux Arts, Rennes

  • 2000

Prélèvement d'espaces, FRAC Provence-Alpes-Côte d'Azur, Galerie Friche de la Belle de Mai, Marseille

  • 1997

Made in France, MNAM Centre Georges Pompidou, Paris
Documenta X, Kassel, Allemagne

  • 1993

Du simple au double, musée d'art moderne Céret

  • 1991

L'amour de l'art, Biennale d'art contemporain, Lyon

  • 1990

XLIVe Biennale de Venise, Fondation Peggy Guggenheim, Venise
Le Bel Age, Château de Chambord

  • 1987

L’époque, la Mode, la Morale, la Passion, Centre Georges Pompidou, Paris

  • 1985

Sculptures-Préfiguration d'un Parc, Fondation Cartier pour l'Art Contemporain, Jouy-en-Josas

  • 1984

An international survey of recent painting and sculpture, the Museum of Modern Art, New-York

  • 1980

Cantini 80, Musée Cantini, Galerie de la Charité, Marseille
6e Foire Internationale d’Art Contemporain, Grand Palais, Paris
Chacallis, Charvolen, Grand, Jaccard, Viallat, Galerie Athanor, Marseille

  • 1978

Toni Grand / Claude Viallat - Avignons.

Références[modifier | modifier le code]

  1. cf contribution de Claude Viallat pour l'ouvrage Toni Grand, la légende Éditions Analogues 2007
  2. cf contribution d'Amélie Grand pour l'ouvrage Toni Grand, la légende Éditions Analogues 2007
  3. a et b Toni Grand, la légende Éditions Analogues 2007
  4. a et b cf Toni Grand, Éditions du Centre Georges Pompidou 1986, catalogue de l'exposition de 1986
  5. a et b cf entretien avec Bernard Ceysson in Toni Grand, Éditions du Centre Georges Pompidou 1986, catalogue de l'exposition de 1986
  6. cf contribution de Yves Michaud in Toni Grand, Éditions du Centre Georges Pompidou 1986, catalogue de l'exposition de 1986
  7. cf article de Hervé Gauville pour Liberation http://www.liberation.fr/culture/2005/12/01/du-bois-dont-on-faisait-toni-grand_540292
  8. cf entretien avec Catherine David in Toni Grand, Éditions du Centre Georges Pompidou 1986, catalogue de l'exposition de 1986

Liens externes[modifier | modifier le code]