Raymond Legueult

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Raymond Legueult
Naissance
Décès
(à 73 ans)
Paris
Nationalité
Activité
peintre et professeur chef d'atelier aux Beaux-Arts à Paris
Formation
Lieu de travail
Mouvement
Distinctions
grand prix de la peinture 1933
officier de la Légion d'honneur
officier des Arts et lettres
officier d'Académie

Raymond Legueult, né le à Paris et mort en juillet 1971, est un peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant 1920[modifier | modifier le code]

Raymond Legueult est issu d'une famille bourgeoise installée à Paris, boulevard Magenta, son père, Albert Legueult, travaille dans la banque.

En 1914, il prépare le concours d'entrée aux Arts-Déco. Il y sera élève entre 1916 et 1923, dans l'atelier d'Eugène Morand (le père de Paul Morand, l'écrivain). Il y rencontre tout d'abord Roland Oudot, puis, notamment, Joseph Inguimberty, François Desnoyer, et Maurice Brianchon, avec qui il sera très étroitement lié pendant plus de 10 ans, au point qu'ils sont surnommés « les inséparables ».

Une interruption entre 1917 et 1920 lui permettra de faire son service militaire, malgré une santé fragile, et de participer à la Grande Guerre[1].

De 1920 à 1929[modifier | modifier le code]

Son œuvre de peintre commence vraiment en 1921 par quelques portraits et des paysages. Noémie Lair, qu'il a connu en 1917, sera son égérie et son modèle quasi-exclusif jusqu'en 1939. Mais ils n'habiteront jamais ensemble, sauf pendant leurs escapades franc-comtoises ou normandes.

En 1921, ses envois au Salon de la Nationale des beaux-arts sont appréciés, il obtient une bourse d'État pour un voyage d'étude qu'il effectue en Espagne, deux ans plus tard. Il visite le musée du Prado et copie des œuvres de Gréco et Vélasquez, avant de découvrir l'Andalousie.

En 1922, toujours au même salon, ses envois de cartons de tapisserie sont remarqués, elles lui valent une commande de la Manufacture des Gobelins pour le carton de tapisserie La Franche-Comté. Ce choix géographique lui fera découvrir cette région, où il retournera chaque année, jusqu'en 1938, généralement avec Noémie.

Raymond Legueult loue avec son ami Brianchon un atelier 54, avenue du Maine en 1922. Ils réalisent ensemble les costumes pour Grisélidis à l'Opéra de Paris, puis les décors pour le ballet de La Naissance de la lyre en 1925. Ils vont participer ensemble ou séparément aux principaux salons parisiens, Salon des Tuileries — il participe, en 1923, à la première édition de ce salon — et Salon d'automne, dont il devient sociétaire dès 1924.

En 1925, il lui est confié un poste de professeur de dessin à l'École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris, il y enseignera pendant 20 ans.

En 1926 se crée la « Société Belfortaine des Beaux-Arts » qui organise chaque année jusqu'à la Seconde Guerre mondiale des expositions importantes aux musées de Belfort auxquelles Raymond Legueult participe en compagnie de Georges Fréset, René-Xavier Prinet, Jacques-Émile Blanche, Jean-Eugène Bersier, Anders Osterlind, Henry de Waroquier, Jules-Émile Zingg[2].

En 1928, il découvre la galerie Le Portique, 99 boulevard Raspail, où il exposera fréquemment, notamment en 1929, où Marcelle Berr de Turique, lui organisera sa première exposition particulière[1].

De 1930 à 1938[modifier | modifier le code]

Il obtient le grand prix Darnétal de la peinture en 1933. S'ensuit une grande exposition particulière à la galerie Berheim.

En 1935, Brianchon quitte leur « atelier de bois » de l'avenue du Maine, pour se marier.

En 1938, une grande exposition particulière lui est consacré à la galerie Druet, rue Royale, à Paris.

Il vendra plusieurs œuvres à l'État, à la suite de cet évènement.

Il est à l'origine, avec Maurice Brianchon et Roland Oudot du groupe des « peintres de la réalité poétique », appellation qui remonte à 1935[1].

De 1939 à 1948[modifier | modifier le code]

Il est mobilisé, et se retrouve incorporé, en 1940, à la section de camouflage, où il retrouve Brianchon, et fait connaissance avec Jean-Louis Barrault, André Marchand, Pierre Delbée...

Démobilisé à Marseille, après la débâcle, il remonte à Paris, rapidement, pour travailler. Noémie est malade, son nouveau modèle, présenté par Desnoyer, se prénomme Andrée.

En 1941, il participe à la fameuse exposition galerie Braun « Vingt jeunes peintres de tradition française ». Il expose aussi pour la première fois à la galerie Louis Carré, avenue de Messine.

Il réalise le carton de tapisserie L'Atelier pour Jacques Adnet.

Il emménage dans un atelier rue Boissonade. Il y rencontrera rapidement un nouveau modèle, qui s'appelle Émilienne. Présentée par son ami Terechkovitch, en 1943, il l'épousera en 1953, et ils auront une fille, Anne, en juin 1954. Ils habiteront durant toute leur vie commune dans cet atelier de la rue Boissonade, à Montparnasse.

Ils voyageront ensemble, dès la Libération, en Bourgogne, Provence et Franche-Comté ; sans oublier la Normandie.

En 1945, il devient ami avec Maurice Estève. Ils le resteront et il en résultera beaucoup d'échanges sur la peinture.

En 1948, Louis Carré lui consacre une grande exposition particulière présentant 21 de ses œuvres, huiles sur toile, peintes entre 1941 et 1948. Les critiques l'encensent et voient en lui le digne successeur de Matisse et Bonnard[1].

De 1949 à 1958[modifier | modifier le code]

En 1949, Raymond Legueult participe à de grandes expositions en France, mais aussi à Londres et Pittsburg. L'Amérique s'intéresse à lui au travers de Gary Cooper et de la famille de sa femme. Gisèle d'Assailly sort son livre qui ouvre la Réalité poétique à 5 nouveaux venus : Terechkovitch, Cavaillès, Limouse, Planson et Caillard. Le groupe informel est créé, du moins sur le papier.

L'audience de Legueult ne cesse d'augmenter, en France, mais aussi à l'étranger : Kunsthalle de Bâle et Royal Academy de Londres, en 1951, puis l'année suivante au Japon. Pendant ce temps l'État continue ses emplettes.

Il est nommé professeur à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris en 1953, et le restera jusqu'en 1968, en qualité de Chef d'atelier peinture.

En 1954 naît « petite Anne ». La famille Legueult, outre le séjour pascal dans l'île de Porquerolles, va alors investir dans une auto, et louer un petit chalet, dans un grand parc : Les Sorbiers à Glos, près de Lisieux (14). Cette même année, Raymond Nacenta l'intègre à l'École de Paris, lors d'expositions galerie Charpentier.

En 1957, ce sera la grande exposition des Peintres de la Réalité Poétique, en Suisse, à Vevey. Il y est convié en qualité de quasi-chef de file.

La période se termine en apothéose avec la Biennale de Venise, où une salle complète lui est consacrée. Il y expose 23 huiles sur toile, provenant essentiellement de collectionneurs privés[1].

De 1959 à 1971[modifier | modifier le code]

En 1961, Raymond Legueult participe à la monographie que lui consacre Marcel Zahar, aux éditions Flammarion[3].

Il cède au mirage de l'Amérique, vend ses toiles à des collectionneurs américains, des banquiers de Wall Street qui l'implorent pour tenter d'obtenir l'œuvre convoitée, tel Robert Lehman. Il prépare activement une dernière exposition particulière qui se profile à New York, fin 1968, mais en attendant survient Mai 68, qui met un terme brutal à sa longue carrière d'enseignant, trois mois avant sa retraite prévue.

Il tombe gravement malade en 1969, au retour de New York. On ne le verra quasiment plus apparaître en public.

Œuvres (extrait)[modifier | modifier le code]

Pour la scène[modifier | modifier le code]

Pour la décoration[modifier | modifier le code]

  • Divers projets de cartons de tapisserie et de vitraux présentés sans les salons de la Société Nationale des Beaux-Arts, alors qu'il est élève aux Arts-Déco (1921-1923).
  • La Franche-Comté“, carton de tapisserie destiné à la Manufacture des Gobelins, sera exposé au Salon des Tuileries de 1926, avant d'être livré aux Gobelins.
  • Panneau de décoration pour la salle d'honneur du Lycée de Jeunes Filles de Fontainebleau, en 1937.
  • Carton de tapisserie “L'atelier“, pour Jacques Adnet, directeur de la Compagnie des Arts Français, en 1941.
  • "Le repos des modèles", décoration murale pour l'appartement tribord de luxe du paquebot Jean Laborde des Messageries maritimes, décoré par Arbus.

Œuvres variées[modifier | modifier le code]

  • Quelques 500 tableaux réalisés entre 1920 et 1970, souvent moins de 5 par an dans le dernier tiers de sa carrière, parfois plus de 25 au début.
  • Plusieurs milliers de dessins au crayon, beaucoup de paysages.
  • De nombreuses aquarelles, surtout à partir des années 40.
  • Une vingtaine d' œuvres acquises par l'état, dont 10 entre 1933 et 1941, particulièrement par le choix de Robert Rey. De nombreuses sont en dépôt dans des musées de Paris et de province .

Œuvres dans les collections publiques à l'étranger[modifier | modifier le code]

  • Ambassade de France à Canberra, 1 toile
  • Ambassade de France à Bucarest, 1 toile
  • Ambassade de France à New-Delhi, 1 toile
  • Musée d'Alger, 1 toile
  • New Walk Museum & Art Gallery, à Leicester, 1 toile
  • Musée HAM, à Helsinki, Finlande, 4 toiles
  • Musée Atenum, à Helsinki, Finlande, 1 toile
  • Musée Atenum, à Helsinki, avec 1 toile
  • Metropolitan Museum of Art (MET), New York, 1 toile, provenant de la donation Robert Lehman

Œuvres dans les collections publiques en France[modifier | modifier le code]

Principaux lieux où il a peint[modifier | modifier le code]

  • Espagne, Andalousie, en 1923
  • Franche-Comté, de 1922 à 1946, plus de 100 toiles
  • Granville, ses environs et le Cotentin, de 1920 à 1941
  • Marseille, les calanques et Sormiou, en 1929
  • Touraine, autour de la Mothe à Yzeures, entre 1928 et 1938
  • Lisieux, Glos et la région, à partir de 1945
  • Trevilly et Avallon, la Cure, en Bourgogne, entre 1943 et 1946
  • Bretagne du côté de Bénodet, en 1947
  • Eygalières, Fontvieille et la Provence, en 1947 et 1954
  • les Maures, entre 1948 et 1952, au moins 6 toiles
  • Porquerolles, à partir de 1953

Expositions notables (sélection)[4][modifier | modifier le code]

  • 1921-1922, Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts,Paris
  • à partir de 1923, Salon d'automne, il deviendra sociétaire à partir de 1924, Paris
  • à partir de 1923, Salon des Tuileries, il deviendra sociétaire à partir de 1933, Paris
  • à partir de 1927, galerie Le Portique, de Marcelle Berr de Turique, 99 boulevard Raspail, Paris, dont exposition particulière en 1929, avec 30 œuvres
  • à partir de 1927, galerie Art Contemporain Lévy-Alvares, Paris
  • à partir de 1930, galerie Katia Granoff, Paris
  • 1933, Galerie Georges Bernheim, Paris, exposition particulière
  • à partir de 1934, galerie Charpentier, Paris
  • du 14 octobre au 5 décembre 1935, Carnegie Institute, à Pittsburg
  • 1936, biennale de Venise
  • à partir de 1938, « Chez Bäcksbacka », Helsinki, Finlande
  • 1938, galerie Druet, rue Royale à Paris, exposition particulière avec 34 toiles et 4 dessins
  • avril 1939-octobre 1940, pavillon français à l'exposition universelle de New York
  • à partir de 1941, galerie Louis Carré, à Paris
  • mai 1941, galerie Braun, « Vingt jeunes peintres de tradition française », Paris
  • Janvier 1942, inauguration de la Galerie Friedland à Paris
  • 1942, Paris, Galerie Charpentier, « Le Paysage de Corot à nos jours »
  • 1948, Paris, Galerie Louis Carré, exposition particulière avec 21 toiles
  • à partir de 1954, École de Paris, galerie Charpentier
  • 1957, La Tour-de-Peilz, Vevey, en Suisse, « Les Peintres de la réalité poétique »
  • juillet 1958-septembre 1958, pavillon français à l'exposition universelle de Bruxelles,
  • 1958, biennale de Venise
  • 1962, « Cent ans de peinture française », musée d'art moderne, Mexico
  • 6 juin-21 juillet 1962, galerie Tooth à Londres, exposition particulière
  • avril 1967-octobre 1967, pavillon français à l'exposition universelle de Montréal
  • 4 décembre 1968-4 janvier 1969, galerie Nicolas Acquavella, New York, exposition particulière avec 45 œuvres, dont 23 toiles
  • 8 octobre-14 novembre 1981, galerie Vokaer, Bruxelles, exposition particulière
  • 6 avril-18 mai 1985, « Hommage à Legueult », Palais de l'Europe à Menton
  • 16 octobre-3 novembre 1985, « Hommage à Legueult » au Salon d'automne
  • été 1998, « Hommage à Raymond Legueult », exposition particulière, musée Gustave Courbet à Ornans
  • 26 mai-4 juin 2000, Hummage aux peintres Brayer et Legueult, Salon 2000 de la Société Nationale des Beaux-Arts au Carrousel du Louvre
  • 25 juin-19 septembre 2011, “les huit de la Réalité Poétique“, musée des Beaux-Arts de Gaillac
  • 13 avril-17 juin 2012, "les peintres de la Réalité Poétique", musée de l'Abbaye à Saint-Claude
  • 24 juillet-17 septembre 2016, "les peintres de la Réalité Poétique", Château de Laroquebrou
  • juillet-août 2017, exposition de tapisseries modernes au musée Dom Robert à Sorèze
  • février 2018, « Un air de Paris », musée HAM à Helsinki, Finlande


Élèves notoires[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Leviel-Legueult 2019.
  2. « Archives départementales du territoire de Belfort », Sous-série 4T, 4 t 36, p. 5.
  3. Zahar 1961.
  4. « EXPOSITIONS », sur legueult.com.
  5. Peintre et enseignant à Montpellier, ayant exposé avec le groupe Supports/Surfaces (1970-1972).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • mai 1923, article de Robert Rey dans Le Crapouillot
  • Pierre Ladoué, « Raymond Legueult », L'Art et les artistes,‎
  • septembre 1927, article de Pierre du Colombier dans Art et décoration
  • 1933, article de Maximilien Gauthier dans L'Art vivant n° 174
  • 3 juin 1933, articles dans Comoedia , Excelsior, L'intransigeant, sur le lauréat du grand prix de la peinture
  • juillet 1934, grand article de 6 pages de Maximilien Gauthier dans Art et décoration
  • René-Jean, RAYMOND LEGUEULT, SEQUANA, coll. « Les Maîtres de Demain »,
  • juin 1943, grand article de 8 pages de Pierre Guéguin "Legueult ou l'ivresse des couleurs" dans Formes et couleurs, n° 6
  • novembre 1947, grand article de 2 pages de Jean-Louis Vaudoyer dans Plaisir de France
  • octobre 1948, grand article de 5 pages de Pierre du Colombier dans La Revue française
  • Gisèle d'Assailly (préf. Claude Roger-Marx), Avec les peintres de la Réalité poétique, René Julliard,
  • (en) Barnett D. Conlan, « Raymond Legueult : maker of subtle colour chords », Daily Mail,‎
  • 6 novembre 1950, "Painters at work : Legueult", article de Corsaint-Dorvyne dans Daily Mail,
  • 13 mai 1954, "Dans l'atelier de Raymond Legueult", grand article de Robert Rey dans Les Nouvelles Littéraires
  • 1957, Les Peintres de la réalité poétique, catalogue de l'exposition à La Tour de Peilz, Vevey en Suisse,
  • Marcel Zahar, LEGUEULT, FLAMMARION,
  • avril 1961, grand article de 6 pages de Marcel Zahar dans Connaissance des Arts
  • André Bourin, « Chez Legueult », Les Nouvelles littéraires,‎
  • juin 1962, catalogue de l'exposition Legueult, galerie Tooth à Londres,
  • juin 1965, grand article de 4 pages de Raymond Cogniat dans Galerie des arts
  • novembre 1968, grand article de 5 pages de Georges Hilaire dans Le Spectacle du Monde
  • Georges Hilaire, « Comment Raymond Legueult a fait avancer la peinture », Le spectacle du monde,‎
  • René Barotte, « Raymond Legueult », Terre d'Europe,‎
  • janvier 1979, grand article de 5 pages de Guy Mornet dans la revue Télécommunications
  • 1989, Legueult : Dessins d'un chef d'atelier 1952-1968 École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, 63.p. (ISBN 2-903-63962-0)
  • 1998, monographie par Jean-Jacques Fernier pour le catalogue de l'exposition du centenaire à Ornans,
  • Christian Leviel-Legueult, Raymond Legueult : 1898-1971 : catalogue raisonné biographique, (ISBN 9782862344638 et 286234463X, OCLC 1110064471). 

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]